Un petit tour, déprimant, du côté de la présidentielle.

La configuration politique reste très favorable à Emmanuel Macron, en tant que candidat et président par défaut.

C’est la conséquence de deux phénomènes; d’abord l’absence de réaménagement de l’échiquier politique en France , ensuite l’absence d’émergence de personnalité forte.

La société Française est bloquée dans ses divisions et aucune alliance de classe ne se dessine; les milieux populaires restent lépreux, hors jeu, personne n’a envie de gouverner avec le peuple, il pue.

Il faudra peut etre encore de nombreuses années de paupérisation des classe moyennes pour que celles ci fassent bloc contre les élites d’une part et les mondialistes d’autre part.

Avec ses 10% Mélenchon joue bien son role de Fourrier des mondialistes et du capital en même temps, ce qui est un singulier paradoxe. Il bloque une recomposition à gauche et en même temps il empêche la reunification des populistes de droite et de gauche, bravo l’artiste , tout ceci avec 10%!

La dictature du Rien, c’est à dire du Marécage centriste peut continuer. Le Rien sert de bouclier aux élites alliées aux ploutocrates.

Maxime Tandonnet pour Atlantico

Les résultats nationaux des dernières élections municipales de 2020 ont montré que le courant politique que représentent les Républicains et leurs alliés était dominant dans le pays sur le plan local :

2,65% à l’extrême gauche ; 29, 63% à la gauche ; 4,38% aux Verts ; 15,98% au Centre (dont 2,22% à LREM, le parti du chef de l’Etat) ; 33, 71% à la droite ; 3,33% à l’extrême droite.

Les sondages des régionales confirment cette domination.

En revanche, les LR ne parviennent pas à s’imposer sur le plan de l’élection présidentielle où invariablement, les sondages annoncent un duel de second tour le Pen-Macron et une réélection de ce dernier. 

Pourquoi ? D’abord les élections locales confirment des implantations anciennes qui bénéficient à LR. Ensuite la sensibilité de droite sur le plan des idées est probablement la plus proche de l’état d’esprit actuel des Français qui l’expriment dans des élections territoriales.

Cependant, au niveau de l’élection présidentielle, à ce stade, les LR ont toutes les peines à s’imposer, sans doute parce qu’ils n’ont pas de leader naturel et aussi parce que les stigmates des grands scandales nationaux notamment le drame de la présidentielle de 2017, continuent d’imprégner la conscience politique. La confiance du pays n’est pas encore revenue…

– Selon le dernier sondage Ifop, dans l’hypothèse où il serait le candidat de la droite, Xavier Bertrand s’impose chez les 65 et plus (27% d’intention de vote, deuxième derrière Macron) mais ne séduit pas les catégories populaires (10% d’intentions de vote), ni les CSP+ (12%), ni les jeunes (2%). Comment expliquer un partage de l’électorat si déséquilibré ? 

« Il ne séduit pas ». Vous touchez à l’essentiel autour de la notion de séduction. En effet, Xavier Bertrand, comme d’ailleurs Bruno Retailleau, ne séduit pas, il n’est pas dans une logique de séduction.

La politique est devenue avant tout un grand spectacle médiatisé. L’élection présidentielle est avant tout une affaire de séduction. A travers une posture, des slogans et des sourires, elle se joue sur la capacité à séduire des catégories d’électeurs. Cette séduction fit la force de M. Macron.

Mais Xavier Bertrand n’est pas sur ce registre. Son style ne se prête pas à la séduction. D’une certaine manière, il tente de renouer avec la politique ancienne manière fondée sur le « faire » plutôt que le « paraître », le débat d’idées et le projet plutôt que le charme personnel.

D’où les 2% que lui attribue ce sondage chez « les jeunes » qui ont grandi dans un climat plus propice aux héros des jeux vidéo et aux paillettes de la télé-réalité qu’à l’enseignement de l’histoire.

La question est de savoir si, en douze mois, il est envisageable, pour lui ou tout autre, de réconcilier une Nation et notamment sa jeunesse avec la politique au sens noble du terme en l’arrachant à la logique de l’esbroufe. Ce n’est pas gagné…

– Le fait que les hypothèses les plus “crédibles” pour l’instant pour la droite soient des candidats qui ne sont plus à LR (Pécresse et Bertrand) est-il un élément d’explication de la panne du parti au niveau national ?

Une certaine confusion n’arrange sans doute pas les choses. Deux candidats potentiels sont hors du parti. Le seul candidat quasi déclaré interne au parti, M. Retailleau, ne fait pas l’unanimité dans l’état-major du mouvement.

L’autre candidat potentiel en interne, M. François Baroin entretient le plus grand flou sur ses intentions. M. Wauquiez pour sa part fait régner le doute en annonçant qu’il ne restera pas inactif.

D’autres LR, minoritaires, sont clairement entrés dans une logique de reniement de leur « famille » en se ralliant, par calcul opportuniste, à la candidature de M. Macron. En outre, la discussion complexe et indécise sur les primaires rajoute de la confusion à la confusion. Tout ce désordre ne contribue évidemment pas à convaincre ni à restaurer la confiance envers la droite sur le plan national. 

– Si Emmanuel Macron ne réussit pas à créer d’ancrage local, est-ce le problème inverse que l’on constate chez LR ?

C’est-à-dire que l’on observe un découplage entre le la vie politique locale et nationale. Dans la première, la vie politique locale, subsistent encore quelques notions de préférence politique, de projet et d’action pour un intérêt collectif.

La seconde, la vie politique nationale, otage du pouvoir médiatique, est de plus en plus hors sol, déconnectée du réel, vécue comme un jeu vidéo, une émission de télé-réalité où s’affrontent des idoles.

De fait, ni M. Macron ni Mme le Pen n’inspirent la confiance, l’estime ou la sympathie de la France profonde, mais ils s’imposent comme les figures obligées du Grand Guignol médiatique qu’est devenue la politique nationale.

La logique de l’élection présidentielle dans le système du quinquennat – qui soumet les législatives au résultat des présidentielles – est profondément absurde et anti-démocratique : un jeu de séduction et de propagande médiatique devient la clé unique de l’avenir politique de la France.

Tout débat d’idées et de projet est désormais réduit à néant par cette logique d’idolâtrie et de culte de la personnalité.

Si des élections législatives authentiques, comme dans toutes les démocraties européennes avaient lieu, indépendamment des présidentielles, il ne fait guère de doute que la droite majoritaire aurait de bonnes chances de reprendre le pouvoir et de gouverner. Tel n’est pas le cas aujourd’hui.

Le tout « présidentiel » cultive la bêtise, l’esbroufe, la mégalomanie et la médiocrité, la soumission à des idoles d’une rare médiocrité et aggrave l’extrémisme et la division du pays. Il est une des causes évidentes du naufrage français, sanitaire, économique, social, intellectuel. Mais comment faire comprendre cela aujourd’hui ?

Entretien Maxime Tandonnet /Atlantico

Présidentielle 2022, qui vote quoi?

https://www.magazine-decideurs.com/news/presidentielle-2022-qui-vote-quoi

Posté le 14-04-2021

Emmanuel Macron candidat des classes moyennes, des seniors et des très jeunes. Marine Le Pen plus que jamais souveraine dans les milieux populaires où la social-démocratie a disparu, une droite qui ne parle plus aux nouvelles générations… Voici une analyse détaillée du corps électoral à un an du premier tour.

Emmanuel Macron candidat des classes moyennes, des seniors et des très jeunes. Marine Le Pen plus que jamais souveraine dans les milieux populaires où la social-démocratie a disparu, une droite qui ne parle plus aux nouvelles générations… Voici une analyse détaillée du corps électoral à un an du premier tour.

Photographie de l’opinion à un instant T, les sondages ne promettent pas de prédire un résultat, a fortiori à un an du premier tour de l’élection présidentielle. Mais, en examinant avec attention les rapports d’études, certaines tendances lourdes méritent une analyse. À cet égard, le sondage Ifop-Fiducial dont nos confrères de Sud Radio et du JDD ont eu l’exclusivité est une véritable mine d’or.

Catégories populaires

Ce n’est plus un scoop, le RN surperforme dans les catégories populaires. Le sondage Ifop en est la preuve éclatante. Marine Le Pen est créditée de 43% dans ce segment du corps électoral. Chez les ouvriers, elle monte même à 45% ! Elle profite de la faiblesse de la gauche qui réalise des scores que l’on peut sans exagération qualifier de catastrophiques : 4% pour Yannick Jadot, 3% pour Anne Hidalgo. Visiblement, les tracts en écriture inclusive, les idées décroissantes, la promotion du multiculturalisme et les combats sociétaux tels que les cours de récréation non genrées ne sont pas la martingale pour séduire cette partie de la population. Pour la reconquérir, la gauche écologiste et socialiste va devoir revoir entièrement son logiciel. En est-elle capable ? Jean-Luc Mélenchon, qui se rêve en tribun du peuple, est à 12%. Emmanuel Macron réalise une performance plutôt correcte : 19%.

CSP+

Avec 23% d’intentions de vote, Emmanuel Macron est en tête chez les CSP+. Il est intéressant de constater que les partis de gauche attirent davantage les CSP+ que les catégories populaires. Anne Hidalgo est à 12%, Yannick Jadot à 13%. La social-écologie ne serait donc pas un mouvement populaire mais une idéologie de classes sociales supérieures que certains peuvent qualifier de « bobos des villes », même si, sociologiquement, le terme n’est guère significatif. Notons que la droite, à 12%, est moins forte chez les CSP+ que dans sa moyenne globale. Préoccupant pour elle puisqu’il s’agit d’un public réputé lui être fidèle.

18-30 ans

48%. C’est le pourcentage des 18-30 ans prêts à voter pour des partis extrémistes pour les uns, antisystèmes et populistes pour les autres. Dans le détail, le Rassemblement national est le premier parti de la jeunesse française avec 26% d’intentions de vote, soit 4 points de plus que Jean-Luc Mélenchon. Du côté de la gauche écologiste et socialiste, c’est la soupe à la grimace. Anne Hidalgo et Yannick Jadot sont tous les deux à 8%, une catastrophe pour des partis qui se targuent de parler à la jeunesse.

Notons que si Emmanuel Macron est crédité de 21% chez les 18-30 ans, il est en première place chez les 18-24 ans (27%), au coude à coude avec Jean-Luc Mélenchon (26%). Chez les « plus jeunes des jeunes », Marine Le Pen reste en retrait (19%) mais performe chez les 25-30 ans (35%). Les Verts sont à 11% chez les 18-25 ans, la fameuse « génération climat ». La droite est en voie de disparition chez les 18-30 ans, puisque Xavier Bertrand est estimé à 2%. L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy est à égalité avec Jean Lassalle et derrière Philippe Poutou et Nathalie Artaud.

Retraités

Les seniors, chasse gardée de la droite ? Ce temps-là semble révolu. Si François Fillon avait réuni 36% d’entre eux, Xavier Bertrand est à 26%. La « faute » à Emmanuel Macron qui recueillerait 31% des suffrages des plus de 65 ans. Si les candidats les plus populistes séduisent la jeune génération, les plus âgés semblent bien plus réservés puisque Marine Le Pen est à 12%, soit deux fois moins que sa moyenne générale. Même tendance pour Jean-Luc Mélenchon qui, avec 6%, fait jeu égal avec Nicolas Dupont-Aignan.


Salariés du secteur public

La gauche a perdu les catégories populaires, elle est à la peine chez les jeunes. Chez les salariés du secteur public, qui est sa troisième zone de force traditionnelle, ce n’est guère mieux. Le PS d’Anne Hidalgo serait à 10% (sa moyenne nationale est à 7%) tout comme Yannick Jadot. Jean-Luc Mélenchon est à 11%. Additionnées, ces trois candidatures dépassent à peine le score de Marine Le Pen. Et c’est l’un des principaux résultats de ce sondage. La candidate d’extrême droite est largement en tête chez les salariés du service public : 29%. De son côté, le président de la République est à 23%, un score dans sa moyenne nationale.

VERDICT

RN. La candidate de la « France périphérique » ? Très implantée dans les milieux populaires, Marine Le Pen séduit une large partie de la jeunesse et part à la conquête des électeurs travaillant dans la fonction publique. En revanche, les seniors restent plutôt hermétiques à ses idées, tout comme les habitants de la région parisienne où elle dépasse péniblement les 10%. Il est intéressant de constater que l’extrême droite séduit 30% des femmes mais 21% des hommes.

LREM. Le candidat des classes moyennes ?  C’est une idée reçue tenace : Emmanuel Macron serait le « candidat des riches ». Une analyse approfondie du sondage Ifop permet de tempérer ce cliché. Le président de la République semble séduire les classes moyennes. Il arrive en tête dans les professions intermédiaires (23%) et chez les titulaires d’une licence ou d’un DEUG (30%) même s’il est également en tête dans les catégories aisées (29%). En termes d’âge, il semble être à la fois le candidat des plus jeunes, mais aussi des seniors. Emmanuel Macron a un avantage sur tous les autres candidats : Il n’est décroché dans aucune catégorie de la population. Il existe un « vote Macron » dans toutes les catégories sociales. Chez les Français gagnant moins de 1 300 euros par mois, il devance même Jean-Luc Mélenchon.

LR. Où sont les jeunes ? Quelle que soit la tête d’affiche, le candidat LR sera « le candidat des vieux ». C’est simple, plus la pyramide des âges augmente, plus son score augmente. 2% chez les moins de 30 ans, 27% chez les plus de 65 ans. Une tendance qui devrait préoccuper le parti par ailleurs à 10% dans les catégories populaires qui adhéraient pourtant à Nicolas Sarkozy, chantre de la « France qui se lève tôt » et défenseur du « Travailler plus pour gagner plus« .

Anne Hidalgo est à 1% chez les ouvriers, Xavier Bertrand à 2% chez les moins de 30 ans

Jean-Luc Mélenchon (LFI). Un candidat tout terrain : Pour certains observateurs de la vie politique, le tournant populiste, voire communautariste de Jean-Luc Mélenchon serait le signe d’un suicide politique. Pourtant, il reste le numéro 1 à gauche avec 11%. Le chef des Insoumis se repose sur certaines catégories telles que les moins de 30 ans (22% à quasi-égalité avec Emmanuel Macron mais derrière Marine Le Pen). Dans les classes populaires, il est largement distancé par Marine Le Pen. Chez les catégories supérieures, il réalise 13%, soit deux points de plus que sa moyenne nationale…

Anne Hidalgo (PS). La social-démocratie a perdu le peuple : Cela paraît étymologiquement antinomique, mais c’est un fait. Les socialistes sont inexistants chez les Français les plus pauvres. Le sondage Ifop est un coup de poignard pour Anne Hidalgo qui, en cas de candidature, est créditée de 3% chez les Français qui gagnent moins de 900 euros par mois, 4% chez ceux dont le salaire est compris entre 900 et 1 300 euros. Chez les ouvriers elle tombe même à 1% tandis qu’elle est à 2% chez les artisans et les commerçants. C’est chez les cadres et les professions intellectuelles supérieures qu’elle s’en sort le mieux avec 15%. Mais même là, elle est à égalité avec Marine Le Pen et 9 points derrière Emmanuel Macron.

EELV. Jeunes et bobos : Les Verts ? Parti des jeunes bobos des grandes agglomérations disent les esprits critiques. Le sondage Ifop ne contredit pas vraiment ce postulat. Yannick Jadot dépasse ou est à 10% dans les catégories telles que les 24-35 ans, les habitants de la région parisienne ou les diplômés du supérieur où, avec 12%, il fait jeu égal avec Marine Le Pen mais réalise un score deux fois inférieur à Emmanuel Macron et Xavier Bertrand. En revanche, EELV peine à séduire les moins favorisés : 4% chez les employés, 3% chez les ouvriers. Difficile de promettre la décroissance à ceux qui doivent se serrer la ceinture…

Lucas Jakubowicz

Méthodologie : L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1 730 personnes inscrites sur les listes électorales, extrait d’un échantillon de 2 003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 2 au 8 avril 2021.

Pour la rédaction de cet article nous avons considéré que Xavier Bertrand est le candidat de la droite puisqu’il semble le mieux placé des personnalités testés. Il est possible que le PS et EELV présentent un candidat commun mais séparé les deux partis permet de mieux cerner les électorats respectifs.

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