Editorial: les sondages font partie de l’Imaginaire, de la Grande Bulle.

Les conseillers de Macron me dit-on, sont perplexes, Macron est largement détesté et pourtant 81% des électeurs de Macron ne regrettent pas leur vote.

C’est pourtant simple et non contradictoire, même pas paradoxal; car la question comporte un biais; elle demande aux gens de se déjuger, de juger de ce qu’ils ont fait en 2017.

Vous connaissez beaucoup de gens qui vont admettre, je suis un con, je me suis fait baiser, je n’ai aucun jugement politique? Moi non, j’en connais très peu.

Dans la question, vous êtes mis en cause: « regrettez vous ». Il y a deux « vous », Le premier est celui qui est interrogé, le second est celui du passé, celui qui a voté. Vous, le sujet qui a voté et vous le sujet qui maintenant est interrogé. Il faudrait être assez fin pour s’interroger sur les deux « vous » dont il est question.

La question comporte deux faces, l’une sur l’acte de choix qui a été accompli et l’autre sur la responsabilité, sur l’attitude, sur le jugement que le votant a vis à vis de son choix. Il y a dans la question posée une sorte de dimension narcissique secrète, non exprimée. Nous sommes dans la fausse objectivité des chiffres , laquelle dissimule une prépondérance subjective complexe.

Comment les gens pourraient ils savoir ce qu’ils veulent quand ce qu’ils veulent est, soit inexprimé, enfoui dans l’inconscient de l’inconnaissance, soit exprimé par le Cyrano de la Com qui souffle dans les coulisses?

Il n’y a pas en France de parole de concurrence, pas de parole de contestation, pas de parole qui émet une autre mise en forme du réel que celle de Macron et de ses associés. Pire les réactions et les rejets du peuple sont envoyés dans des culs de sac , devoyés, de-routés par des rebellocrates objectivement complices du système, que ce soit le RN , les Zemmour, les Onfray ou autre Mélenchon.

Un peuple, disait de Gaulle en privé, cela se fabrique, cela se fabrique par le discours d’un Chef qui renoue les fils du Présent avec ceux du Passé, les fils des souffrances d’aujourd’hui à ceux de la grandeur d’hier ; ici pas de parole de chef, car pas de chef . Pas de parole de chef pour pointer les diversions des fausses divisions , pour pointer les pitreries de la dé-construction, les pantalonnades de l’egalité ou des pseudo droits de l’homme à se faire en..ler. Personne pour pointer l’irrésistible descente aux enfers dans la béatitude de la déchéance servile.

Le peuple vit dans un imaginaire, dans une bulle soufflée en continu, par le discours et les narratives de ses Maitres. Il n’en sort plus jamais de cet imaginaire de pacotille, sauf dans les chocs, sauf dans les ruptures ou les lapsus de l’Histoire. .

En 2008 dans une rupture béante du système, les élites ont réussi le tour de génie de ne jamais nommer ce qui était arrivé: on avait buté sur les limites, on s’était fracassé sur la reproduction. Personne ne l’a dit, personne ne l’a su. on n’a jamais diagnostiqué la défaillance de l’excès de dettes et surtout de ses causes; dès lors on a solidifié le mensonge, on l’a rigidifié et on a valorisé, par une inversion incroyable, ce qui était la cause de la crise: la Modernité. On a fait plus de tout ce qui avait produit la crise des limites, on a élevé une statue à la Modernité, au Progrès.

C’est la Modernité, le Progrès qui sont la cause de la crise car le progrès par définition, dévalorise le passé, Il déprécie tout ce qui l’a précédé; la modernité et le progrès sont des ogres qui dévorent, Ils demandent, que dis je, ils exigent la destruction de ce qui les a précédé. Plus ils accélèrent et plus ils ont faim; le progrès réclame que l’on efface les traces du passé et de ses valeurs. En 2008 il fallait détruire , et nous avons essayé d’éviter une crise de logique et nécessaire destruction. Comme on dit, on a tapé dans la boite le long du caniveau, kick the can.

Et si par une politique monétaire de création de fausse monnaie vous niez les effets du progrès sur la valeur des choses, si vous niez que les valeurs anciennes doivent être détruites/déflatées alors vous construisez un monde faux. Vous construisez un monde de prétention, un monde de faire-semblant. Un monde de « extend and pretend ».

Et pour faire tenir ce monde brinquebalant de faire-semblant vous devez sans cesse en rajouter, bétonner toutes les failles et les fissures, vous devez sans cesse écoper. Reporter dans le futur, multiplier les promesses du crédit, Vous créez un Prétendu Monde. Un monde imaginaire , artificiel qui a besoin de plus en plus d’injection d’énergie pour éviter son destin entropique.

La dégradation par les bulles.

Un monde qui fait bulle.

Un monde enfermé dans l’opacité diafoirique, la non transparence et la désinformation

Un monde d’ailleurs dominé par un système de génération de perceptions faussées et dirigées

Un monde gouverné par la dialectique des fakes news car « on » ne sait plus ou est la vérité et le mensonge

Un monde de coercition car le vrai et le juste ne s’imposant plus il faut compenser la disparition des consensus par la violence

Un monde thématisé autour du complotisme et sa dénonciation, car il faut absolument faire taire ceux qui, de près ou de loin effleurent la vérité.

La vérité ce n’est pas celle du grand complot, ils sont trop cons pour comploter, pour élaborer un agenda aussi subtil, et surtout pour s’entendre dessus! Non ma vérité est celle de la logique objective, non subjective, inconsciente du système lequel n’a, dans son ignorance de lui même qu’un Projet; se survivre, se reproduire. Durer !

Et le système re-fabrique les êtres qui l’habitent pour leur faire faire, pour leur faire dire ce qu’il veut qu’il disent.

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