Synthèse de la semaine, le doute revient, mais on creuse, on creuse le trou, que dis-je le ravin!

18 juin – Bloomberg : «Le virus gagne. Cela est certain.

Plus de six mois se sont écoulés depuis la pandémie; elle a à ce jour tué plus de 454 000 personnes dans le monde, elle gagne du terrain globalement  et a bouleversé des vies de Wuhan à Sao Paulo.

Bien que des projets de vaccins prometteurs et rapides soient en cours en Chine, en Europe et aux États-Unis, seuls les  optimistes s’attendent à ce qu’un vaccin efficace soit prêt pour une distribution mondiale cette année.

Si, comme le croient la plupart des experts, un vaccin efficace ne sera pas prêt avant 2021, nous coexisterons tous avec le coronavirus pour l’année prochaine ou plus sans une solution miracle.

La prochaine phase de la crise pourrait nous obliger à réviser nos attentes et notre sensibilisation et à changer notre comportement, selon les professionnels de la santé publique.

Pendant ce temps Trump attaque l’Europe:

24 juin – Bloomberg: «Les États-Unis examinent la possibilité  de nouveaux tarifs sur 3,1 milliards de dollars d’exportations en provenance de France, d’Allemagne, d’Espagne et du Royaume-Uni. Il menace de completer  l’arsenal que l’administration Trump utilise contre l’Europe. Ceci pourrait dégénérer en  dans un plus large lutte commerciale transatlantique plus tard cet été. Le représentant américain au commerce veut imposer de nouveaux tarifs sur les exportations européennes comme les olives, la bière, le gin et les camions, tout en augmentant les droits sur les produits tels que les avions, le fromage et le yogourt… »

Et ébranle la Chinamerica un peu plus

23 juin – Reuters : «États-Unis Le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a déclaré… un découplage des économies américaine et chinoise se produira si les entreprises américaines ne sont pas autorisées à concurrencer de manière équitable et uniforme dans l’économie chinoise. … Mnuchin a dit qu’il esperait  que la Chine respecterait les termes de l’accord commercial de la phase 1 prévoyant une augmentation massive des achats chinois de biens, d’énergie et de services américains. « Si nous pouvons concurrencer la Chine sur des conditions équitables et équitables, c’est une excellente opportunité pour les entreprises et les travailleurs américains, car la Chine a une classe moyenne importante et croissante », a-t-il déclaré. « Mais si nous ne pouvons pas participer et rivaliser sur une base équitable, alors vous allez voir le découplage aller de l’avant. »  »

Et les USA démantèlent les mesures prudentielles modestes qui avaient été mises en place apres la crise de 2008.

La Fed joue sont va-tout.

Depuis le 11 mars à la veille du début du lockdown :

Le flottant  de la dette fédérale est passé de 17,85 trillions de dollars à 20,24 trillions de dollars, gagnant 2,39 trillions de dollars;

Le bilan de la Fed est passé de 4,31 trillions de dollars à 7,17 trillions de dollars, gagnant 2,86 trillions de dollars.

La Fed a  monétisé 119% de la progression de la dette du Trésor cotée en bourse.

La Fed abandonne toute prudence pour mobiliser au maximum le système bancaire et faire sauter les obstacles supposés à la Transmission.

C’est le prolongement logique des choix qui ont été faits; « on parie la ferme », « they bet the farm », elle  accepte de tout perdre en positionnant maintenant la Reserve Féderale comme l’ultime et seul assureur de tout le système.

La crise remonte au Centre constitué par le couple Fed-Trésor. Au même moment la Reserve Federale demande au Trésor de s’engager dans l’accroissement du déficit.

Dans une économie saturée de dettes, plombée par  près de 78 trillions de dollars de dettes – dont 16,2  pour les ménages, 16,8  pour les entreprises, et 23  pour le gouvernements – la Fed veut encore plus faire boire l’ane qui n’a plus soif. Elle remet donc en place de nouvelles incitations   à augmenter les dettes et donc les effets de levier.

Faute de Transmission efficace en dehors des avenues  de Wall Street cette folie monétaire ne fait qu’augmenter les cours  des actifs -qui ne n’oublions pas ne sont que des passifs du système- , fait monter les obligations et aggrave la surévaluation des actions. Il faut rappeler qu’abaisser les taux directeurs, signifie une inflation incessante, mécanique  et systématique des prix des actifs financiers.

La Fed se mord la queue : plus elle incite à la production de crédit et de levier, plus le système devient fragile et plus il devient fragile plus il faut créer de crédit et de levier pour le faire tenir. La Fed creuse en continu la profondeur du ravin dans laquelle elle va tomber!

C’est le coeur du système qui est au front et qui risque la balle en pleine tête, c’est l’appareil productif!

À la veille de la Grande Récession, la dette totale des entreprises  s’élevait à 10, trillions de dollars et a grimpé à 16,8 trillions de dollars. Ce gain de 6,7 trillions de dollars représente l’équivalent  de l’augmentation de 6,85 billions de dollars du PIB nominal au cours de la même période. 98% exactement.

Le rendement productif de cette dette est devenu négligeable! L’investissement productif n’est jamais reparti, la profitabilité productive a été concurrence par les performances des emplois speculatifs.

Et en ce moment c’est à une véritable orgie de dettes supplémentaires que nous assistons.

Cette orgie d’emprunts signifie également que la dette des entreprises au cours des 13 dernières années a augmenté de 66,5%, bien plus que l’expansion de 46,7% du PIB nominal. En conséquence, le fardeau de la dette des entreprises rapporté au  PIB est maintenant à 78% du PIB, c’est plus du double du niveau d’avant 1970:

Dette des entreprises en pourcentage du PIB:

1955: 31%

1970: 47%

1980: 49%

1995: 55%

2007: 69%

2020: 78%

Le crédit bon marché de la Fed est pur gaspillage. Il ne quitte jamais les comptes et portefeuilles de Wall Street, où il récompense cyniquement les spéculateurs sur les actifs qui ont compris qu’il n’y avait plus de risque, qu’il n’y avait « qu’à mettre » comme on dit vulgairement car la Banque Centrale est obligée d’assurer les gains.

On démantèle en panique le cadre réglementaire pour améliorer les ratios et libérer des fonds.

25 juin – Bloomberg  «Les banques de Wall Street seront bientôt en mesure d’augmenter  leurs investissements dans les fonds de capital-risque et d’utiliser  les milliards de dollars qu’elles ont dû mettre de côté pour soutenir les transactions sur dérivés alors que les régulateurs américains poursuivent leurs efforts pour revenir en arrière sur les contraintes imposées apres la crise de 2009.

La Réserve fédérale, le Bureau du contrôleur de la monnaie et la Federal Deposit Insurance Corp. ont approuvé des modifications à la règle Volcker… qui permettent aux banques d’augmenter leurs transactions avec certains fonds en fournissant plus de clarté sur ce qui est autorisé.

L’OCC et la FDIC ont également supprimé une exigence selon laquelle les prêteurs doivent conserver une marge lorsqu’ils négocient des dérivés avec leurs sociétés affiliées. Les révisions compléteront ce que les chiens de garde nommés par le président Donald Trump ont appelé Volcker 2.0 – un assouplissement de l’un des règlements les plus controversés inclus dans la loi Dodd-Frank de 2010. »

Une semaine de doute :

Le S & P500 a chuté de 2,9% (en baisse de 6,9% en glissement annuel) et le Dow Jones de 3,3% (en baisse de 12,3%).

Les services publics ont perdu 2,8% (-13,4%).

Les banques ont chuté de 8,4% (en baisse de 36,5%) et les courtiers ont reculé de 4,4% (en baisse de 10,2%).

Les Transports reculent de 3,0% (-19,2%).

Les S&P 400 Midcaps ont baissé de 3,8% (en baisse de 16,7%), et les petites capitalisations du Russell 2000 ont baissé de 2,8% (en baisse de 17,4%).

Le Nasdaq100 a reculé de 1,6% (en hausse de 12,8%). Les semi-conducteurs ont reculé de 2,3% (+ 3,9%). Les Biotechs ont reculé de 2,0% (+ 12,7%).

Avec un lingot qui gagne 27 $, l’indice d’or HUI a bondi de 5,0% (en hausse de 15,8%).

Les taux des bons du Trésor à trois mois ont terminé la semaine à 0,135%. Les rendements publics à deux ans ont baissé de deux points de base à 0,17% (en baisse de 140 points de base en glissement annuel).

Les rendements des bons du Trésor à cinq ans ont glissé de deux points de base à 0,30% (en baisse de 139 points de base).

Les rendements des bons du Trésor à dix ans ont chuté de cinq points de base à 0,64% (en baisse de 128 points de base).

Les rendements obligataires longs ont chuté de neuf points de base à 1,37% (en baisse de 102 points de base).

Les taux grecs à 10 ans ont reculé d’un point de base à 1,26% (en baisse de 17 pb en glissement annuel). Les taux portugais à dix ans ont chuté de cinq points de base à 0,46% (en hausse de 2 points de base).

Les taux italiens à 10 ans ont chuté de sept points de base à 1,29% (en baisse de 12 points de base). Les rendements espagnols à 10 ans ont reculé de quatre points de base à 0,46% (en baisse de 1 point de base).

Les rendements des bunds allemands ont chuté de sept points de base à 0,48% (en baisse de 30 points de base).

Les taux français ont reculé de quatre points de base à 0,13% (en baisse de 25 points de base). L’écart entre les obligations françaises et allemandes à 10 ans s’est élargi de trois à 35 points de base.

Au Royaume-Uni, les taux des obligations à 10 ans ont chuté de sept points de base à 0,17% (en baisse de 65 points de base).

L’indice FTSE du Royaume-Uni a reculé de 2,1% (en baisse de 18,3%).

L’indice Nikkei Equities du Japon a peu changé (en baisse de 4,8% en glissement annuel). Les taux japonais « JGB » à 10 ans ont glissé d’un point de base à 0,01% (en hausse de 2 pb en glissement annuel).

Le CAC40 français a baissé de 1,4% (-17,9%). L’indice boursier allemand DAX a perdu 2,0% (-8,8%). L’indice boursier espagnol IBEX 35 a reculé de 3,2% (en baisse de 24,8%).

L’indice FTSE MIB de l’Italie a perdu 2,5% (-18,6%).

Les actions des pays émergents ont été mitigées. L’indice Bovespa du Brésil a chuté de 2,8% (en baisse de 18,9%) et le Bolsa du Mexique a baissé de 2,5% (en baisse de 14,0%).

L’indice Kospi de la Corée du Sud a reculé de 0,3% (en baisse de 2,9%). L’indice Sensex des actions en Inde a progressé de 1,3% (en baisse de 14,7%).

La bourse de Shanghai en Chine a augmenté de 0,4% (en baisse de 2,3%). L’indice turc Borsa Istanbul National 100 a augmenté de 0,9% (+ 0,2%). L’indice actions MICEX de la Russie a peu varié (-9,3%).

Le dollar américain a glissé de 0,2% à 97,433 (en hausse de 1,0% en glissement annuel).

Dans  la semaine à la hausse, la couronne suédoise a monté de 1,5%, la monnaie sud-coréenne a gagné 0,8%, le franc suisse 0,5%, le dollar australien 0,4%, l’euro 0,4%, le dollar singapourien 0,3%, le dollar néo-zélandais 0,3% et le rand sud-africain 0,2%.

A la baisse, le real brésilien a reculé de 3,2%, le peso mexicain de 1,8%, le dollar canadien de 0,6%, la couronne norvégienne de 0,5%, le yen japonais de 0,3% et la livre sterling de 0,1%. Le renminbi chinois a reculé de 0,1% par rapport au dollar cette semaine (en baisse de 1,62% en glissement annuel).

L’indice Bloomberg des Commodities a baissé de 2,1% (en baisse de 21,8% en glissement annuel).

L’or  a bondi de 1,6% à 1 771 $ (en hausse de 16,7%). L’argent a gagné 0,8% à 18,168 $ (en hausse de 1,4%).

Le brut WTI a perdu 1,26 $ à 38,49 $ (-37%).

Le cuivre a progressé de 1,9% (en baisse de 4%). Le blé a baissé de 2,0% (en baisse de 15%). Le maïs a coulé de 5,1% (en baisse de 18%).

Le professeur Raoult se revèle assez sceptique et prudent sur le vaccin malgré les rodomontades mondiales, il rappellle que depuis les années 30 on a mis au point peu de vaccins effectivement utiles et que le derneir vaccin sur la dengue s’est révélé beaucoup plus nocif qu’utile.

25 juin – Reuters  «Il sera difficile de développer un vaccin COVID-19 en un temps record. Produire suffisamment pour mettre fin à la pandémie sera le plus grand exploit de fabrication médicale de l’histoire. Ce travail est en cours. Du déploiement d’experts au milieu des restrictions de voyage mondiales à la gestion des conditions de stockage extrêmes, en passant par l’invention de nouveaux types de flacons et de seringues pour des milliards de doses, le chemin est semé d’obstacles formidables, selon les entretiens de Reuters avec plus d’une douzaine de développeurs de vaccins et leurs bailleurs de fonds. Tout accroc dans une chaîne d’approvisionnement non testée – qui pourrait s’étendre de Pune en Inde à Oxford en Angleterre et à Baltimore aux États-Unis – pourrait torpiller ou retarder le processus complexe. »

25 juin – CNBC : «Le Fonds monétaire international a averti que la déconnexion actuelle entre les marchés financiers et l’économie réelle pourrait entraîner une correction des prix des actifs. Au cours des derniers mois, les marchés boursiers se sont redressés malgré des événements troublants dans le monde réel. Le monde est aux prises avec l’urgence sanitaire du coronavirus qui a coûté la vie à près de 500 000 personnes… et menace de provoquer une crise économique sans précédent. En outre, il existe des troubles sociaux dans de nombreuses économies avancées, car les citoyens exigent une société plus égalitaire, ce qui pourrait nuire à la confiance des investisseurs. »

24 juin – CNBC : «Le Fonds monétaire international a encore une fois sabré ses prévisions économiques… il a averti que les finances publiques se détérioreraient considérablement dans le monde, alors que les gouvernements tentent de lutter contre les retombées de la crise des coronavirus.

Le FMI s’attend  désormais à une contraction de 4,9% du produit intérieur brut mondial en 2020, encore  inférieure à la baisse de 3% prévue en avril. « La pandémie de Covid-19 a eu un impact plus négatif sur l’activité au premier semestre 2020 que prévu, et la reprise devrait être plus progressive que prévu », a déclaré le FMI. Le fonds a également revu à la baisse ses prévisions de PIB pour 2021. Il attend désormais un taux de croissance de 5,4% par rapport aux 5,8% prévus en avril… »

 

 

 

 

 

3 réflexions sur “Synthèse de la semaine, le doute revient, mais on creuse, on creuse le trou, que dis-je le ravin!

  1. nous allons assister a la plus grande vague 3 de baisse jamais observée á ce jour

    je ne donne pas mes objectifs mais disons que Albert EDWARDS de socgen est d’un doux optimisme

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  2. Le pr. RAOULT a raison. Il ne peut pas y avoir de vaccin contre les virus parce que ceux-ci mutent en permanence. En 30 ans, l’on a dépensé 30 milliards de $ pour un vaccin contre le HIV qui n’a jamais vu le jour et qui n’arrivera jamais.
    Et puis, pourquoi vouloir éradiquer un virus, alors que nous vivons avec les virus depuis que l’homme existe.
    Nous avons, dans notre corps des centaines de milliards de virus (au moins 42) qui vivent en bonne intelligence avec des centaines de milliards de bactéries (30 000 espèces différentes) et de champignons.
    Le problème n’est pas le virus mais la mauvaise qualité du terrain.
    Il y a beaucoup à faire mais pas comme le pense les élites.
    Tous les virus naissent chez les animaux, et, en particulier, les animaux provenant des abattoirs. Si l’on était raisonnable, l’on fermerait les abattoirs et l’on ne mangerait plus de viande.
    Ceux qui sont morts avaient un très mauvais système immunitaire, étaient atteint de diabète, d’hypertension, de maladies cardio-vasculaires, de cancers. Si l’on était raisonnable, l’on mettrait en place une vraie politique de santé publique qui commence par l’alimentation : réduction des graisses saturées, des sucres, suppression des édulcorants, alimentation dans les écoles à base de fruits et de légumes… Le fera-t-on ?
    Ensuite, une étude de Harvard a démontré que le corona virus s’est développé dans les régions les plus polluées. Wuhan est la ville la plus polluée au monde. La région de Milan et l’Alsace sont aussi hautement polluées.
    Si l’on était raisonnable, l’on mettrait des plans en place pour fermer toutes les usines polluantes, l’on réduirait drastiquement la circulation des avions et des voitures à essence.
    Le fera-t-on ? ou attendra-t-on que d’autres virus, encore plus virulents fassent bien plus de morts que cette petite pandémie.
    L’on sait donc parfaitement ce qu’il faut faire. Ce n’est pas de vacciner, ni de pucer, ni de les masquer. C’est revenir à un mode de vie plus proche de la nature qui est notre nature.

    Comme les pouvoirs publics ne le feront pas à cause des énormes intérêts financiers, c’est à nous, individuellement, et collectivement, de le faire.

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