Bourse quand l’appétit pour le jeu baisse, on chipote, on fait le difficile.

Le grand thème de la semaine boursière aux USA, c’est la concentration. ou son inverse, l’absence d’unanimité dans les marchés.

Je préfère parler de cet inverse, l’absence d’unanimité parce que cela me semble plus utile et plus maniable dans le cadre de mes analyses.

Pour moi, un marché sélectif ou concentré est un marché fragile, un marché unanime ou tous les titres participent est un marché solide.

Les marchés n’ont plus rien de fondamental, ce sont des marchés de jeu, de spéculation pure fondée sur l’alimentation en crédit et en monnaie .

Depuis 2009, les marchés sont de type Pavlov, quand on leur parle de faire grossir la taille du bilan de la banque centrale, ils salivent et font monter les indices. Tout se passe comme si les opérateurs croyaient que les largesses ainsi attribuées venaient faire monter mécaniquement les cours de Bourse .

C’est faux, il y a de nombreux cas ou ni les largessses ni les liquidités ou le crédit facile n’ont pas réussi à faire monter les cours de bourse ou les empêcher de baisser. Le lien n’est pas mécanique , ce n’est même pas un lien de causalité.

Ce qui est determinant ce n’est pas le crédit ou les liquidités, non ce qui est déterminant c’est … l’envie de jouer. C’est la croyance que l’on va gagner de l’argent en jouant. L’argent disponible n’est qu’un moyen permissif.

Quand les fondamentales ne jouent plus et ne justifient plus de vrais investissements , alors, il faut s’interesser à cet esprit de jeu ou comme le disait Alan Greenspan aux animal spirits. Il rêvait dans son ouvrage -The Map and the Territory- de trouver le moyen de mesurer ces animal spirits, de les traquer .

L’esprit de jeu est difficle à apprécier car on ne le voit que dans ses manifestations! Mais justement c’est dans ses manifesttaions que l’on peut trouver quelques idées.

L’esprit de jeu fait que, sous certaines conditions, quand il est là et fort, les participants aux marchés préfèrent jouer plutot que de conserver des liquidités. Ils considèrent que les liquidites ne rapportant rien, elles sont un boulet qu’il vaut mieux utiliser.

A certaines périodes et sous certaines conditions les liquidités semblent peu désirables. Utiliser le levier et les liquidités fournies par la Fed pour spéculer est plus séduisant . Et tant que le jeu spéculatif est gagnant on a l’impression que ce sont les liquidités et le levier qui font monter les marchés.

Mais c’est faux car il y a de nombreux cas ou malgré fes liquidités surabondantes et des taux ultra bas, les operateurs refusent de spéculer à la hausse ; si c’est ainsi c’est bien parce que ce ne sont pas les moyens de spéculer qui font la hausse mais autre chsoe: ce sont les animal spirits,.

Ce ne sont pas les moyens de jouer qui donnent envie de jouer, c’est autre chose et cette autre chose on n’ a pas trouvé mieux que de la désigner sous le nom d’appétit pour le jeu ou encore de façon plus académique, appétit pour le risque.

D’ou la proposition qui consiste à étudier et analyser ces animal spirits…en partant de l’image de l’appétit.

Si vous avez très faim, vous allez manger tout et n’importe quoi indifféremment car c’est irrésistaible.

Si vous avez un peu moin faim , mais faim quand même vous vous vous intéressez à vos aliments préférés.

Si vous n’ayez plus faim du tout vous alllez bouder presque tout et ne vous interesser qu’au meilleur, au dessert par exemple

Plus vous avez faim et d ‘appétit et plus vous mangez n’importe quoi.

Moins vous avez faim et plus vous etes sélectif, concentré.

On peut avancer l’idée que quand l’esprit de jeu est très fort, alors les joueurs ont tendance à parier sur tout et n’importte quoi. Il y a dans ce cas unanimité sur les marchés tout monte.

Quand l’esprit de jeu faiblit, n’est plus très fort , vous commencez à chipoter, à faire le difficile, l’unanimité disparait et le jeu se concentre sur une poignée sur une selection de chevaux qui galopent bien ,

Vous comprenz que l’unanimité ou la concentration permettent presque mathématiquement de mesurer l’appetit pour le jeu et la force de la tendance haussiere. L’unanimité ou la concentration sont des proxys qui mesurent l’attrait du jeu.

C’est pour cela qu’en Bourse l’on mesure divers indicateurs qui épinglent cette réalité de l’unanimité de la dispersion, de la sélectivite ou de la concentration.

La dispersion ou breadth est inquietante.

Alors que le S & P500 clôture sur un nouveau record de tous les temps juste en dessous de 3400 vendredi, on peut être tenté de penser qu’il y a un marché haussier qui fait rage.

C’est une illusion.

Hélas, on ne peutt pas être plus éloigné de la vérité.

En fait, la série de sommets records consécutifs la semaine dernière a été entièrement imputable à une poignée d’actions, alors que l’ensemble du marché s’est effondré à des niveaux qui précèdent généralement les principaux krachs boursiers à la baisse.

La concentration Boursière est sans précédent. Une poignée de sociétés les FAAMG avec AAPL dépassant la barrière de 2 billions de dollars donnent une idée fausse de ce que fait le marché Boursier. Mais dans le S&P la tendance de fond était négative, ce qui signifie qu’il y avait plus de titres déclinants que de titres avançants.

Ainsi 87% des gains du DJIA provenait d’Apple: (indice + 191pts vs contribution AAPL 167pts).

Et c’était pire pour les autres indices:

103% de l’augmentation du S&P 500 (11,7 vs 12,0)
148% de Nasdaq Composite (46,9 vs 69,7)
105% du Nasdaq 100 (78,1 contre 81,8)

Ce que l’on appellle la divergence se voit clairement en mettant en regard deux indices boursiers, l’un avec pondération et l’autre sans pondération: celui qui est sans pondération est baissier, celui qui est pondéré en fonction du poids de chaque chaque valeur est haussier.

Ou encore présenté autrement avec un graphe de ZH

Image

Voici une autre mesure classique de la divergence , c’est à dire de l’affaiblissement de l’appétit pour le jeu; alors que l’indice S&P 500 bat ses records, le nombre de valeurs qui inscrivent des records de 52 semaines est loin derrière et baissier. Cela signifie que l’unanimité n’y est plus et que quelque chose s’est cassé.

Et cette autre mesure de la breadth , c’est à dire de l’appétit pour le jeu, le pourcentage de nombre de titres qui se traitent au dessus de leur moyenne mobile des 200

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