Le scenario dominant sur les marchés se trompe, « quelque chose d’autre va se passer. » Nous avons jusqu’aux mois d’été pour découvrir ce que sera cette «autre chose».

David Rosenberg.

Je vous l’ai déjà dit, David est un bon, c’est l’un des meilleurs. Traduction BB

Jeudi dernier, alors que j’étais interviewé sur CNBC on m’a dit que mes opinions étaient diamétralement opposées au consensus et au positionnement des marchés.

Ce à quoi je me suis exclamé que cela faisait de nombreuses années que je n’avais pas été aussi enthousiaste à l’idée d’aller à l’encontre de l’opinion dominante.

J’ai eu juste assez de temps d’antenne pour mettre en pratique la règle n ° 9 de Bob Farrell: « Lorsque tous les experts et les prévisionnistes sont d’accord sur un scénario, c’est que quelque chose d’autre va se passer. »

Bien sûr, il s’agissait du débat sur la croissance et l’inflation galopantes et des appels à la Fed et au marché des valeurs du Trésor.

Je n’ai pas mordu l’appât tendu sur le marché boursier car la bulle ne fait que s’agrandir, avec un CAPE qui est maintenant autour de 37x, un CAPE qui n’a été dépassé historiquement que par la frénésie du secteur technologique de la fin des années 1990.

Alors oui, c’est vrai je ne suis pas positionné de la même manière que la foule pour ces «années folles», c’est certain.

Mais ce n’est pas la premirèe fois, je me suis deja trouvé dans cette position..

Quand je suis devenu baissier sur la technologie au plus fort de la bulle en 2000, mes partenaires de l’époque ont pensé que j’étais devenu fou.

Plus tard au cours des premiers mois de 2002, lorsque les visions de reconstruction post-11 septembre, parallèlement à des mesures de relance monétaire et budgétaire massives, ont fait sortir les bond vigilantes de leur réserve en force, il s’est trouvé que le second semestre de cette année là a vu un rebond monstre sur le marché des valeurs du Trésor, lorsque les anticipations sur un resserrement de la Fed ont basculé vers un assouplissement.

Il est apparu que l’économie était beaucoup trop fragile pour résister à la montée en flèche des taux du marché. Cela n’avait pas été évident pour le consensus pendant l’hiver et le printemps de cette année-là.

Alan Greenspan avait en fait annoncé au marché au début de 2000 qu’il était très chaud sur la grande reprise économique – mais comme c’est le cas maintenant, les investisseurs ont éclaté de rire.

Mais c’est au cours de cette manie du milieu des années 2000 que ma résolution a été véritablement mise à l’épreuve. Tout ce que j’avais à faire était de passer au crible les données et d’analyser les graphiques pour voir que nous étions dans une bulle immobilière de proportions épiques. Les ratios prix / revenu des logements, prix des logements par rapport au loyer et biens immobiliers résidentiels / actifs des ménages se situaient dans la stratosphère.

Lorsque vous parlez d’événements avec des écarts type un à deux, vous savez que vous êtes en plein excès majeur.

L’effet de levier, la spéculation, l’évaluation, le sentiment et la participation du public correspondaient tous à la définition classique d’une «bulle», mais – croyez-le ou non – j’en était au point où j’avais irrité tant de gens en refusant consensus haussier que l’on m’a interdit d’utiliser le mot «Bulle» dans les recherches qui étaient publiées , nous nous sommes contentés de parler de «manie» .

J’ai été confronté à de multiples révisions internes, à des volte faces, et au mépris interne pendant des années (le chef du département des obligations m’a même jeté une ma présentation graphique à la tête avec colère dans une salle de conférence); J’ai été encouragé à changer mes prévisions sur la politique de la Fed vers un resserrement à l’automne 2007. J »avais auparavant glissé discrètement une prévision d’assouplissement pour 2008 afin d’envoyer un message. J’ai lutte contre l’opinion que les taux allaient monter plus haut et je dirais que l’un des moments dont je suis le plus fier de mes 35 années dans ce métier c’est quand j’ai refusé de succomber à la pression de ceux qui disaient que la Fed allait augmentes les taux alors que j’avais le sentiment fort que le cycle du crédit allait bientôt s’effondrer.

Mais revenons à cette période de l’été et de l’automne 2007, ou j’ai refusé de rejoindre à la foule qui s’attendait à un resserrement de la Fed et annoncait un marché baissier prolongé des bons du Trésor, comme c’était le consensus écrasant à l’époque.

Je me souviens avoir été informé par l’un de mes supérieurs que les analystes de recherche sur les actions se plaignaient que s’ils entraient les prévisions de mon service économique sur les ventes au détail, la production industrielle et les mises en chantier dans leurs propres modèles, ils seraient obligés d’émettre des recommandations de «vente» sur 75% des entreprises couvertes. Ce à quoi j’ai répondu – « peut-être qu’ils devraient oser le faire . » Cela n’a pas déclenché une réaction très chaleureuse, c’est le moins que l’on puisse dire.

A cette époque je faisais du marketing à Houston, je visitais un très grand fonds commun de placement. Je donnais une de mes présentations habituelles «sulfureuse » et j’étais baissier. J’ai présenté tous mes tableaux sur le logement et expliqué pourquoi tout aller mal se terminer et que le seul investissement digne de considération était le long Bond, les Treasuries longues. A mi-chemin de mon discours, le responsable des ventes institutionnelles s’est levé, il m’a interrompu et a crié: «Rosenberg, j’en ai assez entendu, vous ne savez pas de quoi vous parlez!». Il y a des vendeurs qui étaient là qui peuvent confirmer garant de cette histoire; c’est bien arrivé comme je le dis.

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Il s’est passé exactement la même chose avec mon responsable des ventes d’obligations, lui m’a jeté physiquement mon paquet de fiches devant une trentaine d’autres personnes. Et je n’oublierai jamais ce qu’il a dit – « est ce que cela vous plait de vous tromper tout le temps?» Eh bien, à vrai dire, quand les choses se sont vérifiées et ont montré que j’avais eu raison , je me suis montré spectaculairement correct, et il n’a pas fait long feu plus longtemps au sein de l’entreprise.

Personne n’a raison tout le temps, et personne n’a tort tout le temps.

Et le plus souvent, cela tient à une question de timing, et je suis historiquement en avance . Mais l’expérience dans ce métier montre qu’il est important d’identifier les bulles – nous en avons deux maintenant, dans l’immobilier résidentiel et les actions – et de comprendre ensuite que les excès iront toujours plus loin que vous ne le pensez ; il faut aussi savoir qu’ aucune bulle n’a jamais été corrigée en douceur par un mouvement latéral.

Pour moi, il est fantaisiste de croire que nous sortirons de la première pandémie mondiale depuis plus d’un siècle pour entrer dans un monde nouveau d’inflation durable. Ou qu’une poussée massive des déficits et des dettes du secteur public, puisse nous assurer un avenir économique du type des «Années folles» et un scénario économique à la Boucle d’or, Goldilock..

Le déploiement de la vaccination est impressionnant et la réouverture de l’économie américaine sera à la fois bienvenue et impressionnante. Mais une fois que la soi-disant demande «refoulée» sera satisfaite dans le secteur des «services à la consommation» affecté par COVID-19, et une fois que les effets de relance à court terme sont épuisés, l’empereur économique se retrouvera nu, comme c’était le cas au quatrième trimestre de l’année dernière.

Avant, au milieu des années 80, les marchés avaient un horizon temporel de 1 à 2 ans aujourd’hui, cela ressemble plus à 1 à 2 mois. En juillet-août, les marchés, actions et obligations, commenceront à voir ce que je vois déjà maintenant après le virage qui nous attend.

Quant à l’inflation, tout le monde en parle, comme ce fut le cas au milieu du boom des actifs et des produits de base en 2006 et bien en 2007 – et finalement on a atteint un point où le boom des actifs et des produits de base s’est transformé en un effondrement . Et gardez à l’esprit que la récession a commencé près de deux ans après que la Fed ait touché les taux pour la dernière fois – alors parfois, ces bulles finissent par éclater sous le poids de leur propres excès . Comme le dirait Bob Farrell, «les marchés font l’actualité; les nouvelles ne font pas les marchés. »

Alors oui, le consensus sur l’inflation, sur la hausse des rendements des valeurs du Trésor, sur la hausse des marchés boursiers, sur les «Goldilocks», sur les «Roaring Twenties», sur la Fed qui ne sait pas ce qu’elle fait, tout cela est si majoritairement unilatéral, que je trouve qu’il est facile de placer ses paris dans l’autre sens.

Pourquoi? Parce que « quelque chose d’autre va se passer. » Nous avons jusqu’aux mois d’été pour découvrir ce que sera cette «autre chose».

J’ai donc la même conviction que celle que j’ai eu en 2000, 2002 et 2007. Le recul est incroyable, je dois dire, mais cela augmente en fait l’intensité de ma détermination.

Une réflexion sur “Le scenario dominant sur les marchés se trompe, « quelque chose d’autre va se passer. » Nous avons jusqu’aux mois d’été pour découvrir ce que sera cette «autre chose».

  1. Parfois le couple infernal banque centrale / état me fait désespérer d’un retour à la normale, qui même dévastateur nous permettrait de construire à nouveau.

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