Editorial: comment on en est arrivé au socialisme pour les riches ou comment les pauvres assurent les riches!

N’y a-t-il pas de fin à l’absurdité de la culture de la dette? N’y t-il aucune fin à l’illusion de l’inflationnisme?

Je rappelle que l’illusion de l’inflationnisme c’est la croyance que tous les problèmes économiques, financiers, sociaux et mainteant sanitaires  peuven être résolus par le crédit et la création de monnaie.

L’inflationnisme c’est le Cargo Cult des temps modernes, on aligne des signes, on met des zéros dans les livres de compte et comme cela change , dans le court terme, les perceptions, on croit qu’on a traité les problèmes.

Les vrais problèmes ne sont jamais traités, mais au passage par les manipulations monétaires, on a transféré de l’argent, du pouvoir d’achat, des ressources de la poche des uns, -les citoyens- vers celle des autres, les ultra riches et ploutocrates et leurs alliés.

On pratique ce Cargo Cult face à la crise, face aux deux crises, la financière et la sanitaire.

L’inflationnisme c’est l’illusion suprême de nos sociétés, c’est le complément de la fausse démocratie politique, celle qui , profondément impuissante autorise les pouvoirs a se poser comme tout-puissants alors qu’ils sont radicalement  incapables de résoudre les probemes puisqu’ils en sont la cause.

Pendant la majeure partie des 12 dernières années, nous avons vécu une époque de politique de taux d’intérêt zéro, ou «ZIRP».

Conçue pour stimuler davantage l’activité économique en rendant l’argent  bon marché pour emprunter, la ZIRP a fortement  gonflé la valeur des actifs financiers, encouragé des niveaux sans précédent d’emprunts des secteurs public et privé et elle a rendu les riches encore plus riches – tout en produisant  une croissance faible  et des salaires stagnants dans le monde de l’«économie réelle».

Les européens  et les suisses pratiquent les taux négatifs, Maintenant, le président Trump et d’autres appellent de plus en plus la Fed à utiliser des taux négatifs, ou «NIRP», pour redoubler cette politique dépensière; certains veulent  payer les emprunteurs pour emprunter et ainsi pénaliser les épargnants lorsqu’ils épargnent. Les taux nuls sont un transfert de la poche des classes moyennes vers celle des ploutocrates. Les taux négatifs sont un impôt sur les classes sociales les moins favorisées puisque ce sont elles qui n’ayant pas de patrimoine, detiennent leurs petites economies sous forme de monnaie.

La NIRP a été essayé au Japon et en Europe, et elle n’a pas  stimulé leurs économies:  la croissance dans les deux régions a été à la traîne de celle  des  modestes gains économiques américains .

Heureusement, la Fed a jusqu’à présent résisté à cette tentation.

Lorsque les banques centrales abaissent les taux d’intérêt sur des actifs sûrs comme les emprunts  d’État, elles rendent, en comparaison, les actifs plus risqués comme les actions plus attrayants.

Les actions sont généralement évaluées en fonction de leurs rendements futurs espérés. Et ces évaluations ont point de départ  celles liés aux actifs sans risque. On attend d’un actif risqué un rendement qui se décompose en un rendement sans risque augmenté d’une prime dite de risque. Ainsi, lorsque les taux des bons du Trésor baissent, la valeur des actions augmente.

The Federal Reserve's latest financial stability report noted that investors appear to be taking on higher premiums for holding risky corporate equities when looking at the spread between forward earnings-to-price ratios on S&P 500 firms and the real yield on the U.S. 10-year Treasury.

Cette hausse des prix des actions ne change rien à la valeur de l’entreprise concernée,  Aucune valeur sous-jacente réelle n’a été créée. C’est juste des mathématiques.

Les cours des actions bénéficient en outre de l’augmentation de la demande, puisque les investisseurs délaissent les obligations à faible rendement pour des actions à rendement plus élevé.

La capacité des sociétés à émettre des dettes bon marché pour financer les augmentations des dividendes et les rachats d’actions contribue également à la hausse des cours des actions. L’ingenierie fiancière explose.

La faiblesse des taux d’intérêt a été la clé de la hausse fulgurante du marché boursier au cours de la dernière décennie.

Ce sont les actions récurrentes  de la Fed pour mettre en œuvre le ZIRP grâce à une augmentation des prêts et grace à des achats d’obligations qui expliquent pourquoi les actions ont rebondi si rapidement pendant la pandémie.

Étant donné que la grande majorité des actions sont détenues par les citoyens  les plus riches, cette augmentation des cours des actions et des autres actifs à risque est principalement à leur avantage.

Mais les riches investisseurs consomment peu en proportion de leurs ressources, ils ont une propension à consommer faible et une propension à épargner forte, donc ils veulent faire frutifier  leur argent, pas le dépenser.

Leurs gains ne se traduisent donc pas par une augmentation de la consommation, ce qui soutiendrait une croissance économique réelle.

Les partisans de taux bas et des taux négatifs affirment qu’il existe toujours un avantage pour «Main Street» sous la forme de coûts d’emprunt plus bas.

Certes, les politiques ZIRP ont aidé les ménages à revenu élevé ayant de bons antécédents de crédit à emprunter à moindre coût. Mais les familles à revenu faible et moyen avec des antécédents de crédit moins brillants paient des taux «fondés sur le risque» plus élevés. Il suffit de regarder les taux sur les débits des credit cards qui sont autour des 17%!

En tout état de cause, ces familles ont besoin de bons emplois et de bons salaires, pas de plus de dettes. Et les taux bas n’ont guère contribué à soutenir les marchés du travail.

Les taux bas ont également nui à la capacité des familles de travailleurs à accumuler un patrimoine  car elles ne possèdent pas d’actions et  conservent les maigres économies qu’elles ont sur des comptes bancaires à faible rendement et à hauts frais.

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Les retraités actuels et futurs sont également menacés, car les compagnies d’assurance et les régimes de retraite ont du mal à générer des rendements suffisants pour financer les versements  de retraite et de rente.

Il est prouvé que les taux négatifs font en sorte que le crédit devient moins disponible, car les prêteurs sont réticents à prêter , ils ne sont plus en mesure d’obtenir un taux de rendement rentable sur leurs prêts.

Une étude récente de la Banque des Règlements Internationaux  révèle que des taux bas et/ou négatifs favorisent le négoce sur titres, les services bancaires d’investissement et d’autres services financiers payants, tout en pénalisant les prêts traditionnels.  Ainsi, ils favorisent la spéculation boursière et l’ingenierie fianciere au détriment   des prêteurs traditionnels.

Cela, à son tour, nuit à la disponibilité du crédit pour les petites et moyennes entreprises et les exploitants individuels  qui n’ont pas assez  de surface pour accéder aux marchés de la dette et doivent recourir aux prêts bancaires.

Dans le même temps, les taux bas rendent trop facile l’emprunt pour les grandes entreprises.

Au cours des 12 dernières années, les économies sont devenu moins dynamiques et plus concentrées, car les entreprises ont trouvé des moyens très bon marché de financer des acquisitions.

Les entreprises saines et innovantes ont été pénalisées par la capacité de leurs concurrents zombies à rester en vie  avec des capitaux bon marché. La productivité globale en a été pénalisée.

Les niveaux d’endettement élevés des entreprises ont rendu les économies moins résilientes face aux chocs et face à la pandémie actuelle, et ce sont  les politiques de taux d’intérêt ultra bas qui ont encouragé leur comportement imprudent .

Les entreprises réduisent  leur coût du capital en augmentant leurs emprunts, ce qui provoque du gaspillage, entretient de la fragilité et décapitalise les économies; le capital garant de la sécurité et de la solvabilité s’érode et la fragilité  augmente.

Moins il y a de capital en proportion du financement total, plus la vulnérabilité aux chocs est grande.

En pratique tout se passe comme si le système ne pouvait plus faire face aux risques, faute de capitaux propres suffisants, ce qui implique que les risques doivent être assurés par d’autres .

C’est ainsi que l’on est passé à la socialistaion des risques c’est à dire au socialisme pour les riches.

Pas assez de capital, trop de capital fictif =besoin d’un assureur extérieur, qui ne peut etre que .. la collectivité.

Les riches avides prennent des risques, ils encaissent les dividendes, bénéficient de la valorisation continue de leur portefeuille boursier, mais quand vient le choc, comme ils n’ont pas mis assez de capital pour encaisser les risques, on les sauve… au nom de l’emploi!

Ce sont les banques centrales qui, en pratique assurent les fonds propres du système économique, même plus à  crédit, mais avec la planche à billets!

Personne n’en parle, personne ne le comprend!

Ht: Cette reflexion a été inspirée par un texte récent de Sheila Blair .

 

4 réflexions sur “Editorial: comment on en est arrivé au socialisme pour les riches ou comment les pauvres assurent les riches!

  1. Les gens ne veulent pas savoir parce qu’il n’y a rien de facile, rien de concret rapide à mettre en œuvre et à faire accepter pour sortir de là où nous sommes. Le sang et les larmes personne n’en veut, vous voyez bien ils en sont à laisser déboulonner Churchill !!!

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  2. Merci M. Bertez,

    Vos analyses et vos explications sont limpides.
    J’apprécie de vous lire depuis plusieurs mois. Ayant commencé ces sujets depuis la crise des subprime, il y a 10 ans, j’avais 26 ans 😁.
    Depuis je ne m’informe que de cela!
    Personne ne comprend ce que j’explique!

    Et pourtant certains sont cadres dans des grandes entreprises, entrepreneurs, marchand de biens, fonctionnaires, salariés du privé…
    Ils saisissent certaines incohérences, mais cela reste abstrait pour eux.

    Parfois même, j’en viens à douter ce que je sais ! 😁

    Ce texte explique parfaitement le mécanisme illogique de nos situations.
    Pour autant finira-t-il par « casser »?

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      1. Le socialisme révolutionnaire est un contre Evangiles, c’est la loi du plus fort.
         » La révolution a pour but de façonner un homme nouveau, en détruisant la constitution chrétienne de la France » ( constitution de 1792 ).
        La révolution est un attentat contre l’ordre voulu par Dieu et un génocide contre ses enfants.
         » La Vendée doit être un cimetière nationale » ( première loi de Carnot, 1793 ).
        Voilà sur quels ferments putrides se construit « l’homme nouveau ».
        Ca va nous coûter très chers cette histoire…

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