2021 : Année du changement de régime, ou bien une nouvelle année de tentative de prolongation.

L’or s’est reveillé, est ce un signal ou un faux départ?

L’année 2020 restera dans les livres d’histoire, c’est sur.

Ce qui est moins sur c’est le qualificatif qui lui sera accolé.

Ce fut une année folle pour les marchés , avec la fin du plus long marché haussier de l’histoire puis la chute des actions provoquée par les fermetures de COVID-19 et enfin un rebond sur les injections monétaires colossales et synchronisées et les espoirs de reprise économique. Finalement ce fut le plus court marché baissier de l’histoire.

L’étonnement n’est pas de mise car tout était écrit; nous ne sommes ni dans l’anormal ni dans le hasard, nous sommes dans la Nécessité. Pas de cygne noir, pas de choix, rien que du nécessaire, quand il faut y aller, il faut y aller!

La baisse des marchés financiers est devenue impossible, si elle devait se produire et se développer avec ses enchainements habituels, elle provoquerait une avalanche, une catastrophe en chaine, la catastrophe précisément que l’on cherche à éviter à tout prix depuis 2008: le désendettement déflationniste qui ravage tout sur son passage.

Le système ne peut supporter qu’un marche ordonné, perpétuellement animé par l’esprit de jeu, par l’appétit pour le risque et au minimum un éternel haut plateau des valorisations.

Affaibli fondamentalement par une insuffisance de fonds propres, par un excès de dettes, et par un besoin de collatéraux supposés de qualité, le système a réclamé son dû dès les premières manifestations de la crise sanitaire.

D’abord, tel un ogre il a d’abord réclamé des liquidités afin de faire face au colmatage de la plomberie monétaire et financière.

Ensuite, il a réclamé du « dollar » international afin de pallier au manque de devises des débiteurs short en dollars.

Enfin, il a réclamé des emprunts d’Etat en veux-tu en voilà, emprunts d’Etat comme le 10 ans US pour constituer la base des garanties du système bancaire officiel et shadow.

Bien entendu tout ceci a été accordé sans parcimonie, les trillions et même dizaines de trillions se sont déversés; le coût de l’argent est revenu à zéro quasi partout.

Les effets attendus ont parfaitement répondu à l’appel puisque les marchés se sont stabilisés dans un premier temps et ont rebondi dans un second.

Il faut donc noter que les mécanismes habituels de sauvetage ont fonctionné comme lors des accès précédents. Il faut également remarquer qu’ainsi se vérifie ce que nous ne cessons de développer depuis 2008: les baisses des prix des actifs financiers ne sont plus tolérables; elles ne sont donc plus tolérées; la communauté spéculative le sait, elle réagit comme le bon chien de Pavlov au tintement de la cloche boursière.

C’est à la fois encourageant et décourageant.

Encourageant parce que les remèdes continuent de fonctionner et que cela est donc rassurant.

Décourageant parce que ce sont des faux remèdes qui accroissent la masse d’actifs financiers surévalués dans le système et que, par conséquent, l’instabilité structurelle ne fait que croitre.

Le marché de l’or a parfaitement pris note du message. Dans un premier temps, il s’est envolé quand il a eu peur de la panique; dans un second temps, il s’est rasséréné quand il a vu que les banques centrales non seulement intervenaient, mais étaient encore crédibles au point de stabiliser les marchés. mainteant, le marché de l’or attend, l’arme au pied.

Les marchés financiers, de leur côté, ont d’abord connu un rebond très violent provoqué par l’élastique technique et ensuite par l’afflux de liquidités. Par la suite, on a réussi à tenir les niveaux à la faveur du redressement partiel des économies réelles. Le suspens des distributions et des subsides aux entreprises et aux particuliers a suffisamment soutenu l’intérêt pour que les cours ne rechutent pas. L’activité économique relativement décevante puisqu’il n’y eut pas de reprise en V, cette activité économique est toujours espérée positive en 2021, puis 2022, malgré l’atonie de la fin 2020.

Après avoir clôturé à un niveau record le 19 février, les actions ont chuté pendant un mois alors que la pandémie de coronavirus et les verrouillages gouvernementaux connexes semaient la panique dans la perspective des dommages causés à l’économie aux États-Unis et dans le monde.

Une chute de 9,5% du S&P 500 le 12 mars, la plus forte baisse en un jour de l’indice de référence depuis le krach du «lundi noir» de 1987, l’a fait reculer de 26,7% par rapport au sommet de février et a confirmé un marché baissier, -considéré comme tel en cas de baisse de plus de 20% par rapport à un sommet.

Mais la glissade n’a duré que jusqu’au 23 mars, date à laquelle le S&P a touché le fond. Il a ensuite dépassé son sommet de février le 18 août, marquant le début d’un nouveau marché haussier. Les 23 jours de bourse qu’a duré le marché baissier ont été les plus courts de l’histoire .

Le S&P a clôturé 2020 hier jeudi à un niveau record, tout comme le Dow Jones Industrial Average, avec des gains annuels respectivement de 16,3% et 7,2%, . Le gain de 43,6% d’une année sur l’autre du Nasdaq est le plus important pour l’indice de la haute technologie depuis 2009.

L’élément important a été constitué par un relatif succès de la communication de la réserve fédérale américaine: elle a presque réussi à faire croire qu’elle était capable de provoquer la reflation.

Peut-être même l’a-t-elle aidée par la manipulation des cours des emprunts indexés -les TIPS. Les anticipations de hausse des prix intégrées dans les cours des marchés boursiers se sont légèrement redressées. Les matières premières ont donné un signe de frémissement positif. Le pétrole a rebondi au-dessus de ses plus bas.

Les questions les plus importantes selon nous restent en suspens:

  • quelle reprise économique peut-on attendre
  • sera-t’elle génératrice ou non d’emplois
  • comment se comporteront les dépenses d’investissement
  • les anticipations inflationnistes seront-elles validées
  • la hausse des prix peut-elle échapper au contrôle des régulateurs
  • quelle serait la réaction des marchés si la hausse des prix s’installait finalement clairement au-dessus des attentes

Pour notre part, nous considérons que la question du changement de régime par rapport au passé est posée.

En effet, la régulation par le seul outil monétaire est en train d’être relayée par l’outil budgétaire.

La vélocité de circulation de la monnaie finirait, si c’était le cas, par réapparaître.

Les dépenses budgétaires transforment la création monétaire en véritable pouvoir d’achat et réalise la Transformation que les seules actions des banques centrales ne pouvaient obtenir.

Tout ceci est ouvert, mais il n’est pas du tout acquis que cela constitue les déterminants des marchés au cours des prochaines semaines. La présence du virus va continuer de retenir l’attention; on va scruter à la loupe les campagnes de vaccination et leurs résultats, ce n’est que dans un second temps quel’on ira voir ce qui se passe en-dessous des apparences.

Notre sentiment personnel est le suivant:

  • les forces déflationnistes sont encore là et elles sont colossales puisque les capacités inemployées continuent de produire leurs effets tout comme l’arbitrage international du travail
  • les politiques monétaires n’ont pas changé dans leurs fondements techniques, c’est à dire que leur rendement réel économique est faible, mais on se rapproche du moment où un stade critique, déclencheur, peut être atteint.
  • Qui sait si les craintes que certains essaient d’entretenir sur le dollar et sur l’inflation ne vont pas gagner le grand public.
  • au plan social, on peut assister à un certain infléchissement des politiques meénes qui, conformément aux voeux de la communauté de Davos et du FMI serait plus inclusives. Systémiquement, on s’écarterait ou plutôt on tenterait de s’écarter du modèle libéral pour contrôler des inégalités qui, maintenant sont unanimement considérées comme excessives. Cela pourrait modifier soit à la marge soit en profondeur la répartition du surproduit mondial. Vous savez que le libéralisme a permis un partage des patrimoines et des revenus très favorable au capital et au détriment des salariés; un glissement politique et social tel que celui que nous décrivons ci-dessus aurait pour conséquence de réduire les marges bénéficiaires et la profitabilité du Capital, d’augmenter la propension à consommer, d’augmenter les taux d’utilisation des capacités de production et finalement conduirait peut-être à un redressement plus ou moins durable de l’inflation des prix et des revenus.
  • Nous ne sommes pas persuadés que cette évolution serait favorable à un maintien à un niveau élevé des indices boursiers et des prix des actifs financiers.

Nous n’en sommes pas là, mais il faut, ne serait-ce que pour pouvoir interpréter le court et le moyen termes, avoir une toile de fond.

Reuters] U.S. stocks in 2020: a year for the history books

[CNBC] Politics will be front and center as a catalyst in the first week of the new year

[AP] Shutdown, impeachment, virus: Chaotic Congress winds down

[Reuters] Biden’s Treasury nominee Yellen discloses paid speaking gigs for financial firms

[Yahoo/Bloomberg] NYSE to Delist Chinese Telco Giants on U.S. Executive Ord

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