Un peu d’indignation s’il vous plait!

« La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde s’est dite confiante mercredi dans la reprise en zone euro cette année, en dépit de la pandémie du Covid-19 qui continue de sévir.

La BCE tiendra sa première réunion de politique monétaire de l’année le 21 janvier, durant laquelle elle devrait confirmer la panoplie des mesures de soutien prises contre les ravages de la pandémie.

La principale arme de soutien à l’économie, les rachats de dette publique et privée, prévoit une enveloppe de 1.850 milliards d’euros disponible jusqu’au printemps 2022. »

Personne n’a jamais réussi à expliciter en quoi les rachats de dettes publiques et surtout privées soutenaient l’économie réelle. La baisse des taux qui résulte de ces achats n’a jamais ni stimulé les dépenses d’équipement ni accéléré la production de crédit.

Les seuls effets incontestables ont été les effets boursiers: les achats de dettes ont permis de soutenir le cours de ces dettes, de les empêcher de sombrer sous le poids de la dégradation de la solvabilité et surtout de faire monter mécaniquement les prix des contrevaleurs du capital ancien: les cours boursiers.

L’effet de richesse qui en découle n’a pas profité à l’économie réelle , on sait maintenant que la théorie du ruissellement est une imbécilité. L’argent ne ssort pas de la sphère financière. Il n’irrigue pas Main Street.

La politique de la banque centrale est simplement une politique de socialisation du risque: le risque financier disparait et les pertes sont prises en charge par la collectivité sous la forme de la suppression de la remuneration de l’épargne, et de la dilution future de la valeur de la monnaie.

La politique monétaire n’est pas monétaire, c’est une politique de soutien et de subvention au Capital c’est l’autre béquille du Capital à coté de la béquille fiscale.

Il est faux de dire que cela fait partie de la politique dite de l’offre; cela n’augmente pas l’offre puisque les investissements stagnent et au contraire cela diminue la qualité de l’offre puisque cela maintient en vie toujours plus de firmes zombies qui pèsent sur la productivité et gaspillent des ressources,

La realité est que c’est une politique malthusienne de classe, une politique de simple maintien de l’inefficacité et des gaspillages .

La hausse actuelle des bourses constituent non pas un « plus » pour nos économies réelles, mais un « moins » : elle augmente l’instabilité financière, elle va obliger à de nouvelles largesses pour soutenir des niveaux déraisonnables, elle place les autorités dans des cercles vicieux, des engrenages dont elles ne peuvent plus sortir. Le jeu qu’elle encourage est un facteur d’aggravation de notre situation il décourage les véritables mesures adaptatrices.

Je vous repasse ce texte car il va redevenir d’actualité.

Rédigé par Bruno Bertez 10 juin 2020

L’argent (et les marchés) tiennent nos démocraties en otage – et les banques centrales, complices, ne font qu’aggraver la situation.

La Banque centrale européenne vient de nous prévenir que ce n’est que le début !

Je sais qu’elle a raison car il faudra, c’est vrai, soutenir encore plus les marchés financiers – c’est-à-dire soutenir la fortune des ploutocrates, il faudra encore baisser les taux et voler les retraités et les épargnants, et il faudra encore plus détruire la monnaie par sa dilution.

La BCE prépare les esprits à un vol des citoyens : elle n’exclut pas d’acheter des actions, de faire un cadeau supplémentaire de plusieurs centaines de milliards aux détenteurs de portefeuilles boursiers !

La BCE nous prend pour des imbéciles

Elle nous prend pour des imbéciles en ajoutant qu’elle le ferait « pour soutenir l’économie ».

Je ne savais pas que le portefeuille des ploutocrates, c’était « l’économie » ! Je ne savais pas que ce que l’on appelle « le droit à prélever sur la valeur ajoutée sans travailler » c’était « l’économie » !

C’est une assimilation abusive. Je croirais plus volontiers que faire monter les cours de la Bourse, c’est « plomber » l’économie – puisque cela fait monter la valeur du capital et que cela accroît à la fois le besoin de réaliser des profits et de distribuer des dividendes.

Augmenter la valeur monétaire du capital, c’est l’inciter à demander encore plus, à exiger une part encore plus grande de la valeur ajoutée. C’est augmenter ses exigences – et c’est donc entretenir la déflation.

Quand dans un système vous augmentez la contrainte de profit, vous éliminez tous les investissements, toutes les embauches qui ne permettent pas de réaliser ce taux de profit. Si vous voulez lutter contre la déflation et l’anémie d’une économie, il ne faut pas gonfler la valeur du capital ancien et le maintenir en vie… Non, il faut au contraire lui serrer la gorge, de telle façon qu’il s’adapte ou disparaisse, laissant ainsi la valeur ajoutée, le surproduit, disponible pour d’autres activités et d‘autres capitaux plus productifs socialement.

Les ploutocrates au pouvoir

La hausse de la valeur du capital, ou plutôt de la contrevaleur du capital ancien, est déflationniste. La hausse des Bourses est une erreur colossale de l’intelligence théorique de notre époque.

De reflet de la prospérité, la hausse des Bourses s’est dialectiquement inversée en son contraire : c’est le boulet qui asphyxie/tue la prospérité. Tout cela parce que la pensée théorique est aux mains des ploutocrates.

Faire monter les cours de Bourse c’est inciter les détenteurs de capitaux à aller les mettre en Bourse, à spéculer puisqu’il n’y plus de risque (la hausse étant garantie), au lieu d’investir productivement.

Faire monter les cours de Bourse est déflationniste car cela rend le capital ancien plus attrayant que le nouveau. Cela détourne les capitaux de prendre le risque de la production, de s’employer de façon productive, d’investir, de distribuer des salaires et in fine d’embaucher.

Faire monter la Bourse, c’est encourager la grève du capital et le renforcer dans ses tendances malthusiennes – ses tendances à constituer ce que l’on appelait avant, à juste titre, le « mur de l’argent ». Le mur de l’argent, c’est quand le capital fait chanter les démocraties, quand il les tient en otage.

Arrêtez de faire grimper les marchés !

Cessez de stimuler la hausse des cours de Bourse qui procure des rentabilités/performances de 15% l’an et forcez l’argent à aller se « contenter » de profitabilités de 10% productivement et vous verrez le boom des affaires dans un délai de trois ans !

Vous verrez le boom des dépenses d’investissements, des embauches et des salaires. Vous verrez le vrai cercle vertueux remplacer la pourriture de l’enrichissement sans cause.

Taxez les hausses boursières, confisquez les profits tombés du ciel et ce sera la fin de la déflation malthusienne produite par l’excès de capital oisif, fictif, spéculatif.

Nos banquiers centraux n’ont pas encore compris que la Bourse, c’est le parking du capital. Ce n’est pas l’endroit où il travaille, c’est l’endroit où il profite sans rien faire. Ce schéma de Ponzi est le plus redoutable ennemi de la croissance.

Au lieu de diriger l’argent vers la Bourse, cassez-la, découragez-la : il faudra bien alors que ce capital excédentaire et oisif fasse quelque chose. Il y sera obligé faute d’alternative.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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2 réflexions sur “Un peu d’indignation s’il vous plait!

  1. « Cessez de stimuler la hausse des cours de Bourse qui procure des rentabilités/performances de 15% l’an et forcez l’argent à aller se « contenter » de profitabilités de 10% productivement et vous verrez le boom des affaires dans un délai de trois ans ! »:

    Dans la bouche de quel opposant à Macron peut on entendre ça ?

    Aucun ! A peine capables de radoter sur le confinement, l’heure de couvre feu, la vaccination dans le bras ou la fesse…bref, le poids des chaines.

    Aimé par 1 personne

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