Editorial: pourquoi le système capitaliste ne tient il pas ses promesses?

Keynes s’est trompé sur tout.

C’est, au plan, scientifique un faussaire; il a énoncé plus de faussetés que de vérités.

Mais au plan pratique ses fausses évidences ont eu et ont encore un rôle considérable dans la gestion du système. On n’a rien inventé de mieux.

Le Keynésianisme est un ensemble de recettes d’économie politique considérée comme un corpus de savoir à usage de gouvernement/de domination des peuples.

Le Keynésianisme c’est l’équivalent laïc et séculier de l’ancienne Charité.

Cela permet aux puissants de faire l’aumone par les amortisseurs étatiques et ainsi de rester puissants .

Le Keynésianisme est une doctrine dont le fondement est d’éviter ou retarder les révolutions populaires au prix d’un avilissement de long terme du système sur lequel repose l’ordre social.

Pas étonnant qu’il ait pris toute son importance dans les années pre-révolutionnaires , d’exacerbation des contradictions du capitalisme: les années 30.

Faussaire, cela ne l’empêche pas d’être le maitre à penser des économistes Main Stream, de la classe politique, des banquiers, des fonctionnaires et des médias.

Il est donc difficile de faire passer d’autres analyses et d’autres messages que ceux qui sont inspirés par l’idéologie keynésienne.

Le succès de Keynes tient à ceci ; il a mis au point des outils qui permettent de dépasser temporairement les contradictions crisiques du système capitaliste, mais temporairement seulement et c’est la raison pour laquelle il eu besoin d’ajouter : « sur le long terme nous serons tous morts », sous-entendu, les dégâts de long terme, on s’en fiche.

Niall Ferguson, professeur à Harvard, a expliqué que John Maynard Keynes ne se souciait pas des générations futures parce qu’il était gay et n’avait pas d’enfants. Il a expliqué que Keynes n’en avait pas parce qu’il était homosexuel et qu’il était marié à une ballerine, avec qui il ne « consommait pas » la procréation. Ferguson se trompe, Keynes était préoccupé par le système, il y croyait , il voulait le perpétuer, et il prétendait montrer sa supériorité sur le marxisme. Keynes était intéressé par pour les générations futures . En 1931, il a publiée un court essai, Economic Possibilities for Our Grandchildren..

Keynes était un bourgeois et il défendait l’ordre bourgeois, face à la montée des périls sociaux provoqués par la Grande Crise, sous cet aspect face à l’urgence, le long terme pouvait être négligé.

Maintenant que nous sommes arrivés au long terme par rapport à la mort de Keynes , et que nous ne sommes pas encore morts, nous pouvons constater les ravages du keynésianisme et mettre le doigt sur son caractère idéologique au service de l’ordre social qu’il défendait sans s’en cacher, d’ailleurs.

Keynes avait compris que face aux contradictions de l’accumulation capitaliste, face aux tendances à l’érosion de la profitabilité du capital, face à la tendance au ralentissement de l’investissement, face à la montée du chômage, il fallait créer des demandes artificielles, distribuer, subventionner, répartir, faire des dettes, creuser les déficits, faire de la fausse monnaie. Il fallait promettre.

Pour le long terme Keynes croyait aux vertus de l’Espoir pour faire accepter les duretés du capitalisme. l’Espoir pour les salariés c’est l’équivalent du Paradis pour les croyants!

La mission historique du mode de production capitaliste a été de développer les « forces productives » , c’est-à-dire l’efficacité de la technologie et le travail nécessaires pour augmenter la production des biens et des services dont la société humaine a besoin ou dont elle croit qu’elle a envie . 

En effet, c’est la principale justification du capitalisme: il est excellent producteur de richesses. C’est le meilleur, mieux, c’est le seul système d’organisation sociale capable de développer la connaissance , la technologie et les capacités humaines , le capital humain, il l’a montré tout au long de l’histoire de l’humanité. Marx et Engels l’ont reconnu dans le Manifeste: le capitalisme a été jusqu’à présent le système le plus efficace pour augmenter la richesse et la prospérité. Il est civilisateur.

Un système de promesses non tenues.

La hausse de la productivité du travail humain n’a pas permis de tenir les promesses du système car il s’est transformé en Ogre sous la contrainte du besoin de profit et de l’accumulation/ le bonheur c’est toujours pour demain!

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Ce développement des forces productives dans l’histoire de l’humanité est mesuré par le niveau et le rythme de changement de ce que l’on appelle la productivité du travail. 

Le graphique ci-dessous, donne à voir l’augmentation accélérée de la productivité du travail à partir des années 1800.

La hausse de la productivité sous le régime capitaliste

Mais Marx a également soutenu que la contradiction sous-jacente du mode de production capitaliste se situe entre le profit et la productivité. L’antagonisme entre le Capital et le Travail se manifeste sous la forme d’une contradiction dialectique entre les besoins de profit et ceux de la productivité qui nécessitent toujours plus de capital.

Le capital est un ogre qui a besoin de toujours s’accumuler, donc a besoin de toujours plus de profit, donc a besoin de plus de productivité du travail , donc a besoin de toujours plus investir et de mettre en jeu plus de capital. La masse de capital réclamée par la logique du système croit plus vite que la masse de profit et donc il y a un problème d’érosion endogène, structurelle de la profitabilité du capital.

Et c’est là ou nous arrivons à notre idéologue, Keynes.

Keynes était persuadé que l’augmentation de la productivité du travail devait  conduire à une amélioration du niveau de vie de l’humanité, notamment en réduisant les heures de labeur pour produire des biens et des services nécessaires à la société. 

Mais il s’est trompé , sous le capitalisme, même avec une productivité du travail en hausse accélérée , la pauvreté persiste, les inégalités de revenus et de patrimoines et de pouvoir augmentent.

L’humanité malgré le Progrès promis par le capitalisme n’a pas été libérée du labeur quotidien et elle ne produit pas assez pour les besoins de tous, même après une expansion colossale.

L’humanité accepte le système capitaliste parce que ce système est considéré comme le plus progressiste et le meilleur producteur mais l’histoire montre que la promesse n’est pas tenue!

En 1930, John Maynard Keynes, partisan du capitalisme. a fait valoir que si l’économie capitaliste était bien « gérée » par des hommes sages, keynésiens comme lui, alors le capitalisme pourrait éventuellement offrir, grâce à la science et à la technologie, un monde de loisirs pour la majorité et la fin du labeur. 

La promesse centrale du système n’a pas été tenue.

Il a dit : oui, les choses vont mal pour le capitalisme maintenant dans cette dépression, mais ne vous laissez pas séduire par le socialisme ou le communisme , car plus tard à l’époque de vos petits-enfants, grâce à la technologie et aux augmentations de la productivité du travail, tout le monde travaillera 15 heures par semaine et le problème économique ne sera pas celui du labeur mais celui des loisirs. ( Possibilités économiques pour nos petits-enfants , dans Essais de persuasion)

Keynes a conclu : « J’en tire la conclusion que, en supposant qu’il n’y ait pas de guerres importantes et pas d’augmentation importante de la population, le ‘problème économique’ peut être résolu, ou du moins être en vue d’une solution, d’ici cent ans. Cela signifie que le problème économique n’est pas – si nous regardons vers l’avenir – le problème permanent de la race humaine. » 

Alors que nous approchons des 100 ans fixés par Keynes, il y a peu de signes que le « problème économique » a été résolu.

Keynes a poursuivi prophétique : « pour la première fois depuis sa création, l’homme sera confronté à son problème réel et permanent à savoir comment utiliser sa libération des soucis économiques pressants, comment occuper les loisirs, que la science et l’intérêt composé -l’accumulation du capital- auront produit pour lui, sa préoccupation sera de vivre sagement, agréablement et bien. 

Keynes a prédit la surabondance et une journée de trois heures et l’abondance pour tous, de cet aspect de Keynes on ne parle pas, et pour cause car d’une part il faudrait remettre en question les enseignements du maitre et d ‘autre part s’interroger sur ce qui a dérapé dans le système!

Les enseignements du maitre comportent une lacune terrible; il défend le système capitaliste mais il néglige de faire du profit la variable centrale du système! Il oublie le profit, ce qui lui interdit de comprendre que le capital en veut toujours plus, a besoin de toujours plus pour survivre sous l’aiguillon de la concurrence. La concurrence oblige à exiger toujours plus de profit.

C’est le premier point, il fait de la Demande, concept socialiste, la pierre angulaire de son idéologie au lieu de faire du Profit , la pierre angulaire réelle du système capitaliste. Il s ‘engage dans une voie qui ne lui permet plus ensuite de comprendre comment cela se passe.

Le second point est que Keynes n’a pas compris que ce qu’il appelle « l’intérêt composé » , ou l’accumulation du capital est précisément le point faible du système capitaliste; en s ‘accumulant le capital demande toujours plus de profit pour rester en vie et ne pas faire faillite, il oblige à exploiter toujours plus les salariés sauf, sauf à accepter les dévalorisations périodique de l’excès de capital.

L’erreur intellectuelle de Keynes comme celle des politiciens actuels et des banquiers centraux est de croire que le capital, la monnaie, les dettes et les autres fétiches produisent quelque chose ! Non ils ne produisent rien, ils ne font que donner un droit à prelever sur ce qui est produit par le facteur travail. Donc nos simplets croient que si ils produisent quelque chose alors il finira par y en avoir assez pour tout le monde!

C’est une imbécillité car le profit n’est pas produit par le capital il est la part de la valeur du travail salarié non payée , donc si si vous avez de moins en moins de salariés et de plus en plus de capital a rémunérer alors vous arrivez a l’impasse, à la crise: le capital grossit dans cesse mais il y a de moins en moins de salariés pour le mettre en valeur et de moins en moins à exploiter. Le système ne peut fonctionner que si il y a une proportion harmonieuse entre d’un cote la masse de capital à rémunérer et de l’autre une masse de salariés à exploiter, à faire travailler pour en extraire le profit/la plus value.

Mais pour comprendre tout ceci bien sur il ne faut pas se placer au niveau micro économique qui est le niveau des apparences, mais au niveau macro au niveau global. Au niveau global, tout est produit par le travail humain, même les outils qui constituent le capital, il n’est de richesse que d ‘homme disait mon maitre Jean Bodin, mais c’est une vérité essentielle qu’il convient de cacher.

Les banques centrales idiotes qui font monter les Bourses c’est à dire font enfler la masse de capital , ces gens sont des idiots et des criminels. Le problème de ces simplets et qu’ils n’arrivent pas comprendre que l’accumulation du capital peut être infinie alors que celle du profit est nécessairement limitée.

on peut faire monter la masse de capital boursier jusqu’au ciel, cela ne changera rien à la masse de profit que le travail humain pourra secréter. On est dans la contradiction humaine majeure; « infini face à la finitude ». Le capital ne produit rien, il s’attribue une part du produit du travail humain. et ce travail est limité, c’est l’autre nom de la Loi universelle de la Valeur.

Ce que Keynes considère comme un facteur progressiste, l’accumulation du capital se retourne en son contraire car il oblige à exploiter la main d’oeuvre et les salariés toujours plus durement ce qui interdit la hausse du niveau de vie, augmente les inégalités et empêche la civilisation des loisirs.

3 réflexions sur “Editorial: pourquoi le système capitaliste ne tient il pas ses promesses?

  1. François Michelin finançait sa R et D par l’augmentation de capital, l’appel à l’actionnaire. Estimant que la R et D comportait des risques, qu’elle demandait des fonds importants compte tenu des essais nombreux et coûteux, le financement par la dette était par conséquence selon lui une opération « kamikaze »: une réalisation défaillante et il faudra tout de même rembourser le capital alors qu’avec l’actionnaire c’est lui qui perdrait tout.
    Qu’en pensez-vous Monsieur Bertez ?

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  2. Pourquoi les élites ne sont pas natalistes et pro démographie, et veulent au contraire réduire la natalité, alors qu’elles ont besoin de plus d’hommes?

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    1. C’est cyclique, relatif aux conditions de production; il y a des moments ou il y a besoin de « plus » et des moments ou il ya besoin de « moins ».

      Les élites en sont pas en faveur d’une augmentation de la population qui augmente les charges et réduit les profits et elles sont faveur des augmentations de population qui réduisent les couts et augmentent les profits.

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