Editorial. Vous êtes déjà ruinés, schéma logique de l’apocalypse.

Je vous invite à relire le texte référencé ci dessous par mon tweet, car celui qui suit le complète .

Je veux vous faire comprendre:

-que les deux sphères, la financière et la réelle divergent.

-que cette divergence ne tombe pas du ciel.

-que l’on est dans la nécessité, dans l’ordre des choses pas dans le hasard

La divergence n’est pas produite par les animal spirits idiots auxquels croient les keynésiens non moins idiots, mais par les problèmes internes du capitalisme.

Dans les années , 60 vers la fin, le système a eu du mal à maintenir sa croissance, il a buté, il a suraccumulé, il a eu des difficultés à maintenir sa profitabilité et donc la valeur du capital amassé; et pour tenter de le faire, il s’est financiarisé; la financiarisation est la réponse du système à ses difficultés à se reproduire et à se perpétuer.

Se financiariser cela signifie s’envoyer en l’air, se déconnecter du réel, couper progressivement ses ancrages, supprimer les freins à la création de monnaie et de dettes, bref c’est nier la gravitation , c’est buller dans un monde imaginaire de signes déconnectés du réel.

En se financiarisant le capitalisme s’oblige à maintenir la monnaie surabondante et à baisser son prix , c’est à dire qu’il s’oblige à maintenir les taux bas. Il se prive de son mode d’ajustement continu et progressif: l’inflation. Les taux ne peuvent être maintenus en baisse continue que si l’inflation est inexistante. Et ce faisant s’interdisant l’inflation, le système bute encore plus clairement et irrémédiablement sur ses limites internes.

Quand je dis aux gens vous êtes déjà ruinés cela signifie que cette ruine est déjà actée, elle est déjà acquise même si elle n’est pas révélée, même si l’écart entre la richesse fictive et la richesse économique réelle disponible ne s’est pas encore manifesté.

La ruine c’est l’écart entre la masse d’actifs financiers d’un coté et la masse de richesse réelles de l’autre . Mais tant que les autorités monétaires font jouer l’orchestre de la monnaie gratuite et distribuent du punch anesthésiant, les participants/fêtards ne savent pas que la ruine est consommée, ils ne le sauront que quand ils vont se précipiter vers la sortie du bal des cocus et tenter de sortir du piège.

Les principaux marchés boursiers inscrivent des sommets historiques.  Les taux d’intérêt à court terme sont proches ou inférieurs à zéro, et les obligations à long terme des État et des entreprises sont à des prix records (rendements bas record). Les primes de risque sont inexistantes.

Tout cela est produit par les énormes injections d’argent effectuées par les banques centrales. Elles achètent des obligations par centaines de milliards en créant de la monnaie nouvelle, pour permettre aux entreprises et aux institutions d’emprunter à des taux très bas.

Ceux qui reçoivent cet argent spéculent sur des actions, des obligations, des biens immobiliers et des crypto-monnaies , des œuvres d’art, etc. Tout le monde s’enrichit, tout le monde se croit génial.

Cet argent gratuit dont il est garanti qu’il continuera de l’être, alimente l’ingénierie financière, le jeu de Monopoly dont le fondement consiste à acheter des actifs qui rapportent un peu avec un gros endettement qui ne coûte rien.

Des sociétés dites de « capital-investissement » , des fonds spéculatifs lèvent des fonds pour racheter des sociétés afin de « dépouiller des actifs » puis de les revendre. Les accords de fusion et d’acquisition sont à des niveaux record. Un montant stupéfiant de 1,2 trillions de dollars de transactions de fusions et acquisitions sont annoncées ou en attente.

Les introductions en Bourse spéculent sur la différence de prix entre les actifs hors marchés et les actifs boursiers; les SPAC collectent de l’argent pour profiter de cet écart.

Dans tout cela il y a peu de vraie création de richesses réelles, peu d’investissements productifs, il n’y a que « création » alchimique de valeur boursière. Le capital s’auto-engrosse par son propre mouvement spéculatif. Le système se goinfre de valeurs fictives, de fraudes, d’escroqueries . Tout cela est encouragé , solvabilisé aux plus hauts niveaux, tout le monde croit être gagnant , y compris les autorités politiques et monétaires.

L’économiste libéral de gauche JK Galbraith dans les années 1950, disait que ces phases spéculatives extrêmes constituaient des détournements de fonds. Ils étaient détournés de l’économie réelle mais aussi ils constituaient de détournements au sens de fraudes. Il pensait que ces détournements s’analysaient comme des « écarts, écarts temporaires entre la valeur perçue d’un portefeuille d’actifs et sa valeur économique à long terme. « 

Galbraith dit que le spéculateur en vient à croire que l’argent gagné en achetant et en vendant des actions, des obligations et des produits dérivés est de l’argent réel et que la richesse qu’il représente ne nécessite aucune référence à la création de valeur par le travail productif. 

Le système accrédite cette idée que l’argent s’auto engrosse en entretenant la confusion sur le mot « Capital ». Le système ne veut pas que l’on perçoive la différence entre le vrai capital et le capital fictif. Et c’est pour cela qu’il utilise le même mot pour désigner des choses radicalement différentes!

Le système ne veut pas que le public comprenne que la bourse, les actions, les obligations , les crédits, les dérivés tout cela, ce ne sont que des morceaux de papier, des titres, titres de propriété, des contrats et que ce ne sont pas des outils qui produisent et fabriquent quoi que ce soit.

Ce sont des « titres de propriété du vrai capital. Ils ne font que représenter des droits ou transmettre des droits légaux sur une partie de la plus-value/du vrai bénéfice que les vrais outils doivent produire. Ces actifs financiers « deviennent des sortes d’ombres, des ombres portées, agrandies, déformées, des doubles-papier du capital réel » . 

Les « gains et les pertes par les fluctuations du prix de ces titres de propriété sont produits par le jeu boursier …ils deviennent, par leur nature même, et de plus en plus, une question de pari, qui semble prendre la place du travail comme mode d’acquisition/constitution de la richesse. Ce type de richesse monétaire est imaginaire, elle constitue une part considérable de la richesse des particuliers. 

Les marchés financiers ne produisent aucune richesse , mais ils peuvent créer des impressions de fausse richesse grâce à des dispositifs similaires du type Ponzi. C’est exactement ce dispositif qui a été branché par les banques centrales, par la création monétaire en continu, un investisseur ancien est remboursé avec l’argent d’un nouvel investisseur. 

« La bourse représente une richesse enregistrée ou perçue qui n’existe pas en tant que richesse réelle (capacité de production), et en tant que telle, elle augmente la richesse collective perçue bien au-dessus de la richesse économique réelle. Elle crée une illusion, mais cette richesse n’existe pas.  Et au fond tous les professionnels de la Bourse le savent; ils savent qu’un jour le boom spéculatif se transforme en krach financier. « Dans chaque escroquerie boursière, tout le monde sait qu’un jour ou l’autre le krach doit arriver, mais chacun espère qu’il pourra s’en sortir avant son voisin, après qu’il aura lui-même transformé sa richesse fictive en richesse réelle.

 Les paniques ne détruisent pas le capital, le vrai capital, non elles révèlent simplement l’écart entre la perception financière et la réalité économique. Elles donnent à voir de façon brutale à quel point le capital monétaire a été précédemment gaspillé par des emplois improductifs.

Minsky a expliqué : « Au cours des périodes de prospérité prolongée, l’économie passe de relations financières qui créent un système stable à des relations financières qui créent un système instable ». A un moment donné, le jeu prend le dessus, ce qui semblait être un cercle vertueux devient un cercle vicieux . » Minsky ne dit qu’une partie de la vérité, il suggère que ce sont les excès qui créent un système instable, c’est en quelque sorte la subjectivité des hommes, leur appât du gain qui transforme un système stable en un système instable. Bref dans les interpretations de type Minsky, on est dans le hasard, dans le subjectif, un jour on ne sait pas très bien pourquoi, l’instabilité apparait.

Dans l’hypothèse Minsky il manque un maillon, il manque un élément de la chaine logique: pourquoi à un moment donné, le système s ‘enfonce-t-il dans le jeu, la spéculation, la fragilité?

Minsky et ses copains keynésiens néo ne le disent pas et pour cause car si ils le faisaient ils seraient obligés de révéler le pot aux roses et le rôle centrale de la variable clef du système: le profit et sa dérivée le taux de profitabilité.

Confrontée à l’érosion de la profitabilité réelle, la Bourse fait concurrence au jeu du capitalisme productif, la spéculation fait concurence à l’investissement réel. Le capital s’auto engrosse, il se ponzise.

Le capital argent, le capital monétaire se dirige de plus en plus vers les emplois fictifs parce que le taux de profit que procurent les emplois productifs à un moment donné devient moins attrayant, Il devient inferieur au profit que l’on peut réaliser en mettant son argent en bourse. Le taux de profit de l’activité productive devient progressivement moins attrayant et donc le capital monétaire préfère aller jouer au casino, s’enrichir et faire du Monopuly. Et plus vous baissez les taux pour compenser l’instabilité montante, plus vous incitez au jeu et plus vous augmentez la fragilité contre laquelle vous prétendez lutter.

Le système Minsky , celui que j’ai complété en ajoutant les maillons manquants, ce système est un système de Gribouille, vous savez celui qui se jetait à l’eau pour ne pas être mouillé.

L’argent est de plus en plus investi de manière « improductive », la spéculation et l’ingénierie remplacent l’investissement et les dépenses d’équipement, et tout devient pervers. Il suffit que la création de monnaie nouvelle ralentisse, que l’inflation monte trop, ou que la croissance disparaisse, ou qu’un risque exogène se présente pour que le pot aux roses soit découvert; la richesse fictive s ‘effondre.

Ce mouvement ne constitue pas l’appauvrissement , non il en est la revélation car l’appauvrissement était acquis.

 Les keynésiens voient le moment Minsky en termes psychologiques, la « confiance », alors que nous, nous sommes dans l’objectif, dans le nécessaire: ce qui doit arriver arrive obligatoirement. La relation entre les performances du capital fictif et le taux de profit du capital « réel » est ce qui compte.

La chaine causale ainsi identifiée conduit à penser comme je le fais depuis le début de la financiarisation, conduit à prévoir qu’un jour les limites définitives seront touchées, mais elle conduit aussi en même temps à affirmer que beaucoup de subterfuges sont disponibles pour retarder les échéances et pour tricher avec la complicité objective des peuples qui ne demandent qu’à être trompés;, ils adorent cela.

La baisse de la rentabilité moyenne du capital productif conduit à terme à un ralentissement de la croissance des profits totaux du capital que même un basculement vers des secteurs spéculatifs comme la technologie ne peut inverser indéfiniment. Finalement, les bénéfices globaux non seulement cessent de progresser, ils se dégradent en relatif, puis ils baissent dans l’absolu , ils chutent absolument. L’expansion s’arrête, il y a effondrement de l’investissement , le prix des actifs financiers baissent en boule de neige, le crédit passé se transforme en dette pourrie et etc etc . le marasme de l’économie réelle fait en quelque sorte levier ; les profits financiers chutent d’un multiple des profits d’exploitation, c’est le contre levier qui se dénoue.

4 réflexions sur “Editorial. Vous êtes déjà ruinés, schéma logique de l’apocalypse.

    1. Pas de solution, zero hedge, l’argent est fait pour « baiser » le peuple et ensuite être détruit comme je l’ai expliqué; les ultra riches non seulement ne conservent pas de monnaie mais ils en vendent à découvert en faisant des dettes, des dettes énormes … pour acquérir de biens réels et rafler tout ce qui est rare et cher.
      C’est la grande prédation mondiale.

      Le seul conseil à la portée des classes moyennes c’est!
      immobilier+or

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      1. Si je puis me permettre, les classe moyennes peuvent ajouter à l’or et l’immobilier tout ce qui a valeur d’usage (et il y a de quoi dépenser une certaine somme pour tendre vers l’autonomie, même partielle).

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