Un peu de théorie financière. Mais c’est intéressant pour tout le monde.

Un peu de théorie financière.

Note:

« les erreurs théoriques conduisent aux catastrophes pratiques Léon Trotski

On entend souvent dire que les actions sont à leur prix. Des pseudos spécialistes déclarent que les taux d’intérêt bas justifient des cours élevés pour les actions, comme si les taux bas rendaient les flux de revenus futurs “plus précieux”.

C’est bien entendu idiot. Et cette idiotie a pour origine les arguments des commercçants sans scrupules qui veulent placer leur marchandise boursière.

Les taux d’intérêt bas ne rendent pas les flux de revenus futurs « plus précieux » , pas plus qu’ils ne changent la valeur fondamentale intrinsèque, fondamentale , interne des actions: cette valeur ne dépend que de l’exploitaion de l’entreprise concernée. La valeur fondamenatle, donc hors Ponzi, d’un actif financier est endogène, elle dépend du cash flow que va recevoir cet actif tout au long de sa durée de vie future.

Mais en revanche si les taux bas ne changent rien à la valeur fondamentale, intrinsèque d’un actif, ils peuvent par comparaison le rendre plus désirable.

N’oubliez jamais que les détenteurs de capitaux se font concurrence entre eux.

La bonne formulation est la suivante:

les taux d’intérêt bas incitent les bourses à fixer le prix des autres actifs à un niveau tel qu’ils aient eux aussi des rendements nuls .

Vu comme cela c’est plus clair et un peu moins marketing.

Les niveaux de rendements dans un univers ou la concurrence des détenteurs de capitaux joue, s’égalisent.

Voila l’évidence; si les rendements sont bas peu à peu de proche en proche , tous les rendements deviennent bas car les détenteurs d’argent achètent les autres actifs jusqu’ à ce que cela ne soit plus intéressant.

La concurrence nivelle tout.

C’est comme en voiture dans un embouteillage quand il n’y a pas de sortie proche, au début le débit des files est différent, il y en a qui sont plus rapides, mais au bout d’un certain temps, toutes vont à la meme vitesse, aucune n’est avantageuse.

Les taux zéro impliquent que peu à peu tout rapporte zéro, voila ce que l’on dit sans le comprendre quand on dit que les actions ont correctemente évaluées maintenant.

Elle sont évaluées pour ne rien rapporter, ce que je ne cesse de vous dire.

Retenez bien, on ne dit rien qu’autre que ceci: dans un environnement de taux zéro peu à peu, par le jeu de la concurrence les employeurs de capitaux, tout rapporte zéro.

L’idée de comparer le “rendement” du CAPE (c’est à dire l’inverse du ratio du prix par rapport au revenu moyen sur dix ans ajusté pour l’inflation) au rendement des Treasuries à 10 ans est elle aussi stupide .

Il est clair que le prix Nobel Shiller ne perçoit ni la corrélation entre les taux d’intérêt bas et la croissance faible, ni la corrélation entre le cours élevés et les rendements faibles.

Toute l’affaire est une surface tridimensionelle où nous avons des taux d’intérêt bas, des taux de croissance bas, et des cours extraordinairement élevés, ce qui implique des rendements encore plus faibles que ce que chaque élément prédirait en isolation.

Petit texte d’une correspondance de Hussman qui m’a incité a faire cette note théorique.

Merci pour ceci. Il est douloureux que ce soit le niveau de raffinement dans notre industrie. Plus personne ne pense aux actions en termes de flux de trésorerie actualisés. Même le pronouncement d’Auther que les taux d’intérêt bas rendent les flux de revenus futurs “plus précieux” me fait trembler. Pourquoi ne pas simplement dire que les taux d’intérêt bas causent les bourses à fixer le prix d’autres actifs de facon telle qu’ils aient aussi de faibles rendements? “Plus précieux”, c’est comme dire que si un groupe de trolls arrive dans mon salon, je deviens tout d’un coup plus beau.

L’idée de comparer le “rendement” du CAPE (c’est à dire l’inverse du ratio du prix au revenu moyen sur dix ans ajusté pour l’inflation) au rendement des Treasuries à 10 ans est elle aussi atroce. Il est clair que même Shiller ne perçoit ni la corrélation entre les taux d’intérêt bas et la croissance faible, ni la corrélation entre le cours élevés et les rendements faibles. Toute l’affaire est une surface tridimensionelle où nous avons des taux d’intérêt bas, des taux de croissance bas, et des cours extraordinairement élevés, ce qui implique des rendements encore plus faibles que ce que chaque élément prédirait en isolation. Peu importe ce qu’il se passe, je pense que ce sera une très bonne décennie pour nous.

Merci encore! -John

3 réflexions sur “Un peu de théorie financière. Mais c’est intéressant pour tout le monde.

  1. Néo-pythagorisme.
    L’astrologie ayant été définitivement discréditée (crédit!), la finance prend la place.
    Les hommes ont besoin de manipuler les chiffres.
    Compulsivement.
    Jouissance de jouer avec le destin.

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  2. Mr Bertez, j’ai besoin de vos lumières….Le $ US casse tous les planchers à la baisse….théoriquement les métaux précieux devraient être galvanisés ….C’est tout le contraire qui se produit….Y-a-t-il intervention à certains niveaux pour empêcher les dits métaux de positiver ? Bien à vous

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    1. Il n’y a aucun rapport entre la baisse du dollar et une eventuelle hausse de l’or.
      La baisse du dollar esr baissière pour l’or.

      Eh oui car la baisse du dollar traduit une amélioration des conditions financières mondiales, le dollar étant plus abondant le monde est plus liquide.

      La perspective de crise s’loigne sans que l’inflation se reveille l’or doit être delaissé.

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