Sondages faux, truqués ou simplement non cohérents.

Macron n’est pas un président populaire.

Cependant il benéficie en moyenne du soutien d’un bon tiers de la population et, selon la façon dont les questions sont posées, il peut monter jusqu’à 40% ce qui se compare favorablement aux scores de ses prédécesseurs.

Dans les convsersations beaucoup de citoyens balaient ce consate d’une popularité paradoxale et se contentent de dire : les sondages sont truqués.

C’est faux les sondages ne sont pas truqués et ils reflètent fidèlement à un moment donné, la réponse des gens à la question leur est posée.

Ce qui fait problème ce n’est pas le taux , le pourecentage, non , ce qui fait problème c’est de savoir ce que les gens ont en tête lorsqu’ils répondent à des questions vagues comme « satisfaits ou pas satisfaits ».

Dès lors que les questions deviennent précises ou concrètes, les taux d’approbation chutent et c’est cela qui fait mystère. Ce qui fait mystère c’est la non cohérence.

Je pense que c’est l’un des mystères les plus intéressant à percer d’ailleurs; il faudrait s’y consacrer et le faire sérieusement sans prejugé politique ou personnel. Mais la quantité d’études nécessaires pour ce travail est importante, trop importante. Je suppose que dans l’entourage proche du président ces études sont faites, les budgets sont assez gros pour les financer.

Tandonnet s’interroge sur cette question de la popularité « bizarre » de Macron dans les sondages; il propose une interprétation qui me semble intéressante, mais qui me laisse insatisfait. Un peu sur ma faim. Il propose comme interpretation « le reflexe légitimiste », ce réflexe qui fait que les citoyens ont tendance à resserrer les rangs derrière celui qui est légitime, qui les protège et les paterne lorsque les temps sont durs.

Et Tandonnet avance la comparaison avec ce qui s’est passé avec les attentats en ajoutant que ce reflexe ici joue longtemps car la crise sanitaire dure et effraie encore plus .

Je laisse de coté la partie de l’analyse qui insiste pour montrer que la publication et les commentaires appuyés sur les sondages n’est jamais innocente: on veut prouver quelque chose pour manipuler.

Emmanuel Macron serait un président «populaire» comparativement à François Hollande et Nicolas Sarkozy. «Avec 41 % de satisfaction, le locataire de l’Élyséée est dans une situation plus confortable que celle de François Hollande (22 %) et Nicolas Sarkozy (31 %) à pareille époque de leur mandat », peut-on lire sur le site de Paris-Match, qui s’appuie sur un sondage Ifop. Cette évidence ressort de la plupart des commentaires. Le refrain, comme obsessionnel, s’impose dans les médias. Il se présente comme un dogme politico-médiatique, un fait reconnu et admis, une vérité quasi officielle. Nous subissons un véritable matraquage sur la popularité du président de la République, supposée supérieure à celle de ses deux prédécesseurs:

  • «La popularité du chef de l’Etat est en hausse de 3 points au mois de novembre, passant de 38 à 41% d’opinions favorables. Des chiffres supérieurs à ceux de ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy (32%) et François Hollande (27%) au même stade de leur mandat.» (LCI, le 22 novembre 2020)
  • «La popularité d’Emmanuel Macron, à ce stade de son mandat, est supérieure à celle de Sarkozy (31 %) et François Hollande (27 %).» (dépêche AFP, le 20 décembre 2020)
  • «La cote de popularité d’Emmanuel Macron est en hausse de deux points et supérieure à celle de ses prédécesseurs immédiats François Hollande (24 %) et Nicolas Sarkozy (30 %).» (Le Point, le 24 janv. 2021)
  • « Le chef de l’Etat gagne un point en un mois dans notre baromètre Ifop, à 41% de satisfaction. S’il reste majoritairement impopulaire, son socle de soutien est solide. François Hollande et Nicolas Sarkozy, par exemple, étaient à ce moment de leur quinquennat respectivement à 19% et 31%» (JDD, le 21 février 2021)

L’insistance à rapprocher le niveau de popularité du président Macron de celui de François Hollande et Nicolas Sarkozy est lourde de signification. Si l’objectif est de convaincre que le chef de l’État est un président populaire, le niveau d’environ 40% n’est pas suffisant : loin de la majorité de 50%. D’où le recours systématique à la comparaison avec François Hollande et Nicolas Sarkozy supposée favorable à l’actuel occupant de l’Élysée. En filigrane, le message est clair : si les deux prédécesseurs du président Macron ne sont pas parvenus à obtenir un second mandat, ce dernier est dans une situation plus favorable qui lui ouvre en 2022 la voie de la réussite.

Nous subissons un véritable matraquage sur la popularité du président de la RépubliqueMaxime Tandonnet

Comparaison est-elle raison ? Le biais de ce raisonnement tient à la différence radicale qui oppose la période 2007-2017 à celle que vit la France depuis un an. La crise sanitaire est sans doute le plus grand bouleversement qu’ait connu notre pays depuis la guerre d’Algérie : 82 000 morts, naufrage économique et social, ruine de nombreuses catégories professionnelles, anéantissement des libertés, en particulier de la liberté d’aller et venir. Cet ouragan produit naturellement un réflexe légitimiste autour du chef de l’État. Une partie des Français dans la tourmente – comme souvent dans l’histoire – se tourne vers le «guide de la nation». François Hollande avait bénéficié de ce phénomène après l’attentat de Charlie Hebdo et du magasin casher de janvier 2015 (+20%). À la différence, le séisme du Covid-19 se prolonge indéfiniment dans le temps et le réflexe légitimiste joue ainsi de manière beaucoup plus étalée.

Par ailleurs, la crise sanitaire a bouleversé dans ses profondeurs le paysage français. Le régime politique a été radicalement transformé. La démocratie libérale et parlementaire s’est trouvée suspendue de fait au profit d’un état d’urgence indéfiniment prolongé. Sous le couvercle de la peur du Covid-19, le Parlement a été marginalisé. La liberté d’aller et venir, mère de toutes les libertés, a été conditionnée. Les oppositions s’enferment dans le silence, la complaisance, la prudence ou l’autocensure. Une pensée unique sanitaire bat son plein et toute réflexion ou parole dissidente est vouée aux gémonies. Les grands débats de société (chômage, pauvreté, sécurité, pouvoir d’achat, immigration) se sont volatilisés. La nature du nouveau régime reste à définir. Post-démocratique ? Autoritaire ? De fait, la quasi-extinction de la contestation sociale ou intellectuelle et de la critique (voire de la caricature), contraste lourdement avec le lynchage quotidien des deux présidents précédents.

La quasi-extinction de la contestation sociale ou intellectuelle et de la critique (voire de la caricature), contraste lourdement avec le lynchage quotidien des deux présidents précédentsMaxime Tandonnet

Un chef de l’État de Ve République a traditionnellement deux missions : l’une d’incarnation du pays («le père de la nation») et l’autre de gouvernement. Les enquêtes d’opinion montrent que les Français ne sont pas satisfaits de la manière dont la France est gouvernée : 81% estiment que l’exécutif «ne sait pas où il va» (sondage Odoxa-Figaro du 4 février). L’allégeance de 40% d’entre eux au président Macron se rattache dès lors à la fonction emblématique de ce dernier et à la quête d’un protecteur, d’un symbole d’autorité ou d’un sauveur. Ce taux de confiance ne semble guère tenir à l’approbation d’une politique, à la conscience de réformes réussies ou à des résultats satisfaisants sur le plan économique, social ou sécuritaire. Il correspond à un phénomène émotionnel ou affectif autour d’une figure médiatisée. Il relève de la psychologie de foule dans une période troublée et touche pour l’essentiel les personnes et les catégories les plus exposées à la peur.

C’est pourquoi la sempiternelle comparaison de la cote de confiance du président Macron avec celle de ses deux prédécesseurs est largement infondée. Derrière la stabilité de la cote présidentielle depuis un an, l’avenir politique du pays n’a jamais été aussi incertain. Le climat de relative allégeance au chef de l’État peut-il se prolonger encore un an jusqu’aux élections ? De fait, il durera aussi longtemps que la peur continuera de hanter les esprits. Par ailleurs, cette cote de confiance à 40% conservera-t-elle toute sa pertinence à l’approche des échéances électorales, quand il faudra reparler de bilan et de projet ? L’inertie et l’immobilisme de la période sont-ils le calme qui prépare la tempête ? De fait, sous le couvercle de la crise sanitaire, la France glisse vers un abîme d’incertitude politique qui n’a guère de précédent…

Maxime Tandonnet Figaro Vox

4 réflexions sur “Sondages faux, truqués ou simplement non cohérents.

  1. Bonsoir M. Bertez
    Du fait que les français sont depuis longtemps progressivement infantilisés et déresponsabilisés par l’Etat, il ne faut pas s’étonner qu’en cas de crise, l’esprit covidé, ils courent désormais, jeunes bovidés ( dixit Ch. de Gaulle), après un papa bienveillant !
    On pourrait d’ailleurs s’interroger sur le succès médiatique du personnage du psy dans la série « en thérapie » qui, comme par hasard traite d’une précédente crise grave, et vient peut-être fort opportunément établir un lien avec le président de la cata covidée, comme révélateur de cet état de défaisance.
    Cordialement
    Steve

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    1. Bonjour Steve,

      Je ne vous rejoins que partiellement sur l’infantilisation des français par l’état, en cela que le nombre de français complices est considérable.

      De fait, les français choisissent délibérément de s’infantiliser eux-mêmes.

      Fort de cette situation, l’Etat pratique le harcèlement fiscal.

      Mais pour être concret et avoir été entrepreneur en Italie, en Espagne, au Mexique, notamment, je vous assure qu’il est préférable d’être au prise avec un État fort plutôt que de recevoir la visite de brutes qui pointent un calibre sur votre tempe. Tranche de vie vécue…

      Nous vivons dans un monde complexe et violent.

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