A relire: le complot des anti complotistes. Un système pour durer ou se reproduire doit demeurer non-connu, non-su.

je pense qu’il est utile de relire ce texte deja ancien car l’accusation, le marqueur de « complotisme » est à nouveau lancé à tours de bras.

Lordon écrit : »la seule ligne en matière de complots consiste à se garder des deux écueils symétriques qui consistent l’un à en voir partout, l’autre à n’en voir nulle part — comme si jamais l’histoire n’avait connu d’entreprises concertées et dissimulées… »

J’ai beaucoup écrit en son temps sur le complotisme, sur l’accusation de complotisme pour avancer l’idée que cette accusation est le résultat .. d’un complot.

Un complot objectif c’est à dire d’une convergence de nécessités plutot que d’un complot subjectif produit par une concertation effective des hommes comploteurs. Ce qui doit demeurer caché pour le maintien du système doit être protégé , et si ce qui est caché doit être protégé alors il faut qu’il soit inventé un marqueur de ce que l’on ne peut pas dire ou bien un marqueur qui disqualifie celui qui le dit.

La fonction de l’accusation de complotisme est une fonction de protection de ce qui ne doit pas être su, de ce qui doit demeurer caché, refoulé, occulté dans le système. Il y a un rapport étroit entre l’accusation de complotisme et l’opacité, l’obscurité , la manipulation , le soupçon etc.

On parle, s’agissant des choses qui mettent en cause la sécurité nationale de Raison d’état , on devrait parler également de Raison de système: certaines choses doivent demeurer non-sues pour protéger le système.

J‘ai developpé en d’autres temps l’idée centrale qu’un système pour durer ou se reproduire devait demeurer non connu, ses ressorts secrets devaient rester enfouis, le système ne survit que du maintien non-conscient de son corpus de règles fondamentales.

Le système capitaliste par exemple ne se reproduit que de n’être ni compris, ni appris ni révélé, ni même critiqué pour ce qu’il est , il se survit de sa méconnaissance .

Même chose avec l’argent, avec la monnaie qui doivent demeurer « fêtiche »; si l’argent etait compris pour ce qu’il est, cela ferait s’effondrer nos systèmes. L’argent doit demeurer un Mystère majeur dans nos sociétés et ses secrets ne doivent être connus que d’une classe de grands prêtres qui, connaissant ces secrets se donnent le droit d’execer le Pouvoir. L’argent doit demeurer un non-su, un non-compris.

Ce qui est essentiel dans un système doit rester non-conscient car si cet essentiel devenait conscient on en debattrait, on aurait prise sur lui, on pourrait le modifier. C’est l’une des grandes découvertes de Carl Jung.

Dans nos societes post démocratiques de fabrique des consentements, dans nos sociétés de démocratie opaque et truquée, les élites , les ingenieurs sociaux , le deep state, les médias ne présentent pas la réalité des faits, des situations ou des decisions non , ils Communiquent.

Communiquer ce n’est pas informer c’est émettre un discours, un narrative dont le but est d’inciter les recepteurs du dicours à penser ce que l’on veut qu’ils pensent. La but de la Com c’est d’influencer, de formater , d’imposer des torsions au réel et pour ce faire de d’occulter les articulations de causes à effets, de les opacifier.

La nécessité du décodage, de l’herméneutique, de l’analyse critique monte sans cesse dans nos sociétes developpées post-modernes. Et plus la necessité de ces entreprises de démystification augmente, plus egalement augmente le besoin des elites dominantes de les empêcher, voire de les interdire/censurer.

Le travail critique du journaliste ou de l’intlelcteulel ou du conseiller politique est, symétriquement, de décoder c’est à dire d’exhumer, de ressortir autant que faire se peut les informations qui sont noyées sous la Com.

Dans cet esprit il est évident que l’analyste critique est forcément désigné comme ennemi et l’analyse critique qui doute perçue comme négative par les emétteurs et diffuseurs de Com.

Et il faut bien qu’ils se défendent. Ils le font en accusant les analystes critiques de « complotistes ».

Lordon.

Après «réforme», «moderne» et «logiciel» («en changer»), «complotisme» est en train de devenir le nouvel indice du crétin, le marqueur qui situe immanquablement son homme.

Un ordre social de plus en plus révoltant à un nombre croissant de personnes réduit nécessairement ses conservateurs aux procédés les plus grossiers pour tenter d’endiguer une contestation dont le flot ne cesse de monter.

Au demeurant, on sait que cet ordre entre en crise profonde quand, vide d’arguments, il ne trouve plus à opposer que des disqualifications.

Comme un premier mouvement de panique, «antisémitisme» a été l’une des plus tôt jetées à la tête de toute critique du capitalisme ou des médias (1). Mais, même pour l’effet de souffle, on ne sort pas d’emblée la bombe atomique s’il s’agit simplement d’éteindre un départ de feu. C’est que par définition on ne peut pas se livrer à un usage ordinaire et à répétition de la munition maximale, sauf à lui faire perdre rapidement toute efficacité. Ses usages tendanciellement grotesques soulignant son ignominie de principe, le procédé a fatalement entraîné l’autodisqualification de la disqualification.

Supposé moins couvrir ses propres utilisateurs de honte et mieux calibré pour l’arrosage extensif, susceptible par là d’être rapatrié dans le domaine du commentaire ordinaire, le «complotisme» est ainsi devenu le nouveau lieu de la bêtise journalistique — et de ses dépendances, philosophe dérisoire ou sociologue de service.

Signe des temps, il faut moins invoquer la mauvaise foi que l’effondrement intellectuel de toute une profession pour comprendre ses impossibilités de comprendre, et notamment de comprendre deux choses pourtant assez simples.

D’abord que la seule ligne en matière de complots consiste à se garder des deux écueils symétriques qui consistent l’un à en voir partout, l’autre à n’en voir nulle part — comme si jamais l’histoire n’avait connu d’entreprises concertées et dissimulées…

Ensuite que le complotisme, tendance évidemment avérée à saisir tous les faits de pouvoir comme des conspirations, demanderait surtout à être lu comme la dérive pathologique d’un mouvement pour en finir avec la dépossession, d’un effort d’individus ordinaires pour se réapproprier la pensée de leur situation, la pensée du monde où ils vivent, confisquée par des gouvernants séparés entourés de leurs experts — bref, un effort, ici dévoyé, mais un effort quand même, pour sortir de la passivité.

 «Vouloir tout traiter en cachette des citoyens, et vouloir qu’à partir de là ils ne portent pas de jugements faux et n’interprètent pas tout de travers, écrivait il y a déjà longtemps Spinoza, c’est le comble de la stupidité (2). »

Mais il y a deux faces au débat, et s’il y a lieu de comprendre le mécanisme qui fait voir des complots partout, il y a lieu symétriquement de comprendre celui qui fait voir du complotisme partout.

Or ni l’existence — réelle — de délires conspirationnistes ni l’intention disqualificatrice, quoique massive, ne rendent entièrement compte de l’obsession non pas pour les complots, mais pour les complotistes — un complotisme anticomplotiste, si l’on veut… Si cette nouvelle idée fixe trouve si bien à prospérer, c’est aussi parce qu’elle trouve une profonde ressource dans des formes de pensée spontanées à l’œuvre dans un milieu : le milieu des dominants, dont les journalistes, qui aux étages inférieurs en occupent les chambres de bonne, sont à leur tour imbibés comme par un fatal dégât des eaux.

La paranoïa des puissants

C’est que, par construction, être un dominant, c’est participer à des jeux de pouvoir, être immergé dans leurs luttes, en vivre toutes les tensions, et notamment l’impérieuse obligation de la vigilance, c’est-à-dire l’anticipation des menées adverses, l’élaboration de ses propres stratégies et contre-stratégies pour conserver ou bien développer ses positions de pouvoir.

En réalité, dans ses strates les plus hautes, la division fonctionnelle du travail est inévitablement doublée par une division du pouvoir… la seconde ayant pour propriété de vampiriser la première : les hommes de pouvoir, dans l’entreprise comme dans n’importe quelle institution, s’activent en fait bien moins à servir la fonction où les a placés la division du travail qu’à protéger les positions dont ils ont été par là dotés dans la division du pouvoir. Or la logique sociale du pouvoir est si forte qu’accéder à une position conduit dans l’instant à envisager surtout le moyen de s’y faire reconduire, ou bien de se hausser jusqu’à la suivante. On rêverait de pouvoir observer les journées d’un patron de chaîne, d’un directeur de journal, d’un cadre dirigeant, d’un haut fonctionnaire, d’un magistrat ou d’un mandarin universitaire louchant vers le ministère, pour y chronométrer, par une sorte de taylorisme retourné à l’envoyeur, les parts de son temps respectivement consacrées à remplir la fonction et à maintenir la position.

La pathétique vérité des organisations peut conduire jusqu’à cette extrémité, en fait fréquemment atteinte, où un dirigeant pourra préférer attenter aux intérêts généraux de l’institution dont il a la charge si c’est le moyen de défaire une opposition interne inquiétante ou d’obtenir la faveur décisive de son suzerain — et il y a dans ces divisions duales, celle du travail et celle du pouvoir, une source trop méconnue de la dysfonctionnalité essentielle des institutions.

La logique même du pouvoir, dont la conquête et la conservation sont immédiatement affaire d’entreprise décidée, voue par construction les hommes de pouvoir à occuper alternativement les deux versants du complot : tantôt comploteurs, tantôt complotistes. En réalité, le complot est leur élément même, soit qu’ils s’affairent à en élaborer pour parvenir, soit que, parvenus, ils commencent à en voir partout qui pourraient les faire sauter. On n’imagine pas à quel degré la forme complot imprègne la pensée des puissants, jusqu’à la saturer entièrement. Leur monde mental n’est qu’un gigantesque Kriegspiel. La carte du théâtre des opérations est en permanence sous leurs yeux, leurs antennes constamment déployées pour avoir connaissance du dernier mouvement, leur énergie mentale engloutie par la pensée du coup d’avance, leur temps colonisé par le constant travail des alliances à nouer ou à consolider. Bien davantage que l’égarement de quelques simples d’esprit, habiter le monde violent des dominants, monde de menaces, de coups et de parades, est le plus sûr passeport pour le complotisme. Le pire étant que, pour un homme de pouvoir, la paranoïa n’est pas une pathologie adventice : elle est un devoir bien fondé. La question constante de l’homme de pouvoir, c’est bien : «Qu’est-ce qui se trame?»

Vivant objectivement dans un monde de complots, les hommes de pouvoir développent nécessairement des formes de pensée complotistes. La dénonciation obsessionnelle du complotisme, c’est donc pour une large part la mauvaise conscience complotiste des dominants projectivement prêtée aux dominés. Le premier mouvement de M. Julien Dray, voyant sortir les photographies d’une femme en burkini expulsée de la plage par la police municipale de Nice à l’été 2016, est de considérer qu’il s’agit d’une mise en scène destinée à produire des clichés d’expulsion. M. Jean-Christophe Cambadélis, ahuri des mésaventures new-yorkaises de son favori Dominique Strauss-Kahn en 2011, assure qu’il a «toujours pensé, non pas à la théorie du complot, mais à la théorie du piège (3» — c’est en effet très différent.

Sans doute y a-t-il une forme d’injustice à ce que, de cet effet projectif, ce soient les journalistes ou les publicistes, dominés des dominants, qui portent cependant l’essentiel du poids de ridicule. Car les dominants eux-mêmes lâchent rarement le fond de leur pensée : leur sauvagerie la rend imprésentable, et puis ce sont toujours des schèmes complotistes particuliers qu’il y aurait à y lire : «celui-ci me monte une cabale», «ceux-là m’orchestrent un coup», etc. Ironiquement, ce sont donc des agents simplement satellites des plus hauts lieux de pouvoir, donc moins directement engagés dans leurs paranoïas, qui vont se charger de faire passer les schèmes complotistes particuliers au stade de la généralité, puis de les verbaliser comme tels, mais bien sûr toujours selon le mouvement d’extériorisation qui consiste à les prêter à la plèbe.

Il est fatal que la forme de pensée complotiste passe ainsi de ceux qu’elle habite en première instance à ceux qui racontent leur histoire. D’abord parce que les journalistes politiques se sont définitivement abîmés dans les «coulisses», les «arcanes» et le «dessous des cartes», manière ostentatoire de faire savoir qu’«ils en sont», mais surtout perspective qui emporte nécessairement la forme complot. Ensuite parce que la fréquentation assidue de leurs «sujets» se prête idéalement à la communication et au partage des formes élémentaires de la pensée, si bien que l’inconscient complotiste est peu ou prou devenu le leur — celui-là même d’ailleurs qu’il leur arrive de mettre directement en œuvre dans leurs propres manœuvres institutionnelles comme demi-sel du pouvoir.

Quand ils ne s’efforcent pas de passer dans le monde des caïds de plein rang. L’inénarrable Bruno Roger-Petit, qui aurait furieusement nié toute action concertée au sein de l’univers des médias pour faire aboutir la candidature Macron, n’en voit pas moins ses (non-)services officiellement récompensés. C’est donc très logiquement qu’il n’a pas cessé avant d’être nommé porte-parole de l’Élysée de dénoncer comme complotiste toute lecture de l’élection comme synarchie financière et médiatique : c’était une pure chevauchée politique.

De la croisade anticomplotiste à l’éradication de la fake news (fausse information), il n’y a à l’évidence qu’un pas. Au point d’ailleurs qu’il faut davantage y voir deux expressions différenciées d’une seule et même tendance générale. Mais comment situer plus précisément un «décodeur» du Monde.fr au milieu de ce paysage? Il est encore loin de l’Élysée ou de Matignon. D’où lui viennent ses propres obsessions anticomplotistes? Inutile ici d’envisager des hypothèses de contamination directe : il faut plutôt songer à un «effet de milieu», plus complexe et plus diffus. Pas moins puissant, peut-être même au contraire : d’autant plus qu’il ne peut pas faire l’objet d’une perception simple. Un milieu sécrète ses formes de pensée. La forme de pensée médiatique, qui imprègne l’atmosphère de toutes les pensées individuelles dans ce milieu, s’établit aujourd’hui à l’intersection de : 1) l’adhésion globale à l’ordre social du moment, 2) l’hostilité réflexe à toute critique radicale de cet ordre, 3) la réduction à une posture défensive dans un contexte de contestation croissante, la pénurie de contre-arguments sérieux ne laissant plus que la ressource de la disqualification, 4) la croisade anticomplotiste comme motif particulier de la disqualification, répandu par émulation, dans les couches basses du pouvoir médiatique, du schème éradicateur développé comme mauvaise conscience projective dans les couches hautes — un effet de «ruissellement», si l’on veut, mais celui-là d’une autre sorte. En résumé, on commence par entendre pendant des années des «BHL» et des Jean-Michel Aphatie, et puis, par lente imprégnation, on se retrouve en bout de course avec un Samuel Laurent, chef de la rubrique Les décodeurs du Monde.fr, d’autant plus pernicieux qu’on a affaire, comme on dit à Marseille, à «un innocent».

Le complotisme est décidément insuffisant à rendre compte de l’obsession pour le complotisme : on n’explique pas Les décodeurs par la simple, et supposée, prolifération des cinglés conspirationnistes. Le sentiment d’être agressé, le syndrome obsidional de la forteresse assiégée y prennent une part décisive dans un univers médiatique dont toutes les dénégations d’être les auxiliaires d’un système de domination ne font maintenant qu’accréditer davantage la chose.

Il est vrai que, manifestation canonique de l’«innocence», les journalistes vivent dans la parfaite inconscience subjective de leur fonctionnalité objective, où leur dénégation prend tous les accents de la sincérité. Le fait est là pourtant, et le schème du retournement, qui prête au peuple des tendances paranoïaques en réalité partout présentes dans l’univers des dominants, n’en prend que plus de force. Au vrai, la chose ne date pas d’aujourd’hui : couvrir projectivement le peuple révolté de monstruosité est une opération vieille comme la presse ancillaire — qu’on se souvienne des hauts faits de la presse versaillaise pendant la Commune ou de ceux de la presse bourgeoise russe relatant la prise du Palais d’hiver. La croisade médiatique contemporaine contre la fake news aura du mal à recouvrir que la presse elle-même est le lieu le plus autorisé de mise en circulation de fake news (4) — ceci expliquant cela? Au milieu d’un océan : Le Monde rapporte sans un battement de cil ni le moindre commentaire le propos, cet été, d’un «responsable macroniste» inquiet : «Les Français ont l’impression qu’on fait une politique de droite (5). » Quelques jours auparavant, le Financial Times rencontrait le premier ministre Édouard Philippe (6) : «Lorsqu’on [lui] suggère que les plans de son gouvernement ne comportent que des mesures de droite, il éclate de rire : “Vous vous attendiez à quoi?”»

Frédéric LordonÉconomiste et philosophe. Dernier ouvrage paru : Les Affects de la politique, Seuil, Paris, 2016.

Cet article a d’abord été publié sous le titre : «Le complot des anticomplotistes»

(1Cf. typiquement Nicolas Weill, «Le journalisme au-delà du mépris», Le Monde, 2 avril 2004.

(2) Lire «Conspirationnisme, la paille et la poutre», La pompe à phynance, 24 août 2012, et le dossier «Vous avez dit «complot»?», Le Monde diplomatique, juin 2015.

(3) «Affaire DSK : Cambadélis ne croit pas à “la théorie du complot”», n’en titre pas moins Le Monde, 28 novembre 2011.

(4) Lire Pierre Rimbert, «Les chauffards du bobard», Le Monde diplomatique, janvier 2017. Ainsi que, entre autres, «Le voyage en Grèce de Macron raconté par Le Monde? Tout est faux!», blog de Yannis Youlountas, 8 septembre 2017.

(5) Solenn de Royer, «Après un mois de juillet difficile, Macron veut reprendre la main», Le Monde, 28 juillet 2017.

(6) «French centre-right premier says he is at ease with Macron agenda», Financial Times, Londres, 11 juillet 2017.

en perspective

Une réflexion sur “A relire: le complot des anti complotistes. Un système pour durer ou se reproduire doit demeurer non-connu, non-su.

  1. Une vision complémentaire du complotisme et que cela mesure l’écart entre la réalité et la représentation du monde de nos élites.
    Plus l’écart est grand, plus il y a de la place pour des visions alternatives. On trouve facilement quelques éléments de la réalité qui ne colle pas avec le discours officiel et on extrapole une théorie qui explique ce que l’on nous cache.

    Je ne préjuge pas si l’écart est voulue par l’élite (on ment au public) ou juste de la cécité (façon élite stato-financiére de Emmanuel Todd )

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