A lire. Le modèle français du sous-développement!

Charles nous offre une remarque plaisante, certes, mais très importante.

Elle devrait faire réflêchir bien au-delà de la question de l’immigration.

Cette remarque pose la question du modèle de développement de la France.

C’est une invitation à reflêchir concrètement, objectivement, sur le modèle de développement de la France: tel qu’il apparait, pas tel qu’il est proclamé.

Ce modèle n’est pas généreux, il est vicieux et cynique.

Si vous écoutez les pouvoirs, ils vous disent qu’ils recherchent un modèle fondé sur la compétence, la valeur ajoutée, l’intelligence. Ils vous disent que si vous faites des études, vous échappez au chômage, etc. etc. et autres balivernes. Tout le monde sait  que maintenant on fabrique des chômeurs diplomés! Des sans avenir bac+7! L’effondrement des salaires à l’embauche des diplomés est considérable. La plupart ont fait des marchés de dupes lorsqu’ils ont décidé de poursuivre leurs études, conformément aux conseils des gouvernements qui désiraient ne pas encombrer les parkings à chômeurs.

La réalité ne trompe pas, elle.

Elle nous donne à voir que nous importons de la force, du travail physique non qualifié et que nous exportons de la compétence, du savoir ou  du savoir-faire.

Il y a une demande objective, un appel  pour le travail non qualifié et il n’y en a pas pour le travail qualifié.

Attention!

Nous sommes dans un régime capitaliste, en régime de marché,  ce qui veut dire qu’à chaque fois le terme de demande doit être précisé.

Il y a peut-être une demande pour du travail qualifié, mais pas à  des prix suffisament attrayants;  à l’opposé, il y a une demande pour du travail non qualifié, mais à des prix bas, inférieurs à ceux que réclamerait la main d’oeuvre  potentielle locale si elle était mise au travail.

Il n’y a pas de débouchés suffisants à des tarifs corrects pour des bacs+7; mais il y a de la demande pour des bac-7 au tarif en vigueur en France.

Cette demande se trouve dans de nombreux secteurs et il suffit de passer une journée à observer qui travaille et qui fait quoi en France, comme je viens de le faire, pour s’en rendre compte.

C’est fou le nombre de postes qui sont occupés par des immigrés. Tous sont au tarif le plus bas autorisé… quand ils sont déclarés. Beaucoup sont visibles sur les chantiers, les routes, sur les vélos livreurs, beaucoup sont invisibles dans les cuisines, dans les sous-sols, dans les hôtels, dans les champs et les serres  etc.

Les tarifs français pour les travailleurs non qualifiés sont trop bas pour mettre la main d’oeuvre  locale au travail; les tarifs français sont très interessants avec les prestations et avantages annexes pour les immigrés. Ils trouvent le moyen d’envoyer des sommes considérables au pays.

N’oubliez jamais que le capital, l’entreprise, n’emploient  pas pour le plaisir, non elles emploient parce qu’il est rentable d’employer. Et elles n’ajoutent un salarié à leurs effectifs que si, et seulement si, elles jugent que cela leur profite.

L’importation de main d’oeuvre non qualifiée est une importation qui augmente le surproduit français, c’est à dire qui bonifie le taux de profit du système français, par le bas, c’est dire par la surexploitation.

L’immigré a une fonction économique que connait bien le Patronat de nombreux secteurs, il bonifie la profitabilité du capital.

Macron va appeler cela la compétitivité, mais ne vous laissez pas prendre, le vrai nom de la compétitivité, c’est la profitabilité. On est compétitif quand on peut vendre avec un  profit suffisant. Quand un gouvernement vous parle de compétitivité, n’hésitez jamais à traduire; il vous parle de taux de profit insuffisant qu’il faut augmenter.

Et si on ne le voit pas,  cet immigré importé, c’est parce qu’il travaille quelque fois, sinon souvent,  dans des secteurs invisibilisés, très peu profitables, des secteurs qui eux-mêmes  réalisent peu de profits comme la sous-traitance. Les exemples abondent dans l’automobile et le bâtiment. Ces sous traitants font peu de profits car ils transfèrent de la valeur aux donneurs d’ordres, ce qui bonifie les marges de ces derniers. La sous traitance emploie beaucoup de main d ‘oeuvre non qualifiée. Les sous traitants sont souvent des quasi négriers. L’emploi de ce type  crée de la plus value pour leurs donneurs d’ordres qui  exploitent les sous  traitants, les sous traitants eux, exploitant les immigrés…

Ce que je veux vous faire comprendre, c’est que dans un système de ce type le capital français remonte son taux de profit par le bas, pas par le haut. Mais il le fait en détruisant la société française et c’est ce contre quoi je lutte. Il le fait en développant des formations sociales, des modes de vie, des habitats,  de type prolétarien ou sous-prolétariens. Peu à peu, le petit blanc français ne finit par ne plus connaître que les Lidl, Aldi, et les échoppes crasseuses à kebab. Exactement le contraire, par exemple, de ce que fait la Suisse.

La France  importe des gens non qualifiés, pure force de travail physique à faible valeur ajoutée et s’en trouve elle-même modifiée.

Elle exporte, sans pouvoir les retenir, ceux qui font des études et sont susceptibles de fournir des prestations de haut niveau.

J’appelle cela un modèle de sous-développement et ce n ‘est pas une boutade. Je suis sérieux. Tout se passe comme si, faute de pouvoir délocaliser une partie de son économie vers le Quart et le Tiers monde, elle faisait venir le Tiers et le Quart monde à elle.

Cela me fait penser  à la politique traditionnelle du business et des élites françaises qui consiste depuis longtemps à dévaluer la monnaie et donc le travail produit par les Français.

La France ne regarde pas vers le haut, elle est courbée, penchée vers le bas. Par association d’idées, cela me fait penser au baccalauréat: au lieu d’amener les gens à un niveau supérieur, à les réévaluer, on dévalue le bac. C’est un vice français que celui-là. Certainement hérité du temps des Partageux.

C’est le cercle vicieux  du sous développement, exactement opposé au cercle vertueux  des Allemands.

La France importe un prolétariat, voire un sous prolétariat, qui vient alimenter les fondations d’une société à deux vitesses. Quand on parle de destruction des classes moyennes, c’est en fait ce phénomène que l’on vise: la constitution d’une sous-classe de plus en plus vaste et de plus en plus aigrie.

Si on y réflêchit bien, le projet de société de nos élites, c’est cela: d’un côté, une France d’en bas qui la boucle et secrète le surproduit dont ont besoin les grandes firmes internationalement exposées et, de l’autre, une bourgeoisie comprador profiteuse qui vit un train de vie mondial, qui participe à l’hyper classe.

Et objectivement, il semble bien que ce soit une politique voulue, délibérée. On peut vouloir certaines choses sans être conscient de toutes leurs implications!

Pour la comprendre, il faut voir les similitudes avec les délocalisations. La délocalisation vers les pays à bas salaires constitue un arbitrage international du travail destiné à en faire baisser les coûts. Mais tout ne peut pas être delocalisé, en particulier dans les secteurs des services, des gros travaux, de la construction, etc.

Importer des gens sans qualification reste le moyen de peser sur les prix de revient en France et de finaliser, comme on dit maintenant, une politique de l’offre. Une politique de l’offre, c’est une politique de recherche de baisse des coûts salariaux, soit par l’équipement/automatisation, soit par la baisse du coût de travail.

L’importation de gens sans qualification appauvrit les « petits blancs » dans la mesure où elle empêche les salaires de monter là où ils seraient plus exigeants. C’est net dans l’hôtellerie, restauration, travaux  insalubres ou pénibles. Elle les met au chômage, ce qui tire en quelque sorte la France vers le bas. Elle aggrave leurs difficultés pour se loger car les logements prioritaires, dits sociaux, sont souvent pour les immigrés. Ainsi se fracasse le tissu social et se détruit la société.

C’est tout un processus de descente, de glissement social, qui ramène une partie de plus en plus importante de la population dans les conditions de vie, soit des pays en voie de développement, soit dans les conditions de vie des pays émergents.

L’erreur de Mélénchon est colossale car il prend la défense des immigrés, qui prolétarisent les petits blancs, il en fait son fonds de commerce parce qu’ils sont exploités, voire surexploitées. Mais il ne tient pas compte du déclassement des petits blancs  qui sont victimes de l’offre de travail non qualifié faite par ces immigrés.  Il ne tient pas compte du fait que, si les immigrés n’étaient pas là, le capital serait obligé, d’abord de monter les salaires et, ensuite, il devrait opter pour des modes de développement différents.  Le capital devrait monter dans l’échelle mondiale de la valeur ajoutée.  Au lieu de faire ce mouvement vers le haut, le capital français fait le mouvement vers le bas avec simplement quelques fers de lance, quelques champions mondiaux.

Le Melenchon n’a pas compris que, quand le capital français importe un immigré, il importe du profit « peu reluisant ».

Le mode de development, ou plutôt de sous-développement, produit une concentration du capital qui est extrême, il détruit progressivement les classes moyennes car elles se paupérisent. Il gonfle le chômage et les dépenses  d’assitance, il oblige à un fonctionnement politique de plus en plus autoritaire, sécuritaire et répressif.

Par ailleurs, c’est une politique à courte vue car, au  fil du temps, les bénéfices retirés de cette importation de main d’oeuvre se réduisent; le travail, c’est le lieu de la dialectique; les immigrés d’exploités deviennent  exploiteurs de la collectivité qui les emploie.

C’est ce que nous sommes en train de vivre. Une fois ancrés, ils  exigent des droits avec d’autant plus de force qu’ils récupèrent l’argument du racisme. Au nom du racisme, ils en arrivent à retourner la situation. Ayant paupérisé « les petits blancs » ils en veulent plus, ils veulent faire légitimer le racisme anti-blanc.

Les familles gonflent naturellement ou artificiellement, consomment de plus en plus de services publics de toutes sortes et ce qui semble offrir un coût direct de la main d’oeuvre avantageux se révèle, une fois tous les coûts indirects inclus, un choix idiot.

Les petis blancs n’ont pas d’autre choix que de se tourner vers le Rassemblement National  et Marine, lesquels n’ayant aucune compréhension  synthétique de la situation les enferment dans des impasses qui finalement… servent le capital.

Lutter contre l’exploitation des immigrés et la déchéance des petits blancs ne devrait pas être antagonique, mais complémentaire et cela notre Mélenchon (1) ne l’a pas compris.

Note (1):  au lieu de lire Chantal Mouffe, Mélenchon aurait dû lire Michel Clouscard.

Charles Gave parle d’or:

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8 réflexions sur “A lire. Le modèle français du sous-développement!

  1. Amha Mélenchon souffre d’un biais intellectuel irrémédiable : il est NE là-bas (à Tanger). Aussi il aura autant, sinon plus, de sympathie pour un Ahmed ou un Mamadou que pour un Roger ou un Kevin.
    Je pense même que le petit blanc lui paraîtra toujours un peu suspect car trop franchouillard et capable d’aller vers le « Mal » (cad voter F.N. ou R.N.).
    Le fait que Mélenchon n’ait pas encore viré la « racialiste » Obono (mot poli pour ne pas dire « raciste ») tendrait à prouver cela.

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  2. Bonsoir M. Bertez
    Cette politique a été mise en oeuvre en 1974 suite au premier choc pétrolier, par Giscard.
    Mais ce fut aussi le choix de l’industrie textile auparavant. La rente! la rente! Dumas, Balzac l’ont si bien dit!. Et vivre comme des « aristos » de l’ancien régime….. C’est surtout à cela qu’a servi la révolution de 89; au contraire de l’Angleterre qui anoblissait sans problème ses commerçants et ses pirates, la bourgeoisie française n’a eu d’autre choix que de remplacer par la force la classe dominante pour accéder aux mêmes privilèges!
    Il y a toujours de l’ascension au mérite, qui se réduit pour les classes sociales du bas, mais il y en avait avant!
    Et la monarchie républicaine se porte bien merci!
    Cordialement

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    1. Il est « légèrement » rajeuni, là, le Charles

      Mais cette « formidable’ synthèse sur les + 7 et -7 r est d’un réalisme, hélas, incontestable.

      Mais cette « formidable » synthèse sur les + 7 et -7 est d’un réalisme, hélas, incontestable.

      Et encore les + 7 partent légalement et les – 7 s’importent eux-mêmes illégalement comptant sur la bienveillance de « grands cœurs » aussi irréfléchis qu’irresponsables.

      Occupons nous d’abord de nos SDF, de nos pauvres, de nos mal logés français de plus ou moins fraîche date et après seulement accueillons, si on a encore de la vraie monnaie non dévalorisée une partie de la misère du monde.

      C’est pas du racisme, mais du réalisme avec un minimum de sens de la justice et de logique.

      De l’altruisme – quoi de mieux ? – bien compris.

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