Qui a inventé l’accusation infamante de conspirationniste?
Qui a fait du conspirationisme une doctrine qui permet de saboter tout travail de révélation et de le nullifier, sans examen?
Ceux qui, agissant cachés, ont voulu que personne ne puisse se poser de questions sur leurs actions et par extension tous ceux qui ont tout à perdre si on fait apparaitre les relations de cause à effets entre les évènements, entre les situations.
Les pouvoirs n’ont pas vraiment peur de l’information, ce qu’ils craignent c’est son interprếtation, sa mise en perspective, son histoire, son lien avec d’autres informations et les questionnements qui en découlent.
Les pouvoirs ne mentent pas vraiment, en tous cas pas tous, mais ils mentent par omisssion, en escamotant tout ce qui permet de comprendre le monde. Il faut que le monde soit un kaleidoscope indéchiffrable de faits, un jaillissement d’images juxtaposées sans lien organique entre elles.
La philosophie bourgeoisie positiviste bannit la philosphie du soupçon, celle qui dit que tout a une hsitoire et que la logique de ce qui apparait est toujours ailleurs, à decouvrir, à mettre à jour; l’essentiel du sens est caché, non su .
La vérité n’est jamais donnée, c’est le résultat d’un travail.
L’ennemi des pouvoirs, c’est le sens et c ‘est pour cela qu’ils ont crée un monde à plat, à deux dimensions, un monde quantitatif, sans profondeur, un monde d’accumulation qui sature les attentions et les perceptions.
Ce monde doit s’imposer pour ce que l’on en montre dans un délire présentiste et surtout pas pour ce qu’il est.
Raconter l’histoire d’un évènement, faire sa généalogie, montrer comment on en est arrivé là, pour les puissants c’est déja du conspirationnisme.
La force de l’arme de l’accusation de conspirationnisme repose sur l’Autorité de l’institution ou de la personne qui la profère/manie . Pas sur son savoir ou son intelligence.

Oui, mais opposer le pouvoir (l’information en miettes, le spectacle) au sens (né de l’interprétation critique) n’épuise pas le sujet.
D’abord parce que les pouvoirs ne sont pas avares de sens. Les discours de justification sont légion.
Mais surtout parce que la position d’interprète critique et de prodigateur de sens est largement accaparée par les idéologies, qui ont en partage d’être ancrées dans un arrière-monde d’où elles jouent à faire passer le monde pour une illusion et à accréditer leur morne soliloque pour le monde véritable.
Elles font sens.
Ce sens est faux, mais là est leur force : les embrasser, c’est s’offrir une garantie de ne jamais être dupe – l’être étant l’inquiétude lancinante de l’homme surinformé, connecté, abruti.
Sujet trop vaste pour un commentaire en bas de page !
Mais vous avez raison, la réduction de la contradiction à la figure imaginaire du conspirationnisme est un de ces travers qui creusent la faillite du débat public.
Cdt
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La longueur du commentaire interessant n’est jamais limitée !
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