L’inflation ce n’est pas la hausse des prix, non !

Sur l’inflation comme sur tout le reste on vous ment.

L’inflation ce n’est pas la hausse des prix, non, c’est la course entre les prix et les salaires.

Les salaires représentent 70% des GDP en moyenne.

L’inflation en tant que phénomène susceptible de perturber les marchés d’actifs, ce n’est pas la hausse des prix des biens et des services, cela c’est pour la galerie: l’inflation c’est quand il y a mise en branle de l’échelle de perroquet entre les prix et les salaires, c’est à dire quand les entreprises essaient de monter leurs prix et leurs bénéfices et que les salariés refusent et exigent des hausse de salaires.

C’est à ce moment là que l’on peut parler d’inflation.

L’inflation des seuls prix ne gène pas les bourses, au contraire, elle leur convient puisque les entreprises élargissent leurs bénéfices et qu’elles deviennent plus profitables et plus solvables.

En revanche quand le rapport des forces sociales devient favorable aux salariés , ils se rebellent et entament une course prix/salaires et c’est là ou les bourses chutent et les taux montent fortement.

Rédigé par 

Bruno Bertez 

14 mai 2021

Les rapports de force entre les entreprises, leurs clients et leurs salariés pourraient faire grimper l’inflation – et forcer les banques centrales à modifier leur politique : un déclencheur quasi-certain de krach boursier…

Ci-dessous, un graphique intéressant de l’économiste John Hussman. Il retrace l’évolution des marges bénéficiaires, c’est-à-dire des marges par rapport aux chiffres d’affaires.

Attention, les marges bénéficiaires ne doivent pas être confondues avec la profitabilité du capital dont je vous parle régulièrement. Les marges bénéficiaires sont un ratio par rapport aux chiffres d’affaires, tandis que la profitabilité du capital est un ratio par rapport au capital engagé dans la production.

La tendance à la baisse de la profitabilité du capital traduit la hausse de la composition organique du capital – c’est-à-dire le fait qu’il faut de plus en plus d’investissement en capital pour une même quantité de travail salarié.

La masse de capital dans le système économique croît plus vite que celle de l’emploi salarié et plus vite que les chiffres d’affaires.

On masque le problème

La masse de capital croissant plus vite que la masse de profit secrété par le système, il y a tendance à l’érosion du ratio de profitabilité.

La financiarisation et la pression du capital sur les salaires ont été des moyens utilisés pour limiter les effets de la tendance à la baisse de la profitabilité. L’évolution défavorable ces dernières années de la productivité n’a PAS arrangé les choses.

Le système, si vous m’avez suivi, a donc masqué son problème de profitabilité par le développement de la finance, par le recours à la dette et par l’austérité salariale… mais ces moyens ont leurs limites : ils provoquent l’augmentation des risques financiers, ils accroissent les inégalités et divisent la société.

La tendance à la baisse de la profitabilité du capital date du début des années 60. Le néo-libéralisme – avec sa pression sur les salaires, la baisse de l’impôt sur les sociétés et la baisse des taux d’intérêt – est une tentative d’enrayer la tendance à la chute de la profitabilité du capital.

Facteur d’inflation

La question de la profitabilité insuffisante du capital peut être un facteur inflationniste.

En effet, en situation de concurrence forte, les entreprises n’ont pas la capacité de monter leurs prix. En revanche, lorsque la concurrence se réduit, comme c’est le cas maintenant, les entreprises retrouvent une certaine possibilité de gonfler leurs tarifs pour augmenter leurs bénéfices.

La restauration des taux de profit peut être une des causes de l’accélération de l’inflation ces prochains mois.

Les entreprises augmentent leurs marges bénéficiaires afin de s’opposer à la baisse de la profitabilité du capital, ou pour la restaurer.

Je cherche par cet article à vous faire comprendre qu’il y a un lien entre le profit, la profitabilité du capital, l’inflation et le risque financier.

L’inflation revient-elle dans les grandes économies capitalistes ?

Les économistes traditionnels se demandent si l’inflation des prix des biens et services dans les économies va s’accélérer.

Je réponds que ce n’est pas acquis mais c’est possible ; tout dépendra de la vigueur de la reprise, de la force de la demande, des goulets d’étranglement. Bref, tout dépendra du rapport de forces entre les entreprises et les clients sur les marchés d’une part, et du rapport de forces avec leurs salariés d’autre part.

La modification de ces rapports de forces peut obliger les banques centrales à resserrer la politique monétaire (c’est-à-dire arrêter d’injecter du crédit dans le système bancaire et relever les taux d’intérêt).

Si cela devait se produire, cela provoquerait un effondrement des marchés boursiers et obligataires et une augmentation des faillites car le coût du service de la dette des entreprises augmenterait.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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