Editorial. Le monde croule sous le capital fictif; le capital de poids mort étouffe la vie. Fragilité, instabilité, incertitude, et chute de rentabilité

Je soutiens que le monde ne souffre pas d’un excès d’épargne comme le disent les banquiers centraux  et les keynésiens  comme Summers pour justifier que l’épargne, la vraie, ne rapporte plus rien.

je soutiens que c’est une posture idéologique pour faire payer la crise de l’insuffisance de la profitabilité du capital aux citoyens, aux ménages, aux classes moyennes.

Il faut, pour sauver le capital malade de sa crise du profit, lui permettre d’utiliser plus de levier, plus de fonds d’emprunts et il faut  que ce levier ne lui coûte rien  afin de bonifier les taux de profit. Il faut en quelque sorte faire bénéficier le capital gratuitement des fonds du public et de la création monétaire . Il faut comme ils disent tout à fait improprement faire baisser le coût du capital.

Mais il faut aussi aller plus loin et reconnaitre que cette parade du capital le pousse à la ruine car il y a  trop de capital qui ne peut plus justifier sa valeur , qui ne peut tenir ses promesses et pour le faire tenir en tant que zombie, il faut non seulement mettre les taux à zéro mais en plus bétonner toutes les fissures qui se manifestent dans la pyramide du crédit, par des trillions, et des trillions de liquidités tombées du ciel.

Il faut faire passer les questions de garanties et de solvabilité pour des questions de liquidité. The show muste go on.

C’est ce que l’on voit sur le dessin ci dessous.

Il est évident ne serait ce que par les masses colossales qui sont figurées que tout cela n’a rien à voir avec l’épargne , d’ou viendrait-elle pour des sommes pareilles?

En 2019, ce pool international de fonds était estimé à 130 trillions  de dollars, soit deux tiers de plus que le PIB mondial.

Cette énorme augmentation de la «liquidité», à savoir la masse monétaire, le crédit bancaire, la dette publique et privée et les instruments de dette comme les dérivés, est fantastique  depuis le début des années 2000. C’est cela, sous une forme concrète, la financiarisation.

Cette montée  en flèche de la liquidité mondiale produite par les  flux bruts de crédit, par les flux d’épargne, par l’alchimie des marchés,  et les mouvements de capitaux internationaux facilitent la production de dettes, l’investissement réel, la spéculation sur les marchés  et alimente les flux de capitaux transfrontières.

Cette montée en flêche peut se comparer à un besoin croissant, non controlé de catalyseurs pour produire une réaction chimique. A la fin il est faut tellement que le système devient instable! Le rendement du catalyseur ne cesse de chuter.

Les politiques monétaires actuelles et singulièrement celle menée depuis septembre 2019 puis depuis mars 2020 n’ont rien à voir avec l’économie réelle et encore moins avec une supposée déflation, elles ont pour seul objectif de faire « tenir » la masse colossale d’actifs fictifs qui  ont été produits, il s ‘agit d’empêcher que cette masse  se déverse. Chaque fois que les amrchés ont, passez l’expression, dégeulé, les banques centrales ont arrosé.

Cette masse « tient ». On la garde, non parce qu’elle est à son prix, on sait qu’elle ne l’est pas,  mais on la conserve par esprit de jeu: il faut sans cesse que les gens se disent « si je vends qu’est ce que je vais rater ». Il faut qu’à chaque fois qu’ils vendent, ils le regrettent! C’est le sens profond du « Put » , de l’option de vente des banques centrales, il faut faire croire que vendre ne sert à rien; don’t fight the Fed ,  il n’y a qu’un sens sur les marchés, la hausse.

Il faut sans cesse baisser les taux et c’est pour cela que l’on en est déja dans certains pays aux taux négatifs. La baisse des taux ou son espoir est ce qui alimente le ponzi.

Les fameuses guidances dont se gargarisait Bernanke ne sont rien d’autre que des « tuyaux boursiers » que l’on donne aux spéculateurs en langage codé pour les avoir de son côté; « ne vendez pas, cela va durer longtemps,  je vais vous faire gagner du pognon, je vous vous assure ».

Si vous regardez les petites pyramides schématisées ci dessus vous voyez la confirmation de ce que je dis sans relache: pour faire tenir la pyramide il faut créer de plus en plus d’argent de base, de « power money ». Il en faut 22,7% des GDP en 2020 contre 3,7% en 1992.

Et c’est cela qui me garantit  que j’ai raison et que le système court à sa ruine, il reclame de plus en plus de power money, de monnaie de base pour « tenir ».

La croissance des besoins est inexorable et elle va s’accélérant. Cette accélération du besoin de créer de la power money est ce qui garantit l’explosion des cours de l’or .

Les marchés ont besoin d’être certains  que toujours ils seront sauvés et cette certitude, les banques centrales ne cessent de la confirmer et de la consolider. Elles ne peuvent plus faire autrement. Il faut qu’elle donnent la garantie que chaque fois que les marchés baisseront elles créeront de la monnaie de base, elles délivreront la power money qui est ainsi réclamée; car vendre du papier boursier  c’est réclamer de la power money.

Les énormes injections d’argent de crédit par la Réserve fédérale et les autres banques centrales pour renflouer les entreprises et les gouvernements dans la crise pandémique COVID conduiront à un « choc » financier puissance 10 en temps voulu.

La  création de crédit ne fait que commencer.

A la faveur de la crise, les gouvernements ont repris le contrôle de la planche à billets. Sans rien dire, sans discussion ou débat ; en donnant aux banques commerciales des garanties , les gouvernements ont repris  le pouvoir monétaire , elles ont trouvé la quadratrue du cercle. Il suffit de donner des garanties aux banques commerciales pour qu’elles accordent les crédits puisqu’elles sont sûres d’etre remboursées.

Le gouvernement qui fait cela fait un tour de passe-passe, il n’augmente pas son endettement visible puisque les garanties données sont hors bilan!

Personne ne peut prevoir la forme et les circonstances qui provoqueront le prochain choc. Ce n’est pas le moment de s’attarder la-dessus, il est trop tôt. Mais cela pourrait être un choc … inflationniste.

Mais ce choc ne sera pas comme les chocs anciens non car le risque est remonté au niveau de ce que j’appelle le Centre, c’est à dire le couple banque centrale /gouvernement ou Etat si on préfère.

La différence est maintenant que c’est l’État qui achète directement ces «actifs plus ou moins sûrs», plutôt que le système bancaire ou le système bancaire parallèle comme avant.

La taille des achats par les banques centrales d’obligations de sociétés, de dérivées, d’hypothèques, de papiers d’État, d’ETF  est si énorme que, lorsqu’il y aura une explosion substantielle des faillites, ou simplement une explosion de volatilité, le prêteur de dernier recours (la banque centrale)  devenu le premier acheteur de capital fictif va enregister  d’énormes pertes… qui va les   absorber? Comment?

Je soutiens que le monde est asphyxié par le poids de la fausse épargne et le manque de vrais fonds propres, l’insuffisance de vrai capital à risque.  Il est asphyxié par le poids du papier, le poids du vent qui consitue les contreparties d’engagements qui ne seront jamais honorés.

Ce capital fictif prend l’allure  d’épargne, il la concurrence,  mais ce n’est que du crédit accumulé. Et je soutiens que c’est le poids de cette fausse  épargne qui, cherchant sa rentabilité, produit la déflation.

Les zozos selon moi produisent la déflation contre laquelle ils prétendent lutter.

Les zozos sont des charlatans et des menteurs. Ils vous envoient à l’abattoir:

-ils vous disenst que le système est solide et ils ne cessent de le sauver!

-ils vous disent que le systèeme est stable il est l’incarnation de l’instabilité, ils trafiquent le VIX, la volatilité pour faire croire à la stabilité et ainsi éviter la destruction du bilan des banques

-les ressources des banques sont précaires on l’ a vu en septembre 2019.  Avant les banques comptaient sur les dépôts des clients pour prêter et spéculer ; désormais, la principale source de financement ce ne sont  plus les dépôts, mais les accords de mise en pension ou «repos», une forme d’emprunt qui doit être adossée à des «garanties» sous la forme d’actifs «sûrs» tels que des obligations d’État.

-le système financier se disloque mais il va encore plus se disloquer à l’avenir avec la volonté de Trump de tout détruire pour rendre les USA plus grands: il détruit la poule aux oeufs d’or, le système de recyclage BW2 des excédent des uns pour financer les déficits des autres.

-sous la pression de Trump,  la Fed en tant que prêteur mondial de dernier recours a  politisé ses interventions; elle a exclu la Chine de ses lignes de swaps.

En prime, voici un graphique que l’on ne vous montre jamais; la chute de la rentabilité marginale du capital industriel dans les trois pays importants, les USA, la Chine et l’Allemagne.

 

 

https://twitter.com/MI_Investments/status/1284798442758258688?s=20

Une réflexion sur “Editorial. Le monde croule sous le capital fictif; le capital de poids mort étouffe la vie. Fragilité, instabilité, incertitude, et chute de rentabilité

  1. Didactique, dialectique

    « La création de crédit ne fait que commencer. » : tellement vrai , il est impossible d’enlever la seringue d’alimentation du patient en réanimation. Et comme m’indiquait un infirmier en réanimation dernièrement : pour les drogués, nous sommes souvent contraints d’augmenter la dose…

    Encore un édito qui sans jeu de mots, parle d’or.

    Merci

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