Editorial. Le système des banques centrales a été mis en place pour contenir le pouvoir des peuples. A force de tout tripatouiller, les illusionnistes se sont illusionnés.

Rédigé par 

Bruno Bertez 

18 octobre 2021

Les banques centrales nous mènent au chaos social.

Dans leur volonté de protéger le Capital et la Propriété, face à la montée des démocraties, les classes possédantes ont , il y a quelques décennies mis des garde-fous au pouvoir des peuples.

Parmi ces garde fous il y a les Institutions Internationales et le Système des Banques Centrales.

Les banques centrales constituent l’un de ces garde fous. Elles ont été conçues pour les « 200 familles », puis autonomisées pour mettre la gestion monétaire hors de portée des tentations démagogiques.

La fameuse indépendance des banques centrales est bien sur un mythte que l’on oppose aux peuples car en réalité les banques centrales dépendent des puissances d’argent, des marchés, du business, etc.

Elles sont protégées des visées des gouvernements , mais elles les financent. C’est le Deal.

C’est une sorte de mariage: d’un coté vous ne touchez pas à mon indépendance formelle, mais d’un autre coté nous faisons en sorte de financer directement ou indirectement les dépenses dont vous avez besoin pour exercer et conserver le pouvoir. C’est un marché, une alliance au centre de laquelle se trouve dissimulée, la classe bancaire et les dynasties financières.

Visa vis des marchés les banques centrales sont otages. Au fil du temps les bourses et les marchés des changes ont prix le pouvoir et ce sont des ogres, ils imposent leur logique; les banques centrales obéissent sous la menace du chaos. La menace du chaos a remplacé les anciennes menace du Mur de l’Argent des années 20 et 30.

Ce que je veux vous faire comprendre c’est que derrière la poudre aux yeux de la technicité, derrière l’apparente complexité et le langage diafoirique, la chose monétaire est très simple et que c’est plus une question politique qu’autre chose.

Mais dans nos systèmes la pseudo expertise est utile pour camoufler les choix purement politiques , les choix de classe sociale. On fait passer les intérêts de classe pour un intérêt général . La gestion monétaire transfère plus de richesse et de revenus que la gestion fiscale .

Cette réalité doit etre masquée car quand on y regarde bien et surtout vue de haut, , elle est scandaleuse et intolérable.

Pour la masquer il faut empêcher les débats, pratiquer le monopole de la pensée, entretenir le Groupthink par le recrutement, , rendre opaque, inventer des bestioles, des raisonnements des modèles , des dérivées. Bref il faut mettre en scène un jeu d ‘ombres et de signes qui se substituent au réel.

L’ennui est que les apprentis sorciers, faux démiurges et vrais illusionnistes ont été dépassés, ils ont perdu le contrôle intellectuel du systme qu’ils laissé se developper; les zozos de la monnaie en savent plus ce qu’est la monnaie, comment elle vit, meurt, se transfère, mute . Ils ont perdu le contrôle de ce que l’on appelle la Transmission au monde réel. Maintenant ils parent au plus pressé comme le Titanic au milieu des icebergs.

L’optimisation à court reste encore possible car le court terme est dominé par les perceptions ; mais le long terme est dominé non par les perceptions mais par la pesanteur, la rareté, les limites.

Le court terme est dérivable, linéaire; le long terme est fractal, en tout ou rien, en rupture.

Le long terme c’est le temps des réconciliations, le temps des comptes: on présente la facture.

Les banques centrales appliquent une politique qui s’appuie sur des théories fausses, et tentent de maîtriser des phénomènes auxquels elles ne comprennent rien : difficile de dire où elles finiront par nous mener…

Les théories monétaristes de l’inflation ont montré leurs limites avec l’expérience des dernières années. On a cru créer de la monnaie – et celle-ci n’a jamais produit ses effets inflationnistes !

L’économiste Anna Schwartz, collègue de Milton Friedman, s’est trompée quand elle a cru que les expériences monétaires de Bernanke allaient provoquer l’hyperinflation : on a eu la déflation.

Pourquoi ? Parce que tout simplement ce n’était pas de la monnaie : c’était des simulacres de monnaie, des réserves, des signes sans pouvoir économique. La monnaie soi-disant créée était une monnaie zombie, Canada Dry, elle avait tout de la monnaie sauf son pouvoir monétaire.

La monnaie est endogène aux processus économiques, elle est produite non par en haut mais par en bas.

La monnaie magique a été neutralisée par la chute continue de son utilisation, c’est-à-dire par la baisse de sa vitesse de circulation ou, si on veut, de sa vélocité.

Une théorie qui ne sert à rien

A quoi sert une théorie si la variable centrale – la quantité de monnaie – peut, selon les cas (que l’on ignore), produire ses effets ou ne pas les produire ? A rien.

Pour approcher une théorie de l’inflation, il faut partir du réel. C’est comme par hasard ce que font les zozos actuellement quand ils nous disent que la hausse des prix présente a pour origine… l’offre !

Ah, les braves gens.

Ils reviennent au réel, à la production et aux coûts. Ils nous disent : « on manque d’approvisionnement, on manque de main d’œuvre » – c’est-à-dire qu’ils reviennent aux conditions objectives de la production, celles qu’ils ont passé des décennies à occulter.

Les croyances ne sont plus un guide mais un obstacle à vaincre. Il faut lutter contre elles.

L’importance du facteur monétaire

Il est évident que c’est encore une ânerie, toutefois, car le facteur monétaire joue. C’est lui qui permet la hausse générale des prix : si la monnaie n’était pas accommodante, ce qui est demandé/rare monterait et le pouvoir d’achat disponible pour les autres biens baisserait et leurs prix chuteraient.

Le niveau moyen ne pourrait pas s’envoler dans un système de gestion monétaire rigoureuse. Il n’y aurait que des jeux de prix relatifs.

Une bonne théorie de l’inflation doit tenir compte de la dualité ontologique – à savoir que d’un côté, il y a des valeurs objectives articulées organiquement entre elles par la production, et de l’autre, des prix monétaires articulés entre eux dans un niveau général.

Les prix dépendent des valeurs objectives des biens et services et, en même temps, du fait que ces valeurs ne se manifestent que transformées en prix par la médiation de la monnaie – cette dernière étant, pour compliquer le tout, désirée en elle-même : c’est-à-dire qu’on lui attribue une valeur d’équivalent de tous les désirs.

La valeur des choses dans les économies modernes a une tendance de long terme à baisser parce que les salaires diminuent en proportion de la valeur ajoutée totale, et que les bénéfices sont érodés par une composition organique croissante du capital. Cette tendance endogène au système d’accumulation du capital et de maximisation du profit est le vice interne qui produit les crises.

Ce vice, les autorités monétaires essayent de le contrer en augmentant la masse monétaire de sorte que le prix exprimé en monnaie des biens et services augmente malgré tout. Mais comme ils ne savent pas comment cela marche, ils avancent sans carte, sans boussole, sans références historiques, sans théories : c’est l’aventure…

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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Une réflexion sur “Editorial. Le système des banques centrales a été mis en place pour contenir le pouvoir des peuples. A force de tout tripatouiller, les illusionnistes se sont illusionnés.

  1. Limpide synthèse : Comment un candidat « Z » va t’il pouvoir expliquer cela aux franchouillards ? remettre en cause la BCE c’est remettre en cause l’UE ! l’Euro ! l’Europe ! c’est être pire qu’oncle Adolf ! Pas gagné…

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