Editorial: les deux dangers ignorés par les marchés et les politiciens. La plomberie financière souterraine et les technologiques.

J’ai, dans ma Sythèse attiré l’attention sur les analyses de la BRI.

La BRI pense bien, elle est certes idéologique mais à un niveau supérieur, disons au niveau de la pensée Autrichienne. Donc elle révèle ce qui est caché par les Keynésiens et leurs complices. La pensée des Autrichiens est celle qui, tout en étant idéologique, colle le mieux à la réalité de nos économies.

N’oubliez pas de relire notre dernière synthèse.

 

Relisez ce morceau dont je vous ai livré l’essentiel dans ma dernière synthèse:

BRI: «La grave dislocation [de mars] sur l’un des marchés les plus liquides et les plus importants du monde était surprenante. Cela reflétait une confluence de facteurs. Un facteur clé a été le dénouement rapide des opérations dites de « valeur relative », qui impliquent l’achat de titres du Trésor financés à l’aide d’un effet de levier via des pensions tout en vendant le contrat à terme correspondant.

Les investisseurs, généralement des hedge funds, utilisent ces stratégies pour profiter des différences de rendement entre les bons du Trésor et les contrats à terme correspondants.

Étant donné que ces écarts de prix sont généralement faibles, les fonds de valeur relative amplifient le rendement (et, par extension, les pertes) en utilisant l’effet de levier. »

Si on vous dit que tout cela c’est la faute au virus, je vous en prie, haussez les épaules; ceux qui le disent, ce sont des bouffons!

La Fed elle même reconnaît qu’elle a un énorme problème. Mais tout comme pour les attaques calculées du président Trump contre la Chine, les marchés pensent que la Fed pourrait parler durement contre des excès des «banques fantômes», les établissements Shadow mais qu’elle ne tentera rien.

Elle n’est pas folle, elle  ne risquerait jamais de prendre des mesures qui pourraient déstabiliser les marchés mondiaux fragiles.

Nous sommes maintenant à moins de trois mois du jour du scrutin et malheur à celui qui renversera l’étalage de pommes.

Les marchés « bouillonnants » peuvent pour l’instant se rassurer avec un président Biden. Ils ont peut être tort, il faut se mefier de ce que l’on souhaite. Mais si les démocrates enregistrent ent un succès  complet, attendez-vous à une impulsion pour un nouveau Dodd-Frank avec un accent sur la maîtrise des fonds spéculatifs et plus généralement sur les «banques parallèles» .

Pour l’instant, les actions bouillonnent et le crédit  se concentre sur les perspectives de court terme et là,  la dynamique continue.

Les refuges, quant à eux, sont  obsédés par l’inévitabilité de la crise et la perspective du chaos. Ce sont eux qui ont raison.

Le danger viendra peut être de l’étranger:

BRI: «Les prêts agressifs de la Fed à l’étranger ont injecté dans le monde financier des critères de  politique étrangère: tous les pays n’obtiennent pas un accès égal aux dollars de la Fed. La Turquie, par exemple, a lancé un appel en vain pour des prêts en dollars de la Fed pour soutenir sa devise en baisse… »

Les États-Unis ont inondé le monde de balances  dollars. Ces dollars sont   librement utilisés pour la spéculation à effet de levier sur la dette émergente libellée en dollars à haut rendement. Les banques centrales des pays émergents «recyclent» les Bubble Dollars directement sur les marchés boursiers américains. Tout cela est  miraculeux, et fragile.

Les excès sont flagrants.

On a vu en mars dernier que ce processus fonctionnait de façon reversible,  à l’envers. Des milliards de liquidités des  banques centrales ont déclenché une reprise fantastique des marchés, mais au prochan choc, il y aura une phase de désendettement mondial. Elle est en attente, elle  commencera dans les mois à venir.

Il existe une longue liste de pays vulnérables qui ont accumulé trop de dettes libellées en dollars.

Il n’est pas difficile d’envisager un scénario où la Fed se retrouverait profondément coincée  dans le marécage  géopolitique.

Trump fait tout dans ce sens, inconsidérément. Il mélange tout. Il politise et géopolitise; pression pour prêter à nos alliés et éviter les autres. C’est  un processus qui accélère la transformation vers un monde plus bipolaire de guerre froide .

Que se passera-t-il si les choses tournent mal  à  Pékin. Il y a d’énormes quantités de dette libellée en dollars en Chine et en Asie  et elles sont détenues par les spéculateurs à effet de levier!

5 août – Bloomberg: «Les banques chinoises ont besoin d’environ 500 milliards de dollars de liquidités fraîches ce mois-ci pour rouler la dette existante et acheter des obligations d’État, ce qui complique les efforts de la Banque populaire de Chine pour sortir des mesures de crise. Les responsables de la politique monétaire signalent depuis des semaines que les financements abondants mis à disposition pour faire face à la deuxième plus grande économie du monde à travers la crise des coronavirus seront bientôt maîtrisés, ils sont conscients des risques croissants de la dette.

Dans le même temps, plus d’un billion de yuans de nouvelles obligations gouvernementales de relance devraient être offertes ce mois-ci, ce qui incitera la BPOC à s’assurer que le système financier dispose de suffisamment de liquidités pour les absorber.

C’est un exercice d’équilibrage délicat. Si la banque centrale n’injecte pas suffisamment de liquidités ou même ne les draine pas, alors les prêteurs se précipiteront pour trouver des liquidités, faisant grimper les taux interbancaires et sapant la reprise.

Si elle  injecte trop d’argent, le surplus de trésorerie trouvera probablement son chemin vers les marchés boursiers et immobiliers « mousseux » et s’ajoutera à la dette déjà énorme du pays.  »

Passons à autre chose, pour le moment.

J’ai l’impression que le vent tourne pour les « technologiques de rente ». On s’intéresse à leur cas et à l’enrichissement de leurs actionnaires.

1er août – Financial Times : «Une bonne année pour les cinq plus grandes actions américaines malgré la pire récession à laquelle le pays a été confronté depuis des décennies a encore accru leur influence sur les marchés boursiers. Apple, Microsoft, Amazon, Alphabet et Facebook représentent désormais plus d’un cinquième du S&P 500. Depuis les années 1980 jamais les cinq plus grandes entreprises n’ont détenu une part aussi importante de l’indice, selon le S&P Dow Jones Indices.

Les élus americains ont « grillé » les patrons des grandes technologiques ces derniers jours. Ce fut sevère avec de nombreuses démonstrations de leurs attitudes monopolistiques. Cela chauffe pour ces géants.

Leurs profits sont insolents 

Leus revenus sont en hausse  et le prix de leurs actions (la capitalisation boursière) a augmenté de 178 milliards de dollars en quelques heures , portant leur valeur boursière à 5 trillions  de dollars, soit 25% du PIB américain.

Le PDG d’Amazon, Jeff Bezos, a vu la plus colossale  augmentation de richesse en une journée jamais enregistrée pour un individu. En une seule journée, sa fortune a augmenté de 13 milliards de dollars. Compte tenu des tendances actuelles, il est en passe de devenir le premier trillionaire du monde .

En même temps que ces résultats sont sortis, ce quatuor a donc été « grillé » par les élus. ils ont dénoncé les effets néfastes de leur politique abusives vis à vis des concurrents; leur «pouvoir de marché» croissant et leur position de monopole toujours envahissant  dans le secteur le plus rentable de l’économie américaine.

Le Comité judiciaire a publié 1 300 documents censés montrer leurs tentatives d’écraser les concurrents, de les racheter ou de les exclure des marchés.

Je vous ai déja parlé de la rentification, j’y reviendrai.

Par exemple, Mark Zuckerberg  de Facebook, , a écrit par mail  qu’il voyait «les acquisitions comme un moyen efficace de neutraliser les concurrents potentiels»!

Apparemment, les initiés de Google se sont inquiétés de la façon d’éviter  la concurrence et réflechissent sur  la façon de construire ce que les critiques ont appelé un «espace clos».

Des recherches récentes d’économistes du FMI ont montré que la tendance à la baisse de la part du travail dans le revenu mondial depuis le début des années 90 était principalement due au «progrès technologique», les travailleurs ayant été remplacés par des technologies permettant d’économiser de la main-d’œuvre, en particulier dans les «professions de routine». «L’analyse empirique met en évidence un rôle dominant de la technologie et de l’intégration mondiale dans cette tendance, bien qu’à des degrés différents entre les économies de marché avancées et émergentes.

Un article récent par la  journaliste économique vedette  Grace Blakeley n’y va pas par quatre chemins: «Beaucoup parmi les  plus grandes entreprises technologiques du monde sont devenues des oligopoles mondiaux et des monopoles nationaux. La mondialisation a joué un rôle ici, bien sûr – de nombreuses entreprises nationales ne peuvent tout simplement pas rivaliser avec les multinationales mondiales. Mais ces entreprises utilisent également leur taille relative pour faire baisser les salaires, éviter les impôts et arnaquer leurs fournisseurs, ainsi que pour faire pression sur les gouvernements pour leur accorder un traitement préférentiel. »

Blakeley fait valoir qu’Amazon est devenue la plus grande entreprise américaine grâce à des «pratiques anticoncurrentielles» qui lui ont posé des problèmes avec les autorités de la concurrence de l’Union européenne.

Les pratiques de travail dans ses entrepôts sont notoirement épouvantables.

Et une étude de l’année dernière a révélé qu’Amazon était l’un des «champios de l’évitement fiscal  les plus redoutables ». Une partie de la raison pour laquelle Amazon doit travailler si dur pour maintenir sa position de monopole est que son modèle commercial repose sur des effets de réseau qui ne se produisent qu’à une certaine échelle, fait valoir Blakeley. Les entreprises technologiques comme Amazon gagnent de l’argent en monopolisant puis en vendant les données générées par les transactions sur leurs sites.

Ces analyses portent sur les apparences  mais elles sont justes, elles pointent le fait que les technologiques détournent, accaparent le surproduit mondial et que ceci aggrave la tendance à la baisse de la profitabilité du capital pour les autres. il y a détournement , drainage et captation du surproduit  mondial par abus de position monopolistique et abus de pricing power par effet de réseau.

Ces analyses ne regardent pas encore du coté de l’alchimie boursière et de la collusion avec les banques d’affaires, mais cela viendra.

Il y a une campagne croissante pour freiner ou démanteler ces entreprises «super-stars» et mettre fin à leur pouvoir de monopole sur le marché.

Ce sera à suivre de très près.

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