Le discours de Macron du 14 Juillet , Macron un homme du passé.

Je soutiens que Macron est un homme du passé. Il fait ce que ses prédecesseurs auraient du faire et qu’ils n’ont pas eu le courage de faire. Hélas pour lui le monde a changé et ce n’est plus cela qu’il faut faire!

Vous savez que j’apprécie Maxime Tandonnet, sa mesure, son jugement. Vous lirez son texte ci dessous.

Il a choisi d’analyser l’interview du Président sous l’angle de son seul propos: « J’ai commis des erreurs« .

C’est la mode de s’excuser, une mode anglo saxonne.  Elle consiste cyniquement à décreter que que les  fautes et erreurs que l’on a  commises doivent être effacées, tenues pour nulles et non avenues puisque l’on  est désolé. Une fois purgé de cette corvée, on peut continuer.

Hommage du vice à la vertu.

Ce n’est pas de la vertu, c’est du vice pour trois  raisons:

-d’abord on ne donne aucun contenu à ces erreurs et fautes, donc on crée forcément un malentendu. Ce que Macron considère comme des erreurs ce n’est absolument pas ce que le peuple considére comme étant des erreurs.

-ensuite ne donnant pas de contenu, Macron n’est tenu à rien et surtout pas à changer ce qui a été perçu par le peuple comme une agression. Nous sommes non pas dans la reconnaissance mais dans l’esquive de la reconnaissance. C’est à la limite insultant.

-enfin cette astuce malhonnête a été confirmée par la suite des propos , lesquels s’inscrivent dans la même ligne de platitudes vides de sens, comme, « refondation », « réinvention » et autres paroles verbales.

Tandonnet à juste titre souligne la malhonnêteté intellectuelle qui consiste à reconnaitre ses erreurs mais à ne pas en tirer les conséquences politiques:

-pas de remaniement dont le sens serait politique

-pas de legislatives

-pas de referendum

Au contraire, nomination d’un apparachik transparent, pur technicien organisationnel, la voix de son maitre, pour être sur qu’il sera un pur exécutant de type Enaniste.

On reproche à Macron son hyper présidentialisation mais que fait-il?

Il efface le Premier Ministre qui commençait  à avoir une étoffe personnelle, et il se re-sur-présidentialise avec une potiche.

En fait Macron ne s’est ni excusé ni renié, c’est l’inverse: à la faveur d’une formule creuse il a dit aux Français, « je vous emmerde« .

Car il a besoin psychologiquement d’agir ainsi, de rabaisser, de mépriser, il ne reconnait pas de juge de ce qu’il fait,  c’est ce qui lui donne sa légitimité face à lui même.

Je dis  je dis bien face à lui même, car il ne rend de comptes qu’à lui .

Quand on a un ego démesuré, on ne peut acceper de le blesser , sinon c’est la dépression. Ce qui lui permet de « tenir » dans un univers hostile c’est de dire « je vous emmerde ».

Tandonnet pose la question de la démocratie. Il y a bien longtemps que Macron y a  répondu. Il considère qu’il est un Maitre, un Maitre  Sachant.

Il est persuadé  qu’il détient la vérité, que la vérité lui impose de passer sur le corps moribond des Français.

De Gaulle était persuadé si on croit l’Amiral Muselier que sa légitimité, il la tirait de la France, celle du passé, celle de l’Histoire avec un grand H. Macron, sa légitimité, il la tire de l’idée qu’il se fait de lui comme Sachant ce que doit être le futur du pays.

Hélas  Macron regarde l’avenir et le futur dans le rétroviseur de ce qu’auraient du faire ses prédecesseurs et qu’ils n’ont pas eu le courage de faire: nous flexibiliser pour la globalisation du capital et la maximisation du profit.

La confiance que Macron  a en lui est en grande partie fondée sur la médiocrité de la gouvernance de ses prédecesseurs.

Macron est un  homme du passé il ne voit pas que le monde de ses predécesseurs s’écroule, que Trump est passé que là, que la  crise de 2008 a sévi,  que la crise de 2020 change toutes les trajectoires.  Et il continue le nez dans ses livres et la tête encore pleine de ses diners  en ville avec les nobles  l’hyper-classe.

 

Maxime Tandonnet.

https://maximetandonnet.wordpress.com/

Lors de son interview du 14 juillet, le président de la République a prononcé une phrase d’un intérêt notable sur le plan de la réflexion politique: « J’ai commis des erreurs ».

La formule a été dite et accueillie avec le plus grand naturel, comme banale, habituelle. Or, ce qu’elle recouvre n’a rien de banal. Présider ou diriger un Etat est une mission d’une exceptionnelle gravité, comme piloter un avion de ligne ou un paquebot, conduire un car scolaire, opérer à cœur ouvert,  voire diriger une entreprise dont dépendent des milliers d’emplois. Imagine-t-on un pilote de ligne ou de paquebot, un conducteur de car scolaire, un chirurgien, un chef d’entreprise déclarer tout simplement, devant ses passagers ou les parents d’enfants qu’il a conduits, devant son patient, ou son conseil d’administration: « J’ai commis des erreurs ».

Inconcevable: en de telles circonstances, celui qui commet des erreurs est aussitôt remercié.  En principe, dans une république, une démocratie normale, le dirigeant suprême qui reconnaît, « j’ai commis des erreurs », assume ses responsabilités surtout quand celles-ci ont plongé le pays dans le chaos (gilets jaunes, mouvement social, etc.). Il les assume soit par le recours au peuple, à travers des législatives ou un référendum sur lequel il engage sa responsabilité, soit en démissionnant.

« Un autre chemin » promet-il. Mais là aussi, le slogan, un « autre chemin », après celui du « nouveau monde », de la « transformation » de la « refondation », de la « réinvention », soulève des questions.

Le président est élu sur un projet, un style, une posture.

La distinction entre le « cap » (ou l’objectif) que l’on conserve et le « chemin », que l’on change, est artificielle. Le peuple – dans le système actuel – vote à la fois pour un cap et pour un chemin. D’ailleurs, le choix d’une politique est toujours le choix d’un chemin, c’est-à-dire de moyens. En changeant de chemin, le chef de l’Etat rompt le contrat qu’il a conclu avec le peuple par son élection au suffrage universel. Il ruine sa légitimité démocratique.

L’idée qu’un président puisse ainsi, de son libre arbitre, changer de chemin, sans interroger ni la nation par un référendum, ni sa représentation parlementaire, est profondément antidémocratique.

Elle signifie que sur une saute d’humeur une lubie ou un changement d’idée, un individu peut, en dehors de toute consultation démocratique, engager le pays sur un chemin ou sur un autre.

Mais alors, appeler cela une république ou une démocratie a quelque chose d’indécent.

Maxime TANDONNET

Une réflexion sur “Le discours de Macron du 14 Juillet , Macron un homme du passé.

  1. Surtout que chacun peut prendre ces excuses en fonction des offenses ressenties.
    Si quelqu’un s’est senti offensé d’être traité de « gaulois réfractaire » il peut prendre ces excuses pour cette offense-là.
    C’est une sorte d’excuse de tout et « en même temps » de rien, une excuse fourre-tout.

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