Enquête sur BlackRock. Un travail qui n’a jamais été fait.

Les banques centrales ont pris le pouvoir sur les nations et les gouvernements. Les gouvernements ont abandonné ce pouvoir car les banques centrales financent leurs dépenses, fussent elles inconsidérées.

Les banques centrales ont besoin d’un bras séculier qui « joue le jeu » c’est à dire qui ne soit pas voyou, rogue. Les hedge finds ont longtemps joué ce role mais ils se rebellent de plus en plus et jouent de moins en moins le jeu des banques centrales, ils Transmettent moins.

Les grands gourous légendaires critiquent l’action des banques centrales car ils ont compris que l’on évoluait vers un système  de plus en plus dirigiste, socialisant, peu propice à l’excercice de leur savoir faire. Beaucoup s’expriment en ce sens, d’autres quittent purement et simplement le métier.

Les banques centrales, elles, veulent un bras séculier qui partage leur idéologie,  qui l’impose, un intermédiaire qui ne combatte pas la Fed, qui ne s’oppose pas à ses actions. Une entité qui « don’t fight the Fed », par conception, par construction..

Elles ont besoin de quelqu’un qui assure la Transmission avec l’argent , le plus souvent passif du public, surtout celui des caisses de retraites et de plus en plus celui du grand public.

Comme le dit le Tweet perspicace que vous trouverez en pied d’article, BlackRock est maintenant la quatrième branche du gouvernement.

Blackrock met en oeuvre la fourniture de liquidité ou liquidités au marché, il agit comme fonds de fonds. Il me rappelle l’expérience de IOS de Cornfeld qui avait fait, avec l’aide des Rothschilfd une série de fonds et de fonds de fonds de fonds,  tuyaux de poele qui s’enmanchaient les uns dans les autres. C’est bien sur de la finance Ponzi au carré voire au cube.

La position de BlackRock est dialectique, il est à la fois le bras séculier des banques centrales, le complice mais aussi le parasite.

BlackRock apparaitra dans l’histoire comme l’un des instruments de destruction des retraites des salariés. Il  aide les banques centrales à sauver leur mise et à imposer leurs objectifs. On ne peut à la fois aider les banques centrales à créer un faux marché, de fausses valeurs et en même temps défendre la valeur des retraites des salariés.

Si vous lisez les textes de Blackrock vous voyez que jamais ils ne se posent la question de l’évaluation ou de la cherté des marchés, donc jamais la question de la rentabilité future des « investissements » qu’ils réalisent. C’est la signature même de la ruine future. Comme pour la Fed, tout est toujours à son prix. BlackRock est un agent de transmission de la volonté démiurgique des gouverneurs de fixer le prix de l’argent de court terme, de l’argent de long terme, du risque et de la volatilité.

Comprenez bien que l’objectif des banques centrales  est de s’opposer de toutes leurs forces aux lois du marché, de faire en sorte que l’on ne puisse comme en Avril jamais decouvrir les vrais prix. Blackrock les aide à la fois techniquement et financièrement avec l’argent des retraites, avec les fonds de la Fed et maintenant ceux de ce que l’on appelle la clientèle. BlackRock est en train de devenir aux valeurs mobilières ce qu’était les GSE au marché immobilier.

Quand viendra l’heure de la sanction, c’est à dire l’heure du retour aux vraies valeurs, Blackrock sautera.

Guy a fait un excellent travail d ‘enquête sur d’autres aspects de BlackRock c’est un travail unique.

 

L’ENQUÊTE BLACKROCK : du Google de l’investissement au Grand Délit d’Initié Néo-libéral
     
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Video Enquete BlackRock

 https://youtu.be/TISmGyGoyTI


Enquete BlackRock Téléchargez le dossier de l’enquête ici (ou lisez ci-dessous) : https://www.investisseur-sans-costume.com/enquete-blackrock/

Mon cher lecteur,

Aujourd’hui, nous pouvons demander ce que nous voulons à Google  :
« Quelle est la meilleure perceuse à percussion sans fil ? Combien font 65 cl de lait en grammes ? Quel temps fera-t-il à Bombay la semaine prochaine… Ou même, quelle est l’action française la plus rentable de 2020, qui est le meilleur gérant ? Comment réduire mes frais de gestion »
Mais demain avec BlackRock, le géant inégalé de la gestion d’actifs, ils nous promettent tout autre chose :
« BlackRock, quelles unités de compte choisir pour mon assurance vie et optimiser la transmission à mes enfants ? Comment générer une retraite complémentaire chaque mois avec l’argent de la vente de mon ? Comment financer les études supérieures de mes 2 petits enfants dans 15 ans »
Mais avant cet avenir radieux, qu’ils vous promettent, voici venu les temps des grandes manœuvres et petits arrangements.
Ces derniers jours :
  • BlackRock perd opportunément son premier actionnaire,
  • Travaille dans l’ombre de la Fed, de la BCE et de la Commission Européenne et
  • Se lance, en toute discrétion, dans la gestion grand public et les services aux Conseillers en Gestion de Patrimoine (ou CGP mais aux États-Unis, on dit RIA pour Registered Investment Advisor).
Ces faits sans lien apparent sont intimement liés, ils sont l’émergence des grandes manœuvres de BlackRock pour devenir le Google de votre épargne.
Ça c’est pour la façade derrière laquelle, en réalité, nous allons découvrir comment BlackRock organise le Grand Délit d’Initié Néo-libéral.
Il y a également une différence fondamentale entre Google et BlackRock.
Si demain Google devait s’effondrer pour une raison ou une autre, il vous suffirait de quelques minutes pour changer de moteur de recherche (il en irait de même pour leurs autres services). Mais si BlackRock devait s’effondrer, votre épargne serait emportée avec eux.
Si l’hégémonie de Google est à la limite tolérable et ses services à haute valeur ajoutée, celle de BlackRock NE peut PAS l’être, en AUCUN cas.
BlackRock aujourd’hui n’est déjà plus Too Big Too Fail, ils sont Too Big To Survive sur le temps long de l’investissement. Et au fond, eux-mêmes doivent savoir qu’ils ont dépassé la taille où l’on ne peut plus faire faillite et atteint celle où, comme les dinosaures, ils ne peuvent plus survivre à long terme.
BlackRock est déjà le plus gros gestionnaire d’actifs au monde. Si vous avez une assurance vie, une partie de votre épargne est sans doute déjà gérée par BlackRock indirectement. Pourtant la France est un des pays occidentaux où BlackRock est le moins implanté et nous savons à quel point nos retraites les font saliver.
Je travaille sur les questions de gestion passive et BlackRock en particulier depuis des années et vous savez que lorsque je m’attaque à un sujet, je lis tout, j’analyse tout. Je les connais bien et pourtant je viens de passer une semaine entière de travail acharné pour construire cette enquête.
En quelques jours, la semaine dernière un faisceau d’indices ignorés par tous les médias francophones a fait apparaître les grandes manœuvres du monstre de l’investissement. Ce sont eux qui ont déclenché ce travail qui m’a emmené bien plus loin que prévu.
BlackRock la semaine dernière a fait une faute : ils se sont trop dévoilés, trop vite. Il serait criminel de laisser passer l’occasion au moment où l’hydre se déploie et s’expose l’espace d’un instant avant de fondre sur votre épargne.

Votre mission, si vous l’acceptez

S’il vous plaît partagez l’enquête sur les réseaux, transférez ce mail à votre carnet d’adresses, parlez-en : il nous faut lever grand ce voile et pour cela, j’ai besoin de vous.
C’est TROP IMPORTANT.
Seul, je ne peux rien pour donner la diffusion qu’elle mérite à cette enquête. D’ailleurs c’est vous qui déciderez de ce mérite, mais je ne crois pas me tromper : l’épargne d’un investisseur averti en vaut deux, et je parle ici d’euros sonnants et trébuchants.

Avertissement au lecteur

Au moment de la réforme des retraites, les médias avaient largement couvert le petit jeu d’influence de BlackRock en France et révélé son appétit pour le marché français où il est très peu implanté. Je ne reviendrais pas dessus, le travail a déjà été fait mais gardez bien en tête que la France est dans le viseur de BlackRock.
Cette enquête vous concerne, elle vous dévoile un horizon soviétique pour votre épargne (je n’écris pas soviétique au hasard, vous comprendrez à la lecture et comme disaient les regrettés Guignols de l’Info, « le communisme, ça marche, il suffisait de le privatiser »).
De nombreux articles et documentaires sur BlackRock ont fleuri depuis quelques mois et en premier lieu un grand documentaire d’Arte. Le journaliste Tom Ockers a fait un gros travail d’enquête et fait ressortir quelques faits saillants (au milieu du déluge d’artefacts journalistiques inutiles mais imposés par l’exercice).
Le journaliste n’a finalement pas compris grand-chose à BlackRock. Je ne le blâme pas, pour quelqu’un qui s’est attaqué à l’obscur géant new-yorkais l’espace de quelques semaines après des documentaires sur la Réforme protestante, l’obésité chez les jeunes et les milliardaires du football… Il ne s’en est pas si mal tiré.
Ici, rien de tout ça. Je revendique l’expertise et l’utilité de ce texte. La télé, c’est du divertissement, ici nous travaillons, nous étudions, nous tentons de comprendre le monde à la force de tous nos neurones et faisons appel à la raison avant l’émotion. J’en veux pour preuve l’ample bibliographie et travail de sources que vous trouverez à la fin de l’enquête (j’ai tout de même réalisé une vidéo de cette enquête pour aider sa diffusion et pour tous ceux qui aiment souhaiteraient écouter plutôt que lire, comme moi-même j’aime m’instruire, généralement lorsque je fais la cuisine ou lors de mes déplacements).
Vous ne trouverez pas non plus de mauvaise régurgitation de la page Wikipédia de BlackRock, n’hésitez pas à vous y référer en cas de besoin, consultez celle en Anglais, la version française se rapproche de l’indigence, la traduction automatique de Google Traduction est de très bonne qualité pour les non-anglophones.
Vous savez que je fais tout pour vulgariser et rendre attrayante cette matière triste et morte qu’est la haute finance… Mais l’exercice à ces limites : je me refuse à dénaturer le fond. Aussi faudra-t-il peut-être vous accrocher un peu pour aller au bout de cette enquête. Je crois que vous serez récompensé de votre effort. Vous me direz.
Les temps de crises sont ceux des grandes manœuvres, il n’y a pas de temps à perdre, alors en piste.

PREMIÈRE PARTIE :  QUI EST BLACKROCK EN MAI 2020

Pas de crise, que des opportunités

Les temps de crise ont toujours été ceux des grandes manœuvres, encore plus pour BlackRock, né de la crise de 1987, développant les fonds négociés en bourse (ETF) après l’explosion de la bulle Internet et rejoignant le cercle des maîtres du monde de la finance en 2008, nous verrons comment.
Et voici l’opportunité qu’entend saisir BlackRock :
Aujourd’hui vous cherchez les réponses à vos questions sur Google, l’hégémonique moteur de recherche, ou plutôt moteur de réponses, demain vous et votre conseiller placerez votre épargne grâce au moteur d’investissement de BlackRock.
BlackRock veut devenir le Google de l’investissement. C’est le dernier relais de croissance possible pour le monstre qui gère déjà 21 000 milliards de dollars [1], directement ou indirectement : autant que le PIB des États-Unis et plus que le Nasdaq tout entier qui regroupe pourtant les géants américains de la Tech : Google, Microsoft, Apple, Amazon…
Nous sommes aujourd’hui bien conscients de tous les problèmes que pose l’hégémonie de Google.
Ils ne sont rien à côté du délire de puissance de BlackRock et son fondateur Larry Fink qui, à bientôt 70 ans, a encore du temps pour dérouler son plan mais plus une minute à perdre.

« Je suis le droit, je suis la justice. »

Comme le monstre de Jules Verne, rares sont ceux qui savent distinguer les rouages du Nautilus derrière la bête mystérieuse et fantasmatique. Ici, les 0 et les 1 du monstre algorithmique ont bien remplacé la tôle et les engrenages… Nous avons changé de millénaire. Le Capitaine Nemo s’appelle Larry Fink, plus aimable mais non moins obscur que l’antihéros de 20 000 lieues sous les mers.
Et comme le capitaine Némo, Fink semble vous dire « je suis le droit, je suis la justice ».
Chaque année, Larry Fink écrit une lettre à ses PDG, les patrons de presque tous les plus grands groupes de la planète dont il est le premier actionnaire en votre nom.
Cette année, juste avant que n’éclate la crise, il a haussé le ton :
« Nous sommes de plus en plus disposés à voter contre les conseils de directions et d’administration lorsque les entreprises ne font pas suffisamment de progrès sur les questions de développement durable ». [2]
Et de fait, les chiffres suivent : depuis le début de l’année 2020, BlackRock a voté contre les recommandations du management près d’une fois sur 3 aux États-Unis, et pas n’importe comment. [3]
Le PDG d’une grande organisation doit satisfaire nombre de parties prenantes : ses actionnaires bien sûr, mais également ses clients, salariés, partenaires, prestataires… C’est même leur job fondamental, ils doivent réconcilier des exigences souvent contradictoires de parties prenantes très diverses.  Ici, Larry Fink vient dire à ses directeurs qu’ils ne doivent écouter qu’une seule voix : celle des actionnaires.
En temps normal, ce n’est pas si désastreux : si les actionnaires prennent de mauvaises décisions, ce sont eux qui en paieront le prix en perdant des marchés, en se faisant doubler par d’autres entreprises aux actionnaires plus affutés ou en se retrouvant devant la justice le cas échéant : Après tout, ils sont les ultimes responsables de ce qui leur appartient.
Mais non seulement nous sauvons les actionnaires contre vents et marées depuis 2008, privatisant les gains et mutualisant les pertes, mais en tant que 1er actionnaire de tout le monde… Il n’y a plus de concurrence pour défier BlackRock et leur faire payer leurs fautes. L’hégémonie est en train de devenir totale.
Comprenez-bien cher lecteur que la situation est nouvelle.
Pendant longtemps, les géants de la gestion passive dont BlackRock a pris la tête en 2008, n’intervenaient que marginalement, ils n’avaient pas encore le poids suffisant.
La gestion passive n’est devenue plus importante que la gestion active sur le S&P500 qu’en 2019, il y a moins d’un an.
Il n’y a rien de connu dans l’évolution d’un grand indice boursier lorsque celui-ci devient essentiellement géré de manière passive.

Investisseur passif mais actionnaire très soucieux de SES intérêts

BlackRock est le roi de l’investissement passif, c’est-à-dire tous ces investissements où vous suivez un indice sans choisir de société en particulier. Ce sont eux qui vous permettent d’investir directement dans le S&P500 ou le CAC40 plutôt que de choisir Sanofi, Total, LVMH… un par un. Les frais de gestion sont décapités et cela fait une grosse différence de gain à long terme. C’est l’attrait initial de la gestion passive qui a d’abord été une excellente idée, puissamment utile : mais c’est la dose qui fait le poison.
Rares sont ceux qui se sont rendu compte que lorsque l’investissement passif devient majoritaire, alors l’investisseur se doit de devenir un actionnaire actif et même très actif.
C’est exactement ce qui est en train de se passer et cela n’a rien à voir avec le développement durable.
Si demain BlackRock n’est pas satisfait des choix stratégiques du groupe Total, ils ne peuvent pas vendre leurs actions, ils sont obligés de détenir Total pour tous les investisseurs qui souhaitent investir dans le CAC40. À défaut de pouvoir vendre, BlackRock doit s’impliquer activement dans la gestion du groupe qui ne sert pas suffisamment ses intérêts mais qu’il peut désormais contraindre.
C’est lui le vrai souverain : il en détient les attributs. BlackRock a un pouvoir de vie ou de mort sur la plupart des dirigeants des grandes organisations de ce bas monde, privées comme publiques. Vous êtes avec eux, ou vous êtes hors-jeu.
Bien sûr, ce pouvoir vient de vous. Vous le lui avez délégué et il l’utilise dans votre intérêt, mais seulement après le sien, celui de ses actionnaires, des banques centrales, des États et des grands groupes mondialisés dont il est généralement le premier actionnaire. En fait, vous arrivez tout en bas de la liste.
C’est le moment de vous inquiéter de BlackRock, personnellement et collectivement. Après, il sera trop tard comme déjà aujourd’hui les Google, Facebook et autres GAFAM semblent hors d’atteinte de tout concurrent comme de tout gouvernement. Et leur pouvoir de nuisance est pourtant incroyablement moins fort que celui de BlackRock.

Vous êtes avec eux ou vous êtes hors-jeu

Bien sûr, cela ne veut pas dire que BlackRock décroche son téléphone tous les 4 matins pour donner leurs instructions aux PDG du monde entier. C’est bien plus vicieux que cela.
Ils se contentent de répondre à une seule question : êtes-vous avec eux ou contre eux ?
Lorsque Larry Fink s’engage à voter contre les conseils de ses grands groupes, il ne s’agit pas de décisions stratégiques, il ne s’agit de faire respecter des engagements de développement durable, il s’agit de nominations.
Sur 330 assemblées générales auxquelles BlackRock a participé depuis le début de l’année aux États-Unis, ils se sont opposés à 120 nominations de directeurs : c’est massif. [3]
Lorsque BlackRock vote contre les propositions des Conseils, c’est pour s’opposer à la nomination d’un nouveau directeur : vous êtes avec eux ou vous êtes hors-jeu.
Il ne me semble pas inutile à ce stade de rappeler que les États-Unis sont entrés en guerre commerciale avec le monde, bien avant l’élection de Trump. Les raids réussis sur Alstom, Technip, celui en cours sur Lagardère, l’amende record et douteuse infligée à BNP : les États-Unis sont devenus ouvertement prédateurs depuis 2008 et dans ce contexte, BlackRock et à sa suite Vanguard et StateStreet ne sont certainement pas en train de monter au capital de nos grandes entreprises en amis et encore moins avec la crise dans laquelle nous entrons.
Et pourtant ils viennent aujourd’hui se présenter à vous comme votre bon génie.

SECONDE PARTIE : CE QUE VEUT BLACKROCK

BlackRock se prend pour le génie de la lampe et vous accorde tous vos vœux… Tant que ce sont les leurs.

Voilà ces gens qui veulent devenir le Google de l’investissement.
La comparaison avec Google n’est pas neutre, ni un raccourci facile. Il y a à l’origine des succès de Google et BlackRock la même idée appliquée à deux champs différents :  l’analyse massive de données.
Google a révolutionné la recherche sur Internet avec son algorithme PageRank qui analyse les relations entre pages web et BlackRock a révolutionné la gestion des risques financiers avec Aladdin qui analyse les relations entre produits financiers et chaînes d’investissements.
Aladdin, oui : Ils se prennent littéralement pour le génie de la lampe.
Aujourd’hui, Aladdin est un algorithme de gestion des risques.
Imaginez 2000 ordinateurs dans de gigantesques salles avec autant de physiciens nucléaires, chercheurs en mathématiques fondamentales, ingénieurs électriques, super experts-comptables, économistes… Tout ce monde est relié à des serveurs ultra-puissants stockant la base de données financière la plus gigantesque au monde (et de très loin). [4]
Imaginez maintenant tous ces génies simuler 200 millions de scénarios de risque par semaine.
Imaginez-les analyser le moindre battement d’ailes d’un papillon au Brésil et ses effets sur l’apparition de tornades aux États-Unis. Ces gens n’ont pas d’humour, ils ont pris l’effet papillon au pied de la lettre, un doctorat en physique nucléaire n’empêche pas d’être grossier. [5]
Avec ça, vous aurez une idée de ce qu’était Aladdin… En 2008.
Impossible de savoir ce qu’est devenu le saint des saints de BlackRock aujourd’hui, mais en appliquant une simple loi de Moore, nous pourrions estimer que la puissance du machin a été multipliée par 8 ou 10.
Bon.
Bien sûr, à partir de ces modèles de risque, Aladdin vous dit où et comment investir votre argent.
Aladdin a d’abord été développé en interne pour les besoins mêmes de BlackRock. Puis, l’entreprise a commencé à commercialiser Aladdin auprès de grands clients institutionnels.
Les grands concurrents de BlackRock, Vanguard et StateStreet utilisent eux-mêmes Aladdin… La collusion est immense, la concurrence apparente seulement. [6]
Au mois d’avril, la BNP a conclu un grand accord avec BlackRock pour utiliser elle aussi Aladdin. [7]
Mais BlackRock veut désormais apporter Aladdin à tous les gestionnaires de patrimoines du monde et même à tous les investisseurs particuliers et épargnants du monde.

Grande manœuvre n°1 :  apporter Aladdin dans tous les foyers du monde

Le 12 mai dernier, BlackRock a annoncé un partenariat avec Brinker Capital.
Brinker Capital est une société de gestion qui fournit également des services informatiques pour Conseiller en Gestion de Patrimoine (Aux États-Unis on dit RIA ou Registered Investement Advisor).
Brinker Capital a plus de 20 milliards de dollars sous gestion et ils seront bientôt connectés à un prototype de version grand public d’Aladdin.[8]
C’est la première étape vers le déploiement d’Aladdin dans tous les foyers.
La seconde est elle-même déjà engagée : BlackRock a également choisi Azure, le cloud de Microsoft pour rendre accessible Aladdin à grande échelle.
Notez au passage que depuis 1990, Bill Gates a toujours rêvé d’investir le secteur de la finance, cette ambition trop précoce aura d’ailleurs joué pour beaucoup dans le grand procès antitrust qui a bien failli emporter Microsoft en 1998.
Notez que BlackRock n’est pas le seul à lorgner la gestion de votre épargne.
La semaine dernière, Goldman Sachs a également annoncé le rachat de Folio, société qui fournit des services financiers pour CGP, y compris des algorithmes d’investissement (robo-advisor)[9]. Enfin le géant américain du secteur, Schwab a lui aussi annoncé au début du mois le rachat de Motif Technology, là encore pour ses algorithmes d’investissement. [10]
La tendance mon cher lecteur est massive mais aucun de ces concurrents n’arrive à la cheville de la monumentale manœuvre de BlackRock.

Le Verbe s’est fait chair et il s’appelait Larry

Selon les mots mêmes de Larry Fink, BlackRock est en train de transformer Aladdin en un langage, le langage de la construction de portefeuille.
Le mot est particulièrement important. En faisant cela, BlackRock ne cherche pas tant à contrôler le monde de la finance que la représentation que nous nous en faisons.
Larry se prend pour la Sainte Trinité :
Au commencement était le Verbe… Et le Verbe était Dieu… Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous… Il s’appelait Larry.
Par construction même, BlackRock nous enferme dans une représentation du monde qui ne dépasse pas les marchés financiers :
  • Voulez-vous acheter de l’or ? Aucun problème, Blackrock a un ETF pour cela mais jamais l’or physique ne fera-t-il parti du langage
  • Voulez-vous investir dans l’art ? N’allez pas dans une salle des ventes, il existe des fonds spécialisés pour cela géré par les plus grands spécialistes.
Même le changement climatique n’est considéré que sous l’angle du risque qu’il fait peser sur les marchés financiers… Encore une grossièreté : la fiction financière détraque notre rapport au monde et à la nature, pas l’inverse. [11]

Le pompier pyromane

Nous touchons là au cœur du problème : la crise économique et financière qui s’abat sur nous est une crise fondamentale, une divergence irréconciliable entre la fiction financière et la réalité économique.
Cette fiction permet de faire apparaître des milliers de milliards de dollars, euros et autres monnaies, d’un claquement de doigts, alors même que nos économies s’effondrent et que les perspectives de croissance à long terme sont nulles.
Il y a de plus en plus d’argent et de moins en moins de richesses : là est la base fondamentale de notre mal, nous ne savons plus représenter nos richesses et partant de là, nous ne savons plus les répartir entre nous.
Nous donnons aujourd’hui plus de valeur à des sociétés comme Air France ou la FNAC qu’à nos hôpitaux ou nos terres.
En nous enfermant dans leur fiction financière, BlackRock joue au pompier pyromane.

Nous ne pouvons plus nous permettre de les laisser décider à notre place

Avec le mythe de l’argent infini, ils veulent nous faire croire que nous pouvons sauver tout le monde mais c’est une infamie.
Il y a en France 30 millions de cerveaux et paires de bras en âge de travailler, 30 millions d’hectares de terres agricoles, 10 milliards de barils de pétrole consommés chaque année…
Et tous les milliers de milliards d’euros des banques centrales conseillées par BlackRock ne permettront jamais de casser ces barrières. Ce serait plutôt l’inverse, mais je vous en parlerai une prochaine fois.
Nous nous devons de choisir ce que nous voulons faire de notre temps et de nos ressources :
  • Voulons-nous qu’il y ait toujours autant de serveurs dans les bars et les restaurants ou un peu plus de personnel dans les hôpitaux ?

 

  • Voulons-nous cramer notre pétrole dans des avions ou l’utiliser aujourd’hui pour apprendre à nous en passer demain ?
Oh ce n’est certainement pas à un État ultra-centralisé en dégénérescence rapide de faire ces choix, mais à chacun d’entre nous de décider là où nous voulons travailler, mettre notre effort et là où nous voulons mettre notre argent.
Nous savons cela au moins depuis Lénine et son grand délire avec le plan GOELRO en 1920 :
Le communisme, c’est le gouvernement des Soviets plus l’électrification de tout le pays. [12]
L’intention était certainement louable, les résultats n’en furent pas moins catastrophiques. [13]
Aujourd’hui nous pourrions dire : Le capitalisme vert, c’est la gouvernance mondialisée plus la réduction de toutes les émissions de CO2.
Lénine n’était pas plus bête que Larry.
Notre Sécurité sociale un temps enviée du monde entier, est devenue une machine folle qui détruit le système de santé français plus sûrement que n’importe quel ennemi de l’extérieur. Même Monsieur Macron a bien été obligé d’avouer sa faute, tout du moins sa part, car cela ne date pas d’hier.
Mais tant que nous ne choisirons pas, tant que nous ne renoncerons pas, nous n’y arriverons pas, tant que nous abandonnerons notre liberté, la responsabilité de nos choix aux BlackRock et autres porteurs de promesses insensées, nous resterons prisonniers, sacrifiables à merci et sacrifiés.
Vraiment, mon cher lecteur, les médias francophones sont devenus indigents. Je n’ai lu aucune dépêche, pas un papier, même dans la presse spécialisée sur cette révolution en cours pourtant massive et documentée. Vous avez mes sources au bas de cette lettre (en anglais, désolé).
La seule nouvelle qui a vaguement intéressé nos médias ces derniers est le retrait de PNC premier actionnaire de BlackRock… Et encore n’y ont-ils rien compris.

TROISIÈME PARTIE : CE QUE BLACKROCK NE VEUT PAS

Grande manœuvre n°2 : éviter À TOUT PRIX d’être considéré comme une banque

Mercredi dernier, banque régionale de Pittsburg PNC Bank (9e banque américaine par le bilan), a vendu ses parts dans BlackRock.
PNC était un investisseur historique de BlackRock et premier actionnaire avec plus de 22% des parts.
La plupart des commentateurs ont observé le mouvement du point de vue de PNC qui a besoin de cash pour traverser la crise et qui, de toute manière, pouvait difficilement espérer mieux que les 3 000 et quelques pourcents de plus-value réalisée avec leur coup de génie.
Ce n’est pas faux.
Mais c’est occulter l’essentiel des motifs réels derrière cette transaction.
Depuis le 1er avril 2020, techniquement et à cause de PNC, BlackRock était devenu une banque et devait se soumettre à la supervision de la Fed.
BlackRock soumis à la réglementation bancaire !!
C’était trop beau pour être vrai et durer ne serait-ce qu’un trimestre, une seule petite série de publications financières… Que n’aurions-nous appris.
La secousse est partie d’une évolution de la loi de supervision bancaire américaine (BHC act). [14]
Depuis 1er avril, la Fed estime que PNC est dans une position de contrôle de BlackRock et donc que BlackRock doit être traité comme une filiale de PNC Bank et non plus comme une participation minoritaire… BlackRock devenait filiale d’une banque,  c’est-à-dire une banque.
Dans son rapport annuel 2019, PNC note (page 10) :
« Au sens des dernières règles (la négociation n’est alors pas encore finie), PNC est présumé contrôler BlackRock au sens de la loi de supervision bancaire (BHC act). […] ce qui reviendrait à considérer BlackRock comme une filiale de PNC qui serait alors soumis à la supervision et régulation de la Réserve Fédérale. » [15]
Boum ! Tu parles d’un pavé dans la mare… Comme quoi, il y a encore quelques personnes saines d’esprit à la Fed.
C’est mal connaître BlackRock et l’étendue de son influence.
Bien sûr, PNC aurait pu jouer au chat et à la souris et tenter de redescendre sous les critères de contrôle présumé.
Mais dans la guerre réglementaire, PNC a perdu la bataille qui lui a fait perdre la guerre.
Une autre réglementation a dû finir de convaincre la banque de Pittsburgh de prendre ses gains et laisser les grands jouer entre eux.
En effet, le même rapport annuel de PNC note en page 7 une évolution d’une autre réglementation qui lui est très défavorable : Depuis le 1er janvier 2020, elle doit couvrir les risques de son investissement dans BlackRock, non pas par rapport au montant initial de 240 millions de dollars mais selon la valeur actualisée… Alors à plus de 17 milliards.
C’est un peu technique mais cela signifie qu’au lieu de dédier peut-être 150 millions de dollars de fonds propres pour couvrir le risque d’une défaillance de BlackRock, PNC doit tout d’un coup consacrer autour 10 milliards de fonds propres à ce risque… Il s’agit d’un surcoût insupportable pour PNC qui dispose en tout et pour tout de 50 milliards de fonds propres et déplore dans son rapport annuel l’échec des négociations avec les autorités.
Ajoutez à cela que la vente des actions de PNC est venue augmenter le capital flottant de BlackRock d’environ 15%, qui a fait augmenter d’autant le poids de BlackRock dans le S&P500 et donc la part d’autocontrôle de BlackRock qui gagne ainsi en indépendance… Et vous avez une jolie cerise sur le gâteau.
Grandes manœuvres, grandes manœuvres…
Voilà les guerres de l’ombre dont tout le monde se fiche royalement tant il est vrai qu’elles n’ont rien, mais alors vraiment rien de divertissant comme celles de Game of Thrones mais ces ennuyeuses guerres de comptables scellent le destin de votre épargne bien plus sûrement que tous les gros titres de presse.
Vous êtes toujours-là ?  Bien accrochés ? Si non, envoyez-moi un mail je reprendrai l’ouvrage pour faire toutes les clarifications nécessaires.
Mais l’essentiel est que BlackRock fait tout pour ne pas être considérée comme une banque.

Mais qu’a donc BlackRock à cacher à la Fed ?

BlackRock ne doit en aucun cas tomber sous la réglementation bancaire… Et la question n’est pas nouvelle.
Déjà en 2009, les avocats de la banque britannique Barclays, qui possédait temporairement plus de 51% de BlackRock, s’étaient assurés auprès de la Fed que la participation de Barclays ne pouvait pas être interprétée par la Fed comme une position de contrôle. [16]
Cet échange n’était pas anodin et survenait au moment même de la négociation de la Volcker Rule.
La Règle Volcker est une loi votée au tout début de l’année 2010 en réaction à la crise de 2008 qui interdit aux banques d’investir contre leurs clients. [17]
Jusque-là, une banque pouvait tout à fait conseiller à l’un de ses clients un investissement et par-derrière prendre la position inverse sur ses fonds propres, c’est-à-dire jouer contre son client. Il y avait-là un conflit d’intérêts énorme et un délit d’initié patent puisque la banque avait accès aux informations de ses clients – nous parlons ici de gigantesques investisseurs institutionnels… Pas de vous et moi.
Mais BlackRock n’est pas une banque.
C’est très important : BlackRock n’est pas une banque. Ils ne font pas crédit. Ils ne disposent pas des fonds propres gigantesques dont les banques ont besoin pour assurer leurs crédits.
Le capital de BlackRock s’élève à 30 milliards de dollars, beaucoup moins que les 50 milliards de PNC pourtant 20 fois moins grosse que BlackRock.
Les seuls fonds que gèrent BlackRock sont ceux de leurs clients.
BlackRock ne fait pas d’investissement pour compte propre (à part les fonds de retraites de ses employés) et donc cette loi n’aurait pas dû les inquiéter.
Et pourtant si.
Il a fallu attendre 2014 pour avoir une bonne idée de la réponse.

Délit d’initié 2.0

Cette année-là, BlackRock est mis en examen par le procureur de New York pour « délit d’initié 2.0». [18]
En effet, il ne s’agit pas d’un délit d’initié habituel puisque encore une fois, BlackRock ne fait pas d’investissement pour compte propre et la fortune considérable de Larry Fink évaluée à plus d’un milliard de dollars… Fait presque figure de SMIC à côté des Ray Dalio et Jim Simmons qui s’approchaient de 20 milliards avant la crise.
Ce n’est pas ce que reproche le procureur à BlackRock.
Le procureur de New York reproche à BlackRock d’agréger toutes les informations confidentielles auxquelles il a accès en tant qu’actionnaire de tout le monde mais surtout d’utiliser sa position dominante pour forcer les courtiers et analystes de Wall Street à répondre à des enquêtes très détaillées sur leurs activités allant jusqu’à récompenser les analystes se soumettant de bon gré à leurs exigences… En leur mettant de bonnes notes, comme à l’école et distribuant des blâmes aux récalcitrants. [18]
N’oubliez pas : vous êtes avec eux ou contre eux.
Nous avons juste eu le temps d’apercevoir le visage réel de BlackRock avant qu’ils trouvent un accord fort avantageux avec le procureur… Sans jamais nier les faits.
Mais pourquoi donc BlackRock dépenserait-il autant d’énergie en délits d’initiés dont ils ne profitent pas ?
Il est temps de découvrir le vilain secret de BlackRock.
Vous êtes toujours avec moi ?
Ce n’est pas le moment de flancher.

QUATRIÈME PARTIE : LE GRAND DÉLIT NÉOLIBÉRAL

L’insatiable appétit du monstre algorithmique

Pourquoi ce gigantesque délit d’initié ? Mais pour nourrir Aladdin, bien sûr !
Leur méga algorithme a besoin de la plus gigantesque base de données possible.
J’ai pris l’image de l’effet papillon pour illustrer le travail d’Aladdin qui cherche à modéliser les effets de battements d’ailes de papillons au Brésil sur les tornades au Texas.
Dans le monde d’Aladdin, un battement d’aile de papillon est le crédit immobilier que souscrit M. Sansrevenus en 2007.
Il faut des milliards et milliers de milliards de données correctement organisées pour qu’Aladdin trace ce crédit ensuite dans toute la chaîne financière : comment celui-ci est regroupé avec des milliers d’autres crédits dans un titre financier (ce que l’on appelle la titrisation), comment ce titre est ensuite assuré puis redécoupé en tranches de risques, comment ces tranches sont à nouveau regroupées, assurées et à nouveau redécoupées…
Répétez l’opération ad nauseam avec des titres faisant plusieurs fois le tour du monde jusqu’à la tornade des subprimes et vous comprendrez comment les géants de l’assurance AIG, Freddie Mac et Fannny Mae se sont retrouvés en faillite alors que ces vénérables agents pensaient jusqu’au dernier moment assurer de bons pères de famille sans risque. [19]

Aux origines de Larry

C’est Larry qui a dû rigoler.
Car Larry est un précurseur :  il avait eu un avant-goût de la crise des subprimes dès 1986, alors qu’il était un petit génie de la finance à la First Boston, il avait fait perdre 100 millions de dollars à la banque (une fortune pour l’époque) avec de la titrisation trop agressive et mal assurée par des CDS défectueux… Un précurseur avec 20 ans d’avance. [20]
Obligé d’abandonner les paillettes de la banque d’investissement, ancienne star rejetée de tous, il avait fini par se tourner vers la gestion passive, alors risée de Wall Street, en jurant qu’on ne l’y reprendrait plus : Larry était devenu obsédé de la gestion des risques et son obsession a finalement pris forme dans Aladdin au tournant des années 2000.
Vous remarquerez qu’Aladdin n’a pas plus permis d’éviter la crise de 2008 que celle d’aujourd’hui.

À quoi peut bien servir Aladdin ?

Larry n’est pas philanthrope.
Avec BlackRock, il a joué au pompier pyromane et largement contribué à souffler la bulle immobilière américaine [21] et ne s’est jamais arrêté depuis. N’oubliez pas que chaque crise a été pour BlackRock l’occasion de se renforcer.
Peut-être même a-t-il pris un plaisir coupable à voir ses anciens camarades de Wall Street chuter sur la faute même qui avait causé son bannissement.
Mais Aladdin n’a pas plus permis à BlackRock d’éviter la crise de 2008 et sans le sauvetage général de la Fed, ils auraient sombré dans la banqueroute comme les autres.
Pourtant, BlackRock et Larry sont sortis de la crise de 2008 en sauveur, avec le statut de roi et faiseur de rois à Wall Street qui se serait bien passé d’un tel retour du fils prodigue.
On pense généralement que c’est la capacité financière de BlackRock avec ses milliers de milliards d’actifs sous gestion qui leur a permis de sauver Wall Street. Il y a peut-être un lointain fond de vérité mais c’est rater l’éléphant dans la pièce.
Alors quoi ?
Si ce ne sont pas les milliers de milliards sous gestion…
Si Aladdin qui doit rejoindre nos foyers n’a pas permis d’empêcher la crise ni même d’en protéger BlackRock et ses clients à quoi ce monstre a-t-il bien pu servir ?

Le « sauveur » organise en fait le Grand Délit d’Initié Néolibéral

C’est que le nom est mal choisi, ils auraient dû appeler leur algorithme Léon le nettoyeur.
Si Aladdin n’a aucun pouvoir prédictif sérieux, l’algorithme est en revanche un outil hors pair pour faire le ménage après coup.
Quand Bear Stearns a fait faillite en 2007, c’est BlackRock que l’on a appelé pour analyser les comptes et faire le ménage. BlackRock a été conseil à la fois de JPMorgan qui a racheté les actifs sains et de la Fed qui a absorbé ceux qui ne l’étaient pas : Encore un énorme conflit d’intérêts pour BlackRock.
La même année, c’est le fonds de pension de l’État de Floride qui a fait faillite… C’est encore BlackRock que l’on a appelé à la rescousse. Ils ont réorganisé le fonds en séparant les actifs sains des pourris puis ont été conseiller l’État de Floride d’absorber les actifs pourris pour sauver le fonds de pension de ses fonctionnaires (avec l’argent du contribuable bien sûr). [22]
Ils ont fait le même coup avec AIG.
BlackRock s’est transformé avec la crise de 2008 en roi de la privatisation des gains et de la mutualisation des pertes.
BlackRock orchestre depuis lors un gigantesque délit d’initié au profit du capitalisme néo-libéral dans son ensemble !
Et s’ils n’étaient pas là ? Eh bien peut-être aurions-nous fait l’inverse : laisser leur pourriture aux banquiers et sauver ce qui pouvait l’être par des nationalisations massives et provisoires, comme ce fut le cas par exemple avec General Motors.
Au lieu de cela, BlackRock fait prospérer le vice.
Ce passif de BlackRock est essentiel pour comprendre leur action aujourd’hui auprès de la Fed, de la BCE et de la Commission Européenne : ils font la même chose… En bien pire.

Mai 2020 : BlackRock répète, amplifie et… Déforme

L’histoire bégaie mais ne se répète pas.
BlackRock cette fois fait du préventif et plutôt que de faire absorber les actifs pourris, décrochés au scalpel, par la force publique, ils lui conseillent d’arroser tout le monde en masse.
  • Ils font racheter leurs propres ETF par la FED ! [23]… Et font de même avec la BCE [24]
  • Ils vont orienter eux-mêmes les fonds de l’Union Européenne sous couvert de « développement durable »: il faut être devenu complètement fou à Bruxelles pour donner les cordons de la bourse à des Américains en pleine guerre commerciale… Complètement fou ou servile. [25]
  • C’est même BlackRock qui fait passer les stress tests aux banques européennes pour le compte de la BCE ! Oh, cela ne va pas les rendre plus solides, mais cela permettrait hypothétiquement à Blackrock de siphonner leurs données (hypothétiquement bien sûr, car officiellement, c’est niet). [26]
Plus BlackRock étend son emprise et plus il récompense le vice et punit la vertu.
Ils sont devenus la cheville ouvrière de notre schizophrénie économico-financière.
Ils nous enferment dans leur fiction financière dont nous mourons, désormais à grand feu.
À ce stade, ne pas résister, c’est se faire piller.
Comprenez-moi bien mon cher lecteur, je n’ai au départ pas d’objection à une part de gestion passive et l’utilisation d’ETF dans nos épargnes : il m’arrive d’en recommander dans certains cas précis, mais l’outil a été déourné par BlackRock et la dose est devenue mortelle.
Quand bien même nous nous soumettions à la vision de BlackRock, et nous sommes en cours, nous finirions pillés sans être débarrassés de notre problème fondamental : la fiction financière est devenue irréconciliable avec la réalité économique.
 

Retour au réel

Et par définition, à la fin, nous revenons toujours au réel.
Il viendra un jour où tout l’argent public et toutes les dettes ne suffiront plus à maintenir la fiction de la croissance infinie.
Larry est-il à tel point perdu dans ses chiffres et la contemplation de son bel algorithme qu’il en oublie de regarder la vie, les arbres ?
Mais regarde Larry ! Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel et ton gros caillou noir ne s’affranchira jamais des règles de la pesanteur.
Le monde fictif de BlackRock finira emporté et sans doute nos monnaies toutes entières également.
Cela prendra quelques années. Au vu de l’accélération actuelle cela peut arriver vite.
Qui sait ?
Nous ne savons ni le jour ni l’heure.
Nous en revenons toujours à la nature fondamentale de l’homme pris au piège du conflit entre la misère de sa condition et l’infini des possibles, entre ce qu’il est et qui il voudrait être.
Nous sommes écrasés par nos aspirations. Il nous faut commencer par retourner au réel.
Cela vaut pour votre épargne et vos investissements : Au réel !
Je passe mes journées à en faire la promotion dans les pages de L’investisseur sans Costume (si vous n’êtes pas déjà inscrit, faites-le ici, c’est gratuit).

La révolte et la grâce

Nous en revenons finalement aux sagesses antiques : Connais-toi toi-même et tu connaîtras ta place entre les hommes et les dieux.  
Nous en revenons à Camus, à la révolte et la grâce comme seules échappées à l’arbitraire de notre condition et de tous les Larry qui nous pompent l’air et la fortune sans que nous n’ayons rien demandé. Lisez L’Homme Révolté.
Notre époque semble indigne de la grâce, alors ce sera la révolte, non celle qui divise mais celle qui rassemble face à l’arbitraire du monde.
La révolte mon cher lecteur.
Faites suivre. Partagez. Rassemblez.
À votre bonne fortune,
Guy de La Fortelle

Sources :

[5] Le célèbre « effet papillon » vient du titre humoristique d’une conférence scientifique donnée par le météorologue Edward Lorenz en 1972 sur la sensibilité aux conditions initiales d’un système chaotique : Prédictabilité : le battement d’ailes d’un papillon aux Mexique peut-il provoquer une tornade au Texas ? Le titre est humoristique mais il semble avoir été pris un peu trop au sérieux par les gens de BlackRock.
     
©2019 L’Investisseur sans costume

 

Une réflexion sur “Enquête sur BlackRock. Un travail qui n’a jamais été fait.

  1. Le plus scandaleux c’est peut-être tous ces cadres supérieurs, y compris dans l’administration qui, quoique ne servant pas l’intérêt et surtout pas celui des plus pauvres, s’engraissent avec leurs gros salaires, primes et actions et consomment rapidement une partie de leur graisse. Ce qui fait que si on voulait leur faire rendre de ce qu’ils ont gagné, même pas à la sueur de leur cerveau, il est évanoui en repas, femmes, soins divers, etc.

    Evidemment çà fait travailler leu plongeur et la femme de chambre, mais …

    Ni l’altruisme, ni le sourire ne sont côtés en bourse.

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