Ecologie, climat, la plèbe, le prolo il faut les envoyer en l’air…dans l’imaginaire

L’idéologie climatique actuelle s’inscrit dans le grand mouvement né avec le Club de Rome -1972-  destiné à sécuriser la position des élites et du très grand capital, capital maintenant financiarisé, par le contrôle social.

L’idéologie utilisée alors a été celle de l’épuisement des ressources, c’est elle qui a donné l’avatar actuel de l’épuisement de la planète à cause de nos activités productrices de CO2.

Dans tous les cas elle procède de cette reconnaissance : l’ennemi c’est la plèbe. C’est le Gilet Jaune, l’ancien prolo, le bouseux, c’est celui qui reste en contact avec le Réel, celui qui en suporte le poid, celui qui ressent encore l’exploitation, les inégalités, le mépris, le poids de la domination.

Et celui là, cette plèbe, il faut la neutraliser car on ne sait jamais, un jour la mayonnaise sociale de la révolte peut prendre. Ce n’est qu’une question de catalyseur car les autres conditions de la révolte sont réunies.

Cette plèbe il faut l’envoyer en l’air, dans l’imaginaire, lui faire perdre le contact avec le réel, il faut en faire un non-playing-character, c’est dire un être agi de l’extérieur  par mots d’ordres et impulsions. Il faut qu’il perde ses déterminations personnelles, que sa vie étant vide, chaque matin il se dise en se levant et en prenant son portable: « mais bon dieu de quoi puis-je m’indigner aujourd’hui et qu’on lui réponde , « aujourd’hui il fait trop chaud, c’est la faute au climat »!

Le vote aux municipales appelle des analyses fondamentales, radicales, pas des commentaires de surface. Les commentaires de surface sont produits par le système et le renforcent.

Lisez la suite 

La sécurisation totale du pouvoir des élites s’appuie nécessairement sur la
déréalisation de l’existence de la plèbe, déréalisation qui consiste en un « réenchantement du monde » forcené (thème de l’Université d’été 2005 du MEDEF), dont le but est de parvenir à faire creuser gentiment sa propre tombe à quelqu’un, puis à l’y faire descendre avec le sourire  et à se recouvrir de terre dans la joie et la bonne humeur.

On reconnaîtra ici la tendance sociologique dite du cocooning, jouant le rôle d’un nouvel opium du peuple, bien plus efficace que la religion car totalement dénué d’effet de sublimation.

Inutile de souligner que le confinement ést un cocooning experimental geant.

L’ingénierie sociale se donne ainsi pour objectif de rendre tolérable, et même désirable, une involution civilisationnelle profondément morbide en la parant de tous les traits du rajeunissement perpétuel, donc apparemment de la vitalité et de l’avenir, avec, pour visée ultime, la « fœtalisation » de l’humanité au moyen de son insertion dans un environnement social conçu à l’image d’un immense utérus artificiel, c’est-à-dire dénué de frontières et de contradictions.

Notez au passage l’importance : «  »dénué de contradictions »; il faut supprimer les contradcitions les antagonismes, les forces qui en s’opposant produisent le mouvement de l’histoire. C’est l’autre façon de formuler le fameux « en même temps ».
Le stade intra-utérin et, par extension, tous les stades immatures (nouveaux-nés, nourrissons, bébés et jeunes enfants) se caractérisent, certes par leur vitalité organique, mais surtout par leur plasticité mentale aisément manipulable ainsi que leur état d’aliénation totale,
complètement à la merci d’autrui (la Hilflösigkeit freudienne).
Il s’agit donc de reproduire dans l’extra-utérin les conditions d’une existence intrautérine : fusion avec autrui dans un grand tout homogène et enveloppant, obéissance au mouvement général, jouissance continue et immédiate, complétude, identité unifiée, absencede tensions, de contradictions, de contestations, pure positivité, donc fin de l’Histoire, fin de tout, en un mot, le paradis, le cocon définitif !

De nombreux auteurs ont étudié d’un point de vue critique les aspects de cette régression pré-Œdipienne globalisée, à commencer par Gilles
Châtelet dans son Vivre et penser comme des porcs (De l’incitation à l’envie et à l’ennui dans les démocraties-marchés).

Les autres titres ne sont pas moins éloquents, de Jean-Claude Michéa, L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes, à Dany-Robert Dufour, L’art de réduire les têtes : sur la nouvelle servitude de l’homme libéré à l’ère du capitalisme total, en passant par Charles Melman et Jean-Pierre Lebrun, L’homme sans gravité — Jouir à tout prix, Michel Schneider, Big mother — Psychopathologie de la vie politique, et JeanClaude Liaudet, Le complexe d’Ubu, ou la névrose libérale.

Tous ces textes se consacrent à l’analyse du contrôle social contemporain dans ses spécificités inédites, à savoir la dépolitisation des masses par la mise en place d’un type de société reposant sur les caractéristiques du giron maternel, induisant un abaissement de l’âge mental moyen ainsi
qu’un certain nombre de nouvelles pathologies mentales tournant autour de la dépression et de la perversion.

En cherchant à abolir toutes les frontières, donc toutes les limites, et dans le même geste la notion même d’extériorité, de monde extérieur, objectif, réel, l’ingénierie mondialiste cherche ainsi à construire une forme de société déréalisée s’appuyant sur une culture de l’intériorité, de la fusion charnelle dans un bloc identitaire homogène et du rejet corrélatif de tout ce qui est hétérogène, autre, bref de tout ce qui rappelle le Père, c’est-à-dire
l’instance qui fissure l’emprise exclusive et englobante du monde maternel pour introduire au « monde extérieur » et au réel.

Le pied-dans-la-porte

Une autre manière de construire le consentement à la régression s’appuie sur ce quel’on pourrait appeler une « ingénierie de la mise en situation obligeante ».

Dans leur classique de la psychologie sociale, Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens, les deux chercheurs Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois décrivent ainsi plusieurs stratégies d’induction comportementale, qui, à chaque fois, respectent le sentiment de liberté des sujets manipulés.

La célèbre boiling Frog

Il s’agit dans tous les cas de construire la « servitude volontaire », c’est-à-dire  faire non seulement accepter, mais encore désirer au sujet manipulé ce que l’on a, en fait, décidé à sa place, en le mettant dans une situation d’obligation  à poursuivre un comportement.

La technique du pied-dans-la-porte, ou « technique du saucisson », qui consiste à faire avaler le tout par petites tranches, est une des plus connues. Joule et Beauvois la résument ainsi : « (…) on extorque au sujet un comportement préparatoire non problématique et peu coûteux, (…) Ce comportement préparatoire obtenu, une requête est explicitement adressée au sujet l’invitant à émettre une nouvelle conduite, cette fois plus
coûteuse et qu’il n’avait que peu de chances d’émettre spontanément. »

En procédant de manière graduée, il est ainsi possible d’orienter petit à petit la démarche d’un sujet (individu ou groupe) et même de lui faire entreprendre « librement » une dégradation de sa situation, tout en lui donnant l’impression qu’il améliore son sort et qu’il agit de son propre chef, alors qu’on lui a fait prendre une décision irrationnelle allant contre son intérêt.
L’étude psychologique de l’induction de prise de décision irrationnelle a été initiée par Lewin dans ses fameuses expériences de modification comportementale, que Joule et Beauvois rappellent brièvement : « Il faut savoir gré à Kurt Lewin (1947) d’avoir, le premier, insisté sur de telles conséquences de l’activité de décision.

Inutile de rappeler dans le détail ces expériences maintenant célèbres dans lesquelles il compare l’efficacité de deux stratégies visant à modifier les habitudes de consommation de ménagères américaines (acheter des bas
morceaux de boucherie plutôt que des pièces nobles, du lait en poudre plutôt que du lait frais,etc.). »

Cette fabrique du consentement au changement dirigé « vers le bas » réclame toujours beaucoup de délicatesse dans la manière de procéder. Toute précipitation ou attaque massive sont proscrites.

La technique pour liquider les services publics:

Ainsi, dès 1996, un rapport publié dans le Cahier de politique
économique de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) faisait les préconisations suivantes pour liquider les services publics d’État en provoquant le moins de réaction possible : « Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à
ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles et aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement. Cela se fait au coup par coup, dans une école et non dans un établissement voisin, de telle sorte qu’on évite un mécontentement général de la population. »

Obtenir le consentement non problématique à la dégradation peut aussi être considérablement favorisé par une situation de départ qui, elle, est problématique, ou du moins perçue comme telle.

Toute situation humaine étant sous un angle ou sous un autre problématique, il n’y a qu’à en accentuer certains aspects, noircir le tableau pour exiger des « réformes » salvatrices. S’il le faut, on crée le problème par un sabotage intérieur, sous la forme d’une diminution des budgets de fonctionnement, d’une dette publique savamment gonflée (par la prise en compte des intérêts dans le calcul global), ou de toute forme de crise planifiée, économique ou diplomatique, sociale, etc. Puis on propose une solution.

Cette solution proposée ne fera qu’empirer les choses, mais comme c’est la seule voie de changement suggérée au groupe, il a l’impression d’une amélioration par simple changement de position. Le simple fait de changer quelque chose produit l’impression de changer en mieux, car le psychisme humain est ainsi fait qu’il envisage toujours positivement au début la
sortie d’une situation difficile. Ce réflexe est la conséquence d’un optimisme instinctif, d’origine biologique, sans lequel l’être vivant ne saurait se maintenir en vie.

3 réflexions sur “Ecologie, climat, la plèbe, le prolo il faut les envoyer en l’air…dans l’imaginaire

  1. Le nouveau monde c’est quoi ? Les voyages pour les riches comme avant et les autres aux champs à cultiver du bio ou en usine à fabriquer du éthique et tout ça à vélo…. #Kmer verts au service des dynasties bourgeoises.

    J'aime

  2. Bonsoir,

    Merci pour cet article fort éclairant. Les neuros et psychos-sciences ont fait d’énormes progrès ces dernières années et comme n’importe quelle multi-nationale, les partis politiques utilisent les techniques de marketing et « d’aides à la décision » des plus modernes pour arriver à leur fin, le pouvoir.
    Je crois que l’abstention est globalement la réaction du corps social qui se rend compte de cette manipulation mais qui ne sait pas comment y répondre. La voie classique, l’appareil démocratique et son système électif, est devenue inopérante car les candidats, aveuglés qu’ils sont par l’apparente maîtrise dont ils font preuve, ont oublié qu’en face d’eux, et grâce aux mêmes outils qu’ils utilisent, la population s’informe, tente de comprendre ou comprend et se défie de ces joueurs bizarres. En ne votant pas, cette population démontre qu’elle refuse d’être la dupe de ce jeu pervers d’autant plus que l’échec des politiques se lit dans tous les domaines qu’ils touchent. L’échec européen en est la plus parfaite illustration. Si Ortega y Gasset vivait encore, il trouverait, j’en suis persuadé, de quoi nourrir et illustrer sa « Révolte des masses ». Inquiétant car on se croirait dans Fondation d’Isaac Asimov quand Hari Seldon prévoit la chute de l’Empire.

    Bonne soirée

    J'aime

    1. Pour la référence à Ortega y Gasset, nous assistons bien à une révolte des masses et celle révolte est bien verticale, mais pas de bas en haut. Elle estde de haut en bas et c’est celle de l’oligarchie dominante et mondialisée. De peur de perdre sa position dominante, elle a détruit l’appareil à apprendre. Il n’y a qu’à voir l’état du système éducatif français. Selon le commentaire de la fiche Wikipédia: « … ils jouissent de tous les apports de la science et de la technique, mais ils en jouissent en « primitifs », c’est-à-dire sans en connaître les principes. Selon cette logique, comme cela comble tous leurs besoins, ils ne ressentent nullement la nécessité d’apprendre, de connaître, de comprendre, de se cultiver. Ortega les qualifie de brutes amorales aux idées grossières qui jouissent du nec plus ultra que leur procure une civilisation perfectionnée dont ils n’ont aucune conscience historique… ». Ils sont au pouvoir et ils fabriquent des clones à,leur image pour rester en place. La révolte des Gilets Jaunes, première mouture, est une sorte cri qu’ils sont incapables d’entendre et de comprendre. La sauvage répression dont ils ont été l’objet témoigne de la peur qui a saisi l’oligarchie.
      Le philosophe espagnol se demande si « la civilisation ne s’apprête pas à vivre un nouvel âge des ténèbres qui, à terme, pourrait s’attaquer même aux conquêtes techniques qui en sont la manifestation la plus tangible, si le goût pour la connaissance et l’étude venaient à s’émousser. »

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s