EDITORIAL: LES ULTRA RICHES ONT BÉNÉFICIÉ DE MANIÈRE DÉMESURÉE DES POLITIQUES DU PASSÉ. ET EN CE MOMENT ON FAIT ENCORE BEAUCOUP PLUS ET PIRE.

Il est difficile d’être plus capitaliste que moi .Pourquoi?

Parce je suis capitaliste de raison pas par interêt ou par ignorance.

le suis capitaliste parce que je considère que ce système est un moment de l’histoire, un moment de notre parcours et que nous n’en avons pas épuisé tous les  avantages. Malgré ses inconvénients .

Parce que les systèmes qui ont été essayés par ailleurs ont été d’effroyables catastrophes non seulement économiques mais humaines et civilisationnelles.

Tant que l’on n’aura pas résolu le problème du Pouvoir dans nos sociétés je considère que le pouvoir individuel du capital sera préférable et moins tyrannique que le pouvoir collectif d’une Nomenklatura auto-désignée et auto-reproduite.

Personne n’a à ce jour dépassé ce problème du Pouvoir: qui commande, qui oriente, qui controle , qui punit?

Et à tout prendre, je préfere, pour le moment croire que la liberté économique du capitalisme , lorsqu’il n’est pas trop pourri, est supérieure  aux libertés abstraites lointaines et illusoires  que les autres idéologies nous promettent.

Mais pour que ce capitalisme soit acceptable encore faut il qu’il ne dérape pas trop. Qu’il conserve une légitimité, qu’il accomplisse sa fonction historique , qu’il ne prenne pas le contrôle des institutions , des gouvernements, des banques centrales, des tribunaux, des médias et des esprits.

Il faut que ce capitalisme ne soit pas un syndrome envahissant, qui prend le controle de la société civile et phagocyte toutes les autres sphéres pour se reproduire et continuer sa marche en avant. Il faut qu’il reste à sa place, qu’il soit contenu, cantonné  et que ses contrepouvoirs soient maintenus et même vivifiés.

Or selon moi et mon opinion est fondée par le travail quotidien, ce n’est plus le cas: le capitalisme , victime de ses contradictions internes et en particlier de sa loi tendancielle   à l’érosion de la profitabilité du capital, ce capitalisme au lieu de se régénerer , de se renouveler, de muer, de muter  dans la bonne direction, de se purger, ce capitalisme  s’enfonce dans la perversité et la pourriture. Il triche. Il ment. Il vole.

« vous devez être extrêmement optimiste pour croire que les bénéfices des entreprises en pourcentage du PIB peuvent, pendant une  période prolongée, se maintenir bien au-dessus de 6%.

Ce qui maintiendra le pourcentage bas sera la compétition, qui est bien vivante.

De plus, il y a un point de politique publique dont il faut tenir compte : si les détenteurs du capital des entreprises dans leur ensemble s’octroient  une part toujours croissante du gâteau économique américain, cela signifie qu’un autre groupe devra se contenter d’une portion plus petite.

Cela soulèverait à juste titre des problèmes politiques – et, à mon avis, un redecoupage majeur du gâteau ne se produira  pas. » 

Ceci a été expliqué par Warren Buffett en Novembre 1999.

Analysons cette déclaration. Elle trace les limites du capitalisme: le profit.

Cette affirmation est centrale. Le capitalisme ne peut, sauf à devenir illégitime pretendre accroitre sans cesse ses profits. Le capital s’accumule à un point tel que son exigence de profit devient asphyxiante.

Il en veut plus, toujours plus pour maintenir sa rentabilité sur une masse qui augemente sans fin. L’accumulation du capital à l’infini bute sur une impossibilité, l’impossibilité de toujours maintenir envers et contre tout la profitabilité.

En effet le système américain, comme tous les systèmes capitalistes du monde est soumis a la loi tendancielle de l’érosion de la profitabilité: toujours plus de travail mort (capital)  en proportion du travail vivant (celui des salariés), ce qui produit ce que l’on appelle la suraccumulation. Il y a trop de monde à table pour s’attribuer , se partager le gateau du profit.

La masse de capital qui est dans le système progresse sans cesse et sans cesse, elle  progresse plus que la masse de profits que le système peut produire ou soutirer , comme vous voulez.

Pour maintenir la profitabilité du capital ou freiner son érosion, il faudrait détruire, euthanasier du capital soit par les crises soit par l’inflation. Ce que  le système, ultra conservateur et crony au profit des riches refuse à notre époque. On ne tolère plus ni les crises cycliques ni l’inflation.

Résultat le capital qui tient le haut du pavé et a colonisé les allées des pouvoirs politiques essaie d’augmenter ses profits en  intensifiant le travail, en pesant sur les salaires,  reprenant les acquis socaux antérieurs, en baissant ses contributions fiscales, en pillant les fonds publics et bien sur  la monnaie.

Le capital désigne cela comme une exigence de compétitivité , ce qui est un voile pour masquer qu’il s’agit en réalité de son exigence de profit.

Le capital fait pression, il  fait moner les taux de profits par rapports aux chiffres d’affaires, il augmente ses marges. Le capital  fait pression constante pour s’octroyer une part croissante de la valeur ajoutée , c’est à dire de la production de richesses. Il s’accumule, et comme Ugolin, il veut et il réussit avec l’aide des politiciens à dévorer ses enfants.

Faute de se régénerer, de se couper les membres pourris et inefficaces, le  capital fait payer son inefficacité ou le progrès technique  aux salariés. Faute d’accepter les destructions régénératrices, la selection des plus forts et la disparition des plus faibles le capital sur-exploite les salariés . Il reporte sur eux les conséquences de sa suraccumulation, de sa pourriture sur le facteur travail.

Le capital augmente sa part du gateau au dessus des normes historiques qui sont de l’ordre de 6% aux USA et nettement moins en France, mais en faisant cela il baisse la part des salariés, il reduit  la part du facteur travail,  il surexploite.

C’est la tache que le capital a assigné à Macron: faire monter le taux de profit du capital français au niveau des taux de profit mondiaux et c’est ce qu’il fait depuis trois ans.

 

Et que nous dit Warren, dans la déclaration rapportée ci dessus, il nous dit céla va mals se passer. Il va y avoir des problems politiques, des problèmes de politiques publiques .

In my opinion, you have to be wildly optimistic to believe that corporate profits as a percent of GDP can, for any sustained period, hold much above 6%. One thing keeping the percentage down will be competition, which is alive and well. In addition, there’s a public-policy point: If corporate investors, in aggregate, are going to eat an ever-growing portion of the American economic pie, some other group will have to settle for a smaller portion. That would justifiably raise political problems–and in my view a major reslicing of the pie just isn’t going to happen.” –Warren Buffett, November 1999

Vingt ans ont passé depuis que cela a été écrit. Warren Buffett s’est trompé, sa foi  dans le retour à la moyenne s’est avérée fausse. Les bénéfices des entreprises en pourcentage du PIB ont grimpé nettement au-dessus de 6% et ils sont restés au-dessus de cette barre élevée depuis près de deux décennies maintenant.

La part du capital dans les GDP, dans les valeurs ajoutées est restée très au dessus des normes. pas étonnant que  les Bourses aient flambé et que les inégalités se soient scandaleusement creusées.

En bleu la part du capital

 

Pourqoi, n’y a t’il pas eu retour aux normes historiques du partage entre capital et travail ?

Parce que la capture des gouvernements et des politiciens a produit un nouveau système de capitalisme crony; un système biaisé favorables aux riches et surtout aux ultra-riches s’est imposé

La concurrence s’est réduite, les monopoles et oligopoles se sont développés, les politiques anti-sociales se sont généralisées. Les firmes ont racheté leurs concurrents,  la globalisation et la délocalisation ont joué en leur faveur.

Mais ce n’est que la moitié des explications, la moitié visible: l’essentiel de l’action en faveur du capital a été mené par les banques centrales, .

Au cours des deux dernières décennies, la politique monétaire s’est également orientée vers le soutien agressif, direct, cynique  du Capital.

Pour compenser les salaires insuffisants, et permettre aux firmes de vendre leurs produits malgré des pouvoirs d’achat insuffisants chez les consommateurs,  les banques centrales ont distribué du crédit aux salariés, elles ont baissé le cout du crédit et degradé les critères d’attribution.

Elles ont fait chuter le cout de l’endettement pour les entreprises et ainsi permis la montée considerable du levier qui bonifie les profits du capital.

Elles ont prêté aux gouvernements afin qu’ils ne prelèvent pas les impôts qu’ils auraient du prélever, bonifiant ainsi les cash flows des firmes ainsi exonérées.

Elles ont produit un crédit considérable qui s’est dirigé vers les marchés financiers, vers les Bourse ce qui les a fait monter, enfler, buller et a créé un effet de richesse qui a compensé l’insuffisance des revenus gagnés et des cash flows .

Pendant ce temps, la part du travail dans les revenus et les patrimoines est tombée à son plus bas niveau de l’histoire et les inégalités de richesse sont très probablement encore plus importantes qu’elles ne l’étaient il y a un siècle.

Le système se bloque de toutes parts: il croule sous les dettes, il s ‘asphyxie sous l’excès de capital qui réclame son profit, il réclame en continu des béquilles pour tenir.

Les banques centrales  n’ont pas vraiment les outils pour soutenir directement la main-d’œuvre et les salariés , donc en ce moment, dans la crssie ,  elles  soutiennent encore  délibérement et exagérement le capital. Ce qui ne peut qu’augmenter  les problèmes.

Elle le font  par le biais des marchés financiers en abaissant les taux d’intérêt et en achetant des titres. Elle le font en gavant le capital de crédit gratuit et d’assurances en espérant peut être pour la nième fois ,   le fameux ruissellement lequel était et est et sera toujours  un mythe.

Les ultra riches  ont bénéficié de manière démesurée des politiques du passé au point que les inégalités étant devenues criantes, nos sociétés sont disloquées, éclatées, fracassées et  les bases meme, les soutiens  du capitalisme sont en train de s’effondrer.

Et en ce moment on fait encore beaucoup plus et pire.

Une réflexion sur “EDITORIAL: LES ULTRA RICHES ONT BÉNÉFICIÉ DE MANIÈRE DÉMESURÉE DES POLITIQUES DU PASSÉ. ET EN CE MOMENT ON FAIT ENCORE BEAUCOUP PLUS ET PIRE.

  1. Je l’appelle la pandémie des bobos, j’en peux plus, regardez la Suède et nous, la seule différence la Suède n’a pas l’euro, les autres ont suivi la connerie, plus de dette plus d’intégration forcée à l’UE et tutelle au bout le rêve de Macron. Le fascisme a muté en mode consommation puis maintenant régime sanitaire médiatique….

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