Les grenouilles, Aristophane

Souvent la ville nous a paru en user à l’égard des citoyens beaux et bons, comme pour la vieille monnaie et la nouvelle.

Les premières ne sont pas falsifiées : ce sont les plus belles de toutes les monnaies, à ce qu’il semble, les seules frappées au bon coin et d’un son légal ; et cependant, nulle part, ni chez les Hellènes, ni chez les Barbares, nous n’en faisons usage, préférant ces méchantes pièces de bronze, frappées hier ou avant-hier au plus mauvais coin.

Il en est de même pour ceux des citoyens que nous savons bien nés, modérés, hommes justes, beaux et bons, nourris dans les palestres, dans les chœurs, dans la musique, nous les couvrons de boue, tandis que les hommes faits de bronze, étrangers, aux cheveux roux, méchants issus de méchants, nous en usons pour tout derniers venus dont jadis la ville n’eût pas facilement voulu pour victimes expiatoires.

Du moins aujourd’hui, insensés, changez de conduite, usez de nouveau de ceux qui sont utiles : si vous réussissez, on vous donnera raison ; et, si vous tombez, ce sera d’une branche respectable ; si vous avez quelque chose à souffrir, vous paraîtrez aux sages avoir honorablement souffert.

Une réflexion sur “Les grenouilles, Aristophane

  1. Quel beau texte!

    Merci de ce précieux rappel politico-éthico-anthropologique…

    Il n’a pas prix une ride sur le fonctionnement réel de la démocratie.

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