Editorial. La métamorphose de l’argent. Quand le Pognon, la monnaie, entrent dans la Modernité.

La plupart des gens ne comprennent rien à l’art contemporain. Pourtant il existe et il vaut très, très cher. Cet art est entré de plain pied dans la modernité en ce sens qu’il a quitté la nature, le représentatif et le figuratif pour n’être plus que « social »; sa valeur n’est que « sociale », déterminée par l’offre et la demande. C’est de l’art parce que la société dit que c’est de l’art. L’œuvre d’art n’est elle aussi de l’art que parce que le monde des marchands d’art le reconnait comme art. Voir Duchamp, Marcel.

La modernité se caractérise par l’abstraction, la dématérialisation et la déréférentialisation. Le moderne n’est plus ancré, adossé. Il flotte, comme son prix, au gré des appréciations sociales et des frivolités de l’offre et de la demande;

Vous aurez du mal à comprendre que le même phénomène de dematérialisation, desancrage, déréférentialisation s’est produit pour la monnaie.

C’est pourtant le cas.

Cela s’est produit en 1971 et on commence seulement à en voir les conséquences, dans la dislocation de nos sociétés, dans la croissance exponentielle des inégalités, dans la constitution d’une super-classe du Pognon immatériel, dans la volonté de cette classe de nous Grand-Resetter à sa convenance.

La monnaie a changé de nature, radicalement: de limitée par le présent et l’existant, elle est devenue sans limites, on peut en émettre et en promettre tant que l’on veut. C’est ce que n’a pas encore compris la Gôche qui croit que, derrière la monnaie avec laquelle les élites jonglent il y a un Trésor! Non il n’y a rien pas de Trésor caché, pas de garant, pas de ressources, juste du vent.

La monnaie a quitté la nature, elle n’est plus que « sociale » , comme la mode, comme le genre. La monnaie est devenue Woke.

La monnaie est immatérielle représentée par des comptes, des digits, de débits et crédits qui mettent en scène un monde virtuel, un imaginaire qui ne rejoint plus le monde concret, et au contraire évolue en parallèle. Surtout depuis 2009 et encore 2020.

Pourtant cette immatérialité ne peut rester confinée dans l’imaginaire, car elle a encore un usage, qui la rattache au matériel, à la gravitation. Elle doit finalement rentrer dans le réel et là, la monnaie redevient dualiste. L’ombre, la monnaie se réconcilie avec le corps, avec la nature. Mais tout l’art des gérants de la monnaie-magique-moderne est de sans cesse différer cette rencontre, ce face à face entre l’imaginaire et la nature, ce face à face avec le réel, le concret, le travail.

D’où l’utilité des actifs monétaires qui servent de « buffer » de stockage , de régulateurs pour éviter ou retarder cette rencontre. La fonction des marchés financiers est de stocker la monnaie-magique-moderne afin qu’elle n’aille pas à la rencontre de sa matérialité. Je dis souvent que le marché boursier est l’espace ou on cote, on apprécie les quasi monnaies, les near-moneys, les money-likes, les monnaies différées.

La nature des actifs monétaires et quasi monétaires elle aussi a changé mais ils sont encore près du dualisme ancien. C’est pour cela qu’ils sont fragiles. Les actifs monétaires ont encore une sorte de corde de rappel aux pieds, cette corde ce sont les taux de croissance, les earnings, les cash flows. A la loterie, il y a des tirages!

La dématérialisation c’est la fin d’un rapport à la matière. Libéré de la matière, l’argent ne dépend plus, croient ses maitres-apprentis-sorciers, que de leur esprit, de leur volonté et de leurs objectifs. L’argent ainsi modernisé cesse d’être un obstacle à la réalisation prométhéenne des entreprises humaines. Entreprises démiurgiques.

Hélas comme le prouvent les crises de plus en en plus rapprochées, l’argent est certes détaché du réel et du présent il ne l’est pas de l’avenir, même si l’a-venir est différé.

L’argent moderne c’est l’argent des anticipations perpétuelles, c’est l’argent créé pour la perfection, c’est l’argent du bonheur, celui qui est toujours pour demain. Vous devez vivre dans la peur du présent mais , vivre dans l’espoir de demain. C’est le grand secret que les Maitres ont compris., reprenant « le sacré secret » de la religion.

C’est aussi l’argent tyrannique, celui de la gouvernance fasciste car créé par les élites pour les élites ,elles feront tout pour conserver leurs privilèges et mettront justement cet argent moderne à leur service. Au service du grand broyage, du grand laminage des différences comme dans la guerre contre les Russes ou les élites jonglent avec les centaines de milliards, car le différé ne peut supporter la diff-érance. Le différé implique la mêmitude et considère comme ennemi tout ce qui n’est pas conforme.

« Deux plus deux doit définitivement faire cinq » pour le monde entier.

L’argent exprime le rapport de la société moderne à la matérialité. Au moment ou les limites de la matérialité apparaissent avec la finitude des ressources, la fin de l’Energie bon marché et la croissance lente ralentie, ou la décroissance, l’argent-magique-moderne à du souci à se faire, croyez-moi.

Le texte ci dessous est très important.

J’aborde souvent la question de l’argent de façon radicale , mais jamais je n’avais creusé cette radicalité aussi loin.

Jamais je ne l’avais insérée aussi profondément dans le mouvement de nos sociétés vers l’immatérialité avec toutes les conséquences que cela comporte.

La question de l’inflation n’est qu’un point de départ, j’ai tiré sur le fil et tout est venu!

C’est presqu’un prétexte pour vous parler d’argent. De l’argent Moderne qui peu à peu s’est mis en place après 1971. Personne n’a voulu ou même entrevu ce qui allait se passer ensuite, tout est venu par la logique interne du système désancré, déréférentialisé qui a été mis en place.

L’argent Moderne constitue , consacre l’entrée de la monnaie dans la Modernité.

La monnaie était quasi en retard dans le mouvement de la Modernité, elle était obsolète, très à la traine par rapport aux mouvements de la Modernité enregistrés dans les arts, la culture, la linguistique, l’anthropologie, la sémiotique, la vie quotidienne etc.

La Modernité sépare, la Modernité rend le monde abstrait, elle libère de la pesanteur , du naturel , elle envoie en l’air. Magiquement les ombres se détachent des corps et les rend autonomes. Au lieu d’être déterminées par les forces du réel existant, ces ombres se meuvent en fonction de leur combinatoire , de leur grammaire, de leur « logique » en tant que discours. La logique du discours, la rhétorique n’est pas celle du monde réel.

La logique du discours de Macron n’est pas celle du monde réel, non c’est celle qu’il a tracée dans le roman qu’il s’est inventé et qu’il nous impose. Et qu’il est obligé de conserver. L’ordre du réel et l’ordre des « représentations » ce sont deux ordres différents. C’est, selon moi , l’essence de la Modernité que cette séparation des deux ordres que l’on voit à l’œuvre dans la Wokenisation et dans l’Orwellisation accélérée en cours.

L’image du candidat aux élections devient le déterminant des choix, il n’a plus besoin de programme ou même au stade actuel de promesses crédibles .

Le plaisir est séparé de la reproduction, de l’amour, il devient un en-soi. pour vous donner un exemple que tout le monde peut comprendre.

En 1971 l’argent a connu une véritable métamorphose et personne n’en a tiré les conclusions ou les conséquences.

Ainsi la métamorphose de la monnaie a permis d’émettre autant de dettes que les pouvoirs le voulaient et autant que les sujets pouvaient en absorber. Je devrais dire « gober ». Comme on gobe un mensonge.

Cette croissance vertigineuse des endettements n’a pas été sans conséquence sur le statut des valeurs mobilières: elles sont devenues des avatars de la monnaie, des sortes de transformations alchimiques de la monnaie, transmutations qui les ont libérées elles aussi du poids des valeurs fondamentales. Elle les ont fait entrer dans le champ du désir, l’infini des désirs d’accumuler et de spéculer.

The sky est devenu la limite. De la même façon que l’artiste escroc vous présente une pissotière et vous dit ceci est une oeuvre d’art, les autorités, les grands prêtes charlatans vous présentent le vide, l’espoir, une pure promesse et vous disent ceci est un pouvoir d’achat, une valeur cristallisée!

Personne ne semble avoir étudié le miracle de 2020 qui a permis de créer 19 trillions ou celui de la déflation de sens inverse de 2022 qui vient de retirer 5 trillions au portefeuille mondial!

Personne ne s’étonne de la disproportion entre les chiffres budgétaires et fiscaux qui tournent par minables milliards et les masses monétaires et quasi monétaires qui vont et viennent et se déplacent ou s’envolent au paradis de la monnaie par trillions.

La réalité c’est que: c’est un autre monde qui est là sous nos yeux et qu’aucune théorie n’en rend compte.

En 1971 l’argent s’est libéré, dématérialisé, déréférentialisé, il est entré de plain pied dans la Modernite, dans la pure abstraction, il a quitté la nature et est devenu purement social.

Le dématérialisation semble assez bien assimilée, car elle est du domaine des évidences quotidienne.

la déréférentialisation l’est beaucoup moins car elle ne se donne pas à voir, il faut la penser, la conceptualiser.

La première conséquence de la déréférentialisation c’est la libération de l’ancienne finitude. On ne manque plus jamais d’argent, c’est ce que constatent les gôches politiques du type Mélenchon: pourquoi se priver, de l’argent il y en a ! Il n’y a plus d’énergie mais il y a de la monnaie en quantité illimitée! C’est dans ce rapprochement que l’on mesure à quel point la Modernité de l’argent le détache de la nature.

Mais il y a plus complexe à assimiler: si l’agent est déréférentialisé de la nature, du travail , du présent, alors cela signifie qu’il repose entièrement sur une promesse c’est à dire sur l’avenir.

L’argent moderne repose sur une simple dynamique, comme par exemple la valeur des actions en bourse qui repose non sur la valeur fondamentale mais sur le Momentum boursier; Le Momentum boursier c’est la croyance qu’il y aura plus con que soi qui va venir acheter.

Nous sommes au cœur de la problématique financière ou monétaire à savoir que la monnaie n’a pas de garant dans le présent , son garant c’est une certaine idée de l’avenir.

La monnaie et tous ses avatars, toutes ses formes dérivées reposent sur le différé! Le présent disparait, oublié et est remplacé par ce qui est imaginé comme avenir.

Le présent dans la monnaie Moderne est escamoté comme référence centrale pour être remplacé par le futur, le futur imaginé. D’ou la nouvelle fonction des autorités, celles que j’appelle les grands prêtres ou les demiurges qui se prennent pour Dieu: construire un imaginaire, construire des prophéties, comme le fait Jérôme Powell qui pilote l’imaginaire des marchés. Powell et sa mise en scène font croire qu’ils détiennent la clef de l’avenir.

La possibilité de créer et d ‘imposer un imaginaire par les maitres de la monnaie fait partie de la Modernité. D’ou l’importance de leur Communication. Leurs paroles sont des oracles. Ils déchiffrent les Mystères des temps modernes! La confiance n’est plus confiance dans le présent, dans la nature ou autre réalité, non la confiance repose sur leur discour.

C’est le cynisme américain qui n’est en fait qu’une colossale naïveté: nous créons notre propre réalité et les autres s’adaptent. On a vu comment ils ont créé leur propre réalité en Afghanistan et celle qu’ils sont en train de prendre sur la figure Ukraine!

Cette création d ‘un imaginaire équivaut à la mise en place d ‘une attente.

Suivez moi bien.

Cette attente c’est plus ou moins ce que ce que l’on appelle les anticipations, le consensus en bourse par exemple. Cette attente son autre nom, c’est ce que l’on escompte.

La monnaie et les quasi monnaies sont de purs escomptes sur l’avenir, sur a-venir et c’est ainsi quil faut relier ma réflexion à ce qui suit,: le fil conducteur c’est le mot escompte.

Car qui dit escompte dit taux d’escompte, dit taux d’intérêt .

Je soutiens donc que la métamorphose de la monnaie analysé ci dessus entraine un nouveau statut: la monnaie comme ses avatars les valeurs mobilières/quasi monnaies sont purs escomptes de l’a-venir et pour valoir quelque chose il faut que le taux d’escompte de l’a-venir soit nul , donc que les promesses contenues dans l’imaginaire aient une valeur infinie.

Le système implique de façon endogène que les taux ‘intérêt ne peuvent et ne doivent jamais redevenir positifs en termes réels c’est à dire deflatés de la hausse des prix.

La pénalité infligée à l’a-venir, pénalité qui le dévaloriserait doit être nulle.

L’inflation des prix des biens et services est élevée? Oui et alors! On peut toujours compter sur la connerie.

Depuis des décennies les autorités recherchent la hausse monétaire, nominale des prix des biens et des services.

Elles ont fait croire que nous étions en déflation structurelle et que la tendance à la déflation, c’était quelque chose de mauvais.

Elles ont même, à certains moments, envisagé de hausser l’objectif d’inflation fixé à 2%.

Powell dans sa recherche d’inflation a d’ailleurs proposé un changement de norme et au lieu de se fixer un objectif d’inflation de 2% il a envisagé d’une part de hausser l’objectif puis de le dépasser et de le transformer en objectif d’une moyenne vague , indéterminée et finalement discrétionnaire.

Donc la ligne de base , avant le Covid, la guerre et la démondialisation était claire: les autorités veulent une inflation régulière, elles veulent que les prix montent, elles ne veulent pas que la concurrence , la productivité ou les progrès de la technologie viennent faire baisser les prix. Elles veulent que les GDP nominaux montent.

Exprimé en sens inverse elles veulent que la monnaie se déprécie en continu.

Pourquoi veulent elle de l’inflation structurelle ?

-parce que l’illusion monétaire met de l’huile artificielle dans les rouages sociaux et à ce titre permet de faire en sorte que les salaires et prestations sociales soient toujours en retard.

-l’inflation est un impôt qui bonifie le taux de profit du système économique dans la mesure ou d’une part il permet à l’état de moins prélever par l’impôt qu’il ne le faudrait et aux entreprises de réduire le poids relatif de leurs dettes et de leur cout de leverage.

La fonction de l’inflation est de rendre la monnaie fondante, d’éroder les pouvoirs d’achats de la monnaie, le salaire des travailleurs, leurs économies, leurs droits à retraite.

La fonction de l’inflation tant qu’elle n’est pas perçue par le public est de prendre dans la poche des uns pour le transférer dans la poche des autres.

Elle réduit le poids des dettes du business, des crédits des ultra riches en levier, et bien sur les ratios de dette réelle des gouvernements.

L’inflation est le complément indispensable du capitalisme financier et même du capitalisme tout court.

Je m’explique car ceci n’a jamais été expliqué clairement au niveau du grand public.

Quand en 1971 le président Nixon a décrété la fin de la convertibilité du dollar en or, il a fait entrer le système monétaire international dans un système de changes flottants. Il n’y avait plus de référence bien entendu au métal précieux mais aussi à tout autre référent extérieur

Ceci permit l’escalade fantastique des endettements. C’était d’ailleurs le but: repousser les limites de la dette.

La décision de Nixon s’inscrivait dans ce que l’on peut appeler la Modernité: définie comme fin du rapport direct du signe à la chose qu’il représente.

La décison de Nixon a libéré les signes du poids, de la finitude et des limites du Réel.

C’est cela le sens profond du choix de Nixon. La disjonction du signe et du réel comme cela avait déjà été réalisé dans la linguistique, l’esthétique, la sémiologie. Il consacrait en quelque sorte la généralisation à l’économie du monde Orwellien ou Faustien.

La décision de Nixon est importante au niveau civilisationnel, par son inscription dans la tendance mondiale à l’effondrement des référents, des vérités, des ancrages, des points fixes, des absolus, des Trésors.

Rien , ne garantit le signe monétaire après Nixon si ce n’est le jeu des signes entre eux, le jeu des signifiants articulés dans des répétitions, dans rhétoriques. D’où l’importance en passant de la parole de l’oracle ou des grands prêtres, les banquiers centraux.

On n’étudie plus le Réel on étudie les discours de Greenpan et Powell!

Le sens ne se trouve plus dans le monde, il se trouve dans les mots, les paroles, les romans et les Ecritures voila ce qu’a introduit et réussi Nixon.

Et ceci n’est que la généralisation/extension à l’economie du mouvement de la Modernité qui s’est éloignée du réel, du figuratif, du représentatif et s’est installée dans les délires de l’imaginaire.

On a élargi à l’économie, si vous voulez, ce qui avait été fait dans l’art.

Pensez-y vous comprendrez mieux.

On a institutionnalisé , sacralisé le signe comme dans l’art avec les artistes bidons, bidonnant pour le compte des galeries. En passant donc on a fait du faux6monnayage la norme et la tentation perpétuelle celui-ci n’étant permis que par le désencrage et l’entrée dans l’imaginaire marchand de l’offre et de la demande. Dieu est mort, alors tout est permis!

Nixon a installé la monnaie, le dollar dans le temps de la modernité , c’est dire le temps de l’abstraction et de la promesse puisqu’il n’y a pas répondant ou de garant actuel à la monnaie.

En même temps et cela n’est pas assez perçu, cette monnaie libérée s’inscrit dans un nouveau rapport au temps. C’est central.

Comme les monnaies sont dettes, des « claims » sur le futur et non pas gagées par le présent existant, elles constituent une anticipation sur la croissance , elles constituent intrinsèquement un pari sur le temps qui court.

Et ce temps qui court, pour maintenir la confiance, doit comme la bicyclette pour tenir son équilibre, rouler. Je suggère d’ailleurs que le lecteur prenne le terme « rouler » avec son double sens de rouler les gens, les tromper. Le temps qui court , pour maintenir la confiance ne peut être qu’un temps de « progrès » continu. Un temps parfait . Maitrisé . Un temps divin.

La monnaie de Nixon est une promesse implicite mais obligatoire qui promet la réalisation de sa valeur dans le futur. L’argent de Nixon nous a donné la possibilité d’un endettement indéfiniment croissant mais en contrepartie il exige une croissance obligatoire et un développement insoutenable en termes réels . Bien entendu vous comprenez qu’il va se fracasser sur la transition écologique de la rareté idéologisée.

Si le développement est insoutenable en termes réels vous l’avez compris: il ne peut être soutenable que dans l’imaginaire, dans le fictif c’est à dire dans la tromperie que constitue la monnaie fondante, dans le système que j’ai toujours désigné comme le système de l’inflationnisme.

L’inflation est le moyen , quasi incontournable, en continu d’avancer tout en effaçant ses traces. L’inflation dans son essence efface la mémoire. Dans le bilan, le passif est la mémoire de ce que l’on doit, eh bien grâce à l’inflation cette mémoire s’efface progressivement.

Nos systèmes adorent tous les processus qui permettent d’effacer les mémoire puisqu’ils sont fondés sur le mensonge et la destruction du passé ; la mémoire est la statue du commandeur du menteur. Elle le rappelle a l’ordre du vrai.

L’inflation empêche l’accumulation des passifs/promesses; elle les déprécie en continu, et à ce titre, elle est un mode de régulation de long terme.

En incidente il y a une dimension qui est insuffisamment soulignée dans la monnaie post Nixon, c’est son immatérialité.

N’étant plus matérielle, la monnaie est libérée de la finitude, à laquelle tout ce qui est naturel renvoie. La monnaie Nixon prépare déjà le Wokenisme, c’est à dire la possibilité de dire 2 plus 2 egale 5, de dire que la mère est un père, de nier notre nature, notre sexe biologique, nos différences réelles, nos races etc.

Mais il y a plus car dans son immatérialité la monnaie moderne ne renvoie plus qu’a une chose en définitive; la société! Elle devient une entité purement sociale et je ne crains pas de dire que c’est par ce bais, par cette béance d’une monnaie purement sociale que s’introduit , on, le voit maintenant la tendance de plus en plus fascisante de nos société. Par les exigences de la monnaie et du pognon , par ses exigences sociales, de proche en proche la société doit plier, se plier aux maitres qui ont le pouvoir puisqu’ils sont maitres de la monnaie et qu’ils veuelent le rester.

Pour que ce moyen de régulation de long terme fonctionne il ne faut surtout pas que les taux d’intérêt montent. La hausse des taux viendrait s’opposer à la régulation permise par la hausse des prix! Pour que le système fonctionne et continue il faut qu’il n’y ait plus jamais de pénalité infligée au futur, Il faut des taux bas, toujours plus bas. Des taux d’intérêt nuls, mieux, négatifs car si les taux n’étaient pas négatifs alors il n’y aurait pas dévalorisation des promesses, elles se capitaliseraient par intérêt composé..

La baisse continue des taux depuis le nouveau système est incontournable, elle est organique et elle n’est pas produite par le rythme ralenti de la croissance mais par le besoin du système monétaire de tenir, de ne pas s’écrouler sous le poids de son vice endogène.

Et, si on est à la borne du zéro nominal alors il faut que les taux baissent en réel c’est dire déflatés de la dérive des prix des biens, des services, et des déflateurs de GDP.

La hausse des taux c’est l’impasse, l’ennemi du système qui a été mis en place; c’est son point faible, son talon d’Achille.

Heureusement le public est stupide il accepte que les taux au lieu de monter , au contraire baissent! Qu’ils s’enfoncent dans le rouge, ce qui rééquilibre le système. Les taux d’intérêt ,les vrais, ceux qui comptent sont à 2,7% alors que l’inflation dépasse les 7 ou 8% minimum.

Pour garder la monnaie on vous donne 2,7% mais dans le même temps on l’ampute de 7%!

Ah les braves gens!

le mouvement haussier des taux sur les marchés devrait les porter 7% minimum, et ceci ferait chuter tout le système. Ils sont a 2,7%!

Le système contrairement aux cris d’orfraie ne se déséquilibre pas, il se rééquilibre grace à la stupidé des citoyens.

On peut toujours compter non sur le consommateur comme le disent les américains mais sur la connerie.

Une réflexion sur “Editorial. La métamorphose de l’argent. Quand le Pognon, la monnaie, entrent dans la Modernité.

  1. « L’ordre du réel et l’ordre des « représentations » ce sont deux ordres différents. C’est, selon moi , l’essence de la Modernité que cette séparation des deux ordres que l’on voit à l’œuvre dans la Wokenisation et dans l’Orwellisation accélérée en cours ».

    C’est tout à fait juste et pointu dans le diagnostic! Si j’entends par « Nature » tout ce qui s’ordonne et fait sens autour de moi, j’entends bien sonder cet ordre dynamique du monde (à laquelle je fais « corps entier ») par le recours de ma conscience critique et observatrice mais si je me laisse entraîner par mes passions intestines je prête à mes désirs une préséance sur ce que je retire de mon analyse factuelle de cet ordre auquel je m’investis « corps et Ame », et partant de cette dynamique endogène (mes passions), j’entends par la puissance de mes désirs et au pouvoir que me confère le pognon et la vision condescendante et démiurge nourrissant ma propre image tronquée par la surestimation de mon égo qui a soif que mes désirs doivent se réaliser et l’Etre, fou de lui-meme, doit, avec la meute des aveugles, rendre conforme l’ordre du monde avec lequel j’entretiens un trafic obsessionnel (Ecoutez et lisez Yuval Harari ou Alexandre); c’est à dire que j’entends bien le trafiquer, ce réel imparfait qui ne répond pas à leurs attentes), il faut le faire rentrer dans mon propre ordre « écho-systémique » intellectuel, gestuel et fantasmatique. La technologie et les innovations qui accompagnent cette notion alchimique du progrès les pousse à œuvrer sans-cesse en puisant et meme épuisant le réel pour édifier et consolider un monde à leur image d’ou la foi en ce « progrès » myrifique car le progrès est inarretable, infinie, exponentiel -à la démesure de leurs fantasmes- et c’est pourquoi c’est un écho-système en soi et de soi d’ou le « progressisme » que je dénonce et qui ne puise que dans l’inconscient profond des Etres qui s’y sont laissés happés et influencés s’apparente à une religion qui a ses prêtres, ses fidèles zélateurs, son credo et ses chapelles sur le seul autel qui soit: l’hybris.

    « Nous sommes au cœur de la problématique financière ou monétaire à savoir que la monnaie n’a pas de garant dans le présent , son garant c’est une certaine idée de l’avenir. »

    On retrouve en inversion orwellienne ce qui instruit la mesure humaine à l’ère du christianisme: ce que vous faites ici-bas, la valeur vertueuse ou non de vos actes, est le déterminant garanti de ce qui se produira pour vous dans l’au-delà. Or, le détachement complet de la monnaie créée ex-nihilo est un motif sérieux d’envisager ce qui vient comme le retour fondamental non pas à la situation des origines mais celle qui exprime en pleins son essence: la création ex-nihilo « à partir de rien » c’est aussi naturellement la destruction de la non chose comme une ombre projetée qui s’annihilerait dès-lors qu’elle serait perçue « en vérité » pour ce qu’elle fut, un doigt qui masque la lune… C’est dire une démesure projetée de l’objet de réalité par les faiseurs d’ombres orgueilleux que sont les banquiers centraux, ces gourous sectaires qui faisaient prendre des vessies miraculeuses inondant le monde de signes merveilleux pour des lanternes rayonnantes de promesses enchanteresses. Les promesses nourrissent l’espérance humaine et fondent l’espoir qui est sise dans la croyance et la foi ainsi les gourous jouent de la flute enchantée et les idiots captifs les suivent… jusqu’à la chute… de l’homme.

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