Une lecture du Week-end: la bourse, les loteries, le jeu.

Rédigé par 

Bruno Bertez 

3 février 2022

Adam Smith: « L’homme a toujours tendance à s’exagérer ses chances de gagner au jeu ».

La dérégulation financière qui a permis la financiarisation se proposait de trouver les moyens de repousser les limites de la croissance économique.

A l’époque on considérait que l’insuffisance d’épargne , l’insuffisance des fonds propres et l’insuffisance de la profitabilité du capital constituaient des freins à l’expansion.

L’idée de la dérégulation fut de faire sauter ces limites en désancrant la monnaie, en libérant la création de dettes, en démultipliant les fonds propres des banques, en diversifiant les produits financiers, en mutualisant les risques et finalement en branchant sur la chose financière une gigantesque loterie.

On a appelé cela la démocratisations de l’épargne et de la Bourse! Et on a professionnalisé l’investissement, avec prédominance au marketing.

Bien entendu ce ne fut pas présenté de la sorte, des théories fumeuses sont venues se plaquer sur la réalité afin d’en dissimuler le sens profond.

Ayant participé à ces travaux je peux vous dire que ce sens profond était néanmoins non-dit mais perçu aux plus hauts niveaux!

La loterie branchée sur les actifs financiers a consisté à séparer le corps de l’actif financier de sa dérivée, l’écart de cours.

Bien entendu je simplifie pour la compréhension.

On a ainsi institué la tyrannie de l’écart si cher au capitalisme anglo saxon parasite et non productif dans son essence.

En séparant le corps c’est à dire le droit de propriété de l’écart possible sur son prix, on brisait le lien avec le fondamental, on autorisait un marché spéculatif généralisé, on introduisait la magie du Marché, la tyrannie de la Tendance, la dictature de l’offre et de la demande, on rendait le Ponzi et la lévitation possibles.

En autonomisant les ombres on repoussait toutes les limites. Ces ombres on doit normalement les appeler « des bons de droit à écarts de cours »

A notre époque on n’achète plus des « actions », on achète des « passions », des passions du jeu . Investir consiste à deviner et a parier. Lisez la littérature, elle ne parle que de cela. D’ailleurs la soi disant gestion devient … passive.

L’innnovation la plus facile à comprendre est celle des options.

L’acheteur d ‘options n’achète pas le corps de l’actif financier, il achète le droit de bénéficier de l’écart de cours soit à la hausse soit à la baisse. Inutile de dire que ce sont les institutions, les banques etc qui vendent ces options aux joueurs et en tirent une grande partie de leurs bénéfices. Le casino est toujours gagnant.

En dehors des options , il y a des constructions plus complexes mais si vous avez compris les options vous avez tout compris .

Si vous avez compris cela vous avez compris toute la finance dite moderne , dite moderne car en réalité ce principe ne constitue nullement une innovation. C’est celui des loteries.

La dérégulation a élargi le marché des actifs financiers, elle a disséminé le risque-entendez par là les pertes -sur le public et elle a permis de surinvestir puisque la rentabilité du capital est bonifiée pour les émetteurs de billets de loterie que sont les états, les banques, les brokers, et les entreprises cotées.

Retenez quatre choses:

La dérégulation a cyniquement développé le facteur jeu spéculatif

elle a démocratisé le jeu boursier

elle a permis une baisse du taux de profitabilité d’entreprise et repoussé les limites de l’investissement

Elle a consisté à baiser le public dès lors que les jeux sont structurellement pipés au profit de ceux qui sont proches des pouvoirs soit monétaires, soit politiques.

Au cours d’une conférence aux USA après la crise j’ai entendu Greenspan déplorer que les grandes banques aient été trop gourmandes lors de l’affaire des subprimes. Il a expliqué que les banques au lieu de disséminer le risque sur le public avaient fait la bêtise d’en garder une partie pour elles! Rendez vous compte! Au lieu de tout refiler au public, elles ont gardé une partie de la merde dans leurs véhicules hors bilans!

Le concept de loterie est apparu il y a près de 500 ans en Europe. Interdite sous la Révolution, elle est bien vite relancée, et son principe a désormais conquis les systèmes monétaires.

Le culte de la spéculation n’est pas produit par un vice des hommes, l’appétit pour le jeu.

Non, cet appétit n’est que la condition permissive de la mise en place d’un système de spoliation volontaire de la masse.

Ce système est celui des loteries. Les rois ont utilisé les loteries (à partir de François Ier, qui a importé le concept durant les guerres d’Italie) pour compléter leurs ressources de prélèvements et de prédations violentes par les ponctions sur les joueurs consentants.

La Révolution passe par là

L’une des premières décisions de la Révolution fut de supprimer la loterie royale mais, en difficulté financière par la suite, elle l’a évidemment rétablie.

Le jeu permet au roi et à ses fermiers généraux de vendre 100 quelque chose qui ne vaut que 20 ou 30, en comptant sur l’imbécillité qui consiste, pour la classe des joueurs, à systématiquement exagérer ses chances de gagner.

L’un des exemples de jeu public les plus cynique fut celui branché sur les assignats, afin de relever temporairement leur valeur alors que plus personne n’en voulait. On a branché une loterie dessus, alors qu’ils valaient 5% du pair, et ils sont ainsi remontés grâce au phénomène de surévaluation par le jeu à 15% avant de s’effondrer à nouveau.

Au passage beaucoup se sont enrichis, tout comme d’ailleurs cela s’est fait lors des débâcles monétaires ultérieures sanglantes qui ont jalonné l’histoire française. La bourgeoisie française s’est plus enrichie sur la spéculation contre la monnaie, les dettes de l’Etat et les biens nationaux que sur l’investissement productif.

Vieilles méthodes et nouveaux vêtements

Cette analyse du jeu branché sur les assignats jointe à l’analyse de l’expérience de John Law qui a sophistiqué le jeu en branchant sur la monnaie la loterie des cours de Bourse de la rue Quincampoix m’ont beaucoup guidé dans ma compréhension de la finance moderne.

On n’invente rien, on habille simplement des pratiques éternelles avec des vêtements prétendument modernes, qui disent : « Ce n’est plus jamais comme avant. »

Les rois, les puissants, les banques, émettent de la monnaie-promesse en quantité telle qu’elle devrait se dévaloriser quasi instantanément. Mais, ces temps-ci, elle ne se dévalorise pas, parce qu’elle a un débouché colossal, une rue Quincampoix planétaire : la loterie spéculative globale que constitue la Bourse et tous les marchés financiarisés.

Le pouvoir est toujours celui d’attirer à soi les richesses réelles, celles qui existent contre des promesses et des bouts de papier, ou des entrées comptables qui ont pour contrepartie des biens qui n’existent pas.

Les Etats-Unis attirent ainsi à eux les richesses du monde entier et, en contrepartie, exportent des morceaux de papier… biodégradables.

EN PRIME

« Les loteries sont, pour ainsi dire, des énigmes qui signifient tout autre chose que ce qui paroît d’abord ».
Jean Leclerc, Réflexions sur ce qu’on appellele bonheur et le malheur en matière de loteries, 1696, p. 169.

S’il est une institution qui caractérise le siècle des Lumières, c’est bien la loterie royale qui s’est imposée à cette époque dans toutes les capitales européennes.

À Paris, comme à Bruxelles, Berlin, Naples ou Londres, on se prit de passion pour ce jeu dans l’espoir toujours renouvelé d’un gain facile.

Partout, on repérait dans les gazettes les annonces des tirages, on achetait son billet à un colporteur, on se rendait parfois sur les lieux même où la roue de fortune avait été installée ou bien on allait vérifier son numéro sur l’affiche placardée au bureau de son quartier.

On pouvait jouer ainsi chaque semaine. Qu’on fût gentilhomme ou domestique, on confiait son argent à la fortune, excité par ce jeu de hasard qui provoquait la liberté.

Certes, des loteries ont été organisées bien avant le XVIIIe siècle. Loteries de commerce, loteries de libéralité, loteries de charité ont suscité la curiosité du public dès la fin du Moyen-Âge.

Le phénomène que nous décrivons ici est pourtant inédit : il s’agit de la création d’un instrument financier permanent qui, pour devenir bénéficiaire, dut combiner tout à la fois la science mathématique et la publicité pour atteindre le plus grand nombre. 

Les loteries royales se sont institutionnalisées en baissant le prix des billets, en intégrant le jeu du loto génois, en maîtrisant le calcul des risques grâce au castelet et en s’imposant dans l’espace public par la presse.

Dans les années 1780, il se distribuait 37 à 40 millions de billets par an en France.

La loterie royale fut, avec la banque, le premier instrument de gestion publique installé dans des régimes politiques anciens.

Basé sur la confiance, il ne pouvait être isolé du regard du peuple qui en était le moteur.

  • 1 Alembert (Jean Le Rond d’), abbé Bossut, Delalande, marquis de Condorcet, Charles, Encyclopédie mét (…)
  • 2 Expression attribuée au ministre Camille Benso, comte de Cavour (1810-1861). Elle reflète l’état d’ (…)
  • 3 Lettre de Georges-Louis Leclerc de Buffon à M. Richard de Ruffey, Paris, 9 août 1732. Correspondanc (…)
  • 4 Louis Sébastien Mercier, Le Tableau de Paris, nouvelle édition corrigée et augmentée, t. 3, Amsterd (…)
  • 5 Hébert, discours, dans J. Madival, E. Laurent (éd.), Archives parlementaires de 1787 à 1860, série (…)

De quoi s’agit-il ?

Selon le Dictionnaire des jeux, qui reprend mot pour mot la définition du Dictionnaire des Mathématiques de d’Alembert (1789), la loterie est « une sorte de jeu de hasard dans lequel différents lots de marchandise ou différentes sommes d’argent se déposent pour en former des prix et des bénéfices aux joueurs qui obtiennent les billets favorables »1.

Derrière cette banale définition, un objet sulfureux qui passionne les esprits éclairés. D’aucuns ont jugé qu’il s’agissait d’un « impôt sur les imbéciles »2, d’une grande « friponnerie »3, « d’un jeu cruel »4, ou « d’un fléau inventé par le despotisme »5.

Non seulement les théologiens débattaient sur la morale de ce jeu, mais les querelles s’envenimèrent autour de la question politique – le roi serait-il un voleur ? – et sociale – le loto n’encourageait-il pas l’oisiveté ?

Faire croire que l’on gagne, tandis que l’on perd toujours, n’était-ce pas le propre d’un État corrompu ?

Mais si tel était le cas, où se logeait la tromperie ? L’équiprobabilité des tirages semble pourtant avérée. Le joueur ne serait-il donc pas libre de jouer ? Le plus pauvre comme le plus riche ? Et l’État de prendre sa part sur les mises ? Pourquoi une loterie d’État serait-elle plus condamnable qu’une loterie de charité, si elle visait à faire des fonds pour un objet d’utilité publique ?

4Le foisonnement des questions révèle la richesse des enjeux. L’histoire des loteries se comprend à partir de trois analyses fondamentales combinées entre elles : les progrès des Lumières et des sciences mathématiques, ceux concomitants des sciences de l’État, et la croissance économique à l’origine de l’épargne populaire et de l’épanouissement de l’opinion publique.

Cette histoire fait apparaître des acteurs qui changent assez radicalement de culture en intégrant souvent empiriquement les connaissances mises en lumière par les savants et les administrateurs.

  • 6 Jean Léonnet, Les loteries d’État en France aux 18e et 19e siècles, Paris, 1963. Georges Bigwood, « (…)
  • 7 En 1731 dans les États pontificaux, en 1752 en Autriche, en 1760 dans les Pays-Bas autrichiens, en (…)
  • 8 La loterie, dans le sens strict du terme, produit une prime (une somme d’argent, un objet de valeur (…)

5Les ouvrages sur les loteries ont jusqu’à présent proposé des analyses partielles, insistant souvent sur les étapes de l’organisation des loteries, à partir notamment des actes officiels et des traités de droit et de police6. Cette histoire institutionnelle est utile, mais elle situe dans un même ensemble des loteries de caractère différent.

La filiation entre la « blanque » tirée au XVe ou XVIe siècle dans les cités italiennes ou les monarchies territoriales et la loterie à classes ou le loto génois mis en place au milieu du XVIIIe siècle dans toutes les capitales européennes7, est ténue.

Le rôle des calculateurs, la maîtrise des tableaux de mises, l’importance de la diffusion de l’information faisaient des seconds des jeux radicalement différents des premiers par leur organisation et leur finalité8.

  • 9 Elisabeth Belmas, Jouer autrefois. Essai sur le jeu dans la France moderne (XVIe-XVIIIe siècles), P (…)
  • 10 Sur l’innovation financière, on peut se référer à David H. Gowland, « Financial Innovation in Theor (…)
  • 11 La Finance comportementale part du postulat selon lequel l’investisseur n’est pas totalement ration (…)

6Intégrer les loteries royales dans une histoire du jeu ou une histoire de la philosophie rend mieux compte des évolutions culturelles de la société, mais ne souligne pas leur rôle fondamental dans les finances publiques9.

Or, il est des éléments de connaissance dans ce domaine qui permettent de comprendre la loterie comme un révélateur naturel des nouveaux modèles de gestion qui émergent en cette fin du XVIIIe siècle.

Cette histoire doit intégrer les analyses sur les innovations financières10, sur la Finance comportementale qui livre des données utiles sur la part de l’irrationnel dans les choix spéculatifs11, mais aussi sur la gestion de la dette qui, quand elle est remboursée par lot, paraît bien aléatoire à la population devenue inquiète.

  • 12 Loterie : « Espèce de banque tenue et administrée soit par l’État, soit par un établissement public (…)
  • 13 Sur la société d’information, voir les travaux du sociologue américain Daniel Bell et de l’école de (…)
  • 14 Sur l’épargne, Françoise Hildesheimer (dir.), L’Épargne sous l’Ancien Régime, Paris, Economica, 200 (…)

7Dans l’histoire des États européens en effet, la loterie royale est l’un des premiers instruments de la gestion « publique ». Elle apparaît dans sa forme définitive plus tardivement que la banque, – sauf pour la France qui échoua à établir la sienne sous la Régence –, mais elle constitue bien un mode original de gouvernance des finances publiques .

Au demeurant, la loterie peut se définir avec Merlin de Douai comme une sorte de banque12. Non seulement elle nécessite un incroyable degré d’innovation pour contrôler le risque financier, mais elle développe l’intérêt pour l’emprunt public. La loterie est incompatible avec le secret de la finance, encore défendu par les doctrines absolutismes du pouvoir.

Son succès est lié à l’épanouissement d’une société de l’information13. Il s’appuie sur la presse, les gazettes, mais aussi, au moment du tirage, sur la visibilité des billets et jusqu’à la transparence des comptes, car tout soupçon de fraude doit être écarté.

L’État s’expose en organisant lui-même une loterie à ne pas perdre la confiance du public. Si l’opération devient pérenne, comme c’est le cas avec la loterie à classes ou le loto génois, sa réputation est donc mise en jeu en permanence. En outre, seule la participation du peuple permet de vérifier sur un grand nombre les lois de probabilités. Les « calculateurs », – des plus savants, comme d’Alembert ou Condorcet, aux plus roublards comme Giacomo Casanova –, proposent des méthodes de calculs à l’administration, des plans de loterie qui garantissent un revenu permanent, tandis que la croissance démographique et économique du XVIIIe siècle comme la promotion du salariat permettent le développement de l’épargne populaire14.

Voici donc que le hasard, combiné à l’abondance, génère un revenu public, un fonds de trésorerie que tous les souverains convoitent.

  • 15 Sur les fausses sciences au siècle des Lumières, Robert Darnton, La fin des Lumières, le mesmérisme (…)

8Cette histoire est-elle celle de l’institutionnalisation d’une duperie ? Où l’on voit des princes européens tributaires d’entrepreneurs de chance qui ont pour noms Jean Glover, Jean-Antoine Calzabigi, Aurelio de Mansi, des hommes qui proposent leurs plans de cour en cour. L’approximation régna d’abord et il est intéressant de voir comment et sur quelles bases ces plans parvinrent à recevoir l’agrément ministériel.

Emporter la conviction du chancelier Kaunitz, du roi de Prusse, ou d’un ministre français ne fut pas une mince affaire. Ceux-ci savaient s’entourer d’experts en calcul et en comptabilité pour limiter les risques, faire la part du vrai et du faux. La fausse science mathématique pouvait encore à cette époque des Lumières en éblouir plus d’un et la frontière demeurait étroite entre l’arithmétique vraie et la supercherie15. Les charlatans qui usurpaient l’autorité de la science pour diffuser leurs croyances intéressées gravitaient autour des loteries.

Pour s’en préserver, il fallut une mutation culturelle au cœur de l’État, que non seulement celui-ci installât la raison des Lumières savantes au cœur de ses logiques gestionnaires, mais aussi qu’il fît croître au nom de cette raison une ressource inépuisable : la crédulité du peuple.

  • 16 Manfred Zollinger, Geschichte des GlücksSpiels, vom 17. Jahrhundert bis Zweiten Weltkrieg, Wien, Kö (…)
  • 17 Gregorio Léti, Critique historique, politique, morale, économique et comique sur les loteries ancie (…)
  • 18 Jacques Godechot, La grande Nation. L’expansion révolutionnaire de la France dans le monde 1789-179 (…)

9Pour développer cette étude, nous nous appuyons essentiellement sur les loteries royales françaises, les loteries impériales et royales des Pays-Bas autrichiens, mais nous ne nous interdisons pas de courtes incursions dans les autres pays européens. Certains d’entre eux ont été bien étudiés. On doit à Manfred Zollinger de remarquables analyses économiques sur le loto de Vienne16. Enfin, cette étude sera menée depuis le moment où l’engouement pour la loterie s’empara des nations, – « depuis un an en ça, on a cessé & on ne cesse encore de parler de Loterie », indique Gregorio Léti en 169717–, jusqu’au moment où celle-ci, après les dernières attaques, fut institutionnalisée dans sa forme républicaine quand l’expansion révolutionnaire fit naître la « grande Nation »18.

NOTES

1 Alembert (Jean Le Rond d’), abbé Bossut, Delalande, marquis de Condorcet, Charles, Encyclopédie méthodique, Mathématiques, t. III, article « Loterie », Paris, Panckoucke, p. 147-152, 1789. [Il s’agit du même article que celui publié dans le Dictionnaire des jeux de Jacques Lacombe. Son auteur est Caminade de Castres].

2 Expression attribuée au ministre Camille Benso, comte de Cavour (1810-1861). Elle reflète l’état d’esprit d’une partie des hommes éclairés du XVIIIe siècle.

3 Lettre de Georges-Louis Leclerc de Buffon à M. Richard de Ruffey, Paris, 9 août 1732. Correspondance de Buffon, édition électronique, lettre L7.

4 Louis Sébastien Mercier, Le Tableau de Paris, nouvelle édition corrigée et augmentée, t. 3, Amsterdam, 1782, p. 242.

5 Hébert, discours, dans J. Madival, E. Laurent (éd.), Archives parlementaires de 1787 à 1860, série 1, t. 79, Convention nationale, p. 293.

6 Jean Léonnet, Les loteries d’État en France aux 18e et 19e siècles, Paris, 1963. Georges Bigwood, « La loterie aux Pays-Bas autrichiens », Annales de la Société d’archéologie de Bruxelles, t. XVI, 1912, p. 53-134, Cecil Henry L’Estrade Ewen, Lotteries and Sweepstakes: An Historical, Legal and Ethical Survey of their Introduction, Suppression and Re-establishment in the British Isles, London, 1932.

7 En 1731 dans les États pontificaux, en 1752 en Autriche, en 1760 dans les Pays-Bas autrichiens, en 1763 en Espagne, et à Berlin, en 1768 en Pologne, en 1774 au Danemark, en 1776 en France.

8 La loterie, dans le sens strict du terme, produit une prime (une somme d’argent, un objet de valeur) pour un billet tiré au hasard, tandis que le loto (loterie de Gênes) est un jeu de paris sur des combinaisons de chiffres sortant des tirages.

9 Elisabeth Belmas, Jouer autrefois. Essai sur le jeu dans la France moderne (XVIe-XVIIIe siècles), Paris, 2006. Francis Freundlich, Le monde du jeu à Paris 1715-1800, Paris, 1995. Olivier Grussi, « Les jeux d’argent à Paris et à la Cour de 1667 à 1789 », thèse d’histoire soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne, 1985 et publiée sous le titre La vie quotidienne des joueurs sous l’Ancien Régime à Paris et à la Cour, Paris, 1985. Alessandra Rizzi, Ludus, ludere: giocare in Italia alla fine del Medio Evo, Trevise, Fondazione Benetton, 1995. Sur l’approche philosophique, on se reportera au travail de Robert D. Kruckeberg, « The wheel of fortune in eighteenth-century France: the lottery, consumption, and politics », dissertation, Université du Michigan, 2009.

10 Sur l’innovation financière, on peut se référer à David H. Gowland, « Financial Innovation in Theory and Practice », dans Green C. J. and D.T. Llewellyn (éd.), Surveys in Monetary Economics, Oxford, Basil Blackwell, vol. 2., 1991.

11 La Finance comportementale part du postulat selon lequel l’investisseur n’est pas totalement rationnel (c’est-à-dire un calculateur infaillible et omniscient). Ses choix sont influencés par des routines mentales, soumis à des erreurs de jugement systématiques (appelées « biais cognitifs » comme par exemple le biais de l’aversion à la perte), ou à des facteurs émotionnels comme la peur ou l’excès de confiance. Les représentants les plus illustres de cette discipline sont Daniel Kahneman et Amos Tversky. Pour l’application à l’histoire, voir l’article de Marie Pfiffelmann, « Le mariage efficace de l’épargne et du jeu : une approche historique du capital », Revue d’économie politique, Dalloz, 2011/6, vol. 121, p. 893-914.

12 Loterie : « Espèce de banque tenue et administrée soit par l’État, soit par un établissement public et dans laquelle on tire au hasard des lots ou des numéros sur lesquels des actionnaires ont placés une somme plus ou moins forte ». Table générale alphabétique et raisonnée des matières contenues dans le Répertoire de jurisprudence et dans le recueil alphabétique des questions de droit de M. Merlin, par Louis Rondonneau, Paris, J.P. Roret, 1829, p. 450.

13 Sur la société d’information, voir les travaux du sociologue américain Daniel Bell et de l’école de l’Information Economy. Cette école propose des critères pour mesurer le degré d’informatisation d’un pays. Ce degré d’informatisation doit être entendu comme développement des « activités informationnelles » et non pas seulement comme développement de l’informatique.

14 Sur l’épargne, Françoise Hildesheimer (dir.), L’Épargne sous l’Ancien Régime, Paris, Economica, 2004 ; Jean-Marie Thiveaud, « Aux origines de la notion d’épargne en France ou du Peuple-prévoyance à l’État-providence (1750-1850) », Revue d’économie financière, n° 42, 1997, Les nouvelles formes de gestion de l’épargne, p. 179-213.

15 Sur les fausses sciences au siècle des Lumières, Robert Darnton, La fin des Lumières, le mesmérisme et la Révolution, Paris, 1984.

16 Manfred Zollinger, Geschichte des GlücksSpiels, vom 17. Jahrhundert bis Zweiten Weltkrieg, Wien, Köln, Weimar, Böhlau, 1997.

17 Gregorio Léti, Critique historique, politique, morale, économique et comique sur les loteries anciennes et modernes…, partie I, 1697, p. 10.

18 Jacques Godechot, La grande Nation. L’expansion révolutionnaire de la France dans le monde 1789-1799, Paris, Auvbier, 1783.

© Presses universitaires du Septentrion, 2014

Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

Recevez la Chronique Agora directement dans votre boîte mail

S’INSCRIRE J’accepte de recevoir une sélection exclusive d’offres de la part de partenaires de La Chronique Agora

*En cliquant sur le bouton ci-dessus, j’accepte que mon e-mail saisi soit utilisé, traité et exploité pour que je reçoive la newsletter gratuite de La Chronique Agora et mon Guide Spécial. A tout moment, vous pourrez vous désinscrire de de La Chronique Agora. Voir notre Politique de confidentialité.

Une réflexion sur “Une lecture du Week-end: la bourse, les loteries, le jeu.

  1. Bonsoir M. Bertez,
    Je n’ai pas trouvé votre rubrique « Pris les doigts dans le pot de confiture » je vous mets ici un lien sur notre ministre de la justice et sa voiture de luxe payée par une société off shore qui n’est même pas client de son cabinet. Pourquoi faire compliqué ?
    https://www.letelegramme.fr/france/eric-dupond-moretti-s-est-achete-une-maserati-avec-l-argent-d-une-societe-offshore-07-02-2022-12919014.php

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s