Ukraine: Macron médiateur, pas de résultat. Mais Macron minimise le risque ; les USA en rajoutent.

Le Kremlin dément officiellement les affirmations de Macron qui pretendait avoir obtenu des engagements de Poutine.

KIEV, 8 février (Reuters) – Le président français Emmanuel Macron, premier dirigeant d’une grande puissance occidentale à rencontrer Vladimir Poutine depuis que la Russie a massé des troupes près de l’Ukraine, a déclaré mardi qu’il pensait que des mesures pouvaient être prises pour désamorcer la crise et a appelé toutes les parties à rester calmes.

Macron, qui, contrairement aux dirigeants américains et britanniques, a minimisé la probabilité que la Russie puisse bientôt envahir son voisin, a fait la navette de Moscou à Kiev mardi dans le cadre d’une tentative très médiatisée d’agir en tant que médiateur.

Le président français n’avait aucune percée à annoncer – son bureau a reculé mardi après qu’un responsable a déclaré dans la nuit que Poutine lui avait promis que la Russie n’organiserait pas de manœuvres militaires près de l’Ukraine pour le moment.

Mais Macron a déclaré qu’il pensait que ses discussions avaient contribué à empêcher la crise de s’aggraver davantage. Poutine et le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy lui avaient dit qu’ils étaient attachés aux principes d’un accord de paix de 2014, a-t-il déclaré, ajoutant que cet accord, connu sous le nom d’accords de Minsk, offrait une voie pour résoudre leurs différends en cours.

« Cette détermination partagée est le seul moyen nous permettant de créer la paix, le seul moyen de créer une solution politique viable », a déclaré Macron lors d’une conférence de presse conjointe avec Zelenskiy.

« Le calme (…) est essentiel de la part de toutes les parties en paroles et en actes », a déclaré Macron, louant Zelenskiy pour « le sang-froid dont vous faites preuve, et dont le peuple ukrainien fait preuve, face à la pression militaire sur vos frontières et sur votre pays ».

Zelenskiy, pour sa part, a clairement indiqué qu’il était sceptique quant aux assurances que Macron aurait pu recevoir de Poutine.

« Je ne fais pas vraiment confiance aux mots, je crois que chaque politicien peut être transparent en prenant des mesures concrètes », a déclaré le dirigeant ukrainien.

Plus tôt mardi, Macron a défendu le résultat de ses entretiens à Moscou lundi, qui n’ont apporté aucune avancée majeure, déclarant aux journalistes qu’il ne s’était jamais attendu « une seule seconde » à ce que Poutine fasse des concessions.

L’OUEST A PEUR D’UNE INVASION

Les pays occidentaux menés par les États-Unis craignent que la Russie se prépare à envahir l’Ukraine. Moscou dit qu’il ne prévoit aucune invasion mais pourrait prendre des « mesures militaro-techniques » non spécifiées à moins qu’un certain nombre d’exigences de sécurité ne soient satisfaites, y compris une promesse de l’OTAN de ne jamais admettre Kiev.

Les États-Unis et l’Union européenne ont menacé la Russie de sanctions si elle attaquait l’Ukraine. Moscou, toujours le plus grand fournisseur d’énergie d’Europe bien qu’il soit déjà sous sanctions depuis la prise de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014, a largement rejeté les nouvelles sanctions comme une menace vide.

Le président américain Joe Biden a averti lundi que si la Russie envahit l’Ukraine, « il n’y aura plus de Nord Stream 2″ , faisant référence à un gazoduc nouvellement construit et non encore ouvert vers l’Allemagne. Il n’a pas précisé comment il allait l’arrêter.

Alors que les pays occidentaux se sont unis pour soutenir l’Ukraine, ils ne sont pas d’accord sur la probabilité d’une guerre. 

Les responsables français ont laissé entendre qu’ils pensaient que Washington avait exagéré la menace, et Kiev elle-même a également minimisé la probabilité d’une invasion à grande échelle.

Macron, qui devrait se présenter aux élections en avril, a déclaré avant son départ pour Moscou qu’il pensait que la Russie n’avait pas de dessein sur l’Ukraine mais souhaitait renégocier les accords de sécurité européens.

Mais quels que soient les véritables objectifs de Moscou, les pays occidentaux disent qu’ils ne peuvent pas supposer en toute sécurité que la crise se terminera sans guerre à moins que la Russie ne retire ses troupes.

Le chef de l’OTAN, Jens Stoltenberg, interrogé dans une interview avec CNN sur la probabilité d’une invasion russe, a déclaré : « Il n’y a aucune certitude, mais ce que nous voyons, c’est un renforcement militaire continu avec de plus en plus de forces… Le délai d’avertissement diminue et le risque d’une attaque monte. »

EN PRIME

Emmanuel Macron se rend, ce lundi, à Moscou dans le cadre d’une mission diplomatique afin de dialoguer avec Vladimir Poutine dans l’optique de calmer les tensions avec l’Ukraine. Il se rendra également à Kiev ce mardi.

France Inter

Emmanuel Macron est parti aujourd’hui pour la Russie, se disant « raisonnablement optimiste » au sujet de son dialogue prévu avec son homologue russe Vladimir Poutine. De son côté, le Kremlin a désigné la visite d’Emmanuel Macron comme étant « très importante », tout en précisant que Vladimir Poutine n’attendait pas de « percées décisives » à l’issue de leur dialogue. La situation serait selon lui trop complexe pour être résolue après une seule rencontre. 

En effet, tandis que la situation aux frontières ukrainiennes reste tendue, et le dialogue entre russes et américains ne semble pas avancer, Emmanuel Macron se pose comme médiateur en poursuivant par cette visite son dialogue avec Vladimir Poutine, qui avait commencé à distance il y a quelques semaines. Il a également mené récemment plusieurs entretiens téléphoniques avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, et avec son homolohue américain Joe Biden.

Cette mission diplomatique ayant lieu alors que la France préside le Conseil de l’Union européenne, la médiation de Macron pourrait être perçue comme une initiative européenne. Cependant, peut-on réellement considérer qu’il existe une seule voix européenne au sujet de l’Ukraine. La position toujours ambigüe de la coalition d’Olaf Scholz, qui doit, de son côté rencontrer Joe Biden, est un des facteurs mettant en cause cette idée d’un front uni européen que dirigerait Emmanuel Macron.

Invité :

Thomas Gomart, historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI), auteur de “Guerres invisibles : nos prochains défis géopolitiques” éditions Tallandier (2021)

> Ecouter le podcast sur France Inter

EN PRIME

La guerre du gaz est lancée depuis plusieurs mois ;

https://www.ifri.org/fr/espace-media/videos/russie-guerre-gaz-lancee-plusieurs-mois-deja-selon-marc-antoine-eyl-mazzega

3 réflexions sur “Ukraine: Macron médiateur, pas de résultat. Mais Macron minimise le risque ; les USA en rajoutent.

  1. Bonjour M. Bertez
    EDF CUTS 2022 NUCLEAR OUTPUT TO 295–315 TWH, zerohedge February 7, 2022
    La chute de la production nucléaire est une conséquence de la politique sanitaire qui a gravement altéré le programme d’entretien des centrales; qui doivent donc fermer des réacteurs au mauvais moment.
    Et voilà un autre effet secondaire du vaccin à tout prix : thromboses dans les barres de combustible des centrales!
    L’hystérie UK-USA fait des « dommages collatéraux » économiques en Europe, serait-ce pour eux un avantage secondaire voulu à « l’insu de leur plein gré  » ? ( ne jamais laisser une bonne crise inexploitée – Rahm Emmanuel)
    On comprend donc que Macron ait besoin de calmer le jeu à tout prix; ce qui vaut pour l’Allemagne aussi, mais comme Scholz n’a plus de centrales c’est Manu qui doit s’y coller.
    Cordialement

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  2. Bonsoir M; Bertez
    Par ailleurs, il y a eu des contacts sérieux entre russes et américains quand les US ont éliminé il y a peu le chef de daesh planqué en zone contrôlée par les turcs.
    Heureusement qu’il y a des militaires qui pensent….

    Mais Il est difficile au public de sortir du Grand Rex en technicolor et effets spéciaux + bass boost.
    Ah le théâtre d’ombres mon cher Platon ! Y a qu’ça de vrai!
    Cordialement.

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  3. Macron n’a pas le niveau. Il se croit en campagne éléctorale même à Moscou et à Kiev et construit sa réalité. quel pitre !
    nous allons directement à la guerre en Europe. guerre probablement nucléaire avec entrée de la Chine dans le jeu.
    il faut bien remettre les compteurs à zéro et la guerre est le seul moyen pour cela maintenant : tous leaders sont totalement dépassés par les évènements qui maintenant évoluent d’eux-mêmes.

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