Un petit tour sur Sirius avec Bezos ! Je m’envoie en l’air.

Tout a commencé au milieu des années 60, quand le système américain a buté sur ses limites endogènes.

La profitabilité du capital s’est effondrée .

Les effets positifs de long terme exercés par la reconstruction de la seconde guerre mondiale et l’ordre monétaire mis en place à l’époque ont cessé de produire leurs effets positifs; le long cycle du crédit a été forcé. On a décidé de jouer les prolongations.

Pour financer le beurre et les canons de Kennedy et Johnson, le pouvoir politique a choisi de tordre le bras de la Fed afin qu’elle brise ses règles et assouplisse ses conditions monétaires; la Reserve Fédérale a cédé.

La dette a pu galoper et masquer la dégradation de la situation par l’émission de monnaie et de dettes, émission qui aurait auparavant été considérée comme frauduleuse et dans tous les cas non orthodoxe.

La crise de la Livre britannique a également contribué à la dérive du système, dérive dont le sens profond était de larguer les amarres et les ancrages et de supprimer tout frein/toute discipline à la créations de monnaie et de dettes; il s’agissait de construire un monde flottant. Ce qui fut ratifié en 1971 et 1973. Vitrine de l’or en 71 , 1973 changes flottants.

On a pu créer des dollars sans limite et produire du crédit sans souci de solvabilité. Ce pouvoir d’achat monétaire s’est dirigé vers les actifs financiers, avec la mutation de l’eurodollar qui a servi à financer non plus le commerce international mais les achats d’assets et les spéculations.

On s’est installé dans un nouveau système ou les déficits américains ont alimenté les liquidités mondiales et ou le levier a été généralisé afin de bonifier tous les rendements car ceux ci, décroissants sont rapidement devenus insuffisants; il a fallu faire preuve de plus en plus d’imagination et de capacité à prendre des risques.

Pour continuer à produire du crédit , il a fallu s’installer dans l’univers du subprime, d’abord immobilier puis ensuite de tous les secteurs et dans toutes les zones géographiques. Tout est de venu subprime ou si on veut, c’est la même chose, bullaire. L’ingénierie financière a supplanté la production.

De la même façon que la monnaie a été libérée, desancrée de sa parité avec l’or, ce que l’on achetait avec la monnaie, c’est à dire les actifs financiers, se sont trouvés désancrés eux aussi, libérés par rapport aux valeurs économiques fondamentales et à la production de vraies richesses. L’univers financier est devenu un imaginaire quasi autonome; à noter que le rendement du crédit exprimé en terme de production de GDP par unité de crédit s’est dégradé de façon continu, il a fallu de plus en plus de dettes pour créer la même quantité de richesses réelles. Ce qui a produit l’idéologie de la croissance séculaire lente et de son avatar malthusien..

Le marché financier est devenu un sous produit non pas de l’économie réelle mais un avatar, un prolongement de l’activité monétaire, la Fed favorisant cette mutation par l’instauration de son PUT, par la baisse continue des taux d’intérêt réels, et les promesses que cela allait continuer.

La Fed a parachevé le glissement qui a fait des actifs financiers des bestioles autonomes, libérées comme l’avait été la monnaie et le dollar en 1971. Les actifs financiers ont cessé de refléter l’économie, ils sont devenus instruments monétaires, quasi-monnaie, money-like. Aussi bons et aussi liquides que la monnaie;

A chaque crise le traitement a été le même , -l’Ogre est de plus en plus exigeant et la crise est l’expression de sa faim: la reflation monétaire avec des montants de plus en plus colossaux et des critères de moins en moins rigoureux.

La spéculation n’a jamais été punie ou decouragée, elle est devenue une alliée, une complice des dérives de la Fed et son organe de transmission.

Elle n’ a donc fait que s’enhardir .

Pendant ce temps la production d’inégalités pharaoniques s’est emballée.

La monnaie et le crédit longtemps parqués dans les indices boursiers a fini par déborder et gagner la sphère réelle à la faveur des pénuries crées par le Covid, par des distributions d ‘argent tombé du ciel, et des blocages de l’offre et des chaines d’approvisionnements; le génie de l’inflation est sorti de la bouteille, malgré les trucages des indices officiels.

A ce jour la Fed est face à un dilemme,

resserrer effectivement sa politique monétaire pour ralentir la propagation des forces inflationnistes et accepter un risque pour la stabilité financière,

ou bien

faire semblant de lutter contre l’inflation, mais en réalité ne rien faire de concret , faire de la politique et de la cosmétique en espérant que tout va redevenir Goldilock, comme avant le Covid.

Une réflexion sur “Un petit tour sur Sirius avec Bezos ! Je m’envoie en l’air.

  1. A court terme la Fed est piégée. Elle a fait des annonces relativement spectaculaires et ne peut pas changer de pied tout de suite malgré la baisse des marchés.

    Mais on voit déjà que les PPI se calment et qu’elle aura bientôt une fenêtre pour mettre de l’eau dans son vin a fortiori si la correction boursière se poursuit.

    La fenêtre de baisse était belle et reste ouverte mais les vendeurs doivent la jouer fine une fois de plus. Avec des taux d’intérêts réels aussi négatifs, le TINA n’a pas disparu.

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