Editorial, enfin quelqu’un démystifie les mythes boursiers.

Le marché boursier ne regarde pas vers l’avenir, il ne l’actualise pas. Il ne ramène pas à aujourd’hui les valeurs de demain. L’abstraction mathématique de l’actualisation est une foutaise.

C’est un mythe.

Si le marché boursier donne l’impression, quelque fois, qu’il devine l’avenir c’est parce qu’il y a des initiés! Les autres participants agissent et réagissent en fonc fonction leurs humeurs et des narratives interessés , des romans qui circulent à un moment donné.

C’est une question de bon sens: si la Bourse était capable d’anticiper quoi que ce soit, elle éviterait les oscillations brutales, incohérentes qui sont sa caractéristique malgré les effort des autorités pour le dissimuler en trafiquant la volatilité.

Le marché boursier va d’erreurs en erreurs, tout comme une mélodie de base qui traverse ses variations et qui peut s’en déduire, même si elle n’est pas explicitement  jouée.

La valeur fondamentale à laquelle se raccrochent les fondamentalistes est une construction intellectuelle, c’est une bestiole à laquelle ils donnent vie.

La seule chose rationnelle en bourse c’est que si vous achetez cher, vous faites un placement médiocre et que si vous achetez bon marché vous faites un bon placement. au dela ...

Si le marché boursier présente une rationalité, c’est sur le long terme, non pas à un instant donné mais  sur une durée de 10 à 12 ans.

L’expérience montre que les marchés connaissent des cycles de sous-évaluation et de sur-évaluation plus ou moins liés au cycle du crédit  et que si on prend en compte un cycle complet alors là on a une chance de pouvoir se servir de la Raison pour investir.

Remarquez la prudence de ma formulation; « on a une chance! »

Les cours boursiers ne reflètent pas le Réel .

Certains disent qu’ils reflètent la Fed, ou ce que veut la Fed.

C’est le sens de l’expression qui sert de guide aux « suiveurs » du marché: « don’t fight the Fed ».

Ne combattez pas la Fed cela signifie n’allez pas contre sa volonté: si elle veut que les cours montent, que les taux baissent, si elle remplit le légendaire bol de punch et veut que les gens spéculent, spéculez à la hausse, soyez dans le camp des « bulls ». Ces fameux taureaux qui foncent se faire tuer la tête première toute à leur ivresse euphorique devant le chiffon touge qui est agité par ceux qui veulent sa mort  afin de satisfaire leur vanité et leur médiocre volonté de puissance.

En passant ne croyez pas que les autorités veulent votre bien, elles ne le veulent jamais, tout ce qu’elles veulent c’est le leur, avec les honneurs, le pognon , les femmes et pour ceux qui aiment, les hommes et bien sur elles veulent aussi les satisfactions narcissiques.

Les autorités, surtout à notre époque, n’aiment pas les marchés libres car ces marchés si ils étaient libres refléteraient ce que les gens veulent et pensent . Or ce que les gens veulent, les autorités n’en veulent pas, ce qu’elles veulent c’est que vous fassiez ce qui leur convient. Donc ce qu’elles veulent c’est vous faire faire ce que vous ne feriez pas spontanément.

Bien entendu pour cela il faut vous tromper, vous appâter , vous baiser.

Pour vous baiser, elles utilisent un truc vieux comme le monde, l’esprit de jeu! Elles font miroiter le miroir aux alouettes.

Le bon vieux Adam Smith a remarqué il y a fort longtemps que les humains se surévaluent, ils se croient toujours plus intelligents que les  autres et donc ils surestiment leurs chances de gagner au jeu. D’ou le ressort sur lequel les autorités comptent: le ressort de l’appât du gain par le jeu.

Sur les Bourses elles ont branché une Loterie.

Chaque titre boursier est accouplé à une sorte de bon-de-droit-a-écart-de-cours c’est à dire à un billet  de loterie. Et grace à cette loterie couplée au  titre boursier, les gens surévaluent les titres, ils gonflent les prix des papiers financiers, ils les paient beaucoup, beaucoup plus cher que la raison ne le justifierait. Et le tour est joué.

L’ensemble des mises au Loto vaut 65% plus cher que ce que gagnent les heureux gagnants.

Un titre boursier c’est une valeur intrinsèque/interne  plus un bon de droit à écart de cours. la valeur interne a à voir avec la situation des firems et celle de l’ensemble de l’économie. Le bon de droit a ecart de cours c’est la mise pour participer à la Loterie.

Si on a branché la Loterie  et si chaque jour on montre les gagnants, alors l’Envie devient irrésistible, le mouvement est lancé, progressivement  les actifs financiers sont structurellement surévalués.

La Loterie boursière permet de surévaluer stucturellement tous les papiers et donc de bonifier la fortune et les ressources de ceux qui les émettent c’est à dire la fortune de ceux qui vous les vendent. Ainsi ils vous vendent toujours du papier trop cher, ainsi ils font avec vous un échange qui est fondamentalement inégal.

Quand l’appétit pour le jeu à tendance à se modérer alors les autorités ont une arme pour le relancer, pour le doper, le fameux coup de whisky de Benjamin Strong -qui fut l’une des plus grande erreurs de la crise de 29-,  ils baissent les taux d’intérêt et créent un peu de monnaie. Cette monnaie brule les doigts, c’est un mistigri, elle a envie elle aussi de trouver sa « rentabilité », son profit et donc elle relance le Ponzi.

A qui cela profite t-il ?

A ceux qui les vendent et à leurs complices, les banques, les entreprises , le gouvernemnet , les marchands de titres et tous leurs fournisseurs annexes.

Grace à la Loterie tous ces gens sont surpayés et se sur-enrichissent. C’est un peu les exploitants /exploiteurs du Casino. Les particuliers sont utiles pour bonifier la situation et la fortune des gérants du casino. Demandez à Nestlé ce qu’il pense de la speculation des particulers sur le cacao! Ils pensent que ce sont des pigeons.

J’ai parlé de « suiveurs »  pour être compris, mais j’avais envie de remplacer le mot suiveurs par « les passionnaires » pour marquer la mutation, inversion fondamenatle des marchés; avant on disait les « actionnaires » car dedans il y avait « actif », maintenant on devrait dire « passionnaires » car le mot « passif » est bien plus adapté. Il correspond non seulement au fameux investissements passifs qui sont en vogue mais même aux investissemenst directs des investisseurs qui résistent encore à la grande Tendance, à la Passion du jeu.

Les autorités ont pris le controle des marchés grâce à la grande opération de 1971 qui a des-ancré les monnaies et permis d’en créer et de créer du crédit sans limite. L’opération de 1971 a réalisé le pari Faustien, elle a séparé les ombres des corps, elle a disjoint  la monnaie de la valeur travail.

A partir du moment on on controle  la monnaie, sa quantité, son prix et que l’on a l’audience des médias pour influencer les perceptions, alors on a le contrôle du marché. Des marchés en fait, car tous sont corrélés directement ou indirectement. De proche en proche tout est corrélé et a le même sous jacent. Ce que bien peu comprennent, Ce sous jacent c’est … la monnaie et in fine la monnaie  de base. Même ceux qui jouent contre le marché  , sont en fait prisonner du pouvoir des autorités.

Les autorités  ont pris le controle  et elles ont ainsi créé un univers de bestioles financières, monétaires, quasi-monetaire, near-monétaire, money-like etc

 

Les autorités donnent l’illusion d’être des magiciens. Il n’en est rien, il n’y a pas de free lunch, même pour elles!

Tout a un coût mais l’originalité scandaleuse c’est que ce ne sont pas les autorités et leurs complices qui paient l’addition, c’est vous et moi. Quand les autorités se retirent comme Bernanke et Draghi, elles pantouflent et vont vendre très cher leurs expérience aux ultra riches pour les aider a vous spolier.

Tot ou tard avec leurs procédures bullaires, elles  fragilisent les marchés, ils résistent de moins en moins bien aux chocs, l’instabilité s’installe , il faut recourir à encore plus d’artifices et patatras, un jour c’est ce que l’on appelle la Grande Réconciliation, la Grande Liquidation.

Les chocs peuvent etre endogènes ou exogènes. Quand tout est devenu fragile une fenêtre s’ouvre, une trappe bascule et un rien, un fétu de paille peut briser le dos du chameau.

On s’est écarté considérablement  du réel  on a fait trop de promesses -car le papier c’est une promesse- et ces promesses ne pouvant être tenues, lorsque la prise de conscience intervient tout le monde vend en même temps, c’est la ruée vers la sortie avec des portes trop petites. Ou selon une autre image, tout le monde étant du même côté du bateau, le bateau chavire.

La situation présente.

On dit que les marchés actualisent l’avenir. Mais pensez à l’élection présidentielle de novembre aux Etats Unis …

Joe Biden a une avance considérable sur le président Trump dans les sondages. Mais la plate-forme de Biden n’est pas ce que vous appelleriez favorable au marché. Par exemple, il demande un taux d’imposition de 39,6% sur les dividendes et les plus-values!

Malgré cela  marché boursier est à nouveau proche de ses plus hauts records, avec le Dow Jones Industrial Average proche de 27 000, le S&P plus de 3 200 et le Nasdaq à des niveaux records.

De quelle autre preuve avez-vous besoin que les marchés boursiers ne savent rien quand il s’agit d’actualiser les résultats futurs?

OK, pourrait dire un vrai croyant, mais peut-être que le marché anticipe une solide reprise économique. C’est pourquoi il a rebondi si fortement.

Erreur .

Cet argument ne tient tout simplement pas beaucoup.

Oui, le chômage est passé de plus de 13% à un peu plus de 11% le mois dernier, mais c’est toujours le niveau le plus élevé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Et il y a de bonnes raisons de croire que le taux de chômage augmentera à nouveau en août alors que les « prêts du plan de protection des paies » s’épuisent, que les confinements  reprennent.

Les grandes entreprises se portent peut-être bien parce qu’elles se concentrent sur la technologie, la finance et les télécommunications, qui sont relativement peu touchées par la pandémie.

Mais près de la moitié de l’économie et la moitié de tous les emplois sont le fait des petites et moyennes entreprises et elles, elles  ont été décimées.

Les restaurants, salons de toutes sortes, nettoyeurs à sec, boutiques et autres piliers des quartiers à travers l’Amérique fonctionnent à demi-capacité (au mieux) ou ont fermé leurs portes en permanence (au pire).

Une vague de faillites déferle dans tout le pays. Les loyers ne sont plus payés à hauteur de 30%.

En d’autres termes, la reprise en forme de V que de nombreux analystes ont vantée n’est tout simplement pas dans les cartes.

Nous sommes probablement en route vers une reprise en forme de L.

L’économie connaît une forte baisse et elle sera suivie d’une faible croissance pendant une période indéterminée. Le credit et les cours de bourse ont capitalisé quelque chose qui ne se produira pas, mieux leur poids fait que cela ne peut pas se produire: on a attaché un boulet au pieds de l’activité réelle.

Mais  le marché boursier bat des records..

Il sait qu’il faut jouir vite.  La baisse du marché en mars a constitué  le marché baissier le plus court de l’histoire.

Alors, pourquoi le marché boursiers sont ils aussi forts dans une économie aussi faible?

La réponse la plus simple est que le marché boursier n’a pas grand-chose à voir avec l’économie. Ce n’est qu’un casino animé par la cupidité, la tendance, le momentum, , les robots et la mécanique des fonds indexés.

Une réponse plus sophistiquée est à la mode, c’est une tautologie mais comme elle est donnée par l’économiste lauréat du prix Nobel Robert Shiller de Yale elle passe pour intelligente.

Shiller écrit que les marchés boursiers sont guidés par des «récits» ou des histoires que les acteurs du marché se racontent.

De janvier à la mi-février, alors même que le coronavirus se propageait de manière incontrôlable, le récit était que le virus était confiné en Chine. Les marchés ont atteint de nouveaux sommets.

En mars et avril, le récit est devenu panique lorsque l’Italie a fermé ses portes et que les États-Unis ont fait de même. C’est à ce moment que le marché a chuté de plus de 30%, mettant fin au marché haussier record de 2009-2019.

La troisième phase a commencé à la fin du mois d’avril alors que le marché a rebondi de 40% sur l’annonce de l’impression massive de monnaie de la Fed et les 5 trillions  de dollars de nouvelles dépenses gouvernementales. Le récit était que l’argent facile sauverait le marché.

Tous ces récits étaient faux dans le sens où le virus n’était pas sous contrôle en février, il n’y a pas eu de  verrouillage en avril, et l’impression d’argent et les dépenses ne résoudront pas le problème aujourd’hui.

Le taux de profitabilité va s’effondrer. Et c’est cela qui est important.

La soi disant découverte de Schiller est une tautologie.

Il dit que les récits font bouger et donc monter les marchés; il n’a aucune connaissance concrète de la bourse et du monde boursier !

Chaque boursier chevronné sait que les narratives ne produsient pas la Bourse, c’est le contraire car l’esprit ne produit pas le réel, non c’est le réel, c’est à dire les mouvements boursiers, qui produisent leurs récits c’est dire qu’ils produisent les  justifications a posteriorir qui les  font bouger.

Les narratives sont non pas scientifiques ou même des perceptions ce sont des baratins de type marketing.

 

 

 

3 réflexions sur “Editorial, enfin quelqu’un démystifie les mythes boursiers.

  1. Je confirme : je lis monsieur BERTEZ depuis 2013.

    Il n’a jamais , jamais annoncé 1 effondrement mais au contraire dénoncé les cassandres qui le faisaient !

    Prenez Olivier DELAMARCHE par exemple, son analyse fondamentale est souvent proche mais par contre DELAMARCHE annonce des effondrements qui n’arrivent jamais parce qu’il sous estime la capacité des autorités à faire durer le jeu.

    Et aussi parce qu’il prend les acteurs pour des idiots: le monde de la finance sait très bien ce qu que DELMARCHE sait, mais le monde de la finance a pris en otage les autorités donc, ce monde sait aussi que c’est marche ou crève et que ce sont eux qui décident des actions des autorités, pas l’inverse.

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  2. J’aime beaucoup vos analyses, percutantes et qui permettent de vraiment mieux comprendre l’économie. Une seule chose me perturbe, lorsqu’on remonte le fil de vos postes, vous annoncez des écroulements boursiers qui ne se déroulent ensuite pas.

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    1. Vous ne devez pas me lire souvent ou alors ce qui est plus inquiétant vous ne devez pas me comprendre!

      Je suis l’un des rares et même le seul commentateur spécialisé compétent à ne cesser de stigmatiser les Cassandre qui prédisent la catastrophe pour demain!

      C’est mon originalité, ma marque de fabrique!

      Mon leitmotiv est;

      ne sous-estimez jamais le pouvoir des autorités et des apprentis sorciers à retarder l’inéluctable! Ils ne peuvent résoudre les problèmes ,mais ils peuvent toujours les repousser dis je avec constance.

      Ma position est simple depuis plus de 10ans : tout cela conduit à une catastrophe mais il est trop tot pour qu’il soit deja trop tard.

      il y a encore beaucoup, beaucoup de possibilités de retarder les échéances.

      J’espère que vous lirez plus attentivement à l’avenir.

      Mes écrits se lisent avec attention; le ticket d’entrée est élevé, ce ne sont pas produits de consommation mais des produits d’investissement.

      Par ailleurs il faut toujours, comme s’agissant d’un livre avoir en tête les chapitres précédents;

      Mes analyses et synthèses necessitent des efforts je le sais mais c’est voulu.

      C’est la raison pour laquelle je ne tiens pas à être grand public.

      Plus la diffusion est large plus on est obligé de réduire le contenu informationnel.

      J’ai cessé d’écrire pour le grand public quand j’ai cédé mes journaux.

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