Bourse, l’année de tous les records: vive les crises !

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le paradoxe de la hausse continue des bourses n’est qu’apparent , les pseudo remèdes aux crises sont conçus pour faire monter les Bourses.

En 2002, nous avons écrit deux articles importants.

Le premier était intitulé cyniquement : “Vive les crises”.

Cet article a été repris et salué par la presse gauchiste anticapitaliste, car il montrait, à l’évidence, que les crises, grâce aux reflations monétaires de la Fed et de ses succursales , étaient très favorables au marché financier et que les financiers en raffolaient.

Le second était intitulé : « la régulation économique par les bulles ». 

Nous expliquions que, grâce à la dérégulation et à la financiarisation, le champ d’action des régulateurs s’était élargi.

Avant, ils n’avaient à leur disposition que les deux outils, masse monétaire et taux, maintenant, ils ont, en plus à leur disposition, la régulation que nous avons qualifiée de financière, c’est à dire l’outil de fabrication des bulles d’actifs.

La régulation par les bulles c’est ce que nous avons appelé plus tard la régulation par coups d’accordéon.

Le coup d’accordéon c’est le mouvement par lequel la richesse, les ressources et les actifs patrimoniaux passent de la poche de ceux qui y ont droit par leur travail et leur épargne à la poche de ceux qui ont titre, bref c’est le mouvement d’enrichissement des déjà riches au détriment de ceux qui travaillent..

On a remplacé les minicycles du crédit; -cycles de hausses ou de baisses qui régulaient les oscillations courtes- par un cycle très long de baisse continue des taux , ce qui a produit des myriades de bulles que de temps à autres on a crevé et nettoyé.

Doctrine Greenspan qui en fait est une adaptation de la GREAT EXPERIMENT de John Law dans la mesure ou cette expérience régulait non pas le cycle des affaires et le mouvement des marchandises mais celui des actifs et des patrimoines.

A la suite de la grande vague de dérégulation des années 70 et 80, le champ de la monnaie et de la finance s’étaient unifiés, regroupés, et la gestion du prix des assets faisait partie intégrante de la panoplie élargie.

Ce n’est pas un hasard, expliquions-nous, si la Fed avait popularisé sa fameuse équation idiote, dite équation de la Fed, qui tendait à prouver que la valeur des actifs financiers dépendait en dernier ressort de la politique de taux de la Réserve Fédérale. Ce qui se résume: Du moment que les taux sont bas, les actifs sont chers, peu importe si le pays est en ruines!

A ce titre, cette valeur des actifs devenait donc, avec l’aide d’un système bancaire connivent et transmetteur, manipulable. C’était l’époque bénie de la lune de miel entre les autorités et les banques, les autorités faisant gagner beaucoup d’argent aux banques; il était de bon ton de répéter « don’t fight the Fed » ; ne vous mettez pas en travers de sa politique, contentez-vous de la transmettre.

Notre résumé de la situation a été répété maintes fois, et nous continuons de le répéter, car c’est la donnée centrale qui permet de comprendre, à la racine, la situation présente et ses futurs développements .

La dérégulation ainsi opérée a permis de repousser les limites de l’épargne, les limites du capital des banques et on a abandonné la fiction de la monnaie exogène et des fameuses réserves, du crédit qui consistait à prêter les fonds disponibles -les loanables funds-pour se rallier au crédit et à la monnaie tombés du ciel c’est à dire tombées du bilan des banques. La monnaie est crée par les crédits qu’accordent les banques.

La dérégulation, puis l’action conjointe de la Fed et des banques, ont réussi ce prodige de séparer l’ombre du corps, le réel de ses signes, la sphère économique productive et la sphère de la finance.

Tout s’est passé comme si les démiurges, grands prêtres de la finance, avaient remplacé le réel, rare, limité, coûteux, pesant, par les signes, infinis, légers, manipulables à volonté. On avait réussi le prodige, le miracle, de remplacer le sang, les larmes, le sacrifice et l’effort par le jeu, la spéculation, l’arbitrage, les dérivés et dérivés de dérivés.

C’est dans cette opération non magique, mais d’illusion, que gît la crise qui couve depuis des décennies et les causes de la prochaine grande révulsion.

Les assurances qu’on vous donne n’en sont pas, personne n’a les ressources réelles pour faire face aux sinistres; les mesures de risque sont déconnectées du réel, calculées à partir de signes cabalistiques, d’où toutes les tautologies qui permettent de transformer le plomb en or, l’eau des égouts en eau de source. Serpents qui se mordent la queue en adossant des crédits à l’immobilier, en faisant monter les prix de l’immobilier, puis constatant que le prix de l’immobilier montait, en accordant encore plus de crédit puisque la valeur du collatéral augmentait etc.

Caressez un cercle et il devient vicieux.

Et toute la finance de ces dernières années a été du même tonneau, et bien sur encore plus depuis les trillions créés depuis mars 2020, conduisant à l’émission excessive de titres, de promesses, inflatant les assets et, grâce à cette inflation des assets, justifiant de nouvelles émissions de titres et de crédit.

La fameuse transitivité, le célèbre Ponzi, la bonne vieille mécanique de John Law.

Lequel Law a été jusqu’à détruire la monnaie normale pour que celle-ci ne fasse pas concurrence à ses titres de la Compagnie du Mississipi. Vous ne voyez pas déjà une petite ressemblance, un petit air de déjà vu ?

On ne le dit pas assez, le système financier actuel repose sur les dettes des gouvernements , ce sont eux et elles, les dettes qui servent de base, de soubassement au système mis en place.

Et c’est la raison pour laquelle nous prenons le risque de radoter et d’affirmer que ce processus va engloutir une part considérable des patrimoines, de vos patrimoines.

Une réflexion sur “Bourse, l’année de tous les records: vive les crises !

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