Editorial: Les autorités, victimes de leur courte vue nous préparent « en même temps » l’effondrement des marchés d’actifs et celui des économies réelles.

Regardez le graphique ci dessous. Il est la condamnation sans appel de toutes politiques imbéciles qui ont été menées depuis la crise. Il est la condamnation de l’illusion démiurgique des apprentis sorciers que l’on peut diriger une économie et d’une  société d’en haut.

Ce graphique est fondamental car il part de la base du système capitaliste; la productivité totale des facteurs , la TFP.

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Avec la TFP nous sommes au coeur, à la racine de la logique du système, celle que les économistes MSM n’ont jamais comprise: le système est un système motivé, mû par le profit et son accumulation et le profit est organiquement lié à la productivité.

La productivité progresse quand on réalise des investissements profitables ce qui permet la croissance des revenus salariaux, augmente les ressources pour investir etc.

Ce qui est premier ce n’est pas la demande des simplets keynésiens, c’est le profit, la productivité, tout le reste en découle..

Regardez le graphique ci dessus , il montre la stagnation de la TFP, de la productivité totale .

Aucun doute sur le phénomène, encore moins sur l’explication.

L’explication la plus probable est que les politiques monétaires ultra-lâches et les stimulations par la dette, qui ont été appliquées au cours des 11 dernières années, ont détruit les économies.

Non seulement ces politiques monétaires sont socialement scandaleuses par les inégalités qu’elles créent mais elles sont nuisibles en détournant les ressources des emplois productifs et en les allouant vers les emplois spéculatifs, improductifs, parasitaires ou rentiers ou monopolistiques capteurs de plus value. Par monopoleurs de plus value, je vise les GAFA qui drainent le pouvoir d’achat et le surproduit mondial au dépens d’autres activités. Les GAFA sont les nouveaux rentiers.

Ces politiques marchent sur la tête, elles stimulent « les ombres », c’est à dire les prix des contre-valeurs du capital , mais ellles pourrissent le réel.

Résumé: lorsque l’on pousse les taux d’intérêt très bas et / ou oblige les banques à prêter (comme en Chine), deux choses se produisent.

1) Les investissements moins rentables deviennent «rentables».
2) L’allocation du capital est délirante, tout est faussé, c’est l’institutionalisation du gaspillage et de la zombification

Trafiquer les taux d’intérêt, c’est trafiquer le prix central du futur, « le prix du temps » ; c’est pire que tout ce qui a été fait en URSS et qui a conduit a un système de prix absurde et qui ensuite a provoqué  son effondrement.

Le taux d’intérêt est essentiellement le prix du temps. L’avenir a tendance à être beaucoup plus risqué qu’aujourd’hui, et le « prix » de « demain » est donc beaucoup plus élevé que celui d’aujourd’hui. Les apprentis sorciers ont tout inversé!

Le taux d’intérêt normal, organique, garantit que :

1) L’argent n’est disponible que pour des investissements potentiellement rentables.
2) Tous les investissements non rentables échouent, car ils sont incapables de secréter le flux de revenus nécessaire pour payer la «préférence temporelle de l’argent».

Que se passe-t-il avec des taux d’intérêt très bas ou négatifs?

L’argent devient également disponible pour des investissements potentiellement non rentables et pire, comme l’argent est abondamment disponible et avec des taux d’intérêt négatifs, vous recevez même de l’argent grace à  l’emprunt!  Les projets d’investissement idiots, non rentables n’échouent pas.

Qu’est-ce qui se passe  alors?

Premièrement, l’allocation du capital devient de moins en moins efficace car de nombreux projets d’investissement non rentables bénéficient d’un financement.

Deuxièmement, le capital lié à des investissements non rentables prolifère, c’est une sorte de capital de poids mort,  il étouffe le financement d’investissements nouveaux et potentiellement plus rentables

Troisièmement,  il cherche à prélever sur la masse de profit disponible dans le système; il exacerbe la concurrence pour ce qui est le plus rare dans le système : le profit.

Ce qui précède est essentiellement le processus de « zombification » que décrivent les organismes comme la BRI ou l’OCDE.

Ce processus  est, à mon sens, très sous estimé car la méthodologie n’est pas assez sérieuse, elle ne prend pas assez en compte la vraie notion de coût du capital. Un zombie c’est une firme qui reste active alors que son activité ne peut pas supporter le coût complet du capital.

Le vrai coût du capital dans nos systèmes et bien plus élevé et bien plus complexe que ce que ces organismes calculent:

le coût du capital c’est tout ce qu’il faut offrir au capital pour qu’il soit séduit, qu’il s’investisse, qu’il soit stable à long terme et qu’il accepte de supporter les risque sans subvention.

Croyez moi le vrai coût du capital est très élevé contrairement à ce que les simplets croient.

Lorsque les taux sont extrêmement bas et que l’argent bon marché est abondamment disponible, il y a de plus en plus d’entreprises non rentables, et donc la productivité de l’économie globale commence à baisser.

Maintenant, que se passe-t-il lorsque vous ajoutez encore plus de dettes et que vous abaissez encore les taux d’intérêt?

Les entreprises improductives se multiplient, au fur et à mesure  que nous nous endettons davantage. Cela signifie que notre capacité à rembourser la dette diminue encore.

Ce n’est pas vraiment une façon « d’investir pour les générations futures »!

Ainsi, ce que la vague actuelle de relance des gouvernement et des banques centrales fera, c’est qu’elle ne fera que stimuler la croissance des entreprises improductives et  gonfler les bulles d’actifs, tout en diminuant notre capacité à rembourser la dette.

Pour le sens commun il est difficile de comprendre que nous sommes au bout du chemin, mais c’est là que nous en sommes.

Le sens  commun est victime des apparences;

-il croit que c’est la demande qui est le moteur de l’activité économique,

-il croit que le capital c’est le papier qui est négocié en bourse alors que ce n’est que l’ombre du capital, ce n’est que la contrevaleur du capital ,

-il croit que le cout des dettes à long terme est le coût du capital etc

et  beaucoup  d ‘autres balivernes du type ENA!

Toutes ces pseudo solutions de fuite en avant sont absurdes et irresponsables, nous devons revenir au réel, aux sources, en quelque sorte repartir à zero,  adopter comme guide la «réinitialisation» afin de  ne pas aggraver les déséquilibres.

Les autorités , victimes de leur courte vue nous préparent « en même temps » l’effondrement des marchés d’actifs et celui des économies réelles.

Au bout du chemin actuel, c’est un effondrement total des économies et de nos sociétés qui nous attend.

En Prime 

 

 

 

2 réflexions sur “Editorial: Les autorités, victimes de leur courte vue nous préparent « en même temps » l’effondrement des marchés d’actifs et celui des économies réelles.

  1. « Au bout du chemin actuel, c’est un effondrement total des économies et de nos sociétés qui nous attend. »

    Mais nous y sommes,c’est aujourd’hui!
    Le cours des actions en bourse est une illusion cherchant a nous faire croire que nous sommes dans un monde stable.
    La réalité ,c’est des crédits non remboursés,des loyers non payés,des entreprises non profitables et un chomage qui grimpe aussi vite que les injections monétaires.
    Le symbole,c’est le pillage actuel de tous les commerces de Manhattan,nuit après nuit.

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