En guise d’éditorial. «Macron doit présenter un vrai plan au lieu de s’en tenir à des gadgets»

« Hélas personne ne détient le phallus d’or scintillant et celui qui prétend l’avoir ne montre jamais que son cul ».

Jean Pierre Robin pose des bonnes questions . Elles s’articulent autour de l’éclairage de l’avenir, autour des définitions stratégiques , autour de l’inventaire des moyens à mettre en oeuvre , autour de la participation de Français à la préparation de leur avenir. 

JPR montre les insuffisances du Marketing politique: il ne suffit pas de nommer avec des mots ronflants mais creux; il faut y mettre des contenus.

France Stratégie! 

C’est tout le bidonnage publiciatire qui se donne à voir dans cette appellation qui, sur le fond n’est qu’une dénégation; la France n’ a depuis longtemps aucune pensée stratégique, aucune pensée tactique, elle optimise médiocrement  au jour le jour, au fil de l’eau, selon les caprices de la pente qui la fait glisser dans la paupérisation et maintenant dans le dysfonctionnement généralisé.

Dans la vie vie quotidienne, elle dysfonctionne. Elle dysfonctionne à un tel point que l’on peut croire qu c’en est une stratégie du choc, du chaos. Même pas! 

Dans de nombreux cas, ce qui est en cause ce n’est même pas le biais politique ou partisan, même pas la finalité de l’agenda, non ce qui est en cause c’est la compétence, la capacité organisationnelle, la rigueur et l’incapacité à penser juste.

Car nous en sommes là: non seulement la France n’avance plus, non seulement elle recule, mais en plus dans la pratique, elle patauge, elle gaspille, elle pervertit. 

Qu’est-il advenu des réformes de Macron ? Des bouillies pour les chats, des exercices de gribouille dans lesquels les objectifs départ ont ensuite été perdus de vue. Les fils conducteurs ont été brisés.  

Le gouvernement finalement n’est pas intéressé à résoudre les problèmes; d’abord il ne les a pas posés; il  a escamoté les diagnoctics! Erreur inaugurale. Il souhaite envoyer des messages sur les problèmes. Légiférer est difficile. Il est plus plus avantageux politiquement de produire un spectacle. Hélas.

Les rappels historiques de JPR sont intéressants . Ils invitent à la réflexion. A une reflexion qui conclut inévitablement au constat du dépérissement de la pensée stratégique .

Mais il y a à mon sens plus grave encore que le manque de structure de réflexion sur le futur , il y a incohérence systémique totale. 

La fameuse exception Française n’est pas un choix, c’est une rationalisation de nos manques et de nos insuffisances. Une piètre excuse à nos faiblesses. On laisse subsister des structures contradictoires et antagoniques.  On laisse coexister des principes  qui se neutralisent, obérant toute initiative d’efficacité. 

L’ouverture sur le marché mondial, la primauté du  marché, la dérégulation financière impliquaient  la fluidification  et la libéralisation en chaine, or on les a laissé coincider  avec des éléments de rigidité majeure qui s’opposent au fonctionnement du marché et aux signaux qu’il envoie.

Sur la base des choix qui ont été faits ou non faits  de façon irresponsable dans le passé, la France n’est préparée à rien , ni à ce qui se passe ni à son contraire. Pas plus à la globalisation qu’à la déglobalisation. Pas plus au renforcement de la présence et du rôle de l’état qu’à son effacement. 

Gachis. 

Faute de diagnostic systémique sur le mal Français on a erré sans ligne directrice , sans vision. Donc sans soutien. En france la Transmission est devenue impossible.

Et faute de diagnostic, faute de vision aucun débat social ou politique ne peut s’engager. Les rideaux  de fumée et les pseudo dialogues fétichisés façon Hollande ont remplacé la recherche  d’un accord au sein du pays sur les buts d’abord  et les moyens ensuite. 

La France vit dans la pensée magique, dans la pensée infantile et au lieu de s’adresser à des citoyesn adultes, tout est fait pour leur faire croire à l’homme providentiel , à celui qui fait des miracles.

Hélas personne ne détient le phallus d’or scintillant et celui qui prétend l’avoir ne montre jamais que son cul.

 

Jean-Pierre Robin: «Macron doit présenter un vrai plan au lieu de s’en tenir à des gadgets»

CHRONIQUE – La France a, hélas, perdu l’habitude de dessiner des feuilles de route.

Les chefs d’État ont l’embarras du choix dans l’art de gouverner : qu’ils écoutent leurs prédécesseurs!

«Un chef, c’est fait pour cheffer», prétendait Jacques Chirac.

«On ne conduit le peuple qu’en lui montrant un avenir, un chef est un marchand d’espérance» (Napoléon Bonaparte).

Et, plus près de nous, cet ancien président de la République, s’entretenant récemment avec quelques grands patrons, a brocardé la Convention citoyenne pour le climat, l’aréopage de 150 personnes tirées au sort qui vient d’accoucher de 150 recommandations «écolo». «L’avion traverse de fortes turbulences. Le commandant de bord sort de son cockpit et s’adresse aux 150 passagers ; “Que dois-je faire?, leur demande-t-il», ironise cet ex de l’Élysée dont chacun, à son gré, devinera le nom.

En trois ans, Emmanuel Macron a déployé des tonnes d’imagination pour informer les Français de ses desseins.

Les deux premières années, juillet 2017 et 2018, il convoqua le Parlement à Versailles, députés et sénateurs réunis pour entendre sa bonne parole.

Puis, à l’hiver 2119, en pleine crise des «gilets jaunes», ce fut le grand débat national ; le locataire de l’Élysée s’est délocalisé dans les gymnases de province et de Navarre répondant à toutes les préoccupations des Français épatés par son érudition administrative.

Autre trouvaille, le tirage au sort des citoyens, comme dans la démocratie athénienne antique, mais transposé à nos mœurs populistes de 2020 et des médias sociaux, l’emphatique Convention citoyenne pour le climat.

Ces exercices de communication tape-à-l’œil se sont révélés de simples gadgets inaptes à créer un sentiment d’urgence au profit de réformes jugées pourtant impératives.

Le fiasco des retraites fut avant tout un échec d’explication.

«Le plan, cette ardente obligation», aimait à dire le général de Gaulle dans les années 1960 pour qualifier l’institution qu’il avait créée en 1946 avec Jean Monnet. Le Commissariat général au plan orchestra la reconstruction de l’après-guerre, jouant un rôle vital pendant les Trente Glorieuses.

Hiérarchiser les investissements, optimiser l’usage des ressources, définir les priorités sectorielles du pays sur un horizon de six ans, telle était la finalité de «la planification à la française», d’une «économie concertée».

Terme crucial.

Car «on ne pourra transformer l’économie française, avait dit Jean Monnet à de Gaulle fin 1945, sans que le peuple français participe à cette transformation. Quand je dis “le peuple”, ce n’est pas une entité abstraite, ce sont les syndicats, les industriels, l’administration, tous les hommes (sic) qui seront associés à un plan d’équipement et de modernisation.» 

«Les forces vives de la nation», toutes couleurs idéologiques confondues, participaient à l’exercice, faut-il le marteler, permettant de tisser un consensus au-delà des tensions politiques.

France Stratégie, le think tank public, qui s’est substitué au plan, officiellement supprimé en 2006, le rappelle dans une note collective publiée fin juin, «La planification: idée d’hier ou piste de demain?» C’est paradoxalement le retour de la gauche au pouvoir en 1981 qui a, de façon délibérée, amorcé son déclin.

Voulant se débarrasser de son adversaire intime, François Mitterrand a bombardé Michel Rocard ministre d’État, ministre du Plan et de l’Aménagement du territoire. Hérésie totale, alors que le plan, sous l’autorité du premier ministre, était censé étayer à moyen terme l’ensemble des décisions économiques et sociales de l’exécutif. Depuis, «la planification à la française» n’a cessé de dépérir inexorablement.

Les yeux bandés

Autres temps autres mœurs, avec la construction européenne, la libéralisation de l’économie et la montée de la mondialisation, tout a été bon pour faire croire qu’on pouvait s’en passer.

Pour de sottes raisons sémantiques, s’est instillée dans l’opinion publique la confusion avec le «Gosplan» soviétique, comble de la ringardise.

En 2006, le gouvernement Villepin l’a définitivement vidé de sa substance, le transformant en Centre d’analyse stratégique incolore et inodore.

Dernier avatar, François Hollande président le rebaptise France Stratégie, opération de marketing sans réelle portée et qui n’en a pas fait un centre de prospective associant les partenaires sociaux de tous bords. C’était la caractéristique éminente de la «planification» selon de Gaulle et Monnet ses pères fondateurs.

Le Plan ou l’anti-hasard, titre du livre (1965), de Pierre Massé, l’un des commissaires historiques qui le qualifiait de «réducteur d’incertitudes». Sous des formes différentes liées à leur culture propre, les États-Unis et l’Allemagne disposent de telles vigies pour éclairer leur avenir collectif.

Depuis quarante ans, la France avance les yeux bandés, incapable d’appréhender les grands tournants. Le marché unique de 1992, l’euro de 1999, l’entrée de la Chine à l’OMC en 2001 qui a accéléré la mondialisation, l’élargissement de l’Europe à l’Est en 2004 : aucun de ces grands événements structurants n’a été regardé en face et leurs implications n’ont pas été décortiquées. D’où la désindustrialisation, d’où l’envolée des dépenses publiques, remède social ultime à toutes nos impérities.

Les campagnes présidentielles sont devenues les seuls moments de «réflexion stratégique», avec leurs calculs de coin de table tous frappés au coin de la démagogie (la suppression de la taxe d’habitation de 2017). Et va pour les comités miraculeux de têtes d’œuf, telle la commission Attali de 2008 «pour la libération de la croissance française»: son seul résultat tangible aura été de mettre sur orbite l’un de ses rapporteurs adjoints, Emmanuel Macron.

Alors que la reconstruction de l’après-guerre de 1945 hante les esprits, il serait honnête de procéder avec un minimum de méthode intellectuelle et politique.

Cessons de prendre des vessies pour des lanternes.

Une réflexion sur “En guise d’éditorial. «Macron doit présenter un vrai plan au lieu de s’en tenir à des gadgets»

  1. Les mots suffisent, la preuve..en dépit d’une situation catastrophique, tous les politicard et ‘hauts’ factionnaires continuent de toucher leurs confortables émoluments, aucun n’a été viré, même pris la main dans le sac. Mignon est bien parti pour être réélu.
    Pendant ce temps, la France sombre un peu plus dans l’énarchie.
    Amusons nous un peu: J’ai hâte de voir comme le nouveau garde des seaux (de pus) va retourner sa veste. Oui, tout ce cinéma est fait pour amuser le bon peuple.

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