L’argent gratuit est pire qu’une faute, l’histoire montre que c’est un crime.

La présidente de la Fed de San Francisco vient de déclarer qu’elle ne voyait pas vraiment de corrélation entre les politiques monétaires laxistes et les risques financiers.

Ces gens sont des criminels. Je me refuse a croire que ce sont des imbéciles.

Je vais bien plus loin qu’Albert Edwards qui ne les sanctionne que de son mépris, je souhaite que plus tard ces gens soient jugés et punis par une commission populaire.

Vous lirez attentivement ma traduction libre ci dessous, d’un texte de Hussman sur ce sujet de la corrélation entre les politiques monétaires laxistes, la spéculation et la ruine financière.

Citation de … 1858

Que le taux d’intérêt doit être plus bas quand le commerce languit et quand il y a peu de demande de monnaie, que quand les énergies du commerce sont pleinement en jeu et qu’il y a une demande active de monnaie, est indiscutable; mais il est également hors de doute que toute manie spéculative qui a suivi son cours de folie et de désastre dans ce pays a tiré son impulsion originelle de l’argent bon marché.

  • The Economist, 1858 (h / t Jamie Catherwood)

Il y a une leçon très particulière que l’histoire enseigne régulièrement, mais le public n’apprend jamais réellement.

La leçon est simple.

Quand

a) le gouvernement insiste pour rendre l’argent bon marché et supprime agressivement les taux d’intérêt,

et

b) les investisseurs soient enclins à spéculer

la combinaison des deux conduit invariablement à la spéculation débridée. Cette spéculation est toujours suivie un effondrement ultérieur qui exerce des dommages économiques qui dépassent de loin le bénéfice que la baisse des taux d’intérêt était censée produire.

Plus précisément, à condition que les investisseurs ne soient pas suffisamment réticents devant le risque, la baisse des taux d’intérêt les encourage à chasser les rendements et les performances en faisant monter les prix des actifs spéculatifs.

Une fois que les investisseurs en manque de rendement adoptent une mentalité de troupeau et sont persuadés que la baisse des taux d’intérêt ne leur offre «aucune alternative», toute la structure des marchés financiers passe de l’allocation productive du capital à la spéculation pour la recherche de peformance .

Les investisseurs deviennent donc enclins à emprunter de l’argent pour spéculer sur des «carry trades» qui exploitent des différences de rendement faibles – mais pas sans risque – entre les différents titres.

Les projets inefficaces qui ne survivraient jamais face à des taux d’intérêt normaux deviennent soudainement viables, en particulier les activités impliquant des rachats par emprunt et l’immobilier spéculatif.

Ceci est vrai dans tous les domaines où l’intérêt, c’est à dire le coût de l’argent est le principal coût des affaires.

Wall Street est impatient d’absorber de la dette de faible qualité et de nouvelles émissions pourries pour satisfaire la demande enragée des investisseurs pour des actifs spéculatifs.

Même si la spéculation pousse les prix des actifs à un niveau suffisamment élevé, par rapport aux flux de trésorerie futurs probables, pour garantir des rendements à long terme nuls ou négatifs, voici l’ironie: tout le monde est heureux.

Peu importe qu’ils détiennent ces actifs à long terme sur lesquels ils ne gagneront rien .

Peu importe que pour vendre ces actifs, il faudra qu’ils trouvent quelqu’un d’autre de plus stupide et plus gourmand qu’eux.

Peu importe que si suffisamment de gens tentent de vendre sans que les imbéciles absorbent l’offre une grande partie de cette richesse sur papier disparaîtra dans les airs.

Et lorsque cet effondrement surviendra, comme nous l’avons observé plus récemment en 2008-2009, l’autre ironie est la suivante: tout le monde se tournera vers le gouvernement et la Réserve fédérale pour les sauver: en redemandant de l’argent à bas prix.

2 réflexions sur “L’argent gratuit est pire qu’une faute, l’histoire montre que c’est un crime.

  1. bonjour
    les investisseurs seraient-ils fous ou ceux qui gèrent leurs placements ont-ils des intérêts différents ?
    la rémunération d’un trader n’est -elle pas un pousse au crime ?
    l’éclatement des marchés ( taux d’intérêt fonction du taux sans risque, du prix de la liquidité, du taux de change, voire des différents marchés des dérivés) sa complexité dilue et ne permet plus de comprendre la réalité…

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