En guise d’editorial. Nostalgie du capitalisme productif!

Je ne vais pas radoter , mais vous savez que je suis défenseur du système capitaliste, défenseur du capitalisme productif, et critique féroce du capitalisme financiarisé.

Avant j’étais ce que l’on peut appeler National-Productiviste.

J’ai perdu l’aspect National car les élites ont détruit la Nation et je ne vais être un pigeon et continuer à croire en quelque chose qui n’existe plus ou qui ne sert que de mystification; je suis resté productiviste.

D’accord le capitalisme est intrinsèquement exploiteur mais c’est le prix à payer , -surtout à notre époque-, pour une production de richesse efficace . Pour l’instant on n’a pas fait mieux.

Si la production de richesses cesse d’être efficace comme c’est le cas maintenant, les coûts du système capitaliste, ses inconvenients sont sans contrepartie. Le capitalisme cesse d ‘être légitime.

C’est ce qui est en train de se passer.

Il devient pur système parasite et ne mérite plus d’être défendu.

D’ailleurs il l’est de moins en moins: l’adhésion au système ne cesse de reculer y compris aux USA .Surtout chez les jeunes. Et ceux qui en sont les grands bénéficiaires, les ploutocrates/kleptocrates sont deja obligés d’employer la force, la violence les mensonges pour le maintenir.

Le cancer qui ronge le capitalisme c’est l’argent facile, bon marché, tombé du ciel. Il permet de prendre tous les risques sur le dos de la société, des citoyens et des contribuables.

Les criminels ce sont les banquiers centraux qui mettent en circulation cet argent, qui l’avilissent.

Ils entretiennent l’esprit de jeu, le gaspillage, la mauvaise gestion, la gestion déloyale.

Ils sont les fossoyeurs du système du capitalisme productif.

Lisez ce texte qui nous est offert par l’excellent Peter Schmidt


————————————————————–

Dans le passé le rôle classique de la finance dans une économie était limité mais incroyablement important.

Dans leur rôle classique, les entreprises de services financiers – principalement des banques commerciales – ont accumulé les économies générées par la société et les ont orientées vers les besoins en capital des entreprises,

Elles ont contribué à former les éléments productifs de la société. Les investissements en capital qui en ont résulté ont entraîné une augmentation de la production et des niveaux de vie plus élevés.

En effet, c’est la conversion de l’épargne en capital pour atteindre des niveaux de production plus élevés qui a donné à notre système son nom de «capitalisme»

Une bonne description de l’importance de cette formation de capital – fondée sur l’épargne -ou production excédant la consommation – pour la société est fournie par l’économiste et banquier, Dr. Benjamin Anderson:


« Le Capital est créé lorsque les hommes produisent des machines au lieu de chapeaux, de chaussures et de glaces, lorsque les hommes construisent des ponts et des voies ferrées au lieu de faire des enregistrements phonographiques. La croissance du capital est un facteur de première importance dans le progrès de la civilisation. Le capital augmente lorsque la communauté produit plus qu’elle ne consomme. Le capital diminue lorsque la communauté consomme plus qu’elle ne produit. (1)

 

La presse de 14 000 tonnes illustrée à la figure 1 est un bon exemple de «bien de production». Cette machine peut forger des lingots de 600 tonnes en produits finis de forme presque nette.

Des machines comme celle-ci sont utilisées pour fabriquer, entre autres, des rotors de turbine. Voir la figure 2.

Ces rotors sont utilisés pour produire de l’électricité et forment ainsi – sans exagération – la base sur laquelle toutes les sociétés modernes sont construites. Sans les presses à matrice ouvertes comme celle-ci et sans la capacité d’usiner les pièces forgées qu’elles produisent en rotors de turbine, la vie telle que nous la connaissons aujourd’hui serait fondamentalement différente.

FIGURE 1:



FIGURE 2:



La figure 2 montre le professionnalisme discret des travailleurs qui tirent une profonde satisfaction de leur travail.

La figure 3, montre le jour où Goldman Sachs est devenue publique.

Henry Paulson, PDG de Goldman à l’époque, est représenté à l’extrême droite de la figure 3. Goldman a été une énorme aubaine pour tous. Paulson à lui seul a gagné des centaines de millions de dollars chez Goldman, fortune dont la plus grande part résultait directement de l’entrée en bourse de Goldman. La rémunération totale de Paulson pour Goldman paierait facilement pour une presse à matrices ouverte du type illustré à la figure 1 .

Ce fait soulève naturellement la question suivante: quelle est la meilleure utilisation du capital d’investissement – acheter une presse à matrice ouverte du type illustré à la figure 1 ou payer Henry Paulson pour être le PDG de Goldman? Plus généralement – et c’est peut-être une meilleure question à poser – qui a fait le plus pour promouvoir l’intérêt de la société; les machinistes de la figure 2 ou les banquiers d’investissement de la figure 3?

FIGURE 3:

De gauche à droite :
John Thain – co-Chief Operating Officer, (MIT, Harvard), Dunce #46
Esta Stecher – co-General Counsel, (Columbia Law School)
Steve Friedman – Former Senior Partner, (Cornell, Columbia Law School), Dunce #22
Richard Grasso – NY Stock Exchange President, not a Goldman Sachs employee
David Viniar – Chief Financial Officer, (Harvard)
Chris Cole – Head of Financial Institutions Group, (Princeton)
Dan Jester, Treasurer, (No Ivy League Degree)
John Thornton – co-Chief Operating Officer, (Yale, Harvard)
Henry Paulson – Chief Executive Officer (Dartmouth, Harvard), Dunce #38

Dans un système de capitalisme productif, les contributions des deux groupes de travailleurs seraient complètement mélangées et leurs contributions respectives ne pourraient jamais être dissociées l’une de l’autre.

Les machinistes, malgré toutes leurs compétences techniques, auraient beaucoup de mal, à financer l’achat et l’installation d’un équipement aussi grand que la presse de la figure 1 ; mais sans le travail des machinistes et leur valeur ajoutée, les banquiers n’auraient guère d’opportunité où investir de l’argent pour produire un taux de rendement positif.

Aujourd’hui, bien entendu, avec une masse monétaire purement fiduciaire et la financiarisation de l’économie qui l’accompagne, la banque est désormais complètement séparée des parties réellement productives de l’économie.

Il n’est pas exagéré de dire que la finance n’est plus un moyen pour atteindre une fin (augmentation de la production); au lieu de cela, la finance est désormais une fin en soi.

En effet, il n’ya pas de meilleur exemple de financement devenant une fin en soi que l’entrée en bourse de Goldman Sachs le 4 mai 1999.

Historiquement, les banques d’investissement de Wall Street étaient des partenariats; c’était l’argent des partenaires qui était en jeu. En conséquence, lorsque les banques d’investissement étaient des partenariats privés, elles étaient gérées de manière prudente.

Tout cela a changé lorsque ces banques sont devenues publiques. Maintenant, c’est avec l’argent du public qu’elles fonctionnent et opèrent.

Non seulement toute prudence a disparu , mais Wall Street est devenue aujourd’hui un pur jeu à somme nulle, totalement déconnecté de l’économie réelle.

Les investissements ne produisaient plus de gagnants des deux côtés d’une transaction. Désormais, pour chaque gagnant, il doit y avoir un perdant.

La meilleure preuve de ce jeu à somme nulle – ainsi que du divorce de Wall Street d’avec les parties réellement productives de l’économie- sont les transactions dérivées autour des obligations hypothécaires.

Les produits dérivés échangés ne sont créés qu’après les prêts hypothécaires. En d’autres termes, les centaines de milliards de dollars de négociation de dérivés hypothécaires n’ont pas financé la construction ou l’achat d’une seule maison! Pourtant, c’est ce commerce spéculatif qui a menacé de mettre le monde à genoux sur le plan économique en 2008!

Écrivant pendant la Grande Dépression, le Dr Benjamin Anderson a réfléchi à la façon dont les banques avaient gaspillé leur réputation « honorable» et, comment elles , avaient grandement contribué au désastre économique d’ alors:


« Les spéculateurs ont perdu la tête. Dans une trop grande mesure, les banquiers d’investissement l’ont fait également .

La banque d’investissement américaine avait un long et honorable bilan. Les banques d’investissement avaient été pendant des décennies les intermédiaires honnêtes entre les chemins de fer et les sociétés industrielles d’une part, et le public investisseur sur l’autre.

Elles avaient souscrit pour des milliards de dollars de titres, et avaient placé les milliards de dollars du public américain investisseur dans des utilisations saines et rentables; dans la construction des chemins de fer et des industries du pays.

Elles avaient été exigeantes sur les crédits, avaient insisté sur des politiques saines de la part des entreprises pour lesquelles ils obtenaient les fonds de leurs investisseurs. Elles étaient préoccupés par leur réputation. Elles se sont efforcés de ne pas faire des opérations douteuses, ne serait-ce que parce qu’elles souhaitaient pouvoir le faire régulièrement . Il fallait vendre d’autres émissions aux mêmes investisseurs.

Elles avaient bien fait leur travail. Mais avec le grand flot d’argent bon marché, et avec une demande insatiable d’actions et d’obligations, leur objectifs et leurs normes de crédit ont commencé à se relâcher dès 1925. Et avec une nouvelle vague d’ argent bon marché en 1927, les finalités ont été gravement perdues et les normes de crédit ont beaucoup souffert. « (2)

L’épitaphe de Anderson pour les banques conservatrices dans les années 1920 est applicable également à ce qui s’est passé à la suite de l’entrée en bourse des banques d’investissement de Wall Street.

Après la débâcle des années 1920 et 1930, l’établissement bancaire est revenu à ses racines conservatrices.

En revanche, après la débâcle de 2008, les banques se sont aujourd’hui encore plus complètement éloignées de l’économie réelle.

Les banques de Wall Street en particulier continuent de faire preuve de d’imprudence : les prix des actifs de tous types n’ont plus aucun rapport avec tout ce qui ressemble de loin à une base historique de valeur.

Plutôt que d’exprimer leur scepticisme à l’égard des politiques de soutien explicites et implicites de la Réserve fédérale sur les prix des actifs, les banques de Wall St. réclament aujourd’hui constamment plus de «stimulus» ou de «liquidité» de la Fed.

Comme l’a observé Anderson, le secteur bancaire a un long et honorable passé.

Il joue un rôle extrêmement important dans le fonctionnement des marchés libres.

Personne ne devrait confondre le long et honorable bilan des banques ou le rôle critique qu’elle joue dans l’économie avec le secteur bancaire tel qu’il est devenu maintenant après que Goldman Sachs est devenu public.

Peter Schmidt
September 07, 2020 (Labor Day)
Sugar Land, Texas

PS – As always if you like what you read, please consider registering with the site.  It just takes an e-mail address, and I don’t share this e-mail address with anyone.  The more people who register with the site, the better case I can make to a publisher to press on with publishing my book!  Registering with the site will give you access to the entire Confederacy of Dunces list as well as the Financial Crisis timeline.  Both of these are a treasure trove of information on the crisis and the long-running problems that led to it.

Help spread the word to anyone you know who might be interested in the site or my Twitter account.  I can be found on Twitter @The92ers

ENDNOTES:
1.  Benjamin Anderson, Economics and the Public Welfare, Liberty Press, Indianapolis, IN, 1979, p. 131

2.  Anderson, p. 212

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s