La problématique des futurs réfugiés et instrumentalisation politique.

« Protéger des flux migratoires irréguliers importants qui nourrissent les trafics de toute nature« . Cette expression prononcée par Emmanuel Macron ce mardi 16 août, évoquant la situation dramatique en Afghanistan, a suscité la polémique sur les réseaux sociaux. 

« Or aujourd’hui, il ne s’agit pas d’une problématique de migrations de façon générale, mais d’une question relative au droit d’asile avec un volet humanitaire, ce qui est radicalement différent. »

La problématique des réfugiés et instrumentalisation politique

par Patrick Martin-Genier

Quant à la crainte d’une nouvelle vague migratoire, l’inquiétude de l’Europe est aussi très palpable. Pour avoir mis en garde contre « des flux migratoires irréguliers », le président Emmanuel Macron a été soupçonné de n’être plus dans le secours aux réfugiés, mais dans la campagne présidentielle afin de ne pas encourir les foudres politiques notamment de la part du Rassemblement national de Marine Le Pen, conduisant le chef de l’Etat à préciser sa pensée et à réaffirmer le devoir d’accueil des réfugiés.

Or face à l’exode en Afghanistan, ce n’est pas quelques centaines de réfugiés qu’il va falloir accueillir en Europe, mais plusieurs dizaines de milliers.

Sur ce point, la solidarité européenne risque de faire défaut.

Quelques jours avant la débâcle, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, avait ainsi déclaré qu’il serait mieux que les réfugiés se rendent en « Turquie plutôt qu’en Autriche, Suède ou Allemagne ». Malgré l’annonce d’une réponse unie et forte de l’Europe face à cette nouvelle « vague migratoire » promise par le président de la République de son allocution, il est fort à parier que, de nouveau, l’égoïsme national dominera.

Dans son allocution du 16 août, la chancelière allemande Angela Merkel a été également on ne peut plus vague sur l’accueil des réfugiés dans son pays. Il faut dire, d’une part, qu’elle n’est plus candidate aux élections législatives du 26 septembre et que, d’autre part, le candidat de son parti -la CDU- à la chancellerie pour les élections du 26 septembre, Armin Laschet, accumule les déboires. Le débat migratoire pourrait avoir des effets encore plus dévastateurs sur la campagne car de nombreux allemands gardent encore en mémoire l’accueil des réfugiés en 2016, ce qui avait conduit l’année d’après le parti d’extrême-droite, AfD, à remporter plus de quatre-vingt-dix sièges au parlement.

En France, manifestement, Emmanuel Macron a tout de suite intégré une dimension de politique intérieure dans son allocution.

Il a ainsi clairement adressé un message adressé aux Français montrant qu’il resterait ferme sur la politique migratoire de la France, façon préventive de couper court à toute critique de la part de l’extrême droite.

Or aujourd’hui, il ne s’agit pas d’une problématique de migrations de façon générale, mais d’une question relative au droit d’asile avec un volet humanitaire, ce qui est radicalement différent. Mais on voit bien une fois de plus qu’il n’y aura pas d’accord européen sur un « quota d’accueil ».

En outre, le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, construit déjà depuis un certain temps un mur de trois cents kilomètres de long de la frontière iranienne et a annoncé qu’il ne serait plus le gardien de la politique migratoire européenne. Les flux des réfugiés seront ainsi fatalement détournés vers l’Europe, ce qui menace, une fois de plus, de faire voler en éclat toute velléité de solidarité.

Cette débâcle aura incontestablement des conséquences majeures dont toutes n’ont pas été évaluées à leur juste mesure. La réflexion sur la capacité de l’Europe à devenir plus autonome vis-à-vis des Etats-Unis va devoir de nouveau s’intensifier d’autant que Joe Biden, sur ce retrait, a purement et simplement abandonné ses partenaires européens, montrant à quel point son slogan « l’Amérique est de retour » était vain et sans issue.

Patrick Martin-Genier

Revue politique et parlementaire.

Une réflexion sur “La problématique des futurs réfugiés et instrumentalisation politique.

  1. Sans oublier le problème des infiltrés pour la 5ème colonne de l’islamisme radical, qui peuvent rester de parfaits petits intégrés pendant 3, 5 ou 10 ans et se transformer en machine à tuer !

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