Lutte contre l’inflation: paroles, paroles, toujours des paroles …

Ceux qui ont essayé de parier contre les obligations depuis que S&P a dégradé la note de crédit des États-Unis en 2011 ont perdu beaucoup d’argent. Les taux ont largement baissé et les prix des obligations ont monté.

Il peut sembler mystérieux que les investisseurs acceptent un rendement réel négatif sur un actif même sans risque. 

La réponse a beaucoup à voir avec l’achat continu d’obligations du Trésor par la Réserve fédérale.

De même pour les 13 000 milliards de dollars de dette souveraine à rendement négatif en cours dans le monde. 

Les détenteurs de capitaux n’achètent pas pour le rendement mais dans l’espoir de gains sur les prix, dans l’espoir de plus values. Ils achètent aussi parce qu’ils craignent un jour des décisions confiscatoires sur l’argent liquide. et les dépôts.

La politique d’assouplissement quantitatif de la Fed -QE- nuit aux épargnants de la classe moyenne. Les personnes sans actifs financiers sont mises à genoux par la politique connue sous le nom de « répression financière » .

Cette politique consiste délibérément à payer les dépenses du gouvernement gratuitement, en maintenant les taux d’intérêt en dessous du taux d’inflation. Cette politique est une aubaine pour les riches mais un désastre pour les gens moyens, qui ne reçoivent nt aucune rémunération sur leurs économies.

Alors que la Fed a parlé de ralentir le rythme de ses achats d’actifs (connu familièrement sous le nom de Tapering), il est important de se rappeler qu’elle est toujours techniquement dans une phase d’assouplissement . 

Cela pose la question de savoir si la Fed peut réellement augmenter à nouveau les taux sans douleur significative et sans bouleversements majeurs dans l’économie mondiale.

La taille des actifs financiers d’aujourd’hui par rapport à la taille de l’économie suggère que la queue peut remuer le chien. 

Toute baisse significative des prix des actifs financiers est susceptible de détruire la confiance des consommateurs. Selon les travaux de la Fed , 56 % des ménages américains détiennent des actions ordinaires directement ou via des comptes de retraite, et la corrélation entre la confiance des consommateurs et les cours des actions est étroite. Le total des actifs financiers aux États-Unis représente désormais 565 % du produit intérieur brut.

Un grand avantage de posséder la monnaie de réserve mondiale est que l’Amérique peut laisser flotter sa dette en constante expansion malgré des passifs à long terme importants et croissants. 

Mais 50% – 50,9 %- de la dette souveraine américaine arrive à échéance au cours des trois prochaines années. Le coût moyen pondéré de l’encours de la dette américaine n’est que de 1,38%. Avec plus de 22 000 milliards de dollars de cette dette due au public, tout changement même relativement faible des taux d’intérêt à court terme pourrait augmenter considérablement le déficit fédéral.

La Fed ne peut guère en pratique relever les taux. 

Malgré un bilan discutable dans l’atteinte de ses objectifs d’inflation, la Fed prétend désormais utiliser la politique monétaire pour résoudre une variété de maux sociaux et politiques, du changement climatique à l’injustice raciale. Avec un tel agenda , la Fed peut-elle vraiment oser un resserrement ?

Il ne fait aucun doute que la Fed a les outils pour lutter contre l’inflation si elle le souhaite. 

Mais la question reste de savoir si elle peut prendre le risque de le faire ou même de le tenter.

Etant donné la masse des actifs financiers par rapport à l’économie, les effets potentiels du resserrement sur le budget fédéral et la liste croissante de responsabilités sociales de la Fed, il est peu probable que les responsables aient la volonté politique d’utiliser les moyens dont ils disposent.

Extrait d’un article de M. Trennert

M. Trennert est président de Strategas.

2 réflexions sur “Lutte contre l’inflation: paroles, paroles, toujours des paroles …

  1. Selon moi la question ne se pose pas. La Fed ( et c’est pareil pour lea BCE) ne peut pas laisser les taux remonter au delà de 1.8-2 % sur le 10 ans US sans provoquer un craquement sur les bulles. Elle s’est cornérisée et on voit que des baisses de 4-5 % sur les indices US provoquent les mêmes réactions inquiètes que des baisses 3 fois plus fortes il y a encore 15 ans…nous sommes dans un piège dont nous ne pouvons même pas sortir comme le tente les chinois en essayant de dégonfler volontairement les bulles d’actifs car cela nécessite un courage que nous n’avons plus. Je pense qu’après avoir utilisé tous les artifices possibles et je ne doute pas qu’il y en aura de nouveaux, nous n’échapperons pas à un krach massif et à une dépression qui remettra les compteurs à zéro. Comme pour l’argent il n’y aura pas d’issue magique. Là on pourra parler de great reset.

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    1. Moi je ne fais pas de prévision.

      Dire qu’a long terme tout sera détruit n’est pas une prévision mais un constat comme deux et deux font quatre.

      Pas plus que dire qu’a la fin de notre vie nous mourrons! La mort est incluse dan le concept même de vie.

      CDLT

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