Enfin vous allez comprendre ce que l’on dit ou ne dit pas quand on parle de « bulles ».

On trouve encore des journalistes et des gourous pour s’étriper sur la question de savoir si les marchés financiers font « bulle » ou non.

Cela prête à rire mais on aurait tort, car formuler la problématique de cette façon n’est pas indifferent, cela fait partie des outils, des techniques pour … entretenir la bulle.

En effet à quoi sert ce débat, « bulle » ou pas « bulle »?

Réponse c’est un débat intéressé.

C’est un débat nominaliste c’est à dire sur le nom qu’il convient d’épingler sur une situation, avec en sous-entendu : si on accepte le nom « bulle », alors cela va baisser et si on récuse le nom de « bulle » pour désigner la situation alors cela peut continuer à monter!

La désignation, le fait d’accoler un signe déplace l’attention.

Un peu comme le sinistre Jean Paul Sartre qui se demandait si l’habit faisait le moine ou non!

L ‘habit ne fait pas le moine pas plus que l’absence d’habit n’empêche le moine d’exister car en soi, indépendamment de la désignation, la chose, la moinitude existe . . tout le monde n’est pas moine mais il existe des moines, avec ou sans leur habit.

Vous noterez car vous avez l’habitude de me lire que c’est une opération magique qui consiste à évacuer le réel, ses contradictions et ses antagonismes pour le remplacer par une problématique binaire stérile sur les signes.

Réussir à remplacer une problématique sur le réel par une problématique sur les signes c’est déja avoir gagné quand on est fabricant de bulles. Le fabricant de bulles veut qu’elles durent; il veut pour cela déplacer les analyses de l’essentiel, de l’histoire et des conditions de la formation de bulles. Il veut escamoter les causalités. Déja on s’inscrit dans un présentisme magique. On deplace les reflexions critiques du réel, vers la sémantique.

En passant c’est une spécialité de Macron qui utilise les conseisl de son maitre à ne pas penser, Habermas l’ancien admirateur de Hitler à ses débuts. Le Pouvoir se crée par les mots, le discours, bref, la capacité à imposer sa sémantique..Le pouvoir appartient à celui qui tient le discours du Pouvoir. Autrement dit, l’habit fait le moine.

Déplacer la reflêxion du réel vers la sémantique, c’est de l’idéologie, c’est du Sciences Po, c’est de l’Enarchie, c’est remplacer la science par la rhétorique, c’est de la tromperie.

Quand on déplace les analyses et les débats du réel vers la sémantique on réussit une opération magique: on déporte le regard , on obture l’intelligence, on voile; on fait comme les illusionnistes qui, bien sur ne sont pas magiciens, mais qui vous font regarder ailleurs, là ou il ne se passe rien.

La question de la bulle est simple et complexe; il y a bulle en regard des normes du passé mais le présent n’est pas le passé et dans le présent il n’y a pas bulle parce que, ce en quoi on exprime les bulles, la monnaie, a changé de nature et de quantitité.

Le monde des actifs financiers fait bulle :

en regard des critères du passé

en regard de la richesse réelle du monde sous-jacent

le monde des actifs financiers ne fait pas bulle en regard de ce en quoi il est exprimé: la monnaie

il ne fait pas bulle en regard de la masse de monnaie qui cherche un emploi

il ne fait pas bulle en regard de la rareté des actifs financiers en regard de la masse de liquidités

il ne fait pas bulle en regard des 24 trillions de l’actif du bilan des grandes banques centrales

Les actifs financiers font et ne font pas, « en même temps » « bulle », mais la masse totale de monnaie dans le monde, elle, elle fait « bulle ».

Mais peut etre qu’elle fait « bulle » maintenant en regard des GDP actuels , mais qu’elle ne fera pas bulle regard des GDP nominaux futurs hyperinflatés par l’hyper inflation? Qui sait?.

Un indicateur classique de « bulle », le ratio de la capitalisation boursière en regard des ventes, des chiffres d’affaires.

Les indicateurs de bulle du marché des actions clignotent de plus en plus en orange ou en rouge.

Par exemple, le graphique d’aujourd’hui de Kailash Capital montre que la capitalisation boursière totale des actions avec un ratio cours/ventes supérieur à 20 est passée à 4 500 milliards de dollars. À titre de comparaison, le ratio cours/ventes actuel des actions américaines atteint un niveau record de 3,1.

Le graphique suggère qu’au moins une certaine spéculation augmente la possibilité d’une bulle boursière.

D’autres indicateurs tels que l’activité des spéculateurs de détail, l’activité d’introduction en bourse, l’émission d’actions et, dans certains domaines, la valorisation indiquent également des marchés d’actions très exubérants.

D’autres mesures, cependant, semblent moins « pétillantes ».

3 réflexions sur “Enfin vous allez comprendre ce que l’on dit ou ne dit pas quand on parle de « bulles ».

  1. Encore un article intéressant que je ne pense pas avoir la culture pour complètement l’assimiler.

    Je voulais faire remarque que La finance décentralisée et la crypto peut devenir un gigantesque entonnoir pour avaler la production de liquidité et pourra devenir une alternative aux bourses.

    Loin d’être un spécialiste je m’intéresse néanmoins aux cryptos pressentant que le sens de l’histoire va dans cette direction.

    J’ai beaucoup entendu dire que la block chain va révolutionner la valeur comme internet a révolutionné l’information.

    Avec internet , l’information est devenu copiable à l’infini et gratuitement. Les médias ont été complètement boulversé. Comment continuer à capter une audience qui peut désormais tout trouver toute seule et faire son opinion. La solution a été de descendre de plus en plus bas dans le cerveau. On s’adressait au cerveau rationnel puis avec internet on passa au cerveau émotionnel et avec le covid est au passé au cerveau reptilien.

    Aujourd’hui les médias traditionnels n’ont plus aucun intérêt. La compétition pour l’audience sur internet fera que celui descendra aussi graduellement dans les bas-fonds du cerveau.
    Le média traditionnel renaîtra peut-être alors.

    La block chain qui est la technologie des crypto permet avec les NFT d’avoir un jeton unique qui n’appartient à une seule personne.
    Comme dans le monde physique, une pièce d’un euro dans ma poche est la et nul par ailleurs. Mon jeton dans la block chain est à moi et nul autre.

    L’intégrité est assurée par le code lui-même. Chaque transaction est immuable.
    La résilience de la blockchain est assurée par le nombre de mineurs (des personnes qui enregistrent les transactions moyennant un coût) .

    Les cryptodevise ont pour ambition de créer des monnaies sans banque centrale contrôlée par personne. Une convention non imposée contrairement aux monnaies d’état.

    L’impact de la blockchain risque d’être énorme dans le monde de la finance et des banques.

    Les détracteurs ont plusieurs arguments:

    Argument numéro 1: On peut répliquer les blockchain a l’infini . La rareté est une illusion. Vrai tout comme les monnaies d’état. La différence est que la monnaie d’état est imposé alors qu’une crypto sera acceptée par consensus. Aujourd’hui le monde est plus en plus dirigé par les multinationales qui eux n’ont pas de patrie.
    Il serait logique de voir une monnaie internationale imposée un jour par le haut (un peu comme l’euro d’ailleurs). Alors pourquoi pas une monnaie imposé par le bas ?

    Dans l’hypothèse d’un futur chaotique où l’on reviendrait à des petites communautés soudés alors une crypto peut devenir un outil de protectionnisme et surtout d’appartenance à un groupe. Cela donnera une identité et soudera le groupe. On pourrait imager une multitude de monnaies local géographique ou simplement culturel.

    Deuxième argument:
    Les cryptos consomment de l’énergie. Vrai et cela est parfaitement dans la logique de la troisième loi de la thermodynamique : les systèmes s’auto organisent pour maximiser la dissipation d’énergie. Dit autrement l’homme ferait tout en son pouvoir pour cramer au maximum les ressources qu’il a disponible. (La seul vrai écologie est la décroissance. La croissance verte est une arnaque qui va accélérer le pillage des ressources non exploitées).
    Le bitcoin qui crame énormément d’énergie va probablement avoir une longue vie.

    Les crypto et la finance décentralisée créent une couche supplémentaire dans nôtre écosystème et ajoute une consommation d’énergie importante en plus de l’existant.

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  2. Bonjour M. Bertez

    la « rectification des noms » est une pratique fort ancienne en Chine.

    Voici un extrait d’un commentaire de Jean Lévi au sujet de la relation par Sima Qian de l’usage des changements de nom- en l’occurrence nommer cheval ce qui est un cerf à l’époque des Royaumes combattants.

    « L’histoire joue non pas sur le nom comme signe de ralliement,
    mais sur le nom comme insigne d’autorité. Zhao Gao peut croire qu’il
    détient la réalité du pouvoir, dès lors qu’il dispose en despote absolu
    de la prérogative de donner leur nom aux choses.

    Le cerf s’est miraculeusement métamorphosé en cheval du seul fait que c’est le détenteur de l’autorité qui l’assure.

    Dans une société despotique, le poids de l’autorité rend caduque
    une preuve fondée sur l’unanimité, en sorte que la concordance des
    opinions ne saurait constituer, aux yeux du souverain, une caution de
    vérité et d’authenticité – elle est tout au plus la manifestation et le
    garant de la puissance d’une clique. »

    Jean Lévi, sociologue et anthropologue, spécialiste du chinois. CNRS

    On voit bien par là combien la psychologie des foules et la faculté de faire levier sur les complexes et ambitions individuelles sont connues empiriquement et utilisées par les apprentis tyrans depuis longtemps!

    Cordialement.

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