En Bourse on ne peut aller que d’excès en excès

Voila pourquoi je crois que les marchés financiers sont structurellement inefficaces et pour quoi la crise de la bulle est ineluctable: Il n’y a aucune force régulatrice. En Bourse tout le monde est complice, tout le monde veut la hausse, y compris les banques centrales, les gouvernements, les entreprises, les épargants, les banques etc On ne peut aller que d’excès en excès.

Lisez et conservez ce texte

« Dès lors que j’analyse le marché financier comme une structure particulière ayant pour rôle de produire des évaluations légitimes selon la logique conçue par Durkheim, je suis conduit à insister sur le fait que ces marchés répondent à une dynamique différente de celle qui prévaut sur les marchés dédiés à la consommation.

Selon moi, l’idée chère aux économistes depuis trente ans selon laquelle la concurrence financière est de même nature que la concurrence sur les marchés de biens ordinaires doit être vigoureusement rejetée.

La « loi de l’offre et de la demande » ne s’applique pas sur les marchés financiers : une augmentation du prix ne conduit pas mécaniquement à une baisse de la demande, raison centrale pour laquelle l’autorégulation concurrentielle est absente de ces marchés.

C’est là un résultat aux conséquences considérables car il implique que ces marchés ne peuvent, en aucun cas, être laissés à eux-mêmes puisque les forces de rappel autorégulatrices n’y sont aucunement présentes.

Pour cette raison, je juge tout à fait inapproprié le mouvement de libéralisation financière qu’ont connu nos économies depuis les années 1980.


D’ailleurs cette différence de nature n’est-elle pas évidente ? Sur un marché de biens, comme, par exemple, celui des voitures, deux groupes aux intérêts contraires se font face : les consommateurs qui veulent des prix bas et les producteurs qui veulent des prix élevés. Chaque groupe pousse ou tire dans son sens et il est intuitif de penser que ces deux forces opposées vont trouver un compromis. Ce compromis se maintient car ces intérêts opposés veillent à ce qu’il soit respecté. Si le prix bouge, ils interviennent immédiatement. Telle est la signification de la loi de l’offre et de la demande.

Mais, sur un marché financier, par exemple, la bourse des actions, la situation est tout à fait différente. On n’y trouve nullement deux groupes aux intérêts opposés mais une même communauté, celle des propriétaires d’actions. Ce sont les mêmes individus qui sont alternativement vendeur ou acheteur, en fonction de leur besoin conjoncturel et spécifique de liquidité. Si on appréhende le groupe dans sa totalité, nulle opposition d’intérêts mais plutôt un même désir de voir croître les prix des actions. D’où viendraient alors les forces autorégulatrices ?« 

André Orléan

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