Gouverner cela consiste toujours à dissocier le positif du négatif.
Cette semaine Powell a abordé la question de la durée, puis de la sortie des politiques monétaires non conventionnelles..Il a affirmé avec force que ces politiques allaient rester en place très très longtemps.
Il a également évoqué la gravité de la situation fiscale telle que celle ci vient d’être dépeinte par l’Office du Budget.
« Il y a un moment où nous devrons revenir sur une trajectoire budgétaire supportable, mais je ne donnerais pas la priorité à cela à très court terme, alors que nous sommes au milieu de la pandémie », Président de la Fed Jerome Powell au Comité sénatorial des banques.
Hommage du vice à la vertu , il n’a rien dit. d’intéressant et personne ne l’a relevé, Ce débat ne concerne personne.
Son propos est une structure sous jacente de la modernité: on fait maintenant et on reporte à plus tard les conséquences; une autre structure sous jacente de la modernité c’est le gradualisme avec la fameuse « boiling frog ».
L’objectif est de faire accepter l’inacceptable par la tromperie.
Cela consiste à faire ou faire faire dès maintenant, tout en reportant le paiement, le cout, la charge à plus tard.
En son temps Laurence Summers avait expliqué à Obama le principe de sa stimulation de 1 trillion ; « cela consiste a dépenser tout de suite, à creuser les trous tout en affirmant que l’on réduira les déficits plus tard.
Souvenez vous de la phrase soi disant prononcée par Keynes pour justifier ses pseudo remèdes à la Crise: « dans le long terme nous serons tous morts ».Ce qui signifie que les responsables de la conduite des affaires ont pour principe directeur d’être… irresponsables et de laisser le négatif de leurs actions aux générations suivantes.
L’ennui est que le long terme, c’est court! Ce qui était du long terme en 2007 est deja devenur du passé avec l’échec de la normalisationde 2018; avec la nouvelle crise financière de Septembre 2019 et la crise sanitaire de mars 2020!
Dans nos sociétés, le long terme est forclos, il est ailleurs, comme le disent les Inconnus dans leur sketch à succès:
» tout cela ne nous concerne pas ».
Pourtant, le débat sur la sortie est éminement politique. C’est de la politique à l’état pur puisqu’il s’agit d’opérer des mouvements et d’orienter des flux de ressources qui vont marquer l’avenir.
Le bilan de la Fed surchargé de créances , la masse record de dettes dans le système, les deficits du gouvernement, la situation précaire des institutions de prévoyance et de retraites, tout cela c’est de l’anticipation. On a anticipé des recettes futures .pour financer des dépenses immédiates.
Le principe des mesures qui sont prises depuis 12 ans c’est « anticiper ». Faire mainteant ce que l’on devrait avoir les moyens de faire bien plus tard.
Le problème est que l’anticipation, cela fonctionne lorsque la production de richesse est croissante mais que cela cesse de fonctionner quand la croissance ralentit , stagne ou régresse comme c’est le cas maintenant.
Le principe est d’essayer de « bouffer » en quelque sorte dès maintenant les ressources qui ne seront créées qu’à l’avenir. Il s’agit de faire en sorte qu’une demande, qu’une activité qui ne devraient normalement se manifester que plus tard se manifestent maintenant grace au crédit et aux dettes. La bourse est une machine d’anticipation, elle fixe aux actions un prix qui correspond aux richesses futures, aux flux futurs que l’on espère qu’elles créeront!
Le principe de tous les remèdes.consiste à faire ou faire faire maintenant tout en reportant le paiement, la charge de ce que l’on fait à plus tard. Ce principe c’est la disjonction, la dissociation du positif et du négatif.
C’est un mode de gouvernement des hommes. On agite devant eux le positif et on planque le négatif. Hélas il revient toujours, comme une vengeance.
Pour simplifier disons que le principe de tous,absolument tous les remèdes à tous nos maux consiste à dissocier; dissocier le bénéfice des couts. On anticipe les bénéfices et on reporte dans le futur tous les coûts.
Grace a ce subterfuge qui est à la base de toutes les illusions des peuples et de toutes les escroqueries des puissants , il apparait que tout est possible, il apparait que l’on rase gratis et qu’il est possible de marcher sur l’eau.
Le pouvoir, souvenez vous en, repose à notre époque sur un subterfuge qui consiste faire passer des dirigeants impuissants pour des magiciens. On le voit clairement en moment avec les cafouillages du Covid.
Here are some other blasts from the Fed's recent past. QE is temporary. Cutting the balance sheet will be like watching paint dry (Yellen). We'll get the balance sheet back under $1-trillion. (Bernanke) No chance – the Fed is totally trapped by their own profligacy. pic.twitter.com/wmmQXDGMFm