Editorial. Reflation, non rien n’est joué, rien n’est écrit.

Le problème de la Bourse, c’est le phénomène du jeu. Le jeu oblitère l’intelligence et la mémoire; le jeu impose le présentisme. Le jeu conduit à l’irrationalité.

Je parle de cela à cause de la croyance qui se répand actuellement à propos de la reflation et de la hausse des taux. Cette croyance prend des dimensions étonnantes, qui peut s’auto-réaliser.

La bouffée de reflation est incontestable il suffit de regarder les indices de prix à tous les niveaux , matières premières, intrants, demi produits, denrées alimentaires etc. Il suffit aussi de regarder les anticpations d’inflation révélées par les breakeven des marchés , elles sortent à 2,5%. Par ailleurs les courbes de taux sont clairement plus pentues . La hausse des prix du pétrole à cet égard est un symbole spectaculaire, on a encore monté de 5% hier.

Image

Il y a des problèmes d’offres, de chaines d’approvisionnements, de pénuries localisées etc et bien sûr sur ces réalités se greffent des amplifications spéculatives ou des gains de « pricing power ». Il y a inflation par l’offre et inflation de profit.

Tout cela suffit à faire des vagues de reflation qui sont d’autant plus facilement entretenues que tout le monde pousse à la roue, tout le monde a intérêt à cette reflation.. du moins à ce stade. Powell et Yellen en sont inciter et souhaiter une inflation salariale. L’inflation et la reflation sont des réalites de mercuriales mais aussi des ambiances, des sentiments, des humeurs.

Mais l’histoire et l’expérience montre qu’il ne faut pas se laisser aller à des anticipations trop généreuses; les bouffée de reflation ont été nombreuses depuis la Grande Crise financières, la GFC ; et si mes souvenirs sont bons, il y en a eu au moins quatre . Quatre dont deux longues: une en 2013/2014 et une en 2016/2017.

Dans les deux cas ci dessus, on y a cru – pas moi car je l’avais diagnostiqué comme temporaire dès janviers 2017- et même tellement cru que les autorités monétaires sont elle même tombées dans le piège. Elles ont parlé de réduire les stimulants et de « regarder la peinture sécher », c’est à dire regarder passivement la taille du bilan de la banque centrale se réduire.

Dans les deux cas aussi bien les marchés que les autorités se sont trompés. Et même ridiculisés.

J’ai developpé l’idée il y a quelques jours selon laquelle la position présente de Powell était en quelque sorte une position a contrario; voyant la reflation en cours et jugeant à l’expérience de 2016 humiliante, il a décidé : cette fois je ne tomberais pas dans le piège, je vais considérer que la reflation n’est que temporaire.

As-t-il tort, as -t-il raison? Je n’en sais rien et je pense que personne ne peut deviner car rien n’est eécrit, nous vivons une aventure sans précédent, donc sans réference .

Tout peut arriver. A ce stade rien n’est encore écrit , tout est reversible.

Je ferais cependant quatre observations:

la tendance à la déflation est une tendance lourde, séculaire qui est surdéterminée, mais elle s’origine dans une insuffisance relative de la demande face à une offre excédentaire, fameuse thèse de l’exces d’épargne , thèse qui dans sa formulation, se refuse a reconnaitre la question de la surproduction et de l’insuffisance des revenus salariaux distribués.

la tendance à la deflation est une tendance endogène, endémique du capitalisme dans les phases longues de suraccumulation du capital -hausse de la composition organique- à la fois sous ses formes productives et sous ses formes fictives.

la tendance longue à la déflation est une tendance longue qui dure à la faveur d’un rapport de forces entre le capital et le travail défavorable aux travail et favorable au capital; déclin des syndicats.

La tendance longue à la deflation des valeurs économiques peut être masquées au niveau des prix, par la dépréciation systématique de la monnaie provoquée par des politiques monétaires volontaristes destinées à provoquer des hausses de prix d’origines monétaires.

En Prime

les poussées trompeuses de reflation selon Snider

En Prime

les grands gourous deflationnistes comme Albert Edwards croient que, passée la bouffée actuelle, le rendement du 10 ans US peut encore devenir négatf

Image

En Prime

le poids du capital fictif deflationniste s’est encore alourdi, exemple en Europe

Image

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s