S’ils se permettent d’émettre autant de monnaie, c’est parce qu’ils savent que toute cette monnaie sera détruite .

Lisez mon éditorial intitulé:

Editorial: nos croyances sont fausses, elles vont nous conduire à la catastrophe.

Nous sommes passés de l’autre côté de la barrière, nous avons passé la ligne rouge, toute la monnaie émise devra être résorbée. Qu’est-ce que cela veut dire? Cela signifie que la monnaie qui est actuellement émise ne fait plus fonction de monnaie avec toutes ses propriétés. Il s’agit purement d’un opérateur qui permet au système de fonctionner malgré les blocages et les dislocations. Cette monnaie a perdu ses fonctions traditionnelles qui sont:

  • étalon de valeur
  • moyen de régler les échanges
  • réserve de valeur

La monnaie qui est émise actuellement ne satisfait que la première fonction c’est à dire essayer de débloquer les échanges.

Elle n’est plus étalon de valeur car le système de prix est faussé, certains prix sont au niveau où ils devraient être tandis que d’autres ne le sont pas.

Quant à la fonction réserve de valeur, il y a longtemps qu’elle a disparu mais la disparition s’accélère.

Dans le futur, il n’y aura pas assez de contreparties réelles en terme de biens et services pour honorer tout ce qui a été émis.

Pour employer le jargon; la masse de monnaie en circulation est telle que l’on ne pourra plus jamais supporter une accéleration significative de sa vitesse de circulation.

Rédigé par Bruno Bertez 16 novembre 2020

A quoi sert la monnaie exactement ? Comment les politiques monétaires actuelles ont-elles faussé et déformé ces fonctions ? Et qu’est-ce que cela signifie pour vous en tant qu’investisseur et citoyen ?

Les masses monétaires ont plusieurs fonctions. La monnaie catalyse les échanges, elle sert d’actif de réserve et d’étalon de valeur.

Cela, c’est ce qu’on lit dans les mauvais livres, ceux de l’enseignement.

Elle sert aussi et surtout à créer des illusions, illusions de richesse, illusions d’utilité sociale, illusions de prospérité etc.

Elle sert enfin à taxer subrepticement quand le pouvoir a besoin d‘argent et qu’il n’est pas légitime pour taxer fiscalement.

Les monnaies, on ne le dit jamais, servent d’assurance. C’est même leur fonction principale en ce moment : comme les risques de krach financier sont énormes, on noie le système sous un déluge de monnaie. On crée par les liquidités une illusion de solvabilité.

De cette monnaie-là, de la monnaie-illusion, il en faut de plus en plus !

Bestioles domestiquées

Les monnaies ne sont plus des en-soi ; non, elles sont des bestioles domestiquées au profit de leurs maîtres, les banquiers centraux, les ploutocrates, les marchés financiers, les gouvernements etc.

La monnaie est à la fois un révélateur des dysfonctionnements de l’économie réelle et, en même temps, un voile tiré sur ces dysfonctionnements.

La monnaie contient des contradictions et des antagonismes majeurs. Elle assure la gestion de la rareté systémique qui est le fondement de l’économie, mais pour que le système se prolonge malgré ses limites, il faut… la rendre moins rare et de plus en plus surabondante. Il faut détruire sa rareté.

La fonction de base de la monnaie est de gérer et d’allouer la rareté, c’est son essence. Cependant, en pratique, pour faire tourner le système, on la gonfle, on la rend surabondante, en cachette.

La fonction moderne organique de la monnaie est d’être détruite. Les banques centrales pillent le capital-confiance qui est enraciné dans la monnaie dans un mouvement de non-retour.

Vulgarisation

La monnaie, c’est un peu la démarche de Bernard Arnault : on prend un parfum de très grand luxe qui vaut par sa rareté élitiste et on le vulgarise. Bernard Arnault prend ce parfum et pille le capital de valeur que constitue cette rareté en la vendant à tour de bras – tout en maintenant l’illusion de rareté.

La monnaie, c’est un peu comme du Guerlain que l’on braderait comme du Lancôme !

La monnaie est utile, mais les politiques monétaires modernes reposent sur le constat que beaucoup de monnaie n’est pas utilisée ! Cela permet d’en émettre plus au profit de certains agents économiques ou de certaines classes sociales privilégiées.

Tout cela est incompatible et contradictoire. Certaines fonctions sont incompatibles avec d’autres, on dit que cela dysfonctionne. Personne ne le nie, c’est tellement évident : si cela fonctionnait, il n’y aurait pas besoin d’en créer autant !

Si on recommence plusieurs fois la même chose, c’est que cela a échoué, n’est-ce pas ? Les QE

des banques centrales sont un colossal échec dans leur prétention à fabriquer de l’inflation des prix des biens et des services. On en est donc à un « QE infinity » !

Les banques centrales se plaignent, elles poussent sur une corde, elles injectent de la monnaie digitale sous forme de réserves… et ces réserves ne se transforment pas en monnaie vivante.

Elles ne produisent ni inflation, ni demande. Cette monnaie reste dans l’univers imaginaire que constitue la finance. Il n’y a pas transmission.

La meilleure et la pire des choses

Au passage, notez que pour faire un cadeau aux banques et les dédommager du fait que leurs rémunérations normales sont trop basses, on rémunère ces réserves oisives.

Ah, cette transmission refuge de toutes les ignorances des banquiers centraux ! Ou plutôt, je dirais, cette transmission alibi des banquiers centraux – car au fond, ils savent bien qu’en injectant de la monnaie par le biais du canal financier, elle va rester dans la finance et ne faire monter que le prix des actifs du même nom, les actifs financiers.

Ils savent bien qu’elle va surtout servir à maintenir les valeurs fictives de ces créances qui ne valent plus rien !

Si la monnaie ne fait pas « bulle » sous certains aspects, elle fait « bulle » pour d’autres ; on le verra dramatiquement dans le futur. On a tué la « fonction de réserve » des monnaies. Même Janet Yellen l’a reconnu.

Quand le système, celui-là ou un autre, se remettra en marche efficiente, on le verra.

Retenez bien ceci : la monnaie, comme la célèbre langue d’Esope, est la meilleure et la pire des choses.

Conçue comme un instrument de liberté, les maîtres du monde sont en train d’en faire un outil d’asservissement, de servage.

Nous régressons de la monnaie anonyme à la monnaie nominative, à la monnaie fil à la patte.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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