Nous y sommes. Le risque s’est concrétisé. Voila ce qui va se passer et voila ce qui vous attend.

Je ne fais pas de prévision, je lis le présent et j’en tire les conclusions nécessaires.

Nécessaire est un mot fort. Je suis dans le domaine de la Nécessité, ce qui signifie que j’affirme que ce qui doit advenir adviendra. Seules les formes des évènements peuvent changer et ainsi mystifier les observateurs. Elles ne peuvent tromper ceux qui les analysent.

Nous vivons à une époque extraordinaire et sans précédent.

La pandémie de COVID-19  est apparue au terme  d’une période sans précédent de croissance économique mondiale faible synchronisée; d’une expansion économique américaine record; et surtout d’un  boom mondial, « tulipaire »,  des prix des actifs financiers.

Cette conjonction incroyable, unique garantit des conséquences  financières, monétaires , économiques, sociales, politiques et géopolitiques de très grande envergure.

La crise sanitaire a frappé sans pitié à un moment de  fragilité maximale globale.

Je parle souvent de risque. J’essaie de vous le faire toucher du doigt, de vous le faire vivre , je le décortique quasi jour après jour. Depuis 12 ans je ne me suis quasi pas trompé dans l’enchainement des phases de fragilisation . Ici je prétends que nous avons dépassé le stade du risque , nous sommes dans la période de concrétisation du risque.

Et c’est d’ailleurs reconnu par les autorités; non par leurs propos, elles dissimulent tout, non c’est reconnu par leurs actions: ce sont des actions nucléaires de sauve qui peut face au goufre qui s’est creusé et qu’elles tentent de combler/masquer  par les déluges de liquidités.

Donc comprenez bien: la réalisation du risque est attestée par les mesures qui sont prises; de la même façon que la gangrène  du membre, même si elle est niée par le chirurgien est attestée par le fait qu’il vous ampute.

En matière sociale et politique les choses ne sont jamais dites , quand les choses sont graves, il faut mentir car elles deviendraient encore plus graves. Si elles étaient dites, elles seraient comprises ! Et si elles étaient comprises les réactions individuelles pour échapper à la catastrophe précipiteraient cette catastrophe et l’amplifieraient.

Non en ces matières le trou noir du chaos  est révélé par la plaque que les responsables de la conduite des affaires, ceux que j’appelle les démiurges,  mettent dessus afin de le dissimuler. La plaque, le camouflage révèlent  en toute certitude ce qu’il s’agit de cacher. Tout comme le mensonge politique révèle à qui sait le décoder , la vérité.

En terme logique, la bulle a éclaté. Mais comprenez bien ce que je veux dire par « en termes logiques »

Ceci semble une affirmation qui contredit ma position rédactionnelle puisque je repète souvent qu’elle n’a pas éclaté . Mais si, elle a éclaté mais cela ne se voit pas. Cela ne se voit pas à cause de la plaque qui a été posée dessus pour masquer le trou; mais le trou, il est là, sous la plaque, simplement comme il a été dissimulé les observateurs superficiels ne le voient pas.

On ne verra qu’elle a éclaté quand on ne pourra plus cacher les conséquences de l’éclatement. On peut cacher l’apparence , le mode d’apparaitre, la visibilité du trou, mais on ne peut cacher les conséquences qui vont en découler.

À l’heure actuelle, aux États-Unis, la Réserve fédérale, aidée implicitement et explicitement par le Trésor, est en train  de soutenir pratiquement tous les crédits privés, étatiques  de l’économie. Et c’est exactement la même situation dans tous les pays du monde avec des moyens et des degrés divers. C’est ce soutien par les banques centrales de tous les crédits publics, privés, corporate  qui est la plaque dont je vous parle dans le paragraphe ci dessus.

Tous les  autres gouvernements se sont sentis obligés de prendre des mesures similaires. Y compris encore cette semaine le gouvernement chinois.

La plaque dont je vous parle est constituée par les garanties de dettes globales, universelles qui ont été,  sont encore et seront encore mises en place au fur et à mesure que le gouffre va s’élargir et s’approfondir.

Ces garanties sont un excellent remède symptomatique, mais elles ne sont pas curatives, elles laissent le mal intact. Oui je dis bien intact tout en l’aggravant considérablement puisque ces garanties consistent à  créer encore plus de crédit .. pour soutenir le credit…  alors que la production de richesses réelles chute, alors que l’emploi s’effondre et que les coûts, les charges explosent.

Certains s’efforcent de faire croire qu’une reprise  pourrait se matérialiser rapidement; penser cela est un déni d’intelligence, c’est croire aux miracles  car aucune des conditions pour une reprise même molle ne sont réunies. Pour avoir une reprise  molle il faudra encore, et encore créer plus de crédit!

Il faudra des années aux États-Unis et à l’économie mondiale pour revenir aux niveaux de 2019.  La conséquence en est qu’ il n’y a aucun espoir pour que toutes les entreprises restent viables et/ou que les  États et les gouvernements et les particuliers  restent solvables.

La richesse est en train d’être  détruite à une vitesse et une échelle que personne n’aurait pu imaginer. Elle est détruite des deux cotés des bilans, à l’actif car beaucoup d ‘outils de production sont devenus inadaptés après des décennies de mal-investissement  et au passif car les exigences de remboursement sont telles que les cash flows n’y suffisant pas, il faudra procéder à des liquidations.

On s’achemine vers des processus de purge, de liquidations, de faillites de mises au rebut, de mises au chomage de très grande ampleur.

Et surtout ce que personne ne voit, ces processus seront lents , trés lents ce qui favorisera la délitation des appareils économiques. Le temps est un élément essentiel en matière économique et jamais le fameux « du temps c’est de l’argent n’a été mieux justifié ».

Le temps des processus sera lent à cause des lourdeurs institutionnelles, des litiges juridiques, bancaires et des résistances sociales . Il ne faut pas les négliger, elles vont etre terribles.

Le gachis va être considerable surtout dans des pays ou ensemble de pays comme l’Europe ou les consensus sont faibles et les divergences omniprésentes. C’est là ou on va constater qu’après des années de chute des légitimités politiques, les populations ont cessé d’être gouvernables et manoeuvrables.

Avec l’éclatement des bulles du crédit, on verra des pressions à la baisse de nombreux prix comme on le voit  sur  l’énergie et les matières premières. La demande diminuera pour de nombreux produits et encore plus pour de nombreux services. Les chaînes d’approvisionnement rompues vont poussent certains prix à la hausse et/ou créer des pénuries.  Dans un monde qui croule sous le  fardeau des dettes, cette forme de stagflation  sans précédent va étre destructrice..

Je considére que cette période que l’on pourrait appeler selon son humeur des destruction ou de restructuration va durer entre  trois et cinq ans.

Je n’imagine pas qu’en l’état actuel des compétences et des reflexions des responsables de la conduite des affaires ils puissent prendre le taureau par les cornes et affronter une restructuration pilotée, volontaire, de grande ampleur de nos systèmes par un moratoire généreux, une restructuration large des dettes et un étalement/réechelonnement  considérable des échéances; nos gouvernements sont trop crony et trop inféodés aux intérêts kleptocratiques pour oser aller  dans cette direction.

Non ils vont tenter  de poursuivre dans les voies qu’ils ont tracées depuis 30 ans:  l’inflationnisme monétaire dans l’espoir de déclencher une inflation accélérée des prix des biens et des services et ainsi faire de la croissance fictive, nominale .

Les banquiers centraux sont à mon avis pleinement  déterminés à faire «tout ce qu’il faut» pour accélérer  l’inflation globale des prix à  la consommation. Malgré leurs échecs, les banques centrales adhèrent à la doctrine selon laquelle elles peuvent manipuler le  niveau général des prix  par le biais de la politique  monétaire.

Ces efforts désespérésde relance  seront agressifs; ils  ne feront qu’ajouter à un endettement ingérable, tout en mettant à rude épreuve les structures financières,  économiques et surtout sociales avec l’ aggravation   des inégalités de richesse.

Dans cette voie de l’inflationnisme, une fois que l’on aura épuisé tous ou toutes  les délices des achats d ‘actifs comme l’a fait le Japon et que cela n’aura rien donné de significatif, la question qui va se poser est celle du zéro; la  question de la frontière du zéro pour cent en matiere de taux d’interêt .

L’Europe et le Japon ont déja pénétré   en territoire de taux négatifs, mais c’était de la rigolade. Pour produire un résultat les taux d’intérêt ne doivent pas flirter avec  les négatifs, non il faut aller plus loin et baiser carrément:  passer d’abord à -3% puis -5%.

Un certain nombre d’étapes importantes doivent êrte franchies afin  de rendre les taux négatifs efficaces.

La plus importante, qu’aucune banque centrale n’a encore franchie , est d’empêcher la thésaurisation/stockage  des liquidités par les sociétés financières, les fonds de pension et les compagnies d’assurance et bien sur les particuliers. Ainsi avec les taux négatifs de la BCE, les institutions financières allemandes ont procédé à une très large échelle à la thésaurisation d’espèces; il faut empêcher ce phénomene de fuite devant la spoliation.

Diverses combinaisons de réglementation, de surveillance, de contrôle et de répression sont imaginables: limitation des  retraits d’argent à grande échelle à la banque centrale , limitations aux distributeurs automatiques, la suppression progressive des billets de nominal élévé , controle des coffres forts bancaires, controle des paiements etc …

En tant que particulier attendez vous, dans un avenir assez proche, non seulement à de nouvelles mesures de contrôle sur vos avoirs mais aussi à l’imposition de taux négatifs sur vos dépôts bancaires des lors qu’ils dépasseront une certaine  somme.

 

 

10 réflexions sur “Nous y sommes. Le risque s’est concrétisé. Voila ce qui va se passer et voila ce qui vous attend.

  1. SI on veut etre optimiste,peut etre que les faillites provoquees a l’occasion de cet epidemie permettront de reorienter les moyens de production d’une maniere plus optimale et de « corriger le tir » apres des annees de folie speculative et de mauvaise allocation du capital.

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  2. Mr BERTEZ, je vous lis depuis des années avec toujours autant d’enthousiasme, avec vous ou plutôt grâce à vous je suis sorti de « ma bulle »….vos lecteurs ne vous remercieront jamais assez…
    Dernièrement vous avez écrit que la « Mère bulle » celle des emprunts d’état n’avait toujours pas éclatée….en lisant votre article vous n’en faite pas référence….Qu’en est-il exactement ?

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    1. Mes deux derniers articles affinent mon analyse sur ces questions lisez atteentivement. La mere de toutes les bulles , celle des emprunts d’état a en termes logiques éclaté puiqu ‘on la soutient mais elle n’a pas visiblement éclaté. vous compredrez mieux au fil des textes Mais vous pouvez comprendre avec l’image du chirurgien et de l’amputation.

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  3. Cher monsieur,

    Vous ne voyez pas d’issue à cette débâcle, qui va prendre du temps, d’autant plus que les masses dociles sont sous l’emprise de la « servitude volontaire » (tous consommateurs!)

    Mais si je vois comprends bien, il y aura pourtant bien débâcle, nécessairement, car les ingénieurs ne sont que des magiciens (je préfère des alchimistes). Même le new green deal?

    Vous ne parlez plus de la guerre comme solution depuis un certain temps (or, vous ne redoutiez pas d’en parler, il y a quelques temps encore).

    Au bout de la débâcle, il y a la guerre, n’est-ce pas? Guerre civile, guerre de classes, guerre extérieure…

    Cordialement,

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  4. Bonjour. Pourquoi ne pas envisager un financement accéléré de crédit par les banques centrales et une perte de confiance des marchés face à celles-ci déclenchant l’inflation ? Tant que les banques centrales tiennent, on ne voit pas forcément de grandes conséquences.

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  5. Oui, mille fois oui pour ce constat sans appel!
    Les six prochains mois seront de plus en plus révélateurs, les élections US faussent la donne, les faillites vont se multiplier et les contestations seront de plus en plus nombreuses… Le coûte que coûte a toujours un prix, les valeurs feront ce prix, mais les politiques du non-retours seront encore plus dévastatrices, particulièrement pour la zone Euro. Quel gâchis !

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