Le bout du rouleau alors que les dangers se rapprochent.

Aux États-Unis, les nouvelles infections par le Covid ont atteint des sommets pandémiques dépassant les 100 000 , le virus sévit dans tout le pays.

Les « cas » aux USA sont restés très élevés pendant tout l’été. Les infections américaines suivent désormais la trajectoire de l’Europe.

À la vue des tendances en matière d’infection dans des Etats comme le Michigan, l’Ohio et l’Illinois, le pire semble de plus en plus probable.

Il s’agit d’un virus hautement contagieux qui envahit et s’installe désormais tout le pays – les villes grandes et petites, les banlieues et les communautés rurales.

Le pic d’infections européennes en ce début d’hiver est effrayant .

Sur tout le continent, les gouvernements sont obligés d’agir rapidement en panique pour imposer des restrictions et des verrouillages.

Les infections quotidiennes en France ont été en moyenne d’environ 550 en juin. Elles ont grimpé à 13 970 le premier jour d’octobre.

Un record de 52 013 infections a été signalé dimanche dernier et 49 000 ce vendredi.

Les infections italiennes quotidiennes ont culminé à 6 557 le 21 mars, puis ont été en moyenne inférieures à 300 pendant une grande partie de l’été. Les infections ont ensuite grimpé à 2 548 le 1er octobre et ont atteint un record de 31 084 vendredi.

L’Espagne a observé une augmentation quotidienne des infections de plusieurs centaines en juin à un nouveau record de 25 595 ce vendredi.

Après avoir commencé le mois à 2 503, les « cas » Allemands sont passés jeudi à 16 774.

Les « cas » ont grimpé à 24 000 en Belgique, 22 000 en Pologne et 9 000 en Suisse.

Au Royaume-Uni, après avoir atteint en moyenne moins de 1 000 au cours de l’été, les nouveaux « cas » se sont chiffrés en moyenne à environ 25 000 au cours de la semaine dernière.

Des élections à haut risque sur fond de crise sanitaire

Nous ne sommes plus qu’à quelques jours des élections américaines. Ces élections s’annoncent tumultueuses à la fois parce que la société américaine est dramatiquement divisée et même pulverisée et parce que la personnalité de Trump fait craindre des désordres voire des impasses constitutionnelles.

Les émotions sont profondes, la colère semble sur le point de déborder. Il existe un potentiel évident pour de grandes manifestations à l’échelle nationale. La violence et les troubles sociaux ne sont pas exclus . La confiance envers les hommes et les institutions est au plus bas

Que ce soit Trump ou Biden à la barre le 20 janvier, une session lame duck, un exécutif de canard boiteux avec un gouvernement contesté et précaire semble le plus probable.

La finance, uniquement soucieuse d’entretenir la spéculation boursière, fait circuler des pseudo analyses et des scenarios irresponsablement haussiers

«La vague bleue », martelle la finance est excellente pour les actions». Elle annonce une relance massive de 2 voire 2,5 trillions ce qui, affirme-telle soutiendra la bulle spéculative sur les actions.

Bloomberg Television (19 octobre 2020): «Steve Ricchiuto de Mizuho dit que si le Congrès adoptait un plan de soutien budgétaire de 2 $ Trillions , il s’attend à ce que la Réserve fédérale achète potentiellement tout le papier émis afin d’ aider les choses. Pensez-vous que ce soit souhaitable? »

La Fed est dans une situation historique difficile .

Elle pratique une monétisation massive. Mais les achats mensuels d’environ 100 milliards de dollars seront malheureusement très insuffisants pour soutenir les marchés face à des besoins accrus du Trésor. La bulle va être de plus en plus difficile à maintenir. Que se passera-t-il en cas de nouveau choc incitant à la réduction des risques / deleveraging?

Grace à un soutien sans précédent de la Fed, les bulles spéculatives se sont encore gonflées au cours des six derniers mois. Et maintenant, il y a la perspective que les démocrates adoptent un deuxième plan de relance massif – un stimulus budgétaire qu’ils ont déja publiquement approuvé.

Janet Yellen essaie de rassurer , elle prend les gens pour des imbéciles .

«.Je m’attends à ce qu’ils offrent plus de soutiens . Mais leur objectif ici sera d’essayer de maintenir les taux d’intérêt longs et courts à des niveaux bas pour soutenir une reprise économique. Ce n’est pas leur objectif d’essayer directement d’aider le gouvernement fédéral à financer son déficit budgétaire. Et ce serait un type de soutien très dangereux à fournir.»

A qui fera-ton croire que maintenir les taux bas face à un déluge d’émissions du Trésor, ce n’est pas équivalent à financer le déficit budgétaire? Certainement pas aux gestionnaires des grandes institutions mondiales! Ils savent interpreter les actions des banques centrales, ils savent lire un bilan, et ils connaissent l’histoire. Ils savent surtout que maintenir les taux bas artificiellement c’est exactement le symétrique de maintenir des prix des actifs hauts artificiellement!

La poursuite de la hausse boursière est possible, c’est vrai, mais c’est loin d’être une certitude et dans tous les cas, c’est irresponsable de le faire croire. C’est envoyer le public à l’abattoir.

Jamais en matière financière et en matière de marché on ne peut compter sur la linéarité perpétuelle, toutes les tendances ne se prolongent pas à l’infini: Il existe des effets de seuils.

Les déficits budgétaires colossaux qui suivront la «vague bleue» ne seront pas forcément perçus positivement par le marché obligataire .

Le maintien des rendements à un niveau très bas est loin d ‘être acquis alors qu’il existe un risque majeur dans le secteur du crédit d’entreprise. Les nouvelles alarmistes y circulent.

Les dégats croissants du Covid sont favorables à un plan de relance colossal en cas de «vague bleue» mais ceci ne ferait que garantir des problèmes de crédit encore plus dramatiques pour l’avenir.

Ou se situe le point de rupture de la linéarité?

La question centrale qu’il convient de se poser alors que les élections arrivent, que l’épidémie s’aggrave et que l’économie est à nouveau en panne : quand aura-t-on atteint les limites, quand seront nous au point de rupture?

Ecoutons Bill Dudley ancien de la Fed de New York: « les banques centrales ne bluffent pas quand elles disent qu’elles ont épuisé leur arsenal. Dudley n’étant plus aux affaires dit presque la verité.

https://www.bloomberg.com/opinion/articles/2020-10-28/the-federal-reserve-is-really-running-out-of-firepower

28 octobre – Bloomberg (Bill Dudley):

«Aucune banque centrale ne veut admettre qu’elle n’a plus de puissance de feu. Malheureusement, la Réserve fédérale américaine est très proche de ce point. Cela signifie que la prospérité future des États-Unis dépend plus que jamais du plan de dépenses du gouvernement…

Certes , la Fed peut toujours faire quelque chose.

Elle peut faire baisser les taux d’intérêt à long terme en achetant davantage de titres du Trésor et des titres adossés à des hypothèques, ou en s’engageant à continuer d’acheter pendant une période plus longue.

Elle peut promettre de maintenir les taux d’intérêt à court terme plus bas plus longtemps…

Elle peut fixer un plafond spécifique aux taux d’intérêt à long terme, une manœuvre que les économistes appellent le contrôle de la courbe des taux.

Elle peut même rendre les taux d’intérêt négatifs, une décision que les responsables de la Fed ont jusqu’à présent rejetée.

Mais cela passe à coté d’ un point crucial: même si la Fed faisait plus – beaucoup plus – cela ne fournirait pas beaucoup de soutien supplémentaire à l’économie.»

October 28 – Bloomberg (Bill Dudley): “No central bank wants to admit that it’s out of firepower. Unfortunately, the U.S. Federal Reserve is very near that point. This means America’s future prosperity depends more than ever on the government’s spending plan… There’s always something more that the Fed can do. It can push down longer-term interest rates by buying more Treasury and mortgage-backed securities, or by committing to keep buying for a longer period of time. It can promise to keep short-term interest rates lower for longer… It can put a specified ceiling on long-term interest rates (a maneuver that economists call yield-curve control). It can even take interest rates negative (a move that Fed officials have so far rejected). But this misses a crucial point. Even if the Fed did more — much more — it would not provide much additional support to the economy.

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