Un jour, le grand coup d’accordéon va ratisser le public et lui prélever tout l’argent excédentaire qui a été créé depuis … 2009.

Le marché boursier a réussi à se redresser face à des données horribles sur les ventes de logements neufs et à un indice manufacturier médiocre de la Fed de Dallas.

Pour ceux qui ne comprennent pas les mouvements du marché obligataire, il suffit de savoir que les vues sur la croissance et l’inflation, et les risques à la baisse due à la variante delta se conjuguent pour réduire les attentes futures sur les taux de la Fed. Enfin, l’hystérie inflationniste commence à s’atténuer – les anticipations d’inflation des consommateurs sont à leur plus bas niveau depuis novembre, à 2,4%, sur une perspective 2-5 ans

Sous la surface, les éléments internes du marché boursier sont en fait tout à fait compatibles avec une croissance plus lente, avec une inflation plus faible et un environnement pour des rendement obligataires plus bas.

C’est certainement le marché obligataire qui, dans sa prudence, a raison.

La marché des actions n’en veut rien entendre, il avance en fanfare.

Si vous attendiez une correction des cours boursiers pour procéder à quelques achats , vous avez eu votre chance la semaine dernière. Souvenez vous, le Dow Jones Industriel a perdu près de 1000 points au plus bas lundi et a clôturé en baisse de 725, une perte d’un peu plus de 2%. Le S&P 500 a fait un peu mieux mais a clôturé en baisse de 1,5%. 

Cela ressemblait au début d’une belle correction, longuement attendue . 

La raison pour laquelle tout le monde a vendu en même temps était la peur de la variante Delta.

La bouffée de peur a apparemment été vaincue … en une journée, malgré des nouvelles économiques décevantes.

-les demandes de prêts hypothécaires ont chuté de 4% la semaine précédente. 

-l’indice national d’activité de la Fed de Chicago est tombé à 0,09 tandis que les inscriptions au chômage ont bondi à 419 000. 

-l’ indice Markit Services Flash s’est  affiché 5 points en dessous des attentes du consensus.

Donc, vous avez eu une chance d’acheter à la baisse, mais cela n’ a duré qu’un peu plus d’une séance de bourse. 

Il semble que maintenant, en 2021, les investisseurs aient oublié à quoi ressemblait l’année 2008. On se précipite pour acheter toutes les baisses, la mentalité « buy the dip » est ancrée. Chaque plongeon est une occasion d’achat.

Les « investisseurs » achète tout, des actions, des obligations et des maisons. 

La majeure partie va dans les ETF plutôt que dans les fonds communs de placement et une bonne partie va dans l’ouest sauvage des crypto-monnaies. Il y a une énorme réserve de disponiblités et si vous ne pouvez pas acheter de voiture et que vous ne pouvez pas obtenir de réservation dans un hôtel où que ce soit, et si la liste d’attente pour un canapé est de 9 mois, alors que faire de votre cash?

Laisser votre argent en banque à 0,1% ? Bien sur que non. 

 Les actions sont chères. très chères? Peu importe.

Peut-être pas aussi chères que pendant la bulle des mers du Sud ou la bulle du Mississippi. Car la comparaison est là, elle est avec les bulles historiques.  

La hausse boursière n’est pas financière, elle n’a rien avoir avec les valorisations ou les rendements attendus. Beaucoup de gens n’ont aucune idée de la chose boursière. Aucune idée. Ils ne savent pas quel est le P/E pour le S&P 500. Ils ne connaissent pas le ratio des prix/ventes. Ils ne connaissent pas le Shiller P/E. Les fondamentaux n’ont aucune importance si la plupart des participants aux marchés ne savent meme pas que cela existe! Ils ne savent pas que le P/E Shiller est de 38. Ils n’ont aucune idée de ce qu’est un P/E et encore moins un P/E Shiller.

Et surtout ils ignorent l’Histoire. Leur référence c’est le présent, c’est hier.

Et surtout il n’y a personne, aux niveaux les plus élevés, pour essayer de la leur faire découvrir.

Je fais ce métier depuis plus de 50 ans et je peux vous assurer que ce n’est pas de l’appétit pour le risque comme essaient de nous le faire croire les responsables de la conduite des affaires, c’est simplement l’inverse; c’est la certitude qu’il n’y a aucun risque. C’est de l’argent à court terme, aveugle, moutonnier qui vient chevaucher une vague de liquidités irresponsable, rien d’autre.

Si l’objectif de la Fed est, cyniquement, de pousser les gens hors des banques et de les faire venir sur les marchés, pour, un jour , quand cela l’arrangera, le détruire car il est excédentaire, eh bien, alors là, mission accomplie. 

La politique monétaire enfle les prix des actifs et tous les gens qui ont des responsablités aux affaires le savent. Il leur suffit si ils en doutent encore de lire le récent rapport d’une soixantaine de pages de la Banque d’Angleterre:

C’est la politique monétaire qui produit la hausse démesurée de tous les actifs ; et comme personne ne l’ignore dans les hautes sphères, cela signifie que cela est accepté, voulu.

Voulu.

Je dis bien voulu délibérément, volontairement comme une conséquence inévitable des politiques suivies pour sauver le système.

La hausse des bourses est un coût.

C’est même le vrai coût des politiques choisies. Mais l’avantage c’st que ce n’est pas ceux qui engagent la dépense qui la paient.

Et quand ils disent « coûte que coute » c’est cela qu’ils visent, c’est ce coût terrible qui est concrétisé dans l’envolée folle des indices boursiers. Le coût, du « coûte que coûte » c’est l’ensemble des dégâts collatéraux qui se manifestent dans le symptôme des hausses boursières.

La hausse des Bourses est une consequence voulue, c’est un dégât collatéral des actions qui sont menées pour soutenir le système.

Ils savent que coût va être supporté par le public, venu si tardivement se faire « tarter  » sur les marchés, mais qu’importe car le risque aura été disséminé. Les gros acteurs systémiques eux, auront vendu ou se seront couverts. Le public, lui se retrouvera avec le Mistigri.

Ce sera, un jour, le grand coup d ‘accordéon , celui qui va ratisser le public et lui prélever tout l’argent excédentaire qui a été créé depuis … 2009. L’argent du public ira au Paradis de la Monnaie.

7 réflexions sur “Un jour, le grand coup d’accordéon va ratisser le public et lui prélever tout l’argent excédentaire qui a été créé depuis … 2009.

  1. « Tant que les salaires ne montent pas, ce qui semble impossible »
    Il me semble que l’inflation, Sans remontée de taux, s’accommoderait Bien avec la TMM, ou le revenu universel, je sais plus comment on dit, et permettrait de re localiser la production, ce qui semble tenir à cœur des dirigeants et d’éponger une partie de la dette.

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  2. Bruno bonjour,

    Igor a fait fort:
    «  »Ce qui est plus raisonnable est de l’or physique, du cash (plusieurs devises), un peu d’argent dans plusieurs banques, rembourser ses prêts.
    En enfin,Investir pour devenir plus indépendant du monde extérieur (énergie/alimentation etc…) » »

    Pourriez-vous en faire un article plus complet et surtout étayé à la Bertez ?
    Nous « savons » … puisque bien éduqués que nous sommes par un certain Bruno ! mais concrètement avez-vous quelques idées complémentaires pour nous sortir de ce mauvais pas patrimonial qui s’en vient ? et notamment pour le cash ?
    Un grand Merci pour l’ensemble de l’œuvre !

    J'aime

  3. Merci pour vos analyses.
    À mon petit niveau je résume ma compréhension :
    Toutes les valorisations sont trop hautes par rapport au réel. C’est la fuite en avant , le système devient de plus en plus instable. Les décideurs font semblant d’avoir encore une marge de manœuvre. La réconciliation arriva d’une manière au d’une autre.

    Tant que les salaires ne montent pas (ce qui semble impossible du fait de la demande énorme de profit), le scénario de réconciliation est la destruction du capital.

    Cela passera par une période de régime autoritaire, de contrôle des changes.
    En attendant il faut s’attendre à une confiscation sous une forme ou une autre des profits quand on est un particulier.

    A partir de cela, no place to hide. On peut seulement espérer sauver quelques meubles.

    S’endetter en pensant que l’inflation va payer le prêt semble être un paris dangereux.

    Ce qui est plus raisonnable est de l’or physique, du cash (plusieurs devises), un peu d’argent dans plusieurs banques, rembourser ses prêts.
    En enfin,Investir pour devenir plus indépendant du monde extérieur (énergie/alimentation etc…)

    Et aussi important, ne plus se faire d’illusion sur l’avenir. Il sera sombre

    Aimé par 1 personne

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