La régulation économique pour les élites actuelles c’est comme la guerre: il ne faut pas qu’elle fasse mal.

La tendance haussière sur les taux a fait une pause la semaine dernière. 

Le rendement du Trésor à 10 ans est passé du plus haut intra journalier de 3,16 % à 2,79 % au cours des deux dernières semaines. 

Le dollar a chuté de 1,4 % la semaine dernière et se situe désormais juste en dessous des sommets établis au début de 2017, 2020 et il y a 5 jours. 

Le dollar a bougé trop loin, trop vite et une pause était due. 

Un retour vers le niveau des 101 serait tout à fait normal même dans le contexte d’une tendance haussière en cours.  Une telle décision coïnciderait probablement avec des données économiques américaines plus faibles ou de meilleures données sur l’inflation, ou les deux.

La détente sur le dollar index équivaut à un assouplissement des conditions financières, donc il est normal que les indices boursiers se tiennent mieux.

 Il existe maintenant un consensus sur le fait que les États-Unis, et le monde en général , sont désormais confrontés à une récession inévitable.

 Je suis réticent à participer à ce consensus , non que je croie comme JP Morgan que la Fed a la touche magique , mais parce que je crois que la politique monétaire ne peut prendre le risque d’être vraiment efficace.

Nous sommes dans le Canada Dry du retour à la discipline monétaire.

Les banques centrales devront continuer à augmenter leurs taux parce que c’est le seul moyen de tuer l’inflation dit-on.

L’inflation serait due aux contraintes d’approvisionnement et la Fed ne peut pas pomper du pétrole ou produire des engrais, tout ce qu’elle peut faire c’augmenter les taux et réduire la taille de son bilan. 

Le problème de hausse des prix serait un problème d’approvisionnement, et la réduction de la demande est certainement le moyen -brutal- de court terme d’y remédier. 

Je ne partage pas cette analyse, je considère que la hausse des prix est une tentative des entreprises de toutes tailles d’augmenter leur profitabilité qu’elles considèrent comme insuffisante, surtout face à leurs masse de dettes et aux besoins des actionnaires. La hausse des prix des biens et services n’est causée ni par la monnaie ni par l’offre et la demande mais par le besoin central du système: opérer un rattrapage de profitabilité.

Qui décide de monter les prix si ce n’est le patron et qui est le patron si ce n’est le capital? La foutaise actuelle va jusqu’à considérer que la hausse des prix est causée par les salaires! C’est bientôt ce que l’on va entendre soyez y préparés. La hausse des salaires, très en retard n’est pas une cause mais une conséquence, pire une tentative de conséquence, qui à ce stade ne va pas très loin.

Les largesses monétaires et la réduction exceptionnelle de l’offre selon moi ont créé les conditions permissives d’une inflation de rattrapage, elles ont produit un climat propice dont beaucoup cherchent à profiter, mais ce ne sont pas les causes de l’inflation elle même.

Si les autorités monétaires avaient le courage ou l’audace de casser les reins du capital et de purger l’excès de capital non productif qui a envahi le système, il est évident que nous aurions une récession douloureuse mais la régulation économique pour les élites actuelles c’est comme la guerre: il ne faut pas qu’elle fasse mal.

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