Politique monétaire, l’incertitude est elle levée? Bien sur que non!

Le « Comité de l’Open Market » de la Réserve fédérale, s’est donc réuni . Aucune surprise. On dit que l’on accélère le rythme de réduction de la stimulation et qu’il y aura bien trois hausses de taux.

L’inflation galope à son taux le plus élevé en 40 ans – 6,8 % – officiellement.

La Réserve fédérale a retiré le mot « transitoire » en ce qui concerne l’inflation.

Au rythme actuel, les calculateurs de la Wharton Business School estiment que l’inflation « pillera » de 3500 dollars chaque ménage américain moyen cette année.

Selon John Williams et ses ShadowStats, l’inflation effective, non triturée , va à un taux bien plus élevé que ne le concèdent les responsables.

15% d’inflation

Mesurée selon la méthode des années 1990 , l’inflation dépasse 10 %, soutient Williams. 

Mesurée l’inflation à l’aune des années 1980 et l’inflation approche les 15 %.

Les revenus augmentent ils de 15 % ? Bien sur que non!

Les chiffres économiques sont hédoniques; dans la comptabilité nationale tout est faux et conçu pour satisfaire des objectifs politiques; Charles Goodhart l’a exprimé dans sa Loi qui fait autorité.

La loi de Goodhart, du nom de l’économiste Charles Goodhart qui l’a formulée pour la première fois en 1975, indique que « lorsqu’une mesure devient un objectif, elle cesse d’être une bonne mesure », car elle devient sujette à des manipulations, directes (trucage des chiffres) ou indirectes (travailler uniquement à améliorer cette mesure.

Les chiffres triturés s’inscrivent dans une conception magique de l’économie à savoir que ce qui est important ce n’est pas la réalité mais les perceptions. C’est de l’anti-science, un monde d’illusionnistes dont l’efficacité se limite au court terme c’est à dire aux réactions des marchés. Sur le long terme c’est la réalité qui prend le dessus et il est évident que si l’inflation est sous déclarée, sous constatée, alors le pouvoir d’achat réel des revenus est inférieur à ce que l’on croit, donc la croissance économique elle même est fausse/pénalisée et pour essayer de la soutenir il faut completer les revenus insuffisants par le crédit et les dettes.

Bref les mensonges se manifestent par des anomalies ailleurs.

Au passage j’en profite pour poser la question aux partisans de l’imbécile théorie des anticipations rationnelles de Muth et Lucas: sur quoi fonder les anticipations, sur le trituré ou le réel?

En verité sachez que rien n’est vraiment géré ou piloté: on est dans un minable système d’apprentis sorciers, de charlatans qui naviguent à vue, accumulent erreurs sur erreurs -comme celle du temporaire- et ne font que chercher de petits optimums au jour le jour.

Le monde leur échappe fondamentalement, ils courent derrière!

Pourtant, même les chiffres officiels triturés de l’inflation mettent la Réserve fédérale en sueur.

L’enfer pour la Fed ce n’est pas seulement l’inflation, mais le dilemme qu’elle pose.

Damnée dans tous les cas

Vous êtes naturellement conscient du dilemme dans lequel se trouve plongée la Réserve fédérale.

Ses délires monétaires depuis le printemps dernier ont insufflé un combustible dans tous les marchés actifs – actions, obligations, crypto-monnaies, immobilier – alimentant ainsi la « bulle de tout ».

Cette bulle mousseuse réclame des fluides supplémentaires, du kérosène supplémentaire, pour rester en l’air. En l’absence d’un pompage continu… la gravité exercera sa méchante fatalité … et la bulle retombera sur la terre ferme… où elle éclatera.

Il n’y a aucun bon choix pour Powell :

1) Laissez les choses aller et l’inflation accélérera et brulera le dollar.

2) Arrêtez les délires monétaires et la gravité se chargera de faire atterrir les marchés

Powell dit qu’il va le faire tout en ne le faisant pas:

Plus précisément, il a signalé qu’il le fera. À 14 heures hier la nouvelle est tombée…

Powell et ses camarades ont maintenu les taux mais ils ont télégraphié jusqu’à trois hausses l’année prochaine, à partir de mars.

Ils calibreront également les pompes à injecter le kérosène monétaire à un débit inférieur. Le carburant arrivera toujours, mais avec beaucoup moins de pression..

CNBC est chargée de vous souffler ce que vous devez penser:

La Réserve fédérale a fourni mercredi plusieurs indications selon lesquelles sa politique ultra-facile depuis le début de la pandémie de COVID touche à sa fin…

La Fed achètera 60 milliards de dollars d’obligations chaque mois à partir de janvier, la moitié du niveau d’avant la réduction de novembre, puis accélérera encore la réduction à partir de 2022.

Après la clôture, à la fin de l’hiver ou au début du printemps, la banque centrale s’attend à commencer à augmenter les taux d’intérêt, qui sont restés stables lors de la réunion de cette semaine. Les projections publiées mercredi indiquent que les responsables de la Fed prévoient jusqu’à trois hausses de taux en 2022, deux l’année suivante et deux autres en 2024.

La Bourse fait ce qu’on attend

Comment la bourse a-t-elle pris la nouvelle ? Exactement comme vous pouvez vous y attendre: l’opposé à 180 degrés de ce à quoi les naifs auraient pu s’attendre .

Les indices principaux étaient dans le rouge, mais lorsque la Réserve fédérale a fait son annonce, ils ont fait fait un « bon bond » pour manifester leur satisfaction et applaudir les artistes.

Le Dow Jones était bientôt en forte hausse avec un gain de 383 points .

Le S&P 500 a rebondi de 75 points. Le Nasdaq est devenu fou, gagnant 328 points .

L’or a gagné 7 $. Le Bitcoin a gagné 2 611 $ .

Certitude

Pourquoi la bourse a-t-elle bondi cet après-midi ? Parce que la Réserve fédérale a fourni une certitude, affirme Jim Caron, stratège en chef de Morgan Stanley :

Maintenant, j’ai vu à quel niveau les taux vont être relevés et à quelle vitesse cela va arriver. L’incertitude est supprimée  Du point de vue des actions, il suffit désormais de se concentrer sur les bénéfices, les marges et la croissance. C’est une sorte de soulagement pour le marché des actions qui pensait qu’il pourrait être beaucoup plus agressif. C’est un peu ce que nous pensions de toute façon.

Maintenant vous savez comment faire monter un marché boursier n’est ce pas, il suffit de créer une incertitude, puis vous la levez , et c’est le boom:

« Un scénario catastrophe est néanmoins possible »

Michael Kramer, fondateur de Mott Capital :

Le marché des actions devrait connaître une baisse massive de la croissance des bénéfices en 2022 tout en se négociant à un P/E historiquement élevé, tout cela alors que la Fed retire son QE, ce qui resserre déjà les conditions financières. C’est une recette qui peut produire un scénario catastrophique, plus ou moins au ralenti

Un signal du marché obligataire

La hausse des rendements obligataires, en règle générale, indique des conditions économiques à venir encourageantes  La baisse des rendements obligataires, indique des perspectives d’assombrissement.

Le marché obligataire annonce des temps économiques plus difficiles

Fin octobre, les rendements des bons du Trésor à 10 ans ont grimpé de 1,67%. À la mi-décembre — aujourd’hui — les mêmes rendements à 10 ans sont en chute à 1,46 %.

Les incertitudes sont elles vraiment levées?

Bien sur que non, car personne en contrôle quoi que ce soit.

La Réserve fédérale augmentera ses taux et ralentira son assouplissement quantitatif. L’an prochain, la bourse menacera de s’effondrer Powell ira une fois de plus à Canossa, il mettra un genou à terre:

Il va céder. Il cédera a Wall Street . Il recommencera à réduire les taux d’intérêt et à gonfler le bilan. C’est ce qu’il a fait à la fin de 2019 face à ces mêmes circonstances.

Il le fera à nouveau .

eEn prime

LES NOUVELLES

Les actions américaines bondissent sur la décision de la Fed d’accélérer le Taper

[Yahoo/Bloomberg] La plupart des actions asiatiques montent après le rallye post-Fed aux États-Unis : l

[Yahoo/Bloomberg] Hausse du pétrole sur la Fed Hawkish et alors que la demande américaine résiste à Omicron

[Reuters] Risque d’inflation ? Ralentissement d’Omicron ? Le taux de la BoE évolue dans la balance

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[Yahoo/Bloomberg] Money Manager disparaît avec 313 millions de dollars du développeur chinois

[CNBC] ‘Nous avons le cœur brisé. Nous sommes submergés  » – les hôpitaux américains sont aux prises avec une épidémie de delta alors qu’omicron prend racine

[Yahoo/Bloomberg] Corée du Sud : mise à jour sur les virus

[WSJ] Le paquet de 2 000 milliards de dollars des démocrates est bloqué alors que les pourparlers de Manchin progressent peu

[FT] Le « pivot est terminé » , la Fed face aux pressions inflationnistes

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[FT] La banque centrale australienne signale qu’elle pourrait mettre fin à l’assouplissement quantitatif en février

Une réflexion sur “Politique monétaire, l’incertitude est elle levée? Bien sur que non!

  1. Jim Caron est vraiment un marchand de soupe. De ceux qui racontent n’importe quoi à leurs clients et entretiennent la mémoire de poisson rouge des marchés.

    Comment peut-on avoir des certitudes sur une annonce de la Fed qui remet en cause les précédentes certitudes sur l’inflation transitoire dont elle nous serinait depuis des mois ?

    A combien de changement de pieds en est-on de la part de la Fed ces 3 dernières années ?

    Moins ils maitrisent les choses plus il essaient de faire des annonces précises sur ce qu’ils vont faire. Ils font semblant de planifier et de contrôler alors qu’ils devraient seulement rester humbles et réactifs.

    Si l’inflation menace réellement, la Fed n’ a rien réglé hier et devra encore modifier sa position l’an prochain. As-ton déjà vu des taux directeurs à 0.75 % stopper l’inflation ? Soyons sérieux.

    Elle a sorti un seau d’eau car elle ne peut pas sortir les lances à incendie que nécessitent potentiellement la situation. Elle demeure donc manifestement dans l’espérance que l’inflation est transitoire même si elle ne peut plus le dire pour ne pas être ridicule.

    Ils ne sont pas rassurants bien au contraire. La vérité comme je le soutiens depuis longtemps c’est que ce n’est pas la crédibilité des annonces la Fed qui fait monter les actions mais que c’est la hausse des actions qui crédibilisent les annonces de la Fed.

    Avec la technologie et le vide sidéral des marchés vous déclenchez un mouvement d’une pression de bouton. A l’approche des 4 sorcières et de la fin de l’année il fallait que ça monte pour redonner un peu de crédit à une Fed qui en a de moins en moins. On joint l’agréable à l’utile, on fait semblant, on s’éloigne encore un peu plus du réel alors que le problème reste entier.

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