Editorial: Nous sommes tous socialistes, comme monsieur Jourdain, sans le savoir!

Je ne le répeterai jamais assez, Bernanke et ses acolytes ont sauvé l’ordre mondial en 2009.

La crise était une crise structurelle, endogène, une crise du capital qui se heurtait à ses propres limites; le surendettement et l’insuffisance de profitabilité. Une partie de la classe capitaliste devait disparaitre.

Sauver l’ordre mondial cela signifie qu’ils ont administré des remèdes non pas d’intérêt général, mais des remèdes de classe afin de préserver le « système néo-capitaliste monopolistique d’état, crony, de copains, de coquins et de banques centrales réunis. »

Le sens de ces remèdes a consisté à prolonger, à aller de l’avant, à retarder donc à faire plus, toujours plus de tout de qui avait conduit à la crise. Faire encore plus de dettes, produire encore plus de capital fictif. Essayer de surexploiter encore plus les salariés.

Faire plus, repousser des limites d’un système a une conséquence évidente ; cela modifie les structures, cela modifie les logiques et les régles du jeu. On change les invariants.

Ce que l’on n’a pas assez vu et pas assez dit c’est que la conséquence de la crise , dite GFC1 , a été de changer partiellement la nature du système.

Le changement c’est la socialisation partielle du système.

Pour proteger le capital, éviter qu’il fasse faillite, qu’ils soit détruit et avec lui les couches sociales qui le détiennent, on a repoussé les limites de l’endettement, les limites du profit; on a « boosté » les profits par la finance Ponzi et on a socialisé les pertes des riches. On les fait supporter par la collectivité.

On a fait un pas considerable vers le socialisme sous sa forme oligarchique, la plus honteuse, le socialisme pour les riches et ultra riches.

Et ceci s’est fait par le biais de la monnaie et du crédit, on a donnéa cette classe sociale l’argent tombé du ciel, l’argent gratuit, le crédit gratuit et garanti, on a soutenu les cours boursiers; on a reporté les pertes sur la société en général et on a toléré que les comptabilités cessent d’etre sincères.

Donc ce fut un pas en avant considerbale vers le socialisme pervers.

Comme le dit Snider:

Le gouvernement intervient pour «sauver le capitalisme», ceci correspond aux définitions de Gramsci, il a agi dans le seul intérêt d’un monopole pour préserver l’hégémonie culturelle bourgeoise, en maintenant la minorité économique à la première place qu’elle ne pourrait pas occuper autrement.

Vers une extension de la socialisation.

La crise sanitaire a bon dos et il faut aller au dela et se placer dans la situation de 2018 et 2019 ou deja l’heure des comptes, « the day of recckoning » arrivait, une nouvelle crise financière menaçait,.

Les craquements se faisaient déja sinistres , localisés dans le marché de refinancement de gros de la finance, le marché des repos.

Nous en étions aux prémices avec glissement des plaques tectoniques de la finance de la dette , colma,tage de la plomberie souterraine, ralentissement économique et regain de forces déflationnistes.

La crise sanitaire qui est arrivé fut en quelque sorte une aubaine, pain beni tombé du ciel, car elle a pris le devant de la scène et a masqué le gouffre qui se crsusait sous les pieds de la finance.

Les élites ont joué les illusionnistes, elles ont dirigé les regards comme David Copperfield là ou les choses ne se passaient pas et pendant ce temps dans l’ombre, elles ont une nouvelle fois sauvé la finance à coups de trillions et de trillions, 9 trillions ou le double selon les modes de calcul que l’on choisit.

Hélas pour les élites le gouffre ne s’est pas seulement ouvert béant sous les pieds de la finance il s ‘est ouvert sous les pieds du système productif d’une part et de la classe salariée d’autre part. La machine économique s’est mise à l’arrêt, les revenus ont cessé d’être distribués, un gap énorme s’est formé.

Un gap de production de richesses et de revenus qu’il a fallu combler en panique par … la monnaie tombée du ciel, le crédit gratuit, les assurances et promesses, bref par la prise en charge sociale du trou dans le GDP et revenus nationaux.

Penser le nouveau système pour pouvoir un tant soit peu le piloter

Coment interprêter tout cela? Pour être synthétique je dirais que nous sommes typiquement dans une accelération de l’Histoire avec un developpement inégal considérable. La réalité a devancé les prises de conscience, les volontés, les intentions: elle s’est imposée.

Tout simplement le monde réel nous a imposé une exigence considérable , mais absolument considérable, de socialisation.

De la même façon qu’en 2009 pour protéger l’ordre social et l’essentiel du système on a reporté la charge sur la collectivité présente et future, ici face à la double crise de la finance et du Covid on est obligé de refaire la même chose, mais en deux voire trois fois beaucoup plus .

Il faut socialiser pour sauver encore une fois le capital, pour sauver l’interface du capital avec la vie economique, c’est à dire les entreprises, et les institutions qui vont avec et en plus maintenant il faut sauver les salariés.

Bref il faut sauver les généraux, les planqués, les armements, le materiel et les soldats. Cette fois le besoin de socialisation est total . Total et colossal.

C’est un nouveau système qui , sans que personne ne l’ait voulu, s’impose. Notez bien: sans que personne ne l’ait voulu! J’ai toujours rigolé de la naiveté des révolutionnaires, les grands changements se font toujours sans eux!

Nous sommes dans un système qui est concrètement et réellement neuf.

Ce système est brinquebalant car il s’est installé , en bousculant tout et ce n’est que le début car nous vivons sur un nuage, dans un rêve . Le pire ou le mieux selon ses gouts est à venir. Il n’est pas théorisé, il n’est pas pensé, pas mis en mots; la pensée, la prise de cosncience sont très en retard en regard des mutations engagées. Elles vont produire de nouvellles conditions de vie, de nouvelles modalités sociales et peut etrede nouvelles conditions de production. .

Y aura t- il des politiciens, des intellectuels, des savants capables de mettre tout cela en forme intelligible, et d ‘éclairer les consciences ? C’est l’un des enjeux de ces deux crises .

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