Avertissement. A partir de 2023, une décennie d’austérité sans précédent.

Au cours de son premier mandat Macron a essayé de faire ce que ses prédecesseurs n’avaient pas osé faire: transférer une part du revenu national des poches des salariés vers celles des entreprisis.

On apppelle cela le socialisme (sic) de l’offre et cela consiste simplement, sans oser l’avouer à tenter de hausser le taux de profit des firmes pour qu’elles soient plus rentables . On appelle cela etre plus competitives.

Macron a échoué à maitriser les dépesnes publiques, non seulement par mauvaise gestion mais également par manque de chance; la pandemie coute tres cher et l’absence de consensus social dans le pays oblige a être très généreux..

La situation du pays est telle qu’il n’y a plus de marges de manoeuvres et que quel que soit le gouvernement, Macron ou un autre une politique de regression des dépenses publiques et de stabilisation de la dette s’impose. La France n’est plus en mesure de faire face à un nouveau choc ou a une hausse des taux d’intérêt.

Une fois de plus on va prendre dans la poche des salariés mais pour transférer vers l’état, cette fois.

La première fois on a pris dans leur poche pour donner aux entreprises , la seconde on va prendre toujours aux mêmes mais pour restaurer les finances du gouvernement.

L’indigence politique française est telle que je n’ose suggérer que la politique fiscale et monétaire qui est ici esquissée par le Gouverneur de la Banque de France serve de point de départ de la campagne électorale.

Le cadre général qui est tracé ne s’impose pas seulement en raison des contraintes européennes, il s’impose dans l’absolu. La France est condamnée dans tous les cas à maitriser sa dépense publique ce qu ‘elle n’a jamais su faire et ce que Macron a complètement raté.

Il est inutile de faire porter le débat sur l’Europe, l’obligation de maitriser la dépense est absolue, elle a certes un prétexte européen mais ce n’est qu’un prétexte maladroit. la vraie raison de l’exigence de réduire les dépenses publiques, c’est l’insertion sur le marché mondial . Ou plus exactement l’obligation de maitriser la dépense publique résulte de la conjonction insertion sur le marché mondial avec libre circulation des capitaux.

Maitriser les dépenses est une nécessité si on veut éviter d’être désarmé face aux incertitudes et surtout de perdre la maitrise de notre destin. Déjà derrière les rodomontades nous en contrôlons plus grand chose, nos marges de manoeuvre et d’autonomie sont très réduites, réduites au minimum. nous ne faisons que sauver la face.

On ne peut, me semble-t- il maitriser la dépense publique , même sur le long terme ou la décennie sans modifier l’ordre social , voire même sans en détruire une partie, sans obtenir un consensus des populations: cela implique un changement de régime , de pratique politique et un changement d ‘hommes. les protagonistes actuels de la politiques sont irrécupérables . Leur passif est trop lourd et leur vision trop limitée.

Un mot encore pour souligner que bien sur notre Villeroy nous fait une belle denégation: cette politique ne sera pas une politique d’austérité! Mort de rire! Ce sera une politique d’austérité comme nous n’en avons jamais vu, avec transferts de richesses et de pouvoir d’achat, avec paupérisation etc.

Il va falloir affecter le surproduit à la stabilisation de la dette, peut-être au paiement d’intérêts accrus, au vieillissement démographique, et à la reconversion pour le respect des engagements sur le CO2! Sans compter le renouvellement de notre appareil de production défraichi, il a épuisé le filon de ses zones d’excellence et il va falloir investir pour en trouver d’autres. Au passage il va falloir payer pour l’accueil des transfuges et augmenter les dépenses de sécurité.

Les candidats qui ne tiennent pas compte de cette situation et des exigences qu’elle porte sont , me semble -t- il à disqualifier d’avance; sauf si ils affirment qu’ils sortiront du marché mondial, de la construction européenne et choisiront la voie du repli. Y en t-il?

La partie du discours de Villeroy de Galhau à Lisbonne qui concerne la France

Maintenant, permettez-moi d’illustrer ces principes en référence au pays que je connais
meilleur.

En France, nous avons parfois un rapport étrange avec l’austérité: nous
est le pays qui le craint le plus mais un de ceux qui le pratique le moins.

Cette peur infondée nous détourne de notre vrai problème: la faiblesse de notre
la croissance et le coût excessif de nos services publics alors même que nous
même modèle social que nos voisins. Je crois fermement en notre société européenne et en son modèle.
modèle, il n’est pas un handicap mais l’un de nos plus gros atouts .

Et laissez-moi être clair: je ne fais pas la promotion de l’austérité – avec des coupes dans les dépenses publiques mais nous devons évoluer progressivement vers une stabilisation des dépenses publiques
en termes réels.

Notre défi est le différentiel de 10 points de pourcentage entre notre ratio dépenses publiques / PIB et celui du reste de la zone euro.


Depuis 2008, le rythme de croissance de nos dépenses publiques a divergé significativement par rapport à celle de la croissance du PIB, contrairement à l’Allemagne ou au reste du zone euro.

Nous commençons avec une dette publique de 115,7% du PIB à la fin de 2020, qui
est presque deux fois plus élevé qu’il y a 20 ans.


Sur une hypothèse de non-changement de politique, avec une croissance potentielle d’environ 1,1% et
un taux de croissance des dépenses publiques en termes réels d’environ 1,1%, proche de
la tendance au cours des dix dernières années, nous ne réussirons qu’à stabiliser notre dette publique
à ce niveau élevé au cours de la prochaine décennie.

Ce serait une stratégie dangereuse compte tenu du risque d’une nouvelle crise économique exogène ou d’un choc de taux d’intérêt. Mais nous pouvons écrire un script plus positif pour éviter ce scénario basé sur lextrapolation des tendances.

Ça implique une combinaison de trois ingrédients:

-le temps : nous commencerons à réduire notre taux d’endettement une fois que
nous seront économiquement sortis de la crise Covid, donc après 2022, et nous devrons adopter une stratégie décennale;

-la croissance est indispensable: elle générera des revenus mais pas des miracles;


-des dépenses publiques maîtrisées et efficaces


Une croissance zéro , c’est-à-dire une stabilisation des dépenses publiques totales en termes réels à
taux d’imposition constant ramènerait la dette à environ 100% du PIB en 2032.


Une croissance des dépenses réelles de 0,5% par an ramènerait la dette à environ
110% du PIB.

La publication cette semaine de la mise à jour gouvernementale du programme de stabilité
prévoit à juste titre un tel contrôle des dépenses publiques une fois
la reprise sera solidement établie . Ce programme prévoit 0,7% de croissance par an à partir de 2023 en moyenne, ce qui un peu plus de 0,5% par an, et incorpore une hypothèse optimiste sur la croissance potentielle que notre propre prévision à 1,35% contre 1,1%.


Ce qui est le plus important à cet égard, ce n’est pas le nombre exact mais le fait que
les objectifs fixés soient effectivement atteints.

Le niveau à fixer – et ensuite à respecter -, relève du débat démocratique, pas des banques centrales.

C’est un objectif exigeant mais atteignable: nombre de nos voisins européens

En conclusion, la crise de Covid a complètement justifié une politique budgétaire très favorable.


Mais la sortie progressive de cette crise devrait être une opportunité cruciale pour nous.


Les Européens doivent répondre à une question fondamentale: comment maintenir le bon usage de
l’outil fiscal tout en assurant la soutenabilité de notre dette, afin de pouvoir
financer notre modèle social pour les générations à venir.

Accommoder la politique monétaire est évidemment utile, mais cette politique ne peut pas être tenue éternellement pour acquise.

Pour une analogie avec la sphère du changement climatique, il faut éviter une «tragédie
sur l’horizon « .

Thomas Paine, philosophe politique d’origine anglaise et citoyen du monde, a dit un jour: «S’il doit y avoir des problèmes, que ce soit à maintenant pour que
mon enfant puisse avoir la paix. »

C’est exactement ce que nous devrions viser dans la prochaine
décennie.

Merci pour votre attention.

En Prime

Le texte entier de l’allocution avec les graphiques

https://www.bis.org/review/r210419b.pdf

En Prime:

Le secteur bancaire français n’a pas commis l’erreur de l’Italien et il n’a pas augmenté son exposition a la dette souveraine de la France

2 réflexions sur “Avertissement. A partir de 2023, une décennie d’austérité sans précédent.

  1. Jacques Attali doit être incarcéré jusqu’à jugement pour atteinte à la sureté de l’Ètat. Ayant passé sa vie à pourrir le pays , il faut faire son bilan et sanctionner. D’autres ont été incarcérés pour une nocivité bien moindre.
    Pour ce qui est des économies à faire, je pense que toute personne censée trouvera suffisament de gabegies pour remettre le bateau en flotaison. S’ils n’y arrivent pas qu’ils me demandent, je trouverais bien quelques dizaines de milliards par an, à ne pas distribuer à leur copains. Bon, il faudra fournir des boules Quiés pour pas entendre les pleurnicheries, et quelques LBD pour cette fois s’en servir du bon côté.

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  2. Jacques Attali s’est toujours gaussé d’avoir la capacité à prévoir l’avenir. Pour 2022, il prévoit que la France, face à une situation financière épouvantable, n’aura pas d’autre choix que de privatiser les secteurs publiques coûteux et non essentiels à la survie de l’état. On devine alors qu’il s’agit de privatiser la sécu ! Des centaines de milliards transférés aux copains…

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