Marchés, la zone de la mort.

Si Guy veut signifier que le tas de sable que constitue la masse des actifs financiers est entré dans son « état critique » au sens thermodynamique, et qu’une fenêtre de vulnérabilité est ouverte je suis d’accord. Si il predit l’avenir, c’est sa responsabilité, pas la mienne.

Mon cher lecteur,
 
La semaine dernière, les bourses sont entrées dans la zone de la mort :
 
Zone boursière de la mort
 
Depuis 150 ans – cent cinquante ans – les Bourses ne sont entrées que 3 fois dans la zone de la mort : en 1999-2000, en 2008… Et aujourd’hui.
 
Nous SAVONS ce qui se passe ensuite.
 
Et comme sur l’Everest au-delà de 8 000 mètres, plus vous restez longtemps dans la Zone de la Mort, plus vous avez de chances de mourir.
 
Faites suivre cette lettre à votre carnet d’adresses, partagez-là sur les réseaux sociaux, elle concerne tous ceux qui ont une assurance vie à fonds garantis qui sont bien plus exposées que ce qu’il paraît, comme nous allons voir dans cette lettre.
 
La Bourse ? Pas rentable
 
Ce graphique de la mort représente le coefficient de capitalisation des bénéfices (P/E Ratio) du S&P 500, l’indice boursier des 500 plus grandes capitalisations américaines.
 
Nous regardons la Bourse américaine parce que c’est là que ça se passe : Si New York baisse, Paris baisse d’autant… Mais l’inverse n’est pas vrai, quand cela monte à New York, cela monte beaucoup moins à Paris, c’est le prix de la dépendance et du sauvetage des banques européennes par la Fed en 2008.
 
CAC40 vs S&P 500 
 
Et le coefficient de capitalisation des bénéfices ? Derrière ces mots barbares se cache une notion simple : la valeur boursière de l’entreprise calculée en multiple de son bénéfice qui est une bonne manière d’estimer le temps qu’il faudra pour rentabiliser un investissement boursier détenu à long terme.
 
Bien sûr, les P/E ne sont pas les mêmes selon les secteurs, leurs besoins en capitaux, leurs taux de marges…
 
Mais à long terme et quel que soit le secteur, les entreprises valent entre 10 et 20 fois leurs bénéfices, avec des points bas et hauts entre 5 et 25.
 
Au-delà de 25, la situation devient incontrôlable, c’est l’équivalent de 8 000 mètres sur l’Everest, vous rentrez dans la Zone de la Mort.
 
Nous sommes passés directement à 30.
 
Et c’est normal : au-delà de 20 fois les bénéfices, les Bourses ne sont plus rentables économiquement… C’est le moment où il devient plus intéressant de garder votre argent sous le matelas que de le placer en Bourse dans des grands groupes qui ont déjà conquis leurs principaux marchés et dont la durée de vie dans le S&P n’excède pas 18 ans (les entreprises aussi disparaissent).
 
Bien sûr, le confinement a sévèrement entaillé la rentabilité des entreprises.
Le P/E à 30 de la Bourse américaine est calculé sur la moyenne des profits des 4 derniers trimestres.
 
À l’heure où j’écris ces lignes, nous n’avons passé qu’un trimestre et demi en crise sur les 4 comptabilisés. Et comme la reprise s’annonce déjà bien plus pénible que prévu par la propagande officielle, finalement, le trou du 2e trimestre 2020 est largement compensé par les 2 trimestres et demi pécédents la crise. Le P/E actuel ne reflète pas si mal ce qui nous attend.
 
Nous sommes bien dans la Zone de la Mort.
 
 
Rentabilité économique et gain financier
 
Mais qui regarde encore la rentabilité économique d’une entreprise cotée en Bourse ?
 
Dans les années 1960, les investisseurs détenaient leurs titres en moyenne 5 ans.
Et aujourd’hui ? 5 jours.
 
On se fiche bien de la rentabilité et du développement économiques sur 5 jours : les seules choses qui compte sont l’analyse technique de l’offre et de la demande pour le titre… Même les publications de résultats ne sont interprétées que pour leur poids psychologique et leur inflexion sur l’équilibre entre l’offre et la demande.
 
Bien sûr, ces 5 jours sont une moyenne qui regroupe aussi bien des traders algorithmiques qui détiendront l’action quelques minutes à peine et des épargnants qui conservent leurs titres des dizaines d’années… Ce que les traders et spéculateurs appellent dumb money, ou l’argent débile de ceux qui investissent encore à long terme et sur le dos desquels ils font des profits faciles, techniques.
C’est le choc de l’investissement économique et de la spéculation financière.
 
L’investisseur regarde le pommier en se demandant combien de kilos de pommes il pourrait bien en tirer au fil du temps… Ou combien de dividende il touchera au fil du temps.
 
Le spéculateur se demande qui pourrait racheter son pommier plus cher qu’il ne l’a acheté… Ou quel est le potentiel de hausse d’une action. Il se fiche bien des pommes et même de la vitalité réelle de l’arbre tant qu’il arrive à le rendre désirable.
 
Cela fait depuis 2018 au moins qu’il n’y a plus d’intérêt économique à investir en Bourse à long terme.
 
Personnellement je vous conseille de ne plus investir en Bourse depuis janvier 2018 (sauf exception).
 
La semaine dernière, nous avons passé une nouvelle étape : celle de l’emballement de la spéculation.
 
Non seulement, les investisseurs sont sortis du jeu mais les spéculateurs sont devenus fous.
 
 
L’emballement : Ils spéculent à crédit
 
Depuis la semaine dernière, les spéculateurs jouent à crédit et massivement, comme jamais cela ne s’était vu depuis l’éclatement de la bulle Internet en l’an 2000.
 
Pour cela, ils NE vont PAS voir leur banquier pour emprunter de l’argent, ils empruntent directement des actions sur le marché des options dont l’activité est reflétée par le VIX (Volatility Index).
 
Le graphique ci-dessous est technique mais il montre bien la cassure de la hausse actuelle et l’emballement de la volatilité haussière :
 
Volatilité haussière du S&P500 selon le cours 
 
À chaque fois, c’est un signe terminal de dégénérescence des marchés. Déjà en 1929, le même phénomène d’emballement irrationnel et de spéculation à crédit s’était produit.
 
Le début de l’emballement
 
Nous sommes au début de l’emballement. Celui peut durer quelques jours ou quelques mois, personne ne sait, nous sommes dans l’irrationnel complet, mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a rien de durable dans cette hausse.
 
Ne vous faites pas avoir : le cours d’Apple peut bien doubler encore, NE regrettez PAS d’avoir laissé passer l’opportunité. Les cours actuels sont en train de détruire Apple de l’intérieur. N’oubliez pas qu’il a fallu 15 ans à Microsoft pour retrouver son point haut de décembre 1999. 15 ans… J’espère que vous êtes patients.
 
Il a fallu 15 ans à Microsoft pour se remettre de la crise de 2001
 
Les Bourses peuvent tout à fait exploser encore à la hausse, comme elles peuvent s’effondrer au prochain chaos qui arrive autour du 14 septembre comme je vous avez prévenu au mois de juin dernier… Ou simplement trébucher.
 
Le 14 septembre est une échéance importante sur le marché du crédit qui est bien plus important que les indicateurs économiques dont les spéculateurs se fichent complètement encore une fois.
 
En revanche pour que se présente un zozo pour racheter des actions à leur valorisation actuelle, encore faut-il qu’il y ait l’argent pour et de nos jours, l’argent, c’est le crédit.
 
À mon humble avis, le passage va être compliqué car l’incertitude est énorme à tout point de vue : sanitaire, social, économique, financier… Mais n’oublions pas que tout le monde s’attend au pire.
 
Tout le monde est sur le pont pour cette rentrée : banques centrales, banques, gouvernements… Et les krachs ne se produisent pas tant lorsque l’on surveille les marchés comme le lait sur le feu que lorsque l’on tourne le dos un instant.
 
N’oublions pas non plus l’élection américaine et l’enjeu fondamental pour Trump que les marchés tiennent jusqu’au mois de novembre et qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans la hausse actuelle de ceux qui spéculent sur ce soutien inconditionnel.
 
Il faut nous attendre à la reprise des grandes manœuvres monétaires et budgétaires, la surexplosion des déficits et de la machine à crédit, le plongeon en taux négatifs.
 
La propagande est en route, la tribune d’Alain Minc publiée hier dans Les Echos « Le montant du plan de relance devrait être beaucoup plus important » est aussi pathétique que révélatrice :
 
« On garde les yeux d’hier, ce qui nous conduit à considérer l’endettement généré par la crise comme exceptionnel. Moi qui ai été un « archevêque de la pensée unique » et un défenseur des critères de Maastricht, je pense qu’il est grand temps de comprendre que tous les paradigmes viennent de muter. »
 
Il est surtout grand temps de comprendre que Minc est une truffe qui pensait que la crise était finie en 2008, quelques mois avant la faillite de Lehman, qui était certain de l’élection d’Hillary Clinton, qui a plus de conflits d’intérêts que de cheveux sur la tête, condamné deux fois pour plagiat… Bref qui n’a jamais fait que de la propagande en défense de SES intérêts.
 
Il ne manque plus que l’on donne une nouvelle commission à Attali et le tableau sera complet.
 
Qu’importe, nous allons pouvoir continuer à engranger avec le portefeuille hors Bourse que nous avons constitué sur Risque & Profit depuis 2 ans : or, obligations souveraines, devises, pétrole (oui, pétrole aussi mais à plus long terme) …
 
Si vous voulez reprendre votre portefeuille en main, c’est maintenant que cela se passe.
 
À votre bonne fortune,
 
Guy de La Fortelle
 
PS : la Zone de la Mort met également en DANGER votre fonds euros d’assurance vie. Non seulement, il y a en moyenne 8% d’actions mais il y a surtout 20% d’obligations d’entreprises risquées pour tenter de conserver du rendement coûte que coûte et ces obligations portent aujourd’hui le même risque que les actions. Cela fait une exposition monstrueuse pour des placements à fonds garantis… SORTEZ de vos assurances vie. Ne tardez plus.    

2 réflexions sur “Marchés, la zone de la mort.

  1. Prédire l’avenir des marchés ? Non. Des politiques monétaires et budgétaire ? Je dois bien avouer que oui.

    Je confesse avoir caressé un instant l’éventualité d’un short d’Apple… Mais non, c’est folie. 

    La Nécessité en revanche, avec votre majuscule, ainsi que la lecture de la machine propagandaire, ne permettent-elle pas d’anticiper les politiques monétaires et budgétaires ? Je crois que oui.

    Guy

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    1. Tout à fait Guy

      Savoir lire et interpreter le présent avec les yeux et l’intelligence de demain!
      Mettre à jour la Necessité, c’est à dire ce à quoi on ne peut echapper.

      C’est pour cela que j’utilise sans relache l’image du grain de blé qui contient en germe la Necessité du blé futur.

      Amitiés Guy.

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