Derrière le phallus scintillant, il y a la m….e! Ou du phallus au plug.

Le crédit, la confiance, la parole tout est dévalué.

Rédigé par
Bruno Bertez
14 mai 2020

La monnaie, la mémoire, le crédit… tout est dévalué, sapé, faussé dans le système actuel. Aujourd’hui, les digues commencent à craquer.

Un système économique, un appareil de création de richesses comporte toujours deux faces : une face « face » qui est son actif, et une face « pile » qui est son passif. C’est le principe de la comptabilité : d’un côté on enregistre ce qu’on fait avec les ressources, et de l’autre on enregistre d’où viennent les ressources.

Les pouvoirs en général sont des illusionnistes, ils escamotent le négatif pour vous faire briller le positif et l’attribuer à leurs mérites. Nos systèmes sont des systèmes de vrais tiers payants et de faux repas gratuits. C’est pour cela qu’ils sont d’authentiques malédictions : ils sont fondés sur des mensonges.

Néo-classique-style romain argent plaqué or phallique phallus ...Dans le cas présent, les autorités se vantent des réalisations économiques sans dire le prix qu’il a fallu consentir pour les obtenir.

Le pouvoir en règle générale est menteur.

Il ne vous donne que ce qu’il vous a pris puisqu’il ne produit rien et consomme et consume la part maudite de nos sociétés, le surplus, si l’on peut dire.

Ce que donne le pouvoir donne toujours l’impression de tomber du ciel comme l’argent ; c’est pour cela que je dis que le pouvoir est prométhéen – il vole le feu, il vole l’infini aux dieux alors qu’il ne fait que gérer la finitude.

Le pouvoir plaque de l’infini sur du fini – ce qui produit un gap, un fossé.

Double crédit

A notre époque, le pouvoir repose sur le crédit dans les deux sens du terme : le crédit financier et le crédit psychologique, c’est-à-dire la croyance.

Dans cet esprit, il fait comme si le crédit était infini, sans limite et surtout sans terme : on le roule dans l’éternité. Le crédit n’est qu’un flux ; on nie/escamote le fait qu’il soit en réalité un stock. Les flux opèrent dans le continu dérivable, les stocks évoluent en discontinu, en tout ou rien, comme les gouttes d’eau qui font déborder les vases ou les fétus de paille qui brisent le dos des chameaux.

La crise en cours est une crise où le discontinu se révèle ; c’est une crise de stock excessif de crédit. On appelle cela une crise d’accumulation, une crise de sur-accumulation.

C’est un autre trait de la modernité : elle repose sur la gestion des flux et nie l’existence et le rôle des stocks, comme la mémoire par exemple.

La mémoire est une accumulation. C’est un stock dangereux puisqu’il compare le présent et le futur au passé. Donc il faut dévaloriser la mémoire. C’est la fonction de l’idéologie de la modernité et de l’idéologie du progressisme. Il s’agit de tuer la mémoire en posant comme principe que tout ce qui est moderne est supérieur, et que plus jamais ce ne sera comme avant.

Le ressort des pouvoirs, c’est l’affirmation à la fois que plus jamais ce ne sera comme avant et qu’il n’y a pas d’alternative, le fameux TINA (« There Is No Alternative »).

La fonction des médias

C’est la fonction des auxiliaires du pouvoir, les médias, que de tout transformer en flux de nouvelles – un clou chasse l’autre. Il s’agit de créer des croyances passagères, des convictions précaires, des engouements éphémères qui balaient perpétuellement le savoir accumulé par les mémoires et les certitudes produites par les réflexions sur la vérité.

Il s’agit de rendre le réel liquide, fugace, de le faire couler. Il s’agit de rendre le monde radioactif ou mieux encore téléactif. Les médias gèrent votre amnésie en continu.

Plus encore que l’idéologie, les médias véhiculent une sorte de monde parallèle, ce que je désigne souvent par le nom de névrose sociale, qui fait que les gens marchent à côté de leurs pompes en permanence.

Les médias magnifient les formes, les styles, en tuant le fond. Ils parlent fort pour ne rien dire de vrai, ils enflent ; ils parlent et sur-parlent gros pour penser petit, tout petit.

Intervenant au niveau de l’imaginaire, tout comme le rêve ou le roman, les médias ne sont soumis ni à l’obligation de cohérence ni à celle de non-contradiction.

C’est un secret que le régime Macron a parfaitement assimilé : les médias sont là pour vous faire perdre la tête, perdre le fil. Les médias et le discours politique médiatisé baignent dans la non-signifiance, dans la vétille, la broutille, dont les porte-paroles d’Emmanuel Macron sont les gestionnaires quotidiens.

C’est un monde qui tue sa mémoire, dis-je.

Et l’inflation, dans tout ça ?

Notre monde moderne réclame à tous crins l’inflation qui est le changement de la valeur des signes, leur dégradation. Car, tout étant monétaire, l’inflation est le processus par lequel les flux se dévalorisent : l’inflation efface les traces du monde en marchant.

Ainsi, les flux peuvent être considérés comme ne se stockant pas. Le ratio dettes/PIB, avec l’inflation, ne monte pas et n’atteint jamais le niveau critique de la rupture, le niveau de la crise qui exige la réconciliation du réel et de l’imaginaire, la réunification des ombres et des corps. L’inflation permet de croire que l’on peut continuer à habiter le monde faustien.

L’inflation des signes monétaires est exactement isomorphique de l’inflation des mots et des récits – c’est-à-dire de l’inflation verbale.

L’inflation est l’objectif des gouvernements et des banques centrales, ils la réclament. C’est le processus magique qui fait que la dévalorisation se fait en continu – dévalorisation de la monnaie et de la parole puisque la parole est fausse monnaie à notre époque.

La dévalorisation par l’inflation se faisant en continu, les crises qui viennent de l’écart entre le fini réel et l’infini promis sont évitées. S’il y avait eu de l’inflation il n’y aurait pas eu de crise des retraites ou de crise des gilets jaunes : tout aurait été réglé en monnaie de singe, en promesses biodégradables.

Hélas, à notre époque, d’inflation il n’y a plus !

Vous reconnaissez là dans mon analyse, les caractéristiques d’un monde magique : le monde scintillant du mensonge.

Le problème de notre monde vient du crédit, mais pas seulement – il vient aussi de son symétrique, la dette. La machine s’est arrêtée, la bicyclette a cessé de rouler, et nous sommes tombés.

La mer de mensonges menace de se retirer montrant que les rois sont nus. Les mensonges scintillants se retournent en leur contraire… la merde.

A suivre dès demain.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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